Alain Guiavarch & Maël Canonne
Publié le 22/07/2010

Toute religion implique-t-elle une révélation ?


– Merci mon Père pour votre bienveillance. Vous éclairez ma vie, mon chemin...
Alain Guiavarch & Maël Canonne auraient rencontré Valérie Lemercier en octobre 2008, lors du lancement de leur roman photographique KLAC Artists'Book à la Villette (http://www.klac.fr).
Le problème c'est qu'elle ne s'en souvient plus malheureusement. 
Elle avait pourtant incité Jean-Michel Ribes à les rencontrer mais celui-ci n'a pas été franchement convaincu par ce duo d'imposteurs, sans doute parce que le plus petit avait commandé un lait-fraise au Restaurant du Théâtre du Rond-Point. 

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Le 30 juin 2011 à 08:35

Métempsycose, il fait froid dehors

L’autre soir, alors que je prenais un verre rue Montorgueil avec mon ami, et que je le regardais, impuissante, dévorer toutes les tranches de rosette (j'étais trop loin de la planche), m'est venu à l'esprit que mon signe astrologique chinois était vraiment trop nul. Mon ami, sentant que quelque chose clochait, me demanda pourquoi diable fallait-il que je fasse la gueule devant d'aussi jolies charcuteries. Je n’ai rien répondu, j'ai haussé les épaules, il n'aurait pas compris (déjà pour Anish Kapoor, il avait eu du mal). Et puis elles étaient quand même bien moins jolies que moi. Les charcuteries. Pour changer de sujet, je lui ai fait remarquer un pigeon mort, sur les pavés. Ce qui l'a conduit à me parler des Druzes qui sont des métempsychotiques, apparemment. Jamais entendu parler de ces types. Quelques minutes après, ruminant toujours mon problème de signe, Pierre Haski, par le biais de Twitter (c’est la magie de Twitter, Pierre Haski donne des conseils en astrologie chinoise, on échange des recettes de cuisine avec Benoît Hamon, on parle tricot avec Orelsan), me suggéra la réincarnation, et je me souvins alors que la doctrine des Druzes est fondée sur la métempsycose (c’est du grec et ça n’a apparemment rien à voir avec une quelconque psychopathologie, à mon grand étonnement). Mais quelle idée brillante. J'allais me convertir et enfin vivre une vraie vie. Je consultai immédiatement Wikipédia (j’ai l’appli sur mon smartphone) afin d’étudier les offres de ce mouvement religieux dont j'avais découvert l'existence de façon fort opportune. Déconvenue. À lire la page consacrée aux Druzes, je réalisai que j’allais devoir faire plus qu’avaler une hostie sans la mâcher, ce qui est déjà pas mal compliqué, croyez-moi. Le chemin de foi avait quand même l’air plus ardu que celui de la religion catholique, où pour accéder à la première communion, je n’avais eu qu’à écouter une fois par semaine les approximations évangéliques de quelques femmes au foyer désoeuvrées, et à chanter “le monde aura besoin que je lui prête mes deux mains” en prenant mon air le plus béatement convaincu. Résignée à mon sort de Chèvre chinoise, je mâchai pensivement une feuille de salade qui était jusque là restée abandonnée dans un coin de la planche, en espérant que la prairie serait plus verte au plus haut des cieux.

Le 16 avril 2012 à 08:28

Chronique rurale

Huitième jour : l'enterrement de ma mère.

