Magyd Cherfi
Publié le 14/05/2015

Pauvres


Quand on est pauvre c'est par ses semblables qu'on est exclu pas par les autres, la voilà mon introduction. Les autres vous condamnent mais les vôtres exécutent la sentence. Quand t'es pauvre, si t'es commun t'es mort, singulier on t'enterre. Chez les pauvres c'est ceux qui vous ressemblent le plus qui vous poussent à la fosse, justement parce que vous être le reflet du haillon, de la laideur et du manque, parce que vous êtes des leur dans une ressemblance physique ou une destinée commune qui aboutit rue de l'impasse. Etre pauvre c'est haïr, la haine est un muscle, aimer est une faiblesse rédhibitoire. On entend "sois un homme" sous entendu "frappe !". Les pauvres dégueulent un de leurs parce qu'ils se confisquent toute idée d'échappatoire. Et parce qu'on leur demande d'être visibles ou invisibles c'est selon, jusqu'au dernier faut sombrer avec armes et bagages.

Pauvre, on a pas le second degré, on vit à température ambiante, on jette un doigt dehors et on prend les habits de circonstance. On a pas le temps des variations saisonnières, on répond par l'instant, on juge à vue parce qu'on a pas le temps pour la seconde d'après, justement parce qu'on est pauvre et être pauvre c'est ne pas avoir le temps du recul, de la distance et puis on reçoit l'ordre d'en haut de ne pas en perdre de temps. Pour le prendre le temps ou même mieux le perdre faut être à l'aise, faut dominer l'homme ou l'horizon, faut se dominer soi… pas donné .

Etre pauvre dans sa tête c'est l'être dans ses poches et dans son cœur, c'est vivre à flux tendu et ne réagir qu'après les déflagrations. C'est alors qu'on constate que tout est démoli et on reconstruit indéfiniment à l'endroit de la faille. On colmate, on améliore rien. On se complait dans le statut quo ; même devant les évidences. On nie la fragilité d'un sol, on nie tout, on attend le miracle des cieux ou celui d'un homme providentiel.

Pauvre on est noir, vilain et méchant . On est égaux devant rien car le plus pauvre s'acharne à écraser son voisin . Il ne se sent pas "égal" il n'a que des concurrents prêts à lui déchirer la figure. C'est la règle de ceux d'en bas car c'est pas vrai que les pauvres partagent, ils s'entredévorent sur des carcasses aigres. Les pauvres ne se disent pas " bon appétit " ils se remplissent la bouche car ils n'ont pas d'appétit mais la "dalle" ça fait la différence.

Les pauvres c'est sommé d'apprendre, de se tenir droit ,d'obéir pour le bien commun ou autre "vivre ensemble". Autrement dit des coups pour être des gens biens. D'en bas on appartient pas à un ensemble, on tourne comme des électrons pas libres d'exploser .

On se cogne des sermons de liberté d'expression mais qu'est ce que ça vaut quand tu n'as ni l'une et que t'es dépourvu de l'autre. C'est ainsi depuis toujours ; une pluie d'injonctions s'abat sur les plus démunis, celle de l'empathie, du devoir, du sens de l'humour (noir), de partager, même d'aimer dans les règles de l'art, de rêver selon des codes pré-établis par d'autres, logés un peu plus haut au dessus des nuques. Le pauvre se mange l'injonction d'être cool, tolérant, cultivé, ouvert (que des trucs biens) et surtout comprendre le "chinois" cette langue des riches. Que du bon que du charitable et de l'apaisement dégoulinant à souhait, bref tout ce qu'il n'aime pas, tout ce à quoi il a pas accès et qui lui est parfaitement hostile.

On lui reproche au manant d'être bourru, à la fois servile et haineux.... mais c'est tout ce qu'il lui reste d'humain avant l'étape animale, c'est sa résistance au dépit, face au désespoir endémique qui le tient par la gorge.

Moi qui sors des zones inhospitalières, je vais vous dire : pauvre on rêve de magnums de champagne, de belles maisons et de mezzanines, on veut voir le monde d'en haut et rire de la turpitude de son prochain, on se venge d'avoir manqué de tout, on veut casser des dents et conjuguer des poings à tous les temps. On fait des rêves en ivoire et carrés et qu'elle est douce la pente quand elle est sur la descente. Oui, le pauvre rêve du pactole pas d'un smic rehaussé, il a les yeux rivés sur la ligne d'arrivée, cette ligne que doivent mordre ceux qui ont appris à mordre.

On piaffe pour les six bons numéros. Pauvre, on travaille mais surtout on joue et quand on a plus rien du tout on joue le tout sur le tout. Moins on a et plus on dépense.

