Geoffroy Monde
Publié le 04/06/2015

Le jeu le plus long


« Venez voir, j’ai trouvé quelque chose ! »

L’urgence dans la voix de Christophe nous fit oublier instantanément nos jeux d’Indiens ; nous laissons tomber nos fougères, arcs de fortune, pour rejoindre notre camarade immobile, penché au-dessus d’une crevasse, dans cette partie de la forêt encore vierge de nos aventures. Lorsque nous vîmes ce qu’avait découvert Christophe, un silence terrifiant pétrifia nos petites personnes. Au fond du ravin, parmi la mousse et les orties, le corps d’un homme, inanimé. De son long bâton, autrefois un fusil, Jérémi toucha la dépouille. À notre surprise, l’homme n’était pas mort, et fut réveillé par ce contact timide. Nous ne bougions toujours pas, tétanisés — curieux aussi.

« Que... qu’est-ce que je fous là, demanda le ressuscité, hagard ? »
Il nous regarda un à un, se redressant difficilement sur ses coudes, les membres crissants enserrés dans ses habits en charpie.
« Vous êtes qui, les gosses ?
— Des Indiens, répondit Christophe, qui n’était visiblement pas sorti de son rôle. Je suis le grand chef sioux... Et Jérémi est un guerrier d’une tribu adverse.
— Des Indiens, hein, réfléchit l’homme... Et les cow-boys ? Qui joue les cow-boys ?
— Personne, expliqua Christophe. On n’aime pas les cow-boys. On est tous des Indiens.
— Mais des Indiens qui se font la guerre, précise Louis.
— Et toi, qui tu es, demandais-je à l’homme ?
— Eh bien... Un cow-boy, je suppose... Il en faut bien un. »

D’un geste sûr et maîtrisé, il extirpa de son holster invisible deux doigts vengeurs et « pan, pan, pan, pan », nous abattit un par un, sans que nous ayons eu le temps de bander nos arcs ou brandir nos tomahawks. Il souffla satisfait la fumée de son index, et tourna les talons, tandis que nos corps troués dévalaient dans des râles de souffrance les versants du ravin duquel nous l’avions réveillé.

Et c’est à ce moment-là que nous nous retrouvâmes confrontés à la question de la mort.

À quel moment, exactement, est-il toléré d’arrêter de jouer au mort ?
De se lever... et d’enfin reprendre le cours normal de sa vie ?
N’est-il pas raisonnable de rester immobile quelques minutes au moins, pour reconnaître, et rendre digne, l’acte de bravoure de celui qui nous exécute ? Ou bien l’étiquette exige-t-elle de feindre la mort pendant plus longtemps, bien plus longtemps, sans quoi le jeu de la vie et de la mort ne serait qu’une série de conflits arbitraires et sans issue satisfaisante ? Ces questions nous taraudèrent bien des nuits — des nuits qui se transformèrent en semaines, puis en années, et nous restions là, inanimés au fond de ce petit ravin, des acteurs de marbre enfermés dans le dilemme insoluble du jeu et du réel, de la mascarade et de la vérité.

Nos trois corps poussaient, étouffés petit à petit par les vêtements infantiles dans lesquels ils avaient chu. Jusqu’au jour où un groupe de petites filles essoufflées croise notre sépulture sylvestre.
L’une d’elles nous jette un caillou.

« Arrête Sophie, tu es folle !
— Quoi, c’est des morts, qu’est-ce que ça peut faire ?
— Ils sont morts, tu crois ?
— Ben oui, ils sont tout ridés tu vois bien. »
Toutes poussèrent un délicieux cri en voyant Jérémi se redresser, grinçant et gémissant, extirpé de son rôle par le projectile.
— Qu’est-ce que vous faites là, les filles ?
— On...
— Arrête, lui réponds pas, c’est un fantôme !, redoute la plus petite.
— Mais non ; Sophie hausse les épaules : on joue aux princesses, qui s’enfuient du château.
— C’est notre père, le roi, qui veut nous marier à un affreux type, explique une rouquine.
— Ah... Je vois... » Jérémi observe un à un les petits visages, confondus entre terreur et curiosité, puis reprend :
« Et les archers du roi... Ils sont à votre poursuite, j’imagine ?
— Oui... Et toute son armée », précise une mignonne, tandis que secrètement, Jérémi extrait avec sang-froid trois flèches invisibles de son carquois imaginaire.

