Paul Martin
Publié le 25/05/2015

Le grand bond en arrière


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 28 juin 2012 à 10:24

" Il n'y aura pas d'euro-obligations aussi longtemps que je vivrai. "

Angela Merkel, Bundestag, Berlin, 26 juin 2012

Et le lendemain elle était invitée à diner par François Hollande à l’Elysée. Angela, ce soir-là, avait dû emmener avec elle un goûteur. Des fois que le président français la prenne au mot pour faire passer cette idée d’une mutualisation de la dette publique des européens. On a beau être entre gens civilisés, il y a des coups de pouce qu’on préfèrerait donner au destin plutôt qu’au SMIC. Mais il faut reconnaître à la chancelière allemande une foi chevillée au corps. On n’en connait pas beaucoup de ses collègues qui iraient mourir pour un emprunt. Certes si elle s’oppose à ces “euro obligations” c’est parce qu’elle ne veut pas que ses compatriotes se retrouvent  avec des créances pourries et leurs yeux pour pleurer des larmes de bière. Dans le système des euro-obligations chacun devrait en effet apporter une garantie à la hauteur de ses moyens, et les moyens allemands sont très au dessus de la moyenne communautaire. Quand l’on sait que l’opposition social-démocrate à la chancelière ne serait pas  hostile à cette “mutualisation”, ce qu’elle suggère en définitive à ses compatriotes c’est de la réélire à vie, afin de ne pas être les dindons de l’euro. Ce n’est cependant pas faire injure à la médecine d’outre-Rhin, que de lui prédire une fin inéluctable à la chancelière. Ce serait alors la revanche des euro-obligations ? Même pas. L’économie européenne c’est un match qui se joue à 27, mais où c’est toujours l’Allemagne qui gagne.

Le 17 mars 2015 à 09:12
Le 17 août 2010 à 16:08

Maman (3)

Mon chéri, Les cousins de Carpentras m’ont dit qu’ils t’ont vu sur FR3 région, mais ils ne sont pas sûrs que c’était bien toi à cause du maquillage. C’est quoi cette histoire de maquillage? J’espère que tu ne traînes pas à travers Avignon la bouche et les yeux faits. Il faut que ces histoires-là soient derrière nous maintenant. Nous ne t’avons pas payé ton festival pour te voir recommencer les mêmes bêtises. A propos, les cousins disent qu’il faudrait que tu demandes une facture pour la cave dans laquelle tu joues et une autre aussi pour le dortoir. Il paraît que l’on peut peut-être se faire rembourser une partie des frais parce que c’est de la culture. Je t’ai envoyé des chemises blanches en coton léger, toi qui transpires beaucoup. Ce sera quand même mieux que des tee-shirts pour trouver du travail. Car n’oublie pas que tu fais tout ça pour trouver du travail. Si tu rencontres un patron, mieux vaut que tu présentes bien sinon tu vas encore te retrouver à pleurnicher tout l’hiver de ne pas avoir de quoi manger. Les cousins me disent aussi de te dire que le fils de leur ami est lui aussi à Avignon (tu sais celui qui est acteur). Il joue cette année dans le vrai festival. Tu peux aller le voir de leur part, il pourrait peut-être t’aider, vous avez le même âge. Il pourrait te trouver un petit quelque chose à faire et même dans les costumes, toi qui as toujours aimé coudre, du moment que c’est dans le théâtre au fond… Bonnes vacances, Je t’embrasse, Maman

Le 13 juin 2011 à 18:00

Correspondance d'un sédentaire avec des morts

"Entretien" avec Baudelaire sur le sommet de l'environnement

CB. – La Nature est un temple où de vivants piliers. Laissent parfois sortir de confuses paroles FC. – Alors oui Charles, puisque vous me parlez d'écologie, que pense le poète du sommet pour l'environnement? CB. – L'homme y passe à travers des forêts de symboles. Qui l'observent avec des regards familiers. FC. – Oui vous pensez aux lobbies? Que le discours devrait prendre forme en actions c'est bien cela ? CB. – Comme de longs échos qui de loin se confondent. Dans une ténébreuse et profonde unité. FC. – Oui un écho aux différents problèmes que rencontre l'Homme moderne pour sa survie... Quelle place dans l'éducation de nos enfants pour que cela fonctionne? CB. – Vaste comme la nuit et comme la clarté. FC. – Oui ! CB. – Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants. FC. – Euh... Je crois que vous être en train de glisser vers autre chose là, si je... CB. – Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.  FC. – Mais il suffit non! Vous… CB. – Et d'autres, corrompus, riches et triomphants. Ayant l'expansion des choses infinies. FC. – Ah… On vous récupère! Dieu merci! Que pensez-vous que l'Homme devienne d'ici 20 ou 30 ans même? CB. – Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens. Qui chantent les transports de l'esprit et des sens. FC. – Merci M. Baudelaire pour vos vues très précises sur la vie, le temps, la terre et pour ce formidable optimisme que vous partagez à merveille...

