Pascal Hérault
Publié le 03/07/2015

Le Professeur Pascal répond à vos questions


Les animaux font-ils de la politique ?

NON. Les animaux ne font pas de politique. Or, comme chacun sait, ceux qui ne font pas de politique votent à droite. Donc, les animaux sont de droite. Ils préfèrent la nature aux maisons de la culture ; ce sont des scouts qui s'ignorent. Avec ça, ils sont très famille-famille et ils n'aiment pas les étrangers : le taureau, par exemple, se montre particulièrement chatouilleux quand on en entre dans son enclos ; il voit rouge, c'est un anti-communiste primaire. Ajoutons à cela que la plupart des animaux ne connaissent que l'agressivité, l'instinct, la force. Chez les crocodiles, cela s'explique facilement : ils n'ont jamais lu une seule ligne du Contrat social de Rousseau. Leur cerveau reptilien reste assez borné, et c'est bien dommage pour ceux qui, tombant dans la rivière et qui ont peut-être lu le Contrat social, découvrent tout à coup que la philosophie n'est d'aucun secours quand un bataillon de sauriens vient de réduire vos jambes au niveau du torse. Mais, me dira-t-on, c'est user là d'un exemple excessif. Et puis, qu'est-ce qui prouve que, parmi les crocodiles, il n'y en a pas un qui a lu Rousseau ? Un crocodile intello. Un saurien de gauche, qui aurait lu Marx et Groucho. Un croco qui dirait à la réunion de cellule : « Camarades, la violence n'appelle que la violence : si vous ne voulez pas finir en sacs à main, refusons la violence de ceux qui nous exploitent juste pour notre peau ! Bref, arrêtons de jouer aux crocodiles. Devenons pandas, dauphins, ours en peluche, Bisounours... » Mais il y a fort à parier que ce croco-là se ferait dévorer par ses congénères bas du front, qui finiront eux aussi en sacs à main, car c'est entendu : les animaux ne font pas de politique !

Pascal Hérault est tombé dans la littérature quand il était tout petit et depuis il ne s’en est pas relevé. Auteur d’albums et de romans pour la jeunesse, il écrit aussi des polars, des chroniques pour le site K-libre et des textes inclassables où la logique se prend les pieds dans le tapis. Derniers ouvrages parus : Suzy a disparu !, éditions Les 400 CoupsL’Ile de la faim, éditions Oskar. A paraître : C’était comment avant ?,  essai humoristique et vaguement historique aux éditions Max Milo. On peut le retrouver sur son site : www.pascalherault.fr

 

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Le 28 janvier 2011 à 12:53

A la fin de l'envoi, Destouches

Sortons-les tous du Panthéon, et plus vite que ça, s'il vous plaît !

« Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde. » Louis-Ferdinand Céline. Louis-Ferdinand Céline n’est pas digne d’être « célébré ». Point. La République a tranché par la voix outrée de son Ministre de la Culture qui vient de découvrir – redécouvrir ? apparemment, ce n’était pas évident à la première lecture – que l’homme avait des pensées abjectes et l’écrivain commis des écrits ignobles.  Cette même République dont le Ministre de l’Intérieur a été condamné pour injure raciale ; cette même République qui reconduit les Roms à la frontière ; cette même République qui dit quoi faire et que penser, que lire et ne pas lire, juge du Bien et du Mal, impose du politiquement correct quand elle a elle-même une morale plus que douteuse, pour user d’un euphémisme ; cette République-là juge et retranche. Dans la précipitation, quoi qu’elle s’en défende : Frédéric Mitterrand a lui-même préfacé le fameux recueil de célébrations de sa plus belle plume, et donc autorisé par là son impression en 10 000 exemplaires avant de se dédire et de retirer précipitamment les fameux 10 000 recueils embarrassants. J’imagine avec délectation les employés zélés du Ministère qui auraient passé leur week-end, correcteur à la main, effaçant consciencieusement le nom de Céline de la liste des célébrés, le tout 10 000 fois consécutives, ça en fait des litres de Tipp-ex ! En vrai, ce ne doit pas être comme ça que ça se passe : le recueil au pilon, Céline avec, pouf-pouf, on respire et on recommence. On s'en est donné à cœur joie cette semaine : pourquoi ne pas virer Gide, prix Nobel de Littérature, pour ses relations pernicieuses avec des mineurs ? Bossuet, pour avoir approuvé sans réserve la révocation de l’Edit de Nantes ? Rousseau pour avoir lâchement abandonné ses enfants et parallèlement écrit un ouvrage sur l’éducation, L’Emile ? Voltaire, pour avoir bénéficié de manière sonnante et trébuchante du commerce triangulaire et partant de l’esclavage ? Proust, pour son homosexualité ? Et ce malgré le bon mot du Président : "On peut aimer Céline sans être antisémite, comme on peut aimer Proust sans être homosexuel !" Au passage, comparer l’antisémitisme abject, je persiste et signe, de Céline et les mœurs de Proust, revient à établir les deux comme des crimes, tout au moins des « déviances », non ? En voilà une image intéressante de l’homosexualité. Je propose qu’on éjecte également Hugo pour sa vie de débauché, sa maîtresse affichée, sans parler des autres, son royalisme de débutant, son admiration pour Bonaparte malgré la Berezina des campagnes napoléoniennes. Sortons-les tous du Panthéon, et plus vite que ça, s’il vous plaît. Qu’on nous laisse lire tranquillement Martine à la plage, et les veaux du Général seront bien gardés.