C' est ça être pauvre, la tête ne se remplit pas de vers d'Apollinaire ou de métaphores d'Hugo, on remplit pas ses murs des œuvres de Camus, on les charge d'ustensiles pour se rassurer d'avoir à les remplir de soupe. Le pauvre veut pas être libre il veut être riche, il veut la six cylindre en V en guise de représailles et pour ça tous les jours y fait des croix dans des cases. On lui dit joue ! et puis l'injonction tombe : partage ! et sa réponse est sans appel : mes couilles.

Enfin , quand on est pauvre on s'en remet au secret des belles fumées, on croit au sacrifice de l'animal, au trèfle, au fer à cheval... après tout il suffit d'y croire .

Celui qu'est raide est bien décidé, il joue sa vie avec les dés et oublie que la misère est pour lui un lien de parenté, du sang pourri puisqu'il est rouge. Pauvre on est riches que d'égoïsme, de cupidité et de rancœur . On a les défauts de ceux d'en haut, on leur ressemble par le versant le plus bas .

quand à nous repus et blindés
sûr qu'on se fait un tas d'idées
sur ceux qui devant le désastre
s'en remettent aux astres
les pauvres y sont et ça nous désespère
pas sur le chemin qu'on préfère
et qu'ils soient paumés ou plus âgés
ne rêvent pas de partager
mais d'une étoile qui viendrait
poser sa grosse cylindrée
là juste devant le trottoir
et dire - à mon tour d'avoir.

Né à Toulouse en 1962, Magyd Cherfi est chanteur et écrivain, membre du groupe Zebda.
Ayant passé près de deux décennies avec se compères toulousains, il s'est lancé dans une carrière solo (La cité des étoiles en 2004, puis Pas en vivant avec son chien en 2007).
Après La Trempe (Actes Sud, 2007) qui révélait le musicien en boxeur littéraire, Magyd Cherfi a publié son nouveau roman, Livret de famille (Babel, 2011). Mixant un sens du rythme festif et une acuité qui porte à la mélancolie, Magyd Cherfi raconte la petite mort des illusions et les coups de boomerang du rock’n’roll engagé, la violence des rites d’initiation de terrain vague ou les rêves de sensualité inassouvis. 

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Magyd Cherfi

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Le 29 mai 2015 à 09:08

Chambre d'amis, en pauvre, se dit canapé convertible

Monsieur Pauvre a beaucoup d'amis, pauvres comme lui, mais pas de chambre d'amis. Quand ses amis restent dormir, on ouvre le canapé convertible. Monsieur Nouveau-Riche n'a pas beaucoup d'amis mais beaucoup de chambres d'amis. Les chambre d'amis de Monsieur Nouveau-Riche sont somptueuses et souvent Louis-XV. Les meubles sont en bois de rose verni, les rideaux en satin crème, les lits à baldaquin. Un homme cinéma est caché derrière un paravent chinois. La salle de bains attenante est en marbre couleur parme. La baignoire, équipée en balnéothérapie, a des pattes de griffon. Le lavabo est une coquille Saint-Jacques en pierre reconstituée, et les robinets sont dorés à la feuille. Il paraît qu'on dort parfois très mal dans ces chambres. Certains invités passent la nuit, calculette à la main, à chiffrer le prix de tout ce luxe. Le résultat est si exorbitant qu'après ils n'arrivent plus à dormir. Comme Louis XIV qui a très mal dormi chez son ami Fouquet, dans son trop somptueux château. Le lendemain, les invités sont de très mauvaise humeur. Ils décident souvent d'écourter leur séjour. Ils ne reviendront pas. Madame Nouveau-Riche demande à Madame Pauvre de changer les draps, dans l'attente de nouveaux amis. Chez Monsieur Pauvre, les amis ont peut-être mal aux reins quand ils se lèvent, mais ils ont tellement rigolé hier soir, ils reviendront.   Les Mots des riches, les mots des pauvres, Le Livre de Poche