Geoffroy Monde est magique depuis 2004 et a souvent été élu meilleur espoir. Il raconte tout ça dans des albums publiés aux éditions Lapin et sur son blog Saco : Pandemino. Des fois, il ment. 

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Le 24 juin 2010 à 18:39

L'enfant sous la table

Je n'ai jamais osé penser écrire pour le théâtre – mais j'aurais dû. Tout était théâtral dans la famille où j'ai grandi, une famille de Juifs algérois où chaque homme avait le verbe plus haut que son beau-frère et où chaque femme savait pertinemment museler son mari. Tout n'était qu'embrassades et coups de gueule, histoires drôles et parties de poker homériques, secrets et faux-semblants. Les adultes vivaient dans le jeu permanent. Pour autant ce n'était pas sur scène (le salon-salle à manger de l'appartement, puis de la maison familiale), mais dans les coulisses que je me sentais le plus à l'aise. Lorsque la "smala" débarquait en nombre de Paris ou de Nice et que les voitures encombraient la cour à l'arrière de la maison, on dressait la grande table. Le soir, après le dîner, les hommes (et quelques femmes) allaient taper le carton dans le bureau de mon père. Les autres femmes (et quelques hommes, les plus discrets et les plus doux) restaient dans la salle à manger. Moi, je me glissais sous la table, et je jouais au petit train avec les porte-couteaux. Tandis que là-bas, dans le bureau, on s'affrontait dans un nuage de fumée, au-dessus de moi, les paroles volaient, les secrets s'échangeaient, les sentiments se déversaient. L'un de mes oncles, pièce rapportée, désignait la famille (celle de sa femme et de ma mère) en disant "Les Borgia". Un jour, j'ai demandé "C'est qui, les Borgia ?" Mon père a répondu : "Des empoisonneurs." Il y a peu, je me suis rendu compte que ma première pièce de théâtre est depuis longtemps en chantier dans ma tête. Sur la scène est dressée une grande table autour de laquelle une douzaine de personnages bruyants sont attablés. Au début, sous la table, un petit garçon joue sans avoir l'air d'entendre ce qui se dit. Mais on ne reste pas enfant éternellement. La pièce s'intitule Samedi chez les Borgia.

Le 22 octobre 2013 à 12:12

Au pays de Candy

N'en déplaise aux déclinologues de tout poil, la reprise de l'activité en France, d'abord frémissante, s'accentue chaque jour un peu plus. Il suffit de se balader dans les rues de l'hexagone, de fréquenter ses transports en commun pour se rendre compte que les Français ont décidé de conjurer le fatalisme et l'inertie pour prendre leur destin à bras le corps et construire ensemble des lendemains meilleurs. Profitant de chaque instant de liberté, nos vaillants compatriotes ont retrouvé le sens de l'effort et de l'abnégation Sans une plainte, sans demander la moindre rémunération, les Français se sont attelés à une tâche qui les dépasse mais à laquelle ils se consacrent allègrement, portés par un mouvement inédit que certains rapprochent déjà du stakhanovisme d'antan. C'en est maintenant fini de la procrastination : chaque minute oisive est désormais mise au service de la cause. Et tant pis si ça coûte bonbon, rien n'arrêtera cette déferlante sans précédent dont l'ampleur laisse sans voix les plus brillants analystes. Les Français dont certains commentateurs critiquaient quotidiennement le manque de créativité se sentent pousser des ailes et laissent libre cours à leur imagination pour inventer, combiner, déjouer les bombes du conformisme, oser les manoeuvres les plus risquées et remettre cent fois leur ouvrage sur le métier pour lutter contre ce qui sclérose trop souvent nos sociétés, la poisseuse gélatine du pessimisme et de la résignation. Dans cette spirale vertueuse, la solidarité souvent mise à mal dans les périodes de crise retrouve, elle aussi, ses lettres de noblesse et c'est collectivement, en s'entraidant, en s'apportant un soutien de tous les instants que les adeptes de cette lame de fond avancent main dans la main vers un avenir radieux et plus sucré. Eh oui, bonne nouvelle : les Français n'ont toujours pas de pétrole. Mais ils ont Candy Crush.