Le 24 mai 2010 à 10:29

"Mieux vaut un cheval qui laboure qu'une vache qui meugle"

Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, ancienne ministre du Logement et de la Ville, communiqué du 12 mai 2010

De nouveaux passagers ont embarqué sur l’Arche politique grâce à une Christine Boutin qui, pour être pieuse, ne tend pas toujours l’autre joue quand on la soufflette. Marine Le Pen avait lancé la veille, pour couper court à toute rumeur d’alliance FN-UMP : "être la Boutin du gouvernement Sarkozy, non merci!". Chez les Le Pen, le jeu de mot est héréditaire, mais d’une génération à l’autre, il ne tombe plus sous le coup des lois antiracistes mais anti-sexistes. Si les animaux avaient des droits – d’aucuns plaident pour que l’ONU s’attèle à une Déclaration universelle en ce sens – il se trouverait bien des plaideurs pour faire valoir en outre le préjudice moral subi par la race bovidée, ravalée aux rangs des inutilités. Dans une approche plus macro-économique des choses, on opposera à Christine Boutin que cela fait bien longtemps que le tracteur a éclipsé l’équidé dans le travail des champs et que, à tout prendre, la vache a conservé le mérite irremplaçable de produire du lait et assurer ainsi un revenu régulier à ses maîtres, même si, on en convient, le prix du lait ç'a eu payé, mais ça ne paye plus forcément.Pour néanmoins réconcilier l’écurie et l’étable, rappelons que rien n’est plus vache en politique qu’un vieux cheval de retour.  

Le 1 avril 2010

Si l'on donne de l'argent à Médecins sans Frontières, on peut bien boire un verre avec un sarkozyste.

Cette année, j'ai décidé de devenir ami avec mes adversaires politiques.

Je ne m'entends pas particulièrement bien avec les gens dont je partage les idées, alors je vais tenter ma chance avec les sceptiques de la pollution, les pourfendeurs du code du travail et les boursicoteurs satisfaits de l'ordre social.Fréquenter ceux qui nous ressemblent n'est pas la solution aux problèmes du monde. Je l'ai fait pendant des années et j'en vois aujourd'hui les limites. Certes cela tient chaud, mais au final on se sert de l'image caricaturale d'un ennemi pour justifier sa propre inertie.Si l'on désire changer la société, je crois que nous, les gens de gauche, n'avons pas de meilleure stratégie à mettre en oeuvre que de devenir amis avec des gens de droite. C'est un sacrifice, j'en conviens. Mais si l'on donne de l'argent à Médecins sans Frontières, on peut bien boire un verre avec un sarkozyste.Il ne s'agit pas de les rallier à notre cause. Ce serait peine perdue. Personne ne change de bord après une discussion : les opinions politiques n'ont rien de politique, ce sont des histoires de ressentiment, de jalousie, de fidélité familiale.En revanche, je pense que mon idée a des chances de changer les choses ; car si les gens de gauche fréquentaient des gens de droite, cela permettrait à ceux-ci de s'apercevoir qu'ils ne sont guère différents. Après tout, les gens de gauche sont contre la société de consommation, mais ils ne renoncent pas à consommer ; ils sont contre le travail des enfants, mais pas au point de renoncer à acheter des vêtements fabriqués par des enfants et oui, ils sont pour l'écologie mais ils ne vont pas pour autant cesser de prendre l'avion. Il y a plus de points communs que de différences entre ces ennemis politiques et c'est pour cette raison que la détestation est si grande.Bien sûr cette révélation risque de déprimer les gens de gauche. Le choc sera tel qu'ils n'auront d'autre échappatoire que d'aller encore plus à gauche, non pour des raisons politiques, mais par orgueil. Ils travailleront enfin à devenir de réels adversaires de cette droite qu'ils n'aiment pas, c'est-à-dire dont, principalement, ils n'aiment pas les manières.C'est une constatation mélancolique : ce n'est qu'en apprenant à découvrir ce qui nous rapproche de nos adversaires que l'on pourra commencer à s'en différencier.Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com         

Le 27 décembre 2011 à 08:57

Heureux les animaux!