> Premier épisode                    > Episode suivant   Ce matin au petit jour, j’ai enterré maman sur la plage. Je l’ai récupérée après que la poule l’ait traînée toute la nuit et lui ait bouffée consciencieusement toutes les parties les plus grasses. Elle ne lui a laissé que les os et les poils. Beurk. J’ai dit une prière en espérant que quelqu’un l’entende, même si j’ai renoncé depuis longtemps à l’idée d’un Dieu « utilitaire ». J’ai l’impression en effet que la présence du Créateur est toute relative, c’est une sorte d’absence finalement. Ca ne me gêne pas outre mesure, d’ailleurs, puisque j’ai bien compris que vivre seul était précisément le principe de la condition humaine. Dieu nous propose de faire avec. Croire en Dieu est donc un acte purement gratuit, un des derniers encore possibles sur cette Terre. De cela je l’en remercie. Il faudra que j’en touche deux mots au Curé.   Après avoir sauté sur le sable à pieds joints pour bien tasser, j’ai quitté le corps de ma mère vers 9h30, et me suis dirigé vers le Nord. C’est ici que vous me retrouvez. Un vent saharien et radioactif me balaie gentiment la frange. Je croise un restaurant routier dont le toit, soufflé par l’explosion, a été entièrement recouvert de  cadavres d’ouvriers polonais employés par un sous-traitant de Bouygues sur l’ex-chantier de l’EPR, avant l’accident. Je les salue amicalement. Pas de réponse des polaks, belle mentalité !   Un peu plus loin, un peu plus tard. Dans une zone hyper- radioactive - comme l’est maintenant cette partie sinistrée de la Manche -, la sensation du temps est décidément très étrange. Je confirme même une nouvelle fois que je suis le témoin –et la victime- d’une véritable accélération du temps, une sorte de micro-climat spatio-temporel, encore un truc pas prévu par Einstein… Si je dis ça, c’est que mon ventre ne cesse de s’arrondir davantage, une journée semble être à minima l’équivalent d’un mois, et ce que je dois bien désigner comme mon utérus - malgré les doutes persistants sur ma féminité - est sujet à des contractions de plus en plus fréquentes. Je  suppose que j’approche du 7ème mois de grossesse. Je culpabilise un peu de n’avoir pas prévenu le Père et Nadine. Il me suffit pourtant de fermer un instant les yeux, et je les visualise tous les deux : l’un debout en chaire, éclairant les foules béates de la Maison de Retraite par ses enseignements contemplatifs ; l’autre assise en caisse n°4, éclairant pareillement la clientèle par l’évangile de ses deux seins fièrement dressés, son badge d’hôtesse ornant le droit tel un sermon sur la montagne.

Le 16 juin 2015 à 08:40

Le déchiffrement du langage des dauphins confirme qu'ils n'arrêtent pas de nous insulter

Une équipe de scientifiques a réussi apparemment à traduire ce qui semble être un langage propre au dauphin. Sans surprise, cela confirme que, depuis le début, le dauphin se moque de nous, nous ridiculise, et nous insulte de manière outrancière. Vulgaires et grossiers On savait les dauphins parfois enclins à certaines pratiques douteuses, on sait désormais qu’ils sont surtout vulgaires, grossiers et mal éduqués. « Quand j’ai commencé à traduire ce que le dauphin me disait, j’ai eu un choc » raconte Cindy Orson, qui a dirigé le laboratoire qui s’est chargé de traduire ce langage dauphin. « J’ai commencé à traduire une première partie du langage et j’ai réalisé que cet enculé de dauphin était en train d’insulter ma mère, avec des mots très très choquants » affirme-t-elle. Elle a alors réitéré l’expérience avec d’autres dauphins, certains en liberté et d’autres en captivité, chaque fois avec le même résultat. « Les paroles sont très outrancières, on a l’impression d’avoir affaire à des ados mal élevés qui se croient tout permis » ajoute un spécialiste. En outre, une analyse approfondie des bandes indique que le dauphin tient régulièrement des propos sexistes, racistes et antisémites. « Ils font ça tout le temps. Il n’y a pas un moment où ils n’en parlent pas entre eux, pour eux c’est normal. » explique la jeune femme qui précise que les dauphins n’ont strictement aucune pudeur, aucun tabou, aucune limite dans leur vulgarité. « Si vous saviez ce qu’ils disent sur les handicapés ou les autistes qu’on leur présente… On dit souvent que les dauphins veulent les aider, mais vous seriez très choqués et en colère » assure la scientifique. L’expérience a d’ailleurs dû être stoppée après qu’un des dauphins étudiés s’en est pris à l’un des chercheurs. Le mammifère marin a ainsi professé de nombreuses et violentes insultes à caractère antisémite et négationniste, mettant en doute la validité de la théorie officielle des attentats du 11-septembre. Le scientifique ulcéré s’est alors jeté dans le bassin du dauphin pour en découdre et aurait manqué de se noyer.