Le 13 avril 2015 à 08:40

Les ombres du Net

Un jour sûrement, il y aura sur Internet plus de morts que de vivants. Mais t’es-tu lecteur déjà demandé comment était la vie en ligne dans l’au-delà ? Tu te réveilles les yeux brumeux. Ta main cherche machinalement le smartphone. Tu déverrouilles l’écran et te voilà connecté aux Internets. Tu commences ton périple journalier. Un peu de web, des apps sociales, du LOL, un RT par-ci, un like par-là, un petit Instagram culinaire, un Vine improbable. Tu consommes, tu produis, bref tu mènes ta barque numérique, insouciant, le cœur léger. Et pourtant. Et pourtant autour de toi, rôdent des spectres, par millions, par dizaines de millions, bientôt des centaines. Où que tu sois en ligne, ils sont là, figés dans le temps. Derrière une image, un son, un profil, une page, une app, un gif, un com’. Ils sont là, flottant dans un lieu sans géographie. Qui ? L’armée de ceux qui ont laissé une trace numérique qui leur a survécu. À jamais devenus l’ombre de ce qu’ils furent : les fantômes du virtuel. Et ce qu’ils te disent si tu les écoutes bien, se résume en un tweet : Voyageur ! Voyageur ! Ce que tu es, moi je le fus ; ce que je suis, tu le seras… Mon intention, je te rassure cher lecteur, n’est pas de plomber ta belle journée avec des pensées noires. J’aimerais simplement t’inviter à un voyage subjectif aux frontières de la mort et du numérique. Et puisqu’il faut un commencement à ce périple, commençons par le début. Et ce début pour moi, commence en 2005 avec World of Warcraft (WoW). Je suis une chasseuse elfique, jeune et intrépide, parcourant fièrement les mondes avec ma monture ailée. Jusqu’à ce jour de novembre 2005 où mon univers numérique a tout entier basculé. Une joueuse chinoise de WoW venait de mourir. Pour de vrai. IRL. Ceux qui la connaissaient décidèrent de lui rendre hommage. Un hommage d’un genre inédit. Une sorte de flashmob virtuel dans le jeu où s’animait l’avatar de la défunte. Ceux qui ne l’avaient connue qu’en ligne venaient saluer ici son fantôme virtuel. Et c’est là que pour moi tout a basculé. Le voile fragile qui recouvrait jusque-là tout ce que je côtoyais en ligne s’est soudain levé. J’ai réalisé que chaque page web, chaque pseudo, chaque contenu pouvait être l’écho d’un défunt. Le web que je pratiquais jusque-là était devenu une gigantesque fosse commune numérique. Je naviguais sur une mer de morts. Et comme dans Sixth Sense, j’ai chuchoté, transi d’effroi :  « I see dead people ». Parce que si un fantôme est l’esprit d’un mort dans une enveloppe immatérielle, alors le monde virtuel en est plein. Voilà. Maintenant tu sais toi aussi que chris22 et pucca1 sur le forum Doctissimo sont peut-être des fantômes. Alors, poursuivons notre exploration. Face à la mort, il y a ceux qui ont prévu leur départ et les autres. Commençons par les plus nombreux : les autres. Ils représentent la grande majorité silencieuse des traces numériques post-mortem présentes en ligne. Tu te souviens peut-être de ces deux jeunes, dont la mort en fuyant la police a été à l’origine des émeutes de 2005 : Zyed et Bouna. Ils avaient leur blog. Un Skyblog qui est très vite devenu un lieu de recueillement sur lequel les proches, amis, ou internautes de passage pouvaient laisser un commentaire et saluer ce qu’ils furent. Aujourd’hui plus qu’hier avec l’avènement des réseaux sociaux et les milliards de profils qu’ils ont générés, de tels fantômes vont devenir légion. On ne compte presque plus ces gens fauchés dans leur élan vital. Des comptes Twitter en suspens, des profils Facebook comme gelés, des chaînes Youtube figées. Et ce n’est que le début. Parce que mécaniquement le nombre de morts ayant laissé une trace sur le Net sera un jour plus grand que celui des vivants. Ce jour-là, le Net leur appartiendra. Cette population grandissante de morts, il va bien falloir s’y