Alain Guiavarch & Maël Canonne
Publié le 22/07/2010

Toute religion implique-t-elle une révélation ?


– Merci mon Père pour votre bienveillance. Vous éclairez ma vie, mon chemin...
Alain Guiavarch & Maël Canonne auraient rencontré Valérie Lemercier en octobre 2008, lors du lancement de leur roman photographique KLAC Artists'Book à la Villette (http://www.klac.fr).
Le problème c'est qu'elle ne s'en souvient plus malheureusement. 
Elle avait pourtant incité Jean-Michel Ribes à les rencontrer mais celui-ci n'a pas été franchement convaincu par ce duo d'imposteurs, sans doute parce que le plus petit avait commandé un lait-fraise au Restaurant du Théâtre du Rond-Point. 

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Le 12 décembre 2014 à 08:46

Croire

– Le Bon Dieu n’existe pas.– Pas possible !– Comme je vous le dis.– Mais qu’est-ce qui vous fait croire ça ?– Je n’en sais rien. Une intuition.– Autant dire que vous n’en savez rien…– Comment voulez-vous savoir ? On n’est sûr de rien. Juste un faisceau de présomptions…– Hum, hum…– Depuis le temps qu’on annonce son retour sur la Terre et qu’on ne voit rien arriver… Au moins le Père Noël, lui, il est ponctuel.– Vous croyez au Père Noël ?– Pas vous ?– Si, bien sûr. La petite souris, en revanche, j’ai des doutes.– Vous pensez que ce serait un stratagème parental ?– Quelque chose comme ça, oui…– En même temps, sous l’oreiller, la dent disparue est bien remplacée par un bonbon ou un chocolat…– C’est vrai.– Et ça je suis désolé mais ça n’arrive quand même pas par l’opération du Saint-Esprit !– En ce qui me concerne, ça fait longtemps que la petite souris ne se déplace plus chaque fois que je perds une dent.– Mais quand vous perdez une dent, vous la mettez sous l’oreiller ?– Non.– C’est bien ce que je pensais…– C’est-à-dire, à mon âge…– Bien sûr ! Vous perdez une dent et c’est comme si vous n’en aviez rien à foutre. Vous abandonnez la malheureuse chez votre dentiste qui va vous mettre un implant.– Exactement.– Et la petite souris oubliée, négligée, délaissée, qui voit, comme ça, une dent passer sous son museau, vous y pensez ?– Pas tellement.– C’est bien ce qu’il me semblait. Pour croire, il faut quand même y mettre du sien.

Le 22 février 2011 à 10:51

Céline, le soufre passe les frontières

Carte postale d'Espagne

Dans le prestigieux et copieux quotidien El Paìs du dimanche 20 février, Céline est à l'honneur. Oui, le même que le ministre de la Culture a refusé d'inclure aux commémorations de 2011. Deux pages sont consacrées à cette question : "Que faire des génies infâmes?" (il faut prendre cet adjectif à la lettre, "infâme" signifiant originellement "de mauvaise réputation"). Car la polémique soulevée par la volte-face de l'institution française a traversé les Pyrénées et c'est donc encore une fois que l'on se pose la question de savoir s'il faut distinguer l'homme de l'œuvre et, plus précisément ici, Céline de Louis-Ferdinand Destouches. L'article, fort bien construit et documenté, rappelle en quoi l'auteur de Bagatelles pour un massacre est "infâme", extraits franchement antisémites à l'appui. Et après tout, ça ne fait pas de mal de se rafraîchir la mémoire, car Céline est à peu près lu comme Proust, voire "relu", tous les étés (si vous voyez ce que je veux dire)…Sont ensuite cités notre international BHL ("Parce que la commémoration est faite pour ça, commencer à comprendre la monstrueuse relation qui peut exister entre le génie et l'infâmie, elle aurait été non seulement légitime, mais utile et nécessaire"), Esther Bendahan, écrivain et directrice de la culture à la Maison Sefarad-Israel de Madrid qui, sans la cautionner aurait vu dans cette commémoration une opportunité de réflexion, et le philosophe espagnol Reyes Mate, qui a reçu pour son livre La herencia del olvido (L'héritage de l'oubli) le Prix National de l'Essai en 2009 : "On célèbre les triomphes, on commémore les défaites (…). Le devoir de mémoire exige aujourd'hui (NDR : depuis l'Holocauste) d'y inclure un jugement moral." En 2011, la France rate donc cette occasion d'exercer son devoir de mémoire, en commémorant un auteur qui n'a pas fini, de toute façon, de faire parler de lui…Lire l'article en espagnol