L'homme occupe une place toute particulière au sein du règne animal. En effet, il est au sommet de la chaîne alimentaire et ce, bien que la plupart d'entre eux soient en bas de la chaîne agroalimentaire (l'homme est un loup pour l'homme). L'homme est un animal social, un animal politique, certes, mais l'homme, in fine, n'est pas un animal. Pourquoi ? Peut-être parce que le rire est le propre de l'homme. Ou peut-être parce qu'il a une âme, qui sait ? Or, il y a quelques semaines de cela, dans l'église Sainte Rita, on bénissait des animaux. Cela a paru étrange à certains, car l'animal, comme jadis la femme, n'est pas censé avoir d'âme, pas plus que d'humour. Quelqu'un a objecté que, depuis des siècles, dans les hôpitaux et les maisons de retraites, on bénit des légumes et personne n'y trouve rien à redire ! Moi, je trouve que ça se tient, de bénir les animaux. Vous-même, et là c'est votre conscience humaniste que j'interpelle, trouvez-vous plus logique de bénir un chien d'aveugle ou celui qui a crevé les yeux de son maître ? Ô cruel dilemme ! J'ajouterai qu'en plus, si on prend le plus emblématique des canidés, Lassie, qui est un chien, oui oui, d'accord, mais fidèle avant tout -haha!- là, on retombe sur nos pattes. Sur nos quatre pattes, pour ne pas citer Kierkegaard. Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien, comme disait l'autre. Mon chien, à moi, j'ai dû le faire piquer. La pauvre bête était devenue aveugle. Non, l'homme n'est pas un animal, l'homme est bête, nuance.

Le 20 mai 2014 à 10:31

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Faut-il participer à la Fête des Voisins ?

OUI. Inutile d'être invité. Vous débarquez comme ça, les mains dans les poches: « Salut, je suis votre voisin. Vous me reconnaissez ? » Bien sûr, personne ne vous reconnait. Et pour cause : vous vous faites passer pour le voisin du dessus (ou du dessous), celui qu'on ne voit jamais, dont on ignore le nom et qui est peut-être un autre. Mais on trouve que vous lui ressemblez, il n'y a pas de doute là-dessus, encore que le voisin du dessous (ou du dessus) était peut-être en fait une voisine qui s'habillait en homme et portait la moustache. Là-dessus, les avis divergent : n'était-ce pas plutôt un bouc ? Et s'il s'agissait d'un bouc, y avait-il une chèvre dans l'appartement ? Quelqu'un s'insurge : « on devrait interdire les animaux dans l'immeuble, y compris les poissons rouges ! » « Pas d'accord ! s'écrie le chien du troisième, qui a déjà bien abusé de la sangria. » Le débat s'envenime. Il y a les pour, les contre, les partisans du Modem, les sans-opinions, les mangeurs d'oignons. Bientôt, on en vient à se jeter le taboulé à la figure, la salade niçoise, les merguez pas cuites, la dinde de Noël. C'est la guerre dans l'immeuble. Une guerre belliqueuse. Vous, bien sûr, vous ne faites que passer. Vous n'êtes qu'un observateur mandaté par l'ONU. Vous repartez incognito après avoir bu un dernier verre en douce. Vous titubez un peu. Votre vue se brouille. Pas grave ! Vous changez de quartier. Autre fête des voisins. On vous reconnait. Pas vous ! On vous tire par la manche. Vous résistez, mais mollement. On vous allonge sur la table. Vous pensez peut-être qu'on va vous faire cuire avant ? Non, pas du tout. On va vous mangez comme vous êtes. Tout cru.