intéresser. Comme il faudra aussi que les anthropologues se penchent sur les nouvelles pratiques funéraires qui leur sont associées, parce que celles qu’on voit apparaître aujourd’hui sont fascinantes. Outre ceux qui meurent subitement, il y a ceux qui savent qu’ils vont partir et qui veulent laisser une trace. Souvent sous la forme d’un message adressé aux vivants. Dans ce cas-là on peut distinguer deux populations : les bons, les plus nombreux, et les méchants. Pour ces derniers, on pense à Elliot Rogers, le tueur en série devenu youtuber célèbre après son suicide, notamment avec une dernière vidéo mise en ligne quelques heures avant sa furie meurtrière. Voilà un ghost bien sordide. D’autres sont des gens biens qui racontent leur maladie par exemple. Se sachant condamnés, ils partagent avec nous leur dernier moment et nous parlent avec la sagesse de ceux qui savent l’essentiel de ce que signifie vivre. Je pense au blog du journaliste de la BBC Ivan Noble décédé d’un cancer en 2005 ou plus récemment celui de la journaliste de Libération Marie-Dominique Arrighi. Il y a aussi ceux qui sont tout simplement bien organisés. Ceux-là se tournent vers des boîtes privées chargées de gérer leur présence post-mortem en ligne. Et il y en a pléthore, un vrai business. De « La Vie d’après » à « After Me » en passant par « DeadSocial », « If I die » sur Facebook, ou « edeneo », le futur mort n’a que l’embarras du choix. Quant à moi, je préfère te proposer, dans cette séquence tutos, quelques options plus artisanales mais du plus bel effet. En profitant des capacités de publication programmée de tweets ou de statuts Facebook, tu peux préparer toi-même un message de l’au-delà en suivant les étapes suivantes : Tu programmes un tweet ou un statut Facebook, pour dans un an. Très important, tu inscris une alerte dans ton agenda quelque jour avant la date de la publication. Le jour J, soit tu es mort et ton message, sans souci aucun, est publié d’outre-tombe ; soit tu ne l’es pas encore et tu reprogrammes ton message pour l’année suivante. Et ainsi de suite. Simple, pratique et efficace. Pourquoi ne pas également programmer un check-in post-mortem en enfer sur Foursquare ? Il te suffit de passer par l’appli auto4sq et d’y trouver l’enfer. Avec un peu de chance tu pourras même en devenir le mayor. La classe absolue. Et si tu es un peu geek, j’ai même préparé une recette IFTTT qui te permettra une publication automatique en fonction d’où se trouvera ta dépouille. Dans notre cas, au cimetière du Père-Lachaise. Il faudra juste ne pas te faire incinérer et penser à glisser ton smartphone rechargé dans ton cercueil. Si tu manques d’inspiration, mon tweet programmé est celui-ci : « J’arrive au cimetière pour un bout de temps, à très vite. » Tu peux aussi plus simplement faire appel à un proche pour qu’il s’occupe de ta présence en ligne pour peu que tu lui aies laissé le mot de passe de ton trousseau d’accès. Avec des risques d’abus possibles. https://twitter.com/ThePoke/status/475963080313409536/photo/1 Une chose est certaine : il sera bientôt impensable de ne pas gérer son identité virtuelle après sa mort, on pratiquera tous une sorte de personal branding post-mortem. Je vois d’ici les manuels du type « Gérer son e-ghost pour les nuls » et les nouveaux influenceurs, stars du passage de vie à trépas. Pour ma part, j’aimerais bien expérimenter des choses. Pourquoi pas lancer la mode des selfies post-mortem, programmer un Follow Friday spécial twittos morts, tenter de tweetclasher un vivant ou encore être le premier twittos de l’au-delà à aller troller Christine Boutin. Je me tâte encore. Les possibilités sont si grandes et le temps si court. Ou si long. Sur ce, n’oublie pas ces sages paroles : « Mange, bois, joue… Viens ! » Tristan Mendès France@TristanMF  Article publié initialement dans le numéro 2 de Nichons-nous dans l'Internet