Le 1 juin 2015 à 10:20

Une chose qui n'a pas le moindre mot pour la nommer

Una cosa che non ci stanno nemmeno le parole per dirla*

Si la guerre des cerveaux commence… nous sommes tous désarmés. Voilà ce que me dit Gianni. Et en fait il a raison. Des mots manquent. Et quand des mots manquent pour dire les choses, ces choses disparaissent.J'étais à Pescara pour mon travail. Je l'ai su au matin car pendant la nuit j'avais éteint mon portable et quand je l'ai rallumé j'ai vu qu'à partir de deux heures, quand la chose est arrivée, jusque vers sept heures du matin, on n'avait pas cessé de m'appeler.Je me suis dit "Oh qu'est-ce qui se passe ? Une chose est arrivée à la maison ?" J'ai appelé ma sœur. Qui décroche… et me dit "écoute, reviens tout de suite parce que…" et moi j'étais justement avec un ami et elle me dit que la femme de cet ami a eu un accident. "Mais ne lui dis rien à ton ami. Revenez tout de suite parce qu'elle s'est fait… mal! Elle s'est fait mal mal. Elle va pas très bien."Et moi, eh bien j'ai réconforté le pauvre garçon… mon ami, pendant tout le voyage.Mais à lui, ils lui avaient dit "ça n'est pas ta femme, c'est le fils de Gianni… ils l'ont tué."Pendant tout le voyage de Pescara à Naples il m'a laissé le consoler, vu ?, sans rien dire.Une fois arrivés à Naples, je lui dit "allons voir ce qui est arrivé à ta femme, d'accord ?" et là juste au dernier moment il me dit "écoute Gianni, sois fort parce qu'un policier a tué ton fils."A deux heures d'une nuit de septembre il y a  huit mois dans la banlieue de Naples, une voiture de police a percuté une mobylette avec trois gamins en selle. Un agent descend et tire, un coup un seul, il tue un gamin de seize ans. Le flic aurait trébuché c'est comme ça que serait parti le coup. Mais pourquoi son flingue était-il armé ? Les policiers ont dit qu'ils étaient à la poursuite d'un fuyard, qu'il y a une loi qui date des années soixante-dix, les années de la lutte armée en Italie, on peut faire la ronde avec l'arme prête à tirer. Mais sur la mobylette il n'y avait pas des mafiosi en fuite. Il y avait trois garçons qui roulaient vers une salle de jeu. Ils roulaient tous les trois sans casque, mais la peine de mort n'est pas prévue pour ce type de délit.Alors je vais chez la famille Bifolco. Je parle avec les frères de David, avec les  amis et puis avec Gianni le père et Flora la mère. Ils habitent dans une cave illégalement transformée en appartement.Et pourquoi est-ce qu'il vivent dans un appartement illégal ? C'est Gianni qui me répond, le père de David.En 1982 j'ai fait une demande pour avoir un appartement pour jeune couple, on venait d'avoir un enfant, Tommaso, né en 82, au mois de mai.J'ai enfin eu droit à un appartement pour jeune couple en 93.Je vais voir ce logement qui était en construction… je suis entré et j'ai vu une famille pleine d'enfants… la chose que je devais faire c'était pratiquement la guerre des pauvres. Je devais mettre dehors cette femme avec tous ses gosses. Je ne me suis pas senti de faire ça.Et pour ne pas faire la guerre entre pauvres, ils ont construit un petit appartement dans une cave et ont été condamnés à 8 mois de prison pour ça, lui et sa femme Flora. Depuis trois autres enfants sont nés. Leur fille vit toujours avec eux, avec son compagnon, avec une fillette et un bébé en route. Elle travaille pour l'Etat italien. Gagne 150 euros par mois pour servir dans une cantine scolaire. Son mari est au chômage.Je passe un jour entier chez eux. Ils m'offrent un plat de spaghetti à la tomate et basilic. Gianni me demande tu bois du vin ? Tu veux que j'envoie quelqu'un en acheter ?Oui j'en bois, mais je ne veux pas qu'il dépense un sou pour moi. Et parce que je me rends compte qu'au milieu du repas il n'y a plus de pain et lui, en le regardant à peine, dit au mari de sa fille d'aller en acheter un autre. Pour ces gens qui vivent au-delà de la fin du monde, la dignité est l'unique salut.Après le café Gianni insiste auprès de sa femme Flora. Il veut qu'elle aussi parle du fils qu'on leur a tué.Je lui dis que je voudrais recueillir une belle histoire. Une chose belle dont elle se souvient. Et Flora me dit ces beaux souvenirs, c'était les baisers qu'il me donnait sur la bouche.C'était les souvenirs les plus… lorsqu'il me prenait dans ses bras, me faisait tourner et puis soudain je perdais l'équilibre et lui me maintenait pour ne pas tomber. Il me saisissait par derrière parce qu'il était joueur, c'était un gamin qui adorait la vie.Ensuite elle raconte la nuit où ils l'ont tué. Qu'il était venu vers 11 heures et demi.  