Le 16 décembre 2011 à 08:15

L'archipel de la connerie

Lorsque Les Paravents de Jean Genet fut créée en 1966 au théâtre de l’Odéon à Paris, la troupe d’intégristes nationalistes qui s’acharnait à jeter sur la scène des rats morts et des punaises sur la comédienne Maria Casarès et ses autres confrères et consœurs, invoquait le scandale que cette pièce représentait pour l’honneur de la France et l’autorité nationale déchue de l’autre côté de la Méditerranée. Ils s’insurgeaient non d’une guerre injuste et de ses motivations profondes, mais de l’œuvre d’un dramaturge repris de justice, et sodomite qui plus est, représentée sur la scène d’un théâtre national, donc avec les deniers de l’Etat.Bien des années plus-tard c’est une pièce de Daniel Lemahieu intitulée Viols qui provoque à Avignon la haine d’un certain public qui désosse les fauteuils et les jette sur la scène du théâtre en menaçant l’auteur, une partie du public et les comédiens. Ce diktat de la connerie grégaire, cette incapacité à considérer la critique, la création artistique, ou toute forme d’expression hors de ses propres avis entendus, les siens ou ceux d’une communauté fétichisant une parole ou une pensée à travers laquelle on se définit, détermine toutes les formes de fascisme banal. Pasolini avec Salo, ou les 120 jours de Sodome, a pour sa part, même indirectement, payé cette production coprophage, sadomasochiste, bestiale et poétique de sa vie, alors qu’il dénonçait le degrés de corruption de son Etat durant les années de plomb minées par différentes formes de terrorisme et d’affaires de corruption (cela ne vous rappelle pas quelque chose ?) ; en 1988 dans une salle de cinéma à Paris, ce sont treize spectateurs qui sont sévèrement blessés suite à l’attentat d’un groupuscule terroriste chrétien qui a voulu manifester contre la projection de La dernière tentation du Christ de Martin Scorcese, d’après le roman d’un auteur et philosophe grec (décidément ces grecs, y savent rien faire que corrompre la jeunesse – dixit cet enculé de Socrate ; et vider les bourses de l’Europe) Nikos Kazantzakis.En Grande-Bretagne le théâtre aussi choque. C’est dans les années 1960 une pièce du Dramaturge Edward Bond qui provoque un public bourgeois et bien-pensant, très démocrate-chrétien, s’indignant de voir une scène de violence où un landau (et son bébé) se trouve lapidé par des jeunes ; trente ans plus-tard c’est la pièce Anéantis de Sarah Kane, décrivant la situation d’un journaliste cynique, cancéreux en fin de vie, enfermé avec une jeune femme qui lui servira de victime puis de bourreau pendant qu’au dehors une guerre civile se déroule, qui défraye la chronique. A chaque fois c’est l’artiste et son propos qui choquent et non la réalité dans laquelle nous vivons, conduisant ces bien-pensants, au nom d’une prétendue idéologie décatie ou d’une spiritualité dont ils ne connaissent rien du sens et de la portée profonde, à manifester et à invoquer la censure plutôt qu’à s’insurger contre le monde dans lequel ils vivent et dans lequel jour après jours les principes fondamentaux de nos démocraties et de notre république sont malmenés ou piétinés. Ces bien-pensants préfèrent huer le comédien qui symboliquement lève un poing emprisonnant une pierre au-dessus d’un landau vide, plutôt que le ou la chef de gouvernement qui s’apprête à bombarder, selon les époques, les îles malouines, ou les civils irakiens au nom de leur démocratie et surtout du portefeuille.Ce théâtre des morts qui est le nôtre depuis l’antiquité, en passant par Shakespeare, Müller et le théâtre d’agit-prop critiquant le consumérisme et la morale qui le soutient, ce théâtre dans lequel le sang, la sueur, l’argent, la merde et leurs inséminations se lient au cynisme du monde dénoncé sur la scène du théâtre où l’amoralité profonde de notre humanité éructe, les irrite et c’est bien normal, car leur souci n’est pas l’état de leur monde, mais l’état de leur pré-carré, de leur maison, de leur salon, de leur salle à manger et de leur chambre à coucher. Selon eux l’on peut tuer et mourir dans des conditions indignes tant que la morale, leur morale, est préservée, et s’installer tout en mangeant devant son poste de télévision. En ce sens, ils ne diffèrent par réellement de certains chefs d’entreprises, du banquier ou du gros actionnaire du CAC 40 qui préserve son veau d’or à tout prix, malgré les conséquences de cette vénération.Ils préfèrent s’indigner devant le badigeonnage d’une figure dévote sur la scène d’un théâtre national (même si l’on peut librement considérer que badigeonner la figure du Christ de merde, ou mettre un crucifix dans un bocal rempli de pisse, n’est pas l’acte artistique le plus subversif ni le plus intéressant de toute la création de notre ère), alors que leurs saintes écritures sont pleine de cette haine, de ces feux de la géhennes divine brûlant des âmes impies : Job le plus fidèle serviteur d’un seigneur vengeur, jaloux, colérique, si humain finalement, recouvrant son serviteur le plus dévot et chevronné de pustules et de vermine, lui faisant perdre femme et enfants parce que son Dieu n’a finalement pu résister à la tentation de Satan, de la même manière que ces dévots ne peuvent résister à la tentation de leur propre ignorance. Ces catholiques d’extrême-droite ou de droite conservatrice s’indignent que l’on puisse malmener un fétiche, un bout de bois ou une image, mais ne semblent pas faire preuve de la même ferveur, ni même du même amour du prochain en voyant ces hommes et ces femmes contraints de dormir sur le bitume ou dans des tentes de fortunes dans les bois (pour certains des employés mal payés) parce qu’ils ne trouvent pas de logement et que leur situation, et celle de leurs familles, indiffère la plus-part d’entre-nous. Ils devraient s’indigner devant la paupérisation galopante de leur pays et de nos démocraties occidentales qui est le fruit d’une politique économique brutale et amorale qui nous conduit droit dans le mur, plutôt que devant les gestes symboliques et rituels de celui ou de celle qui s’exprime librement sur la scène d’un théâtre où dans les pages d’un livre. Ceux qui ont manifesté et qui manifesteront devant le théâtre du Rond-Point, comme devant n’importe quel autre théâtre du monde pour ces raisons, ne réalisent pas à quelle point leur attitude, comme celle de ces intégristes ayant brûlé la rédaction d’un journal parce que ce dernier avait publié des caricatures dites hérétiques d’un autre prophète, incarnent eux-mêmes par leur aveuglement le mal et l’intolérance qu’ils prétendent dénoncer et qui tue réellement, et non symboliquement, jour après jour. Leur indifférence à l’humain. Cet archipel de la connerie qui est notre propre goulag.