Le 20 mai 2014 à 08:29

Dieu confirme que les meilleurs continueront de partir les premiers

Lors de son traditionnel point presse du jeudi, Dieu est resté intraitable sur la question de la mort et a confirmé que les meilleurs continueront à partir les premiers, et qu’aucune résurrection n’aura lieu cette année. Interrogé sur la question, Dieu explique que sa marge de manœuvre reste infime. « Le contrat est clair nous rappelons à nous vos meilleurs éléments depuis la nuit des temps » a-t-il rappelé avant d’ajouter « Je ne vois pas pourquoi tout serait remis en cause en 2014 ». Le grand créateur confirme avoir validé ce matin même une nouvelle liste de personnes spécialement choisies pour leurs grandes qualités morales, ou leur coté boute-en-train, qui seront amenées à décéder très prochainement. Dieu répond ainsi aux attaques dont il se dit victime depuis le début de l’année de la part de plusieurs associations qui veulent avoir leur mot à dire. « Cette règle est absurde, tellement de personnes sur Terre méritaient mille fois plus de mourir » affirme un opposant à Dieu qui vient de perdre son meilleur ami. Pourquoi pas vous ? Dieu contre attaque en affirmant « avoir fait des efforts » pour laisser certains bons éléments à disposition des vivants. « J’ai tout fait pour que vous puissiez profiter de Nelson Mandela le plus longtemps possible. Et pour ça, même pas un merci » lance-t-il en lançant des éclairs de colère du regard. Il termine en lançant un avertissement. « Au lieu de pleurnicher sur ceux qui partent, demandez-vous plutôt pourquoi vous êtes encore là » a-t-il ajouté avant de claquer la porte de la salle de presse.   Le Gorafi

Le 17 mai 2011 à 13:14

Vendredi, dix heures du matin...

Lettre retrouvée de Victor Hugo

Ma petite Eponine,   J’ai bien reçu ta lettre de mercredi. Malheureusement, je ne puis accéder à ta requête. Je sais que tu aimes ce Marius au sourire si doux, mais je ne veux pas changer la fin de mon roman. Ce n’est pas toi qu’il va épouser, mais la douce Cosette. Je puis maintenant te l’avouer, j’ai créé ton personnage parce que je trouvais Cosette un peu trop sage pour être vraiment intéressante. Comme nous en étions convenus, ton contrat prendra fin rue de la Chanvrerie, sur la barricade, le cinq juin. Mais c’est une belle mort, sais-tu ? Tu donneras ta vie pour Marius, et tu rendras ton dernier soupir dans ses bras, en lui avouant tes sentiments. Une amoureuse comme toi peut-elle rêver plus doux trépas ? Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ? Comme je t’envie, et comme je désirerais mourir ainsi, en sauvant ma Juliette bien-aimée ! Ta lettre me laisse entendre que, ta prestation terminée, tu te retrouveras sans ressources. Rassure-toi, mon enfant, j’y ai songé. Il ne sera pas dit que je te laisse ainsi dans la gène. Aussi, va trouver Flaubert de ma part, il aura une place pour toi dans son Salammbô, qui se déroule à Carthage. Je le sais, c’est bien loin, Carthage, mais c’est beau. Et ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Ne me remercie pas, c’est normal, n’es-tu pas un peu comme ma fille ? Je dois te laisser maintenant, ma petite Eponine, car Juliette m’attend, et ce que femme veut… Je te serre dans mes bras, Ton dévoué, Victor H.Illustration : Hugo par Mérimée

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