Venu mettre une veste et moi je lui disais "reviens vite, ton père n'est pas là" et lui répond "bien bien, je dors avec toi, prépare-moi mon pyjama."Je lui ai préparé le pyjama. Je l'ai mis à la place du père… que j'attendais.Un peu plus tard vers une heure et demi deux heures… à deux heures une femme m'appelle… j'étais là… j'étais là j'allais me déshabiller, j'étais en train de me mettre au lit.Un coup de klaxon… tût… tût… tû… une femme "madame, madame, David est tombé sur une patrouille" le temps de me mettre quelque chose sur le dos, que je m'habille, j'ai pris mes papiers et les siens et je suis partie en courant.J'arrive en courant sur la place et je trouve mon fils mort par terre.Les policiers étaient à côté et je leur disais "qu'est-ce que vous avez fait ? Qu'est-ce que vous avez fait?"Personne ne répondait.Je me suis agenouillée près de mon fils et je criais "David, David, David" et il ne me répondait pas. J'ai compris tout de suite qu'il était mort.Nous sommes sans armes, a dit Gianni Bifolco. La guerre des cerveaux a commencé, et un cerveau nous n'en avons pas. Il nous manque les mots. Mais pas seulement à nous. C'est ce que m'enseigne Gianni quand il me dit que s'il demandait au policier qui a tué son fils "pourquoi tu as fait ça ?"… ce policier ne saurait pas répondre. Il me dit qu'ici nous restons comme Hitler, non ? Ils ont tué les gens dans des camps de d'extermination, non ? Et je suis convaincu que si tu leur demandes "pourquoi tu as fait ça ?" ils ne pourrons jamais te répondre. Ils ne te répondront rien, parce qu'ils ne le savent même pas eux-mêmes, vu ?Et moi je voudrais trouver quel policier m'a tué mon fils. Je voudrais le voir de près et lui dire "toi… quel était le mobile ? Allez sors tes couilles! Dis-le!" Lequel a dit qu'il a trébuché et que le coup est parti. Ou alors qu'il pensait poursuivre un fuyard. Enfin bon même lui ne sait pas pourquoi il a tué un enfant de seize ans.Voilà cette chose c'est la pauvreté. Une chose qui n'a pas le moindre mot pour la nommer.   Traduit de l'italien par Jean-Daniel Magnin ____________________________________ * Se scoppia la guerra dei cervelli… siamo tutti disarmati. Così mi dice Gianni. E infatti è vero. Gli mancano le parole. E quando mancano le parole per dire le cose, anche le cose scompaiono.Mi trovavo a Pescara per lavoro. L’ho saputo la mattina perché durante la notte avevo il cellulare spento e quando l’ho acceso ho visto che dalle due, quando è successo il fatto, fino alle sette del mattino in continuazione m’erano arrivate le chiamate.Ho detto “e che è successo? Qualcosa a casa! Ho chiamato e mia sorella. Mi ha risposto… mi ha detto “guarda, scendi subito perché…” …che io stavo con un altro amico.Mi dissero che la moglie del mio amico aveva fatto un incidente. “Però non dirgli niente all’amico tuo. Scendete direttamente perché questa si è fatta… male! Si è fatta male male. Non sta tanto bene”.E io, cioè, ho confortato il ragazzo… l’amico mio, tutto il viaggio.Però a lui gliel’avevano detto “non è tua moglie, ma il figlio di Gianni… gliel’hanno ammazzato”Durante il viaggio da Pescara a Napoli lui si faceva confortare da me, capito? Però non mi disse niente.Quando sono arrivato a Napoli, dissi “andiamo a vedere tua moglie cosa si è fatta, no?” invece, poi, alla fine mi disse “guarda Gianni, fatti forza perché un carabiniere ha ammazzato tuo figlio”.Alle due di una notte di settembre di otto mesi fa in un quartiere periferico di Napoli, una macchina dei carabinieri sperona un motorino con tre ragazzi a bordo. Un’agente scende e spara un colpo, uno solo, e ammazza un ragazzo di sedici anni. La guardia dice di aver inciampato e per questo è partito il colpo. Ma perché la sua arma era senza sicura? I carabinieri dicono che stavano cercando un latitante e per una legge degli anni settanta, gli anni della lotta armata in Italia, si può girare anche con l’arma pronta per uccidere. Ma su quel motorino non c’erano camorristi latitanti. C’erano tre ragazzi che andavano