Le 18 mars 2011 à 10:25

« Les Français, à force d'immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux , ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s'imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale. »

Claude Guéant, Europe 1, jeudi 17 mars 2011

Le ministre de l’Intérieur a décrété une zone d’exclusion territoriale. Son prédécesseur, Brice Hortefeux, avait déjà averti du danger de voir se multiplier les islamo-auvergnats, mais il s’en tenait à un quota de nuisance ne dépassant pas « plusieurs » individus. Désormais on n’entre plus dans le détail. L’arabe est en passe de se substituer au latin dans les églises et à l’hébreux dans les synagogues, il y a donc péril en la demeure du Seigneur ! L’ancien Père Joseph du Président Nicolas Ier détient forcément des informations très sûres sur le sujet. C’est par négligence que l’on n’a pas senti la viande du boucher prendre un arrière goût hallal, c’est par distraction encore que la pose de tapis dans les rues nous a semblé une initiative écologiquement correcte, quand l’obligation de prières va nous faire bientôt courber l’échine à heures fixes, c’est par pure inconscience enfin que la paresse de se raser tout les matins ne nous apparaît pas comme le signe ostensible d’une contamination musulmane des esprits. Paranoïa que tout ça ? Quand une « Miss France » en burqa sera élue pour la première fois, on se souviendra trop tard que Guéant l’avait bien dit ! Guéant qui ? Mais si, celui qui chantait si bien C’est moi le gars de la Marine après une cuite au thé à la menthe !

