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rond point
Publié le 22/07/2010

Je lance ma chronique

 

Alain Guiavarch & Maël Canonne


Alain Guiavarch & Maël Canonne auraient rencontré Valérie Lemercier en octobre 2008, lors du lancement de leur roman photographique KLAC Artists'Book à la Villette (http://www.klac.fr).
Le problème c'est qu'elle ne s'en souvient plus malheureusement. 
Elle avait pourtant incité Jean-Michel Ribes à les rencontrer mais celui-ci n'a pas été franchement convaincu par ce duo d'imposteurs, sans doute parce que le plus petit avait commandé un lait-fraise au Restaurant du Théâtre du Rond-Point.
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Toute religion implique-t-elle une révélation ?

– Merci mon Père pour votre bienveillance. Vous éclairez ma vie, mon chemin...

 Piste d'envol 
le 07/09/2010
 

Des sandwiches pour la route


- On pourrait peut-être partir, elle lui dit. Genre partir pour toujours. Disparaître dans la nature. S’enfuir en amoureux.
Il la regarde.
- Ça te suffit pas les vacances ? il demande. Quinze jours à la mer, qu’est-ce qu’il te faut de plus ?
Elle hausse les épaules.
- Et on vivrait comment, hein ? il soupire. C’est bien beau la nature, mais moi j’ai besoin de ma douche tous les jours. De mon café le matin… Et puis pense à tout ce qu’on a construit. Le mal qu’on s’est donné pour en arriver là. C’est pas pour tout foutre en l’air du jour au lendemain quand même !?
Elle hausse les épaules.
- Je croyais que tu voulais des enfants, il ajoute. Tu veux des enfants, n’est-ce pas ? Mais on peut pas vivre comme des romanichels et avoir des enfants. Y a des trucs qui sont pas compatibles dans la vie. Faut garder les pieds sur terre !
Elle regarde ses pieds. Elle regarde le carrelage. Elle a envie de pleurer, mais ne sait pas trop pourquoi.
- T’as préparé des sandwiches pour la route ? il demande.
- Non. Je vais le faire, elle murmure.
Et elle sort le pain, le couteau à beurre, le jambon, le fromage.
- Grouille-toi un peu, il lui lance. Je voudrais pas arriver trop tard, maman nous attend.
Elle se ravise, repose le couteau à beurre et prend le grand, celui pour les rôtis du dimanche.
- Tu fais quoi avec ce couteau ? Chérie ? Tu fais quoi ? Bordel pose ce couteau immédi…

 Piste d'envol 
le 24/01/2014
 

La Fontaine, démission !


Qu'on me permette d'émettre quelques doutes sur la réalité des anecdotes racontées par Jean de la Fontaine, et qui sont inculquées de force à nos chères têtes blondes depuis des siècles avec une suspecte constance par des instituteurs dont on sait par ailleurs qu'ils sont tous de gauche. Prenons l'exemple de l'oeuvre, présentée pour immortelle, et intitulée "Le corbeau et le renard". Si le titre de l'oeuvre ne souffre aucune critique, puisqu'il s'agit de narrer de façon concise une anecdote mettant aux prises ces animaux dans une rencontre certes improbable mais dont le caractère champêtre serait susceptible de lui conférer un certain charme agreste, regrettons d'emblée le manque de recherche qui caractérise le dit titre, mais passons. Ce poème, pour agréable qu'il soit dans sa narration, ne semble pas particulièrement documenté si on se place sous l'angle de la réalité de la vie animalière. Les deux protagonistes de l'histoire sont en effet dépourvus de cordes vocales leur permettant de conduire un dialogue organisé ; par suite, il est hautement improbable qu'on puisse prétendre qu'ils aient pu conduire une conversation, et il aurait été préférable, pour peu que l'auteur se préoccupât d'une certaine crédibilité de sa narration, qu'il mît en scène un ara chroloptère et un amazone à nuque d'or, pour ne prendre qu'un exemple au hasard dans wikipedia. De plus, relevons que la forme du bec du corbeau rend hautement improbable qu'il puisse tenir un fromage entier, dont l'auteur ne précise pas au demeurant quelle est sa forme ni sa provenance, et qu'à supposer qu'il ait pu y parvenir il soit en mesure, dérogeant ainsi aux lois les plus élémentaires de la physique, de rester perché sur un arbre sans être déséquilibré et se casser la gueule. Afin d'affiner cette démonstration, mettons-nous un instant à la place du corbeau, si vous le voulez bien. Redescendez de cet arbre, c'est une image. Merci. Reprenons. Admettons, donc, que vous êtes un corbeau, et que pour une raison restant imprécise, vous soyez en possession d'un fromage d'origine indéterminée. Vous êtes perché sur un arbre et sans qu'on puisse en expliquer la raison, vous n'avez pas encore mangé le fromage, quand soudain survient un renard. D'emblée, vous n'avez rien à attendre d'un tel animal ; vous n'avez nulle envie de l'écouter ; les conversations mondaines ne sont pas dans vos habitudes ; une certaine méfiance s'installe à l'égard de cet étranger, c'est humain (si on peut dire) ; le dialogue étant déjà assez difficile comme ça, vous n'avez aucune raison de chanter. On voit par là que l'aventure décrite par le poète est hautement improbable. En second lieu, si on se place du point de vue du renard, qui est un animal résolûment carnassier, pourquoi voulez-vous qu'il se fatigue à engager le dialogue avec le corbeau pour lui piquer un fromage dont, répétons-le, la provenance et la traçabilité ne sont pas exemptes de toute suspicion, au lieu simplement de bouffer le corbeau ? Il est donc temps de purger les manuels de littérature des "oeuvres" de l'imposteur Jean de la Fontaine, et d'alerter de toute urgence M. Peillon sur ce qui est bien un des scandales de notre système éducatif.

ventscontraires.net, revue collaborative, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point