in una sala giochi. Ci andavano in tre senza casco, ma non è prevista la pena di morte per un comportamento del genere.Allora vado a casa della famiglia Bifolco. Parlo con i fratelli di Davide, con gli amici e anche col padre Gianni e con la madre Flora. Vivono in una cantina occupata per farci un appartamento abusivo.E perché vivono in una casa abusiva? Mi risponde Gianni, il padre di Davide.Nel 1982 ho inoltrato la domanda per avere un alloggio come giovane coppia perché avevo già un bambino, Tommaso, che nacque nell’82, di maggio.Nel lontano ’93 mi hanno assegnato un appartamento come giovane coppia.Vado a vedere questo alloggio che era in costruzione… sono andato dentro e ho visto una famiglia piena di bambini… cioè la cosa che io dovevo fare praticamente era la guerra dei poveri. Io dovevo buttare fuori a questa signora con tutti quei figli. Io non me la sono sentita.E per non fare la guerra tra poveri si costruisce un piccolo appartamento in una cantina e si prende una condanna di 8 mesi di galera per questo abuso, lui e la moglie Flora. Nel frattempo gli nascono altri tre figli. La femmina vive ancora con lui insieme al compagno, una bambina e un altro figlio in arrivo. Questa figlia lavora per lo Stato italiano. Guadagna 150 euro al mese per servire i bambini in una mensa scolastica. Il marito è disoccupato.Ci passo un giorno intero a casa loro. Mi offrono un piatto di spaghetti col pomodoro e il basilico. Gianni mi chiede bevi il vino? Vuoi che lo mando a comprare?Io lo bevo, ma non voglio che spenda altri soldi per me. Anche perché mi rendo conto che a metà del pranzo finisce il pane e lui, con mezzo sguardo, dice al marito della figlia di andare a comprarne dell’altro. Per questa gente, che vive oltre la fine del mondo, la dignità è l’unica salvezza.Dopo il caffè Gianni insiste con la moglie Flora. Vuole che parli anche lei del figlio che gli hanno ammazzato.Io le dico che vorrei raccogliere una storia bella. Una cosa bella che lei si ricorda. E Flora mi dice che i ricordi belli erano i suoi baci che mi dava in bocca.Questi erano i ricordi più… che mi prendeva in braccio, mi faceva girare e poi io all’improvviso perdevo l’equilibrio e lui mi manteneva per non farmi cadere. Per dietro mi pigliava perché era giocarellone, era un ragazzino che gli piaceva vivereMa poi mi racconta della notte che gliel’hanno ammazzato. Dice che  lui è venuto verso le 11 e mezzo. S’è venuto a mettere un giubbino e io dissi “vieni presto, tuo padre non ci sta”e lui disse “bello, bello, dormo con te, preparami il pigiama”.Io ci ho preparato il pigiama. L’ho messo al posto del padre… che lo aspettavo.Dopo un po’ verso  l’una e mezza due… le due mi chiama una signora… che io stavo… la per lì mi stavo a spogliare, mi stavo mettendo a letto.Una suonata di clacson… pi… pi…pi… una signora “signora, signora, Davide sta sotto a un posto di blocco” Il tempo di mettermi una cosa addosso, cioè mi sono vestita, ho preso i documenti miei e suoi e sono corsa.Quando sono corsa sul posto ho trovato mio figlio morto a terra.Ci stava la guardia vicina e ci dicevo “che gli avete fatto? che gli avete fatto?”Nessuno mi rispondeva.Io mi sono inginocchiata vicino a mio figlio e lo chiamavo “Davide, Davide, Davide” e non mi ha risposto. Ho capito subito che era morto.Siamo disarmati, dice Gianni Bifolco. Scoppia la guerra dei cervelli e un cervello non ce l’abbiamo. Ci mancano le parole. Ma non solo a noi. Me lo insegna Gianni quando mi dice che se chiedesse al carabiniere che gli ha ammazzato il figlio “perché lo hai fatto”… quel carabiniere non saprebbe rispondere. Mi dice che qua stiamo come Hitler, no? Hanno ammazzato la gente nei campi di sterminio, no? E io sono convinto che se gli chiedi “perché lo hai fatto?” non ti sapranno mai rispondere. Non ti risponderanno, perché non lo sanno nemmeno loro, capito?E io lo vorrei acchiappare a questo carabiniere che m’ha ammazzato il figlio. Lo vorrei prendere da vicino e dirgli “tu… quale è stata la motivazione? Almeno cacci le palle! Dillo!” Quello dice che ha inciampato e gli è partito il colpo. Oppure che pensava di inseguire un latitante. E insomma non lo sa nemmeno lui perché ha ammazzato un bambino di sedici anni.Ecco cos’è la povertà. Una cosa che non ci stanno nemmeno le parole per dirla.