Le 5 avril 2010 à 15:05

Le rire collabo

« Le rire est le propre de l’homme », clame Rabelais, mais il peut en être aussi le sale et de résistant devenir collabo. Par je ne sais quel soudain abandon de sa nature rebelle, à moins qu’il ne s’agisse d’une poussée de candeur d’âme un peu crétine, il arrive parfois au rire de rendre visite à ses adversaires : évêques constipés, bourgeois coiffés en brosse, savant universels, artistes civilisés, militaires emplumés et autres dindons qui font commerce d’ordre et de bonne conscience dans la basse-cour d’un monde où rien ne doit crotter leur vertu bien cirée.Amusé sans doute par l’intérêt que lui portent, tout à coup, princes et prélats de l’ordre, le rire se laisse caresser en dessous de la ceinture et, par inadvertance, lui sort du cul une blague nauséabonde. Elle enchante aussitôt l’auditoire bien pensant. On en redemande. Etonné par le succès de cette minable flatulence, le rire se nettoie avec force le bas-ventre en en pétant encore quelques-unes. On s’esclaffe de plus belle. Encore ! Encore ! Le rire accepte et fait à nouveau chanter ses tripes. C’en est fait, le rire est dans la cage. On ferme à double tour. On l’engraisse, on le gâte. Bientôt il s’affaisse, s’abaisse, s’endort.Peu à peu, l’insaisissable insolent se mue en bouffon léchant le cul du roi des médiocres et, à la demande de son maître, envahit radios, télévisions, théâtre, livres et cinémas, y répandant farces honteuses et pétarades molles dont s’enivrent sans joie ceux qui veulent oublier qu’on leur a ôté l’esprit. Ils sont nombreux, les pauvres !Rire du pouvoir. Rire aux ordres. Rire collabo. Quel attentat peut l’abattre ? Quel assassin ?Inutile d’envoyer l’armée des penseurs lucides, analystes, sociologues, et autres décrypteurs des maladies du monde, elle succombera au premier calembour. Seul un rire léger, qui vole, jailli de notre envie de vivre libre, aura la peau de traître.  (Avant propos n°4 du catalogue Le Rire de résistance, Théâtre du Rond-Point/Beaux Arts éditions)

Le 12 novembre 2011 à 06:26
Le 9 décembre 2014 à 08:52

Vie sur Terre - Dieu parle d'un malheureux concours de circonstance

C’est un des mystères les plus anciens que notre monde connaît. Dieu a accepté de faire quelques révélations au sujet de l’apparition de la vie sur la planète Terre lors de son traditionnel point presse du mercredi. Moins silencieux que de coutume, le grand Créateur évoque un acte involontaire et un enchaînement malheureux du cours des événements. Si Dieu admet avoir manqué de discernement et parle d’une bête erreur de manipulation, il précise qu’il n’envisageait pas de telles conséquences à ce qui reste selon lui « la plus grosse boulette de toute sa carrière ». « A l’époque j’étais jeune, je jouais à l’apprenti sorcier et je créais des mondes à un rythme effréné. Quasiment un pas semaine » explique-t-il en tentant de réorganiser ses souvenirs. La boulette Dieu donne des détails précis de ce moment où tout a basculé « Ça faisait deux jour que je travaillais sur un monde pas trop pourri. Mais le troisième jour, j’ai fait une grossière erreur de dosage dans mes produits sans m’en rendre compte. À partir de là, les choses m’ont échappé. » confesse-t-il en faisant mine d’être désolé. Tandis que les premières formes de vie primitive se développent sur Terre , Dieu n’a semble-t-il pas pris la mesure de son erreur puisqu’il avoue s’être contenté d’observer sans tenter d’intervenir pour endiguer le processus. « Au début, ça ressemblait à un phénomène tout à fait sans danger. C’est quand j’ai constaté que certaines formes de vie avaient pris conscience de ma propre existence que j’ai compris que j’avais fait une connerie » explique-t-il. Dieu avoue toujours hésiter à intervenir aujourd’hui pour corriger son erreur. « Vous savez, toutes mes tentatives pour améliorer les choses n’ont fait qu’empirer la situation » reprend-il avec fatalité. « J’ai même tenté plusieurs fois sous la colère de faire disparaître toute forme de vie, rien n’y fait, il en reste toujours un peu » ajoute-t-il. Le grand Créateur termine en précisant qu’il a quand même pris des dispositions afin d’isoler ce monde et éviter toute propagation de la vie en dehors de celui-ci. Une mesure de sécurité qui lui aurait été imposée par ses supérieurs lorsqu’ils ont découvert son incroyable raté.

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