Le 13 décembre 2014 à 08:26

Dieu : « J'aimerais tellement que les gens comprennent que je n'existe pas »

On croyait Ses voies impénétrables mais Il a pourtant choisi de se mettre en travers de notre chemin. Dans le journal La Croix daté d’aujourd’hui, le Seigneur a décidé de prendre la parole à l’occasion d’une interview où Il s’exprime sans détour. Le souverain céleste regrette notamment que les êtres humains ne soient pas davantage lucides sur le monde dans lequel ils vivent. Il condamne entre autres tous ceux qui affirment qu’Il existerait bel et bien et serait tout puissant. « Un dogme stupide et dangereux » Dans cette fameuse interview publiée ce matin, Dieu emploie un langage plutôt rude à l’égard de tous les croyants, au risque de choquer ses plus fidèles fidèles : « Franchement je sais pas d’où ils sortent tout ça. Le truc sur l’omniscience et l’omnipotence là… Et alors le couplet sur la bienveillance universelle, c’est sûr c’est beau et super optimiste mais ça manque profondément de réalisme. » Le Seigneur fictif invite ensuite tous ses fidèles à changer de comportement : « Je pense que les croyants actuels du monde entier devraient arrêter de s’accrocher à leurs histoires, sympathiques au demeurant, mais légèrement absurdes. » Dans cet entretien accordé au journal La Croix, le divin créateur décrit la surprise qu’Il ressent à voir des millions et des millions de personnes continuer à croire en lui depuis des milliers d’années : « Pourquoi les gens persévèrent-ils alors qu’ils n’ont aucune preuve attestant de mon existence ? Je trouve évidemment ça très honorable d’avoir la foi comme ça mais là ça me paraît un chouia excessif. » Une incompréhension qui s’accompagne d’un sentiment de tristesse en constatant les dégâts provoqués par ce qu’Il qualifie de « superstition de comptoir » : « La croyance en mon existence a engendré tellement d’atrocités. J’aimerais tellement que les gens comprennent que je n’existe pas. Je ne sais pas trop comment faire dans la mesure où ma marge d’action est quasi nulle. Pour l’instant je vais juste continuer à ne pas être. C’est le mieux que je puisse faire. » Le Vatican indigné Cette prise de parole de Dieu a très vite entraîné des réactions en chaîne sur les réseaux sociaux. « Courageux d’avouer ça publiquement ! », lance cet internaute sur Twitter. « WTF !!! Dieu qui s’exprime dans La Croix ? C’est sérieux ou quoi ? », lance, plus dubitative, cette autre utilisatrice. Mais la réaction la plus attendue était évidemment celle de Rome et de l’Eglise catholique. Et cette dernière ne s’est pas faite attendre puisque le porte-parole du Vatican s’est fendu d’un communiqué pour le moins virulent dans lequel l’Eglise condamne les propos du Saint-Seigneur : « Les paroles tenues par M. Dieu sont inadmissibles, même si elles restent divines. Il vient semer le trouble dans la foi de ses croyants.  Des croyants qui ont besoin spirituellement et psychologiquement de croire en Lui. Sans parler évidemment de toutes les conséquences économiques néfastes que ce genre de discours négationniste peut engendrer. »

Le 23 décembre 2012 à 09:16
Le 16 décembre 2014 à 09:36
Le 13 décembre 2011 à 08:02

Jésus, reviens, ils sont devenus fous

Ah ! Les vilains méchants, les sombres iconoclastes ! Mécréants, incrédules, apostats. A deux semaines de Noël, vous faites de la peine au petit Jésus qui a tant souffert pour nous, sur sa croix. Et à sa maman qui a enduré les souffrances des mamans sans en connaître les plaisirs. C'est-y pas un crève-cœur ? Pour qui c'était, les contractions ? Pour sa pomme. Pour qui c'était la précarité ? Pour sa pomme. Va-t-en accoucher dans la paille entre des bestioles qui puent, toi qui manies le blasphème avec tant d'aisance, et qui prétend de surcroît ramasser de la monnaie avec, alors qu'ils vivaient comme des cloches, ceux que tu injuries. Et pour qui c'était les larmes de la maman devant le cadavre de son enfant unique ? Tout ça pour racheter vos vilains penchants, vos fautes inavouées. Les croisades, les guerres de cent ans, les guerres de trente ans, les guerres où l'on meurt à vingt ans, les conquêtes colonisatrices, les inquisitions, les misères, les holocaustes, les tortures, le mépris des autres, les viols, les assassinats, l'amour de l'or qui est aussi mauvais pour l'homme que le phylloxéra l'est pour la vigne, c'est pour quoi qu'il est mort, le petit Jésus ? Pour vos museaux. Pour vos vilaines trognes de jouisseurs. Bien sûr, les guerres, la misère, les mauvais sentiments. Mais il en faut bien pour prendre conscience de ce qu'est le mal. Et à qui pourrait-on donner à la sortie de la messe s'il n'y avait pas de pauvres ? La pauvreté des autres permet aux personnes bien d'être gentilles. Deux mille ans que l'on vous dit que Dieu est amour et vous ne comprenez toujours pas ? Va-t-y falloir qu'on vous casse les dents, qu'on vous caresse les côtes et l'épine dorsale avec des gourdins, qu'on vous fasse brûler vifs pour vous faire comprendre ce qu'est l'amour universel ? Sales gens. Vous n'avez pas de coeur. Quelle injustice. Jésus, reviens, ils sont devenus fous.