Le 14 février 2017 à 14:58
Le 4 août 2010 à 18:17

The People's Republic of Stokes Croft (PRSC)

Carte postale de Bristol

La fresque vous éclate au visage sitôt franchie la frontière sud de la République Populaire de Stokes Croft – le pays où les taggers sont rois. Pas sûr que vous en ayez déjà entendu parler… Bombardé avec le reste de la ville par les Nazis, ce quartier de Bristol était resté "délibérément et criminellement négligé par les autorités", dixit  la Constitution du nouvel Etat. "C'est ici que la municipalité installait ses centres pour drogués et  sdf – tout ceux qu'elle ne voulait pas voir dans le centre de la cité. On va en faire un joyeux centre d'excentricité", précise  Chris Chalkley, Président de la République en bonnet de laine rencontré dans son quartier général de Jamaica Street où il vend tableaux et porcelaines taggées RPSC. "Les habitants ont décidé il y a quatre ans de prendre les choses en main eux-mêmes." Et vous l'annoncent dès votre arrivée via une signalétique jaune et noire très stencil posée au pochoir sur les murs : PEOPLES REPUBLIC OF STOKES CROFT, WE MAKE OUR FUTURE;  WELCOME TO STOKES CROFT, CULTURAL QUARTER, CONSERVATION AREA, OUTDOOR GALLERY. Quelle municipalité accepterait de voir de simples habitants nommer une place "Turbo Island" et d'y planter de mini statues de l'Ile de Pâques ? De s'opposer à l'implantation d'un hypermarché Tesco dans un ancien Comedy Club ? De peindre le mobilier urbain en jaune ? De chercher des jumelages avec d'autres villes du monde et de métamorphoser rues et façades en une chapelle Sixtine mi-rock mi-train fantôme (voir visite virtuelle) ? Le Président Chalkley entouré de quatre directeurs gère les relations musclées avec la mairie et pilote les initiatives en cours : ouverture de galeries, centres d'art, restaurants, et même un musée ready made où se rassemble avec malice l'histoire de la jeune république (on pourra y voir la photo d'un tagger enfermée dans une cage d'oiseau, une bouteille en plastique contenant les cendres d'un sdf dont la PRSC a financé les funérailles...). Et bien sûr, la mise en fresques du nouveau quartier-galerie: "Tout le monde est libre de peindre en plein jour. Mais il y a des propositions si généreuses sur les murs que les taggers doivent être à la hauteur", dit Chris Chalkley en pointant du doigt l'œuvre du célèbre graffeur Banksy : un ours blanc lance un cocktail molotov sur trois bobbies armés de boucliers. On peut l'admirer en dégustant un ramier garni à l'oseille, aux pois rouges et à la confiture de betterave sur la terrasse du café Canteen qui vient d'ouvrir à Stokes Croft et depuis laquelle, chers aficionados de ventscontraires.net, je vous écris cette carte postale.

Le 16 mai 2011 à 12:00

Denis Robert : "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"

Interview

Nous avons déjà diffusé 8 épisodes de ton Bankenstein, la conférence-confidence-causerie amicale sur l'affaire Clearstream que tu nous avais donnée cet automne, avant la relaxe. Qu’est-ce que ça a représenté pour toi de venir dans un théâtre parler de tes coulisses intimes, alors que tu n’étais pas encore sorti d’affaire ?Denis Robert : Ça a été très intéressant car cette situation (la scène, un public, un lieu chargé de cette histoire-là) crée une distance nouvelle par rapport à ce qu'on dit et ce qu'on est. Un théâtre est lieu de (plus de) liberté et d'expérimentation. On est dans un espace-temps différent. On sent qu'on doit être vrai. C'est étrange. Dans une université, à la télévision ou dans n'importe quelle salle de conférence, le rapport aux autres est plus codé. Le fait d'être dans l'incertitude (quant à l'issue des procès) créait une énergie, un humour particuliers. Même si j'ai gagné aujourd'hui contre l'hydre Clearstream, je ne suis pas sorti d'affaires. Ils refusent de payer leurs amendes, me poussent à reprendre le combat. Il faut une mission d'enquête parlementaire européenne. Il faut des relais. Si mes livres disent le vrai, et la cour de cassation m'autorise à le dire, alors les politiques, les juges, voire les citoyens doivent se saisir du problème. Sinon il faut accepter l'idée qu'on se fait plumer en toute connaissance de cause.Qu’est-ce qui selon toi fait le lien entre toutes les activités dans lesquelles tu te lances : enquête, écriture, film, peinture, spectacle, et à présent une pièce de théâtre ? Où est le point nodal  ?DR : Des questions centrales m'habitent et me taraudent... En voici une "Comment et pourquoi un pays aussi riche que le nôtre produit autant de pauvreté? "... En voici une autre "Pourquoi accepte-t-on d'être dominé ?"... Une troisième pour la route : "Où est la bonne information (la bonne place) dans cet univers en mouvement ?"... J'essaie de répondre... Mon métier de base, c'est l'écriture... Tout part de là... Les toiles ont existé car on m'a empêché d'écrire. Je parle de la censure de mes livres... Pour ce qui est de la bédé, c'est différent. C'est un vrai travail, la bédé demande un énorme recul et un gros effort de pédagogie. De l'humour aussi... Les chorégraphies ou le théâtre, c'est encore différent et plus nouveau pour moi. J'adore expérimenter et entre deux livres ou des toiles, travailler en équipe... Le point nodal, disons que c'est de ne jamais me répéter, ni m'ennuyer, de ne pas me soucier du regard des autres et d'avancer dans ma compréhension du monde et des hommes qui le composent. Ça fait un gros point nodal...Le monde irait mieux s’il y avait plus de... ? Moins de...? DR : Plus de contre-pouvoir, de danseurs et de danseuses, d'oiseaux de nuit... Moins d'oligarques, de policiers, de policières, de Jean-François Copé...Le monde va comme il est c’est tout, on doit se battre dedans ?DR : CertesQu’est-ce que ça te fait de passer ainsi ta vie dans les vents contraires ? On s’y sent plus seul ? Moins seul ?DR : Je passe ma vie à avancer contre des vents contraires. J'essaie de tenir droit. Pour l'instant ça marche. Sans vents contraires, on se ferait bien suer... > Denis Robert contre Bankenstein, feuilleton vidéo sur ventscontraires.net