Le 26 mars 2015 à 08:13

« Un jour le public comprendra que l'on bouge les bras sans savoir ce qu'on fait » affirme un chef d'orchestre

C’est un grand professionnel de la musique qui a décidé de se confier. Martin da Fonseca est chef d’orchestre depuis plus de 20 ans. C’est de lui-même qu’il a contacté notre rédaction pour apporter un témoignage « nécessaire mais douloureux » sur sa profession. Un travail qu’il qualifie lui-même « d’escroquerie qui ferait passer Madoff pour Mère Teresa ». « J’agite les bras en toute impunité depuis tant d’années »

 Quand il nous ouvre les portes de son luxueux duplex du VIIIe arrondissement de Paris, Martin a l’air grave, comme celui d’un délinquant se rendant au confessionnal. Poli, il nous propose du thé. Le thé est bon. Le chef de l’Orchestre Philarmonique de Jouy-en-Josas s’assied alors puis entame la longue et lourde confidence. « J’ai bientôt 50 ans. Cela fait plus de 20 ans que je suis complice de cette mascarade généralisée. Aujourd’hui je veux briser l’omerta car je sais qu’un jour le public comprendra que l’on bouge les bras sans savoir ce qu’on fait », explique-t-il. M. da Fonseca reprend alors son souffle avant de continuer : « Quand j’ai commencé mes études pour devenir chef d’orchestre, je pensais qu’il s’agissait d’un vrai métier, que le chef d’orchestre rendait cohérent le jeu de l’ensemble des musiciens…Alors qu’en réalité on est juste là à bouger comme des cons, à faire des gestes qui n’ont pas de sens comme si on avait des TOC…Quand j’y repense…J’agite les bras en toute impunité depuis tant d’années », admet-il. Le quinquagénaire revient ensuite sur ses jeunes années : « Au Conservatoire, juste après mon admission, on m’a emmené dans une pièce et on m’a expliqué que le poste de chef d’orchestre relevait de l’emploi fictif mais que cela permettait de créer du travail et que le public avait l’impression d’avoir affaire à quelqu’un d’important. » Malgré cette désillusion, Martin da Fonseca se laissera entraîner dans ce mensonge devenu institution au fil des siècles. Par faiblesse selon lui : « Je n’avais pas de solution de repli et, peut-être pour me convaincre moi-même, je me suis rappelé que c’était d’abord la gestuelle qui m’avait plu chez les chefs d’orchestre, que le reste était accessoire dans le fond », raconte l’homme, désenchanté. A la recherche d’une reconversion à Roissy

 Juste avant de le quitter, le chef d’orchestre nous explique vouloir changer de métier, loin des orchestres, loin de la musique même : « J’aimerais devenir agent de piste à Roissy pour guider au sol les avions. Je cherche un poste avec des mouvements de bras vraiment utiles. Il y avait bien steward mais personne ne les regarde lorsqu’ils montrent les consignes de sécurité. »

Le 8 juillet 2013 à 08:22

Manifeste pour le retour à une saine géométrie des couverts de table.

C'est à une vraie prise de conscience que j'appelle, car elle avance subreptice. Je parle de cette lente agonie de la géométrie des couverts qui s'invite à notre table chaque repas que Dieu fait. N'avez-vous pas un jour remarqué, camarades attablés, la dent extrême de la fourchette, rebelle à l'alignement de ses soeurs ? Ne fûtes-vous jamais condamné à couper votre steak avec la lame tordue d'un misérable couteau mutilé ? Ne mangeâtes-vous jamais votre glace à l'aide de l'une de ces cuillers à long manche pitoyablement torsadé ? N'avez-vous jamais souffert cette sournoise autant qu'anormale inflexion entre le manche et la cuiller, à cet endroit précis de jonction dont la section plus faible confère de la fragilité à l'ustensile ? Cette jonction de moindre de section qui a précisément pour objet de limiter la conduction thermique entre la partie travaillante plongée dans le potage bouillant, et votre main d'affamée ! Car oui, cet ustensile que tu tiens en main, camarade attablé, cet ustensile a été pensé, conçu, fabriqué par l'un de nos frères, l'une de nos soeurs mécano. Oui, ami gourmet, des femmes et des hommes de coeur oeuvrent dans l'humilité des bureaux d'études sur leur planche à dessin, ajustent des outillages de découpe dans le secret de leur atelier, conduisent avec doigté et professionnalisme les presses qui travaillent les feuilles de cette noble tôle et donnent naissance à ces fourchettes, cuillers et couteau que tu manipules avec tant d'irrespect. Et tout ce génie humain devrait se déliter dans les miasmes infects des plonges des restos et des cantines ? L'amour du travail bien fait de nos frères et soeurs mécanos devrait être livré à la maltraitance de cette main d'oeuvre à bas coût qui officie dans l'antre infâme des arrière-cuisines sans que nous ne nous rebellassions ? Camarades, faisons de l'exigence en matière d'orthodoxie géométrique de nos couverts une règle de vie. N'acceptons pas la descente vers les abîmes de la civilisation où nous conduit cette lente dérive. Aujourd'hui les couverts tordus, demain, qui sait, les verres fuyards ou les nappes trouées ? Ensemble, exigeons un retour aux vraies valeurs de la saine géométrie de nos couverts. Pour le salut des arts de la table à la française.

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