Le 13 août 2015 à 09:10

Et Dieu, dans tout ça ?

Pubologie pour tous

Dans la pub, rien n’est laissé au hasard. Il y a par exemple des gens payés pour choisir, au milieu de 50 petits rochers en chocolat, quel petit rocher en chocolat est l’archétype des petits rochers en chocolat, et saura à lui seul être le petit rocher en chocolat porte-parole de tous les petits rochers en chocolat. Ces mêmes gens passent des heures entières à tourner le petit rocher en chocolat dans tous les sens pour trouver quelle répartition des noisettes dans le rocher en chocolat sera l’archétype de la répartition de noisettes, le porte parole de toutes les répartitions de noisettes de tous les petits rochers en chocolat. Je ne vous la fais pas avec la table laquée noire, vous aurez compris. Alors pour ce qui est du texte, vous l’imaginez, on pèse, on soupèse, on trapèse, on djainifeurlopèse chaque mot, chaque virgule. Pour atteindre au final un haut degré de précision. C’est comme pour les tirs chirurgicaux dans les guerres propres. Sauf que là, il n’y a pas de civils qui meurent par centaines, mais sinon c’est pareil. Pour arriver à cette merveille. Merveille qu’on peut paraphraser ainsi : oh là là, dans ce monde réac et bien-pensant, on ne peut même plus montrer une femme à poil sans se faire enquiquiner (ce qui, premièrement, n’a rien à voir et ensuite, est faux et sera prouvé prochainement dans un billet féministo-énervé de base, je cherche juste l’image de fesses qui sera l’archétype de toutes les images de fesses), heureusement nous on a un truc super sensuel à vous proposer et c’est sans danger pour la morâle des foules. Ouf. Notez ensuite le « Dieu merci ». Dieu, merci. Merci Notre Père qui êtes au cieux, oui, lui. Merci Dieu quoi ? Merci Dieu de nous permettre, à nous les gens qui font des petits rochers en chocolat, d’abreuver les masses de super pubs trop brillantes où on a trouvé une super idée pour vendre un produit, idée qui consiste à montrer le produit, oui on sait c’est révolutionnaire, merci Dieu, c’est un peu grâce à vous, bisous. Car vous aurez appris quelque chose aujourd’hui : Dieu existe, et il est avec nous, les publicitaires. Ce qui explique tout. Sauf cette affiche.

Le 17 juillet 2011 à 09:27

Mark

Je reviens de loin, d’une sorte de rêve étrange. Certains appellent ça une catharsis, moi je me contente d’appeler ça un rêve étrange : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment pourvu qu’on les dise avec honnêteté. Personne ne me jugera pour ça. J’ai fait ce que l’on appelle une EMI : une Expérience de Mort Imminente. En anglais, on dit : NDE : Near Death Experience. Je ne suis pas doué en anglais, mais « NEAR » ça veut dire « près » et « death », « mort ». Ce que j’ai fait, c’est être si proche de la mort que l’on revendique sa vie de manière si indécente qu’on oublie à peu près tout. Regarder directement dedans, bien rentré, à l’intérieur et cela tout en étant à l’extérieur. L’instant d’avant ça va bien et l’instant d’après, tout se perd. Near death Experience. Expérimenter. Experience. Expérience. La vie, c’est empirique, la mort, c’est autre chose. La mort, c’est perdre du temps à essayer de comprendre ce qui s’est passé dans la vie. La mort, c’est très utile, mais ça n’a rien de ressenti : c’est ailleurs et cet ailleurs, c’est à venir. Je me suis trouvé juste assez proche de la mort pour comprendre son sens et après je suis revenu à la vie. Certains appellent ça mentir, moi j’appelle ça se révéler : il n’y a aucun mal à dire les choses différemment. Personne ne me jugera pour ça. Ou tout du moins, personne ne le devrait, mais on n’est jamais à l’abri. En fait, il faudrait vraiment que j'arrête de bouffer des yaourts au Bifidus Actif parce que c'est franchement dégueulasse...