Le 28 août 2015 à 08:04

Blandine Pélissier : "Si une femme a plusieurs talents, on dit qu'elle s'éparpille"

Dans la culture comme ailleurs, les jeunes femmes pensent au début qu'elles arrivent dans un monde égalitaire Les jeunes talents féminins sont très présents dans les festivals. Idem dans les écoles d'art où les femmes sont majoritaires. Puis, après 5, 10 ans, elles sont surprises par un très fort phénomène d'évaporation. Elles pensaient qu'elles vivaient dans un monde égalitaire, et peu à peu quand il s'agit de monter en responsabilité ou en grade, elles se font couper la tête les unes après les autres. C'est vrai pour les metteuses en scène, les autrices, celles qui se présentent à la direction de théâtre. Pour les actrices il y a aussi le fait que le répertoire dramatique offre des rôles majoritairement masculins et blancs. Les anglo-saxons n'ont pas peur de faire jouer un rôle de blanc à des acteurs non blancs, voire des rôles d'hommes à des femmes. Là-bas il y a des quotas et des statistiques ethniques, ce qui reste un tabou en France. Dans le monde de l'art comme ailleurs, une femme doit toujours prouver, elle a moins droit à l'erreur que les hommes. Si elle a plusieurs casquettes, on ne dira pas d'elle qu'elle a de multiples talents, mais qu'elle "s'éparpille". Si elle a de l'autorité, on ne dira pas qu'elle a de la poigne, mais qu'elle est "autoritaire"... Pour arriver à la parité dans le domaine culturel, il faut une vraie politique avec des objectifs chiffrés. Dans les établissements culturels publics, la parité pourrait être inscrite parmi d'autres principes dans le cahier des charges, avec des sanctions financières si ces objectifs ne sont  pas atteints. Blandine Pélissier est comédienne, metteuse en scène et traductrice du théatre contemporain anglo-saxon vers le français. Depuis plusieurs années elle milite avec le collectif H/F pour une véritable parité dans le monde du spectacle. Un milieu que l'on pense a prioiri émancipé et où pourtant il y a énormément à faire.

Le 21 mai 2015 à 09:49

Estomac délicat, en pauvre, se dit gésier

Une amie de Madame Riche prétend que les pauvres ne sont pas faits comme nous. Elle pense que leur organisme est plus rudimentaire et moins sophistiqué que celui des riches. Comme il est plus simple, il est plus résistant. Pour cette raison, on peut confier au pauvre les travaux les pus pénibles. Elle pense que le pauvre est réduit au strict minimum. Il n'a ni rate, ni pancréas, ni vésicule biliaire, organes de luxe un peu superflus, dont il n'a pas l'usage. Il a seulement un foie et un estomac. Elle sait qu'il a un foie parce qu'il a souvent une cirrhose du foie. Au lieu d'avoir un estomac délicat, tapissé de fines membranes et irrigué de sucs gastriques, comme le sien, le pauvre a simplement un gésier, sorte de petit broyeur capable de digérer n'importe quoi, même des cailloux. La preuve, il manque n'importe quoi et n'en meurt pas. Au lieu d'avoir deux intestins comme le riche, le pauvre n'en aurait qu'un, ni grêle, ni gros, un moyen. Ce qui expliquerait que Madame Riche a des flatulences alors que Madame Pauvre pète. Pour faire ses besoins, au lieu d'avoir comme le riche, deux trous, l'un pour les liquides, l'autre pour les solides, elle pense que le pauvre n'en aurait qu'un, pour tout, comme les oiseaux. Elle sait que le pauvre a des poumons. Ils ne sont pas roses comme ceux des riches, ils sont noirs comme ses idées. Dernièrement, elle a découvert que le pauvre a seulement une moelle épinière et pas de cerveau. Elle l'a confié récemment à Madame Riche : « Sérieusement, croyez-vous que s'il avait un cerveau, il serait pauvre ? » Les Mots des riches, les mots des pauvres, Le Livre de Poche

Le 7 juin 2010 à 18:15

Des baisers

ventscontraires.net se prend le temps d'une interview pour un magazine féminin

Une centaine de très beaux garçons défileront sur les Champs-Elysées le 9 juin, avec pour seule mission de nous embrasser ! Nous, les filles, les femmes, les moches, les belles, les diplômées et les sans le sou, les mariées, les solitaires, toutes, sans distinction ! Rendez-vous à 15h en face du drugstore Publicis, pour une arrivée vers 17h à la hauteur du Théâtre du Rond-Point.Il n’y aura rien à vendre.Juste à déguster.Mais qui se cache derrière cette initiative ? Une certaine Sophie Bramly, créatrice du site Second sexe, productrice de films X créés par des femmes et auteur de « L’orgasme on s’en fout, éloge du plaisir féminin ».ventscontraires.net : D'où viennent ces créatures magnifiques qui vont défiler sur les Champs en distribuant des baisers, à deux jours de l’ouverture du Mondial ?Ils viennent tous d'une agence de mannequins. Je me suis accordée le privilège de les choisir un par un. Ils seront payés. Je dois avouer que je range dans mes fantasmes l'idée de payer les hommes, alors pour l’occasion, j’ai cassé la tirelire de la maison.ventscontraires.net : - Embrasseront-ils avec la langue ?De nos jours les garçons deviennent un peu timides. Je crains que certains refusent, fassent les farouches, rougissent même. J'espère bien qu'il y aura quand même des intrépides, un peu joueurs, qui succomberont au charme des parisiennes conquérantes, sur la plus belle avenue du monde.ventscontraires.net :  Est-ce qu'on aura le droit de leur toucher les fesses, comme le font les hommes dans les transports en commun, sans nous demander l'autorisation ?Là encore, il faut s'attendre à ce que certains soient choqués d'être hommes objets sans droit à la parole, victimes. Mais je suis sûre (parce que j'ai vu des yeux qui en disaient longs) que certains trouveront la caresse bien douce, ou mieux, excitante.ventscontraires.net :  Croyez-vous qu'humour et sexualité peuvent faire bon ménage ? Au moment de "passer à l'acte", ne font-ils pas chambre à part ?Hmm. Cela dépend de la manière dont on passe à l'acte. Dans un rapport charnel intense, avec vraie alchimie de phéromones et décharges maximales d'ocytocine, l'humour serait comme une goutte qui fait déborder le vase. Dans la manière moins engagée avec ce qu'il est de goût médiocre d'appeler "fuck friends", on peut inclure l'humour, mais on risque quand même de jouir moins fort, ce qui est dommage.ventscontraires.net : Un message spécial pour les lectrices de ventscontraires.net ?On s'est décarcassées pour vous trouver des hommes à tomber, et comme c'est pas tous les jours qu'il y a des cadeaux si doux et séduisants qui se présentent, je vous encourage vivement à les découvrir !ventscontraires.net : Et pour les lecteurs ?Nous aimons trop les hommes pour les exclure. Il y aura quelque chose pour eux vers la fin de l'année, mais qu'ils soient assurés d'ici là de notre considération distinguée et maximale et qu'ils n'aient crainte des changements qu'ils observent. Rien n'est castrateur dans la nouvelle tendance féminine, au contraire, une femme qui connaît son corps et aime jouir libère l'homme de demandes économiques quelques fois pesantes (rivières de diamants et cabanes au Canada) et en général prend du plaisir à en donner (du plaisir). Bref, une cascade de jouissances en vue !http://www.secondsexe.com/magazine/Avalanche-de-baisers-sur-les.html

Le 21 février 2017 à 10:32

Patrick Declerck : "le clochard rêve d'un autre monde"

Patrick Declerck est anthropologue, psychanalyste, philosophe et romancier. Dans les années 1990, il exerce comme consultant au centre d’accueil et de soins hospitaliers (le CASH) de Nanterre. De cette expérience, il tire des livres où il raconte s’être déguisé une nuit en clochard pour se faire embarquer au centre de Nanterre, évoque ses consultations psychiatriques auprès des SDF, explique comment il tente de les soigner, avoue les aimer autant qu’il les hait. Bouleversé par leur lecture, le metteur en scène Guillaume Barbot en tire "On a fort mal dormi", une pièce à plusieurs voix interprétées par Jean-Cristophe Quenon.   « Si l’enfant s’endort en suçant son pouce, le clochard, lui, tente d’endormir sa conscience en buvant son vin. Le monde lui est odieux. Non pas ceci ou cela dans le monde, mais le monde lui-même, le monde dans sa structure, le monde dans son être. Le clochard est égaré dans la poursuite d’une impossible ataraxie. L’ataraxie, c’est cet état de tranquillité de l’âme enfin apaisée, enfin délivrée de la tourmente incessante des désirs et des passions. Mais pour le clochard, c’est une ataraxie radicale, forcenée, qui va jusqu’à nier le fondement même de toute réalité possible. Une ataraxie devenue folle... Il s’abandonne à exister aux portes de la mort. Bercé par la perverse jouissance du néant, le clochard rêve d’un autre monde. Un monde de satisfation immédiate, sans impossible, sans frustration, sans blessure, sans hiatus. Ce monde atemporel et sans contraintes, ce nirvana de la pulsion de mort et du possible infini, est celui du fantasme utérin. Le clochard est le fœtus de lui-même. Si nous ne pouvons l’accoucher à la vie, au moins mettons-le à l’abri. Offrons-lui asile. Voyons comment ? »   Patrick Declerck

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