Le 8 août 2013 à 07:58

Anne

Ma vie a changé, NOTRE vie a changé, depuis que notre petite Anne a fait cette annonce entre le gigot et le gâteau au yaourt : « Papa, Maman, j'ai quelque chose à vous dire ». Le temps s'est suspendu. Dehors un chien jappa. « Je suis catholique ». Nous lui avons dit : « Non mais ça va pas bien, petite connasse, tu ne pouvais pas être lesbienne comme tout le monde ? » mais rien n'y a fait. Nous n'avons plus aucun pouvoir. Nous l'avons même frappée avec un nerf-de-boeuf pour la première fois et rien. Son catholicisme fait comme une espèce de couenne qui la protège des coups. Elle lit du Josemaría Escrivá de Balaguer, porte des jupes à motifs Vichy et parle avec un air niais de sa virginité comme d'un trésor. Il fallait la voir avant. Elle ne se la racontait pas autant. Notre fille, elle avait un petit côté pute. Maintenant, elle porte une gaine et un col Claudine alors qu'elle s'appelle Anne et qu'elle a 16 ans. Elle dit aussi des choses atroces comme : « S'ils ont le Sida, c'est pour une bonne raison, faut pas se plaindre » ou « l'avortement, c'est la facilité des filles de mauvaise vie » ou encore « si on calomniait de la même façon les musulmans et les juifs, alors là oui hein, vous n'accepteriez pas ». Elle va se mettre au latin et votera pour le FN : elle est si cliché. Elle devient si prévisible qu'elle a accroché un poster de Christine Boutin sur un des murs de sa chambre.Je ne suis pas si certaine que notre fille soit devenue idiote du jour au lendemain, mais quand même. Anne nous parle de sa vérité comme s'il s'agissait de la seule possible. Elle nous dit : « C'est ma vérité et c'est la seule possible ». Puis elle rajoute : « Je suis comme ça, rien ne me changera ». Elle nous parle de la Bible, je lui rétorque que Simone de Beauvoir est la seule vérité possible et elle me répond que ça n'a strictement rien à voir. Elle me donne envie de vomir. Je voudrais échanger notre fille contre un Kinder Bueno. Mais plus que tout se pose la question de savoir ce que nous avons raté. Avons-nous été trop de gauche ? Anne est-elle allée si à gauche qu'elle a fini par faire un tour complet ? Une fois calmée, je lui ai dit qu'en soit, le catholicisme est plutôt une belle chose pour peu qu'on y croie, mais que son catholicisme à elle est puant. Elle s'est contentée de répondre : « je ne mangerai plus jamais de ton gigot et de ton gâteau au yaourt » puis : « je veux un serre-tête et un enfant blond : nous irons au parc et tout le monde nous enviera ». Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Nous l'avons tabassée, attachée, et nous l'avons enfermée dans la cave. Nous lui donnons à manger une soupe insipide avec des pâtes en forme de lettre pour la culture et du pain sec pour la forme. Nous ne l'appelons plus Anne mais « la Sale Catholique » et nous la montrons du doigt : « Tu n'es pas tolérante, vilaine !!! » et parfois même nous lui jetons des pierres dessus. Depuis, nous essayons mon mari et moi d'avoir une autre fille. Une fille qui soit telle que nous la voulons. Hier, nous avons reçu le faire-part de mariage d'une de nos amies d'enfance. « La cérémonie aura lieu à quatorze heure en l'Eglise de B. ». J'ai hurlé : « Chéri, sors les bombes lacrymo et les prospectus sur Marx, nous partons en Croisade !!!! ».

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