Le 6 octobre 2010 à 15:21

« J'ai oublié de vous dire, j'étais l'amant de Martine aussi, mais gardez-le pour vous. »

Bernard Tapie, France Info, 6 octobre 2010

Sigmund reviens, ils vont nous rendre fous ! Rachida venait de faire fourcher sa langue sur l’inflation, lorsque l’irremplaçable Nanard nous a plongé dans la troisième dimension érotique du deuxième degré politique, à propos d’un livre faisant état d’une rencontre secrète entre Jean-Marie Le Pen et lui, avant le second tour des législatives de 1993. L’anecdote est minuscule, sa vraisemblance moyenne, mais « hénaurme » est la réaction de Tapie qui choisit France Info pour se livrer à un démenti acrobatique. Par dérision il renchérit sur les questions en assurant que, oui il a toujours été copain avec ce « gros con » de Le Pen, même qu’ils jouaient ensemble au poker, au tennis-ballon, sans oublier que…. Mais là, patatras, Tapie a beau faire désormais l’acteur, il s’est planté dans son impro en parlant d’une certaine « Martine » à la place de Marine, la fille de qui l’ont sait. Eliminons un retour de libido pour la regrettée Martine Carol, et parions à coup sûr que c’est Martine Aubry qui est lovée dans son subconscient. Martine, dont Tapie disait en 2007 qu’elle aurait fait une meilleure candidate que Ségolène, mais Martine qui, tout récemment, s’indignait du « cadeau » de 285 millions d’euros fait par l’Etat à un homme « aux pratiques pas toujours convenables ». Une maitresse femme qui ne châtie bien que ceux qui la désirent. C’est une souffrance intime que nous a livré le «sévèrement burné ».

Le 16 novembre 2013 à 08:53

Mario Rigoni Stern, clochard céleste

Portrait 45

Mario Rigoni Stern est un morceau de neige. Il né en 1921 dans sa montagne, à Asiago en Vénétie et meurt en 2008 au même endroit. Ne croyez pas pour autant que ses pieds n'ont pas goûté plus large. La seconde guerre mondiale le souffle comme un flocon, incorporé par les Italiens, qui soutiennent l'Allemagne. Champs de guerre de France, d' Albanie, puis contre les Russes, puis emprisonné par les Allemands, avec les Russes qu'il devait combattre. Lorsqu'il comprend que le printemps n'empêche personne de mourir, il choisit l'hiver. Mario Rigoni Stern s'évade par la neige en 1943. Deux années d'errance, de la Prusse Orientale jusqu'à Turin. Deux années à marcher dans sa faim comme dans les congères. Après guerre, une fois rentré, il devient employé du cadastre pour se consacrer à la montagne et à l'écriture. Mario Rigoni Stern est le flocon qui brûle la langue de tous les sergents perdus dans la neige. Mario Rigoni Stern est la goutte glacée qui capture la lumière au bout des serres d'un rapace. Mario Rigoni Stern est la larme figée au bord de l'oeil de Primo Lévi. Il sait que les promesses du ciel fondent comme le givre. Que la mort est une couverture pleine de souvenirs. Que des baies poussent dans l'hiver. Il se consacre à sauver ce qu'il reste. L'allure d'un arbre, l'odeur d'un plat, du tabac partagé, la piste d'un oiseau, l'amitié. Des traces de pas dans le grand vide blanc d'après l'horreur. En France il est édité par La fosse aux Ours.

Le 15 avril 2013 à 12:47
Le 5 mai 2011 à 09:20

Ceci n'est pas une Porsche

En tombant sur la photo qui fait trembler les murs de Solférino actuellement, c'est l'image subliminale du parapluie de Kadhafi qui m'est immédiatement revenue en tête, avec la conscience toutefois que les deux n'ont rien à voir. Encore que...          Alors que quelques inconditionnels du sondage s'émoustillent de la date fatidique à laquelle le Messie fera son apparition dans le cercle des primaires disparues, un signe qu'on n'attendait plus surgit d'une manière quelque peu désobligeante pour le prétendant partisan apparemment des envolées mystérieuses. La Porsche de DSK fait jaser, parce qu'elle ramène à quelque chose qu'on connaît bien et qui rappelle quelqu'un. La Porsche de DSK serait-elle le petit Fouquet's de Sarkozy qui s'annonce trop tôt ? C'est en tout cas à deux pas de ce lieu désormais emblème du sarkozysme que la photo a été prise. Nous sommes ici bien loin de la radieuse DS des Trente Glorieuses plébiscitée par le Général de Gaulle et dont Roland Barthes disait: "Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance ; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective… la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains…".Et nous, on la sent bien loin, cette gauche Porsche, bien loin de nous et de nos petits "arts ménagers" du quotidien... Alors à quand une gauche Deuch' ?---Sur le même sujet, lire aussi la chronique d'Eole Contrario, SuPorscherie.

Le 11 avril 2010
Le 18 juin 2012 à 09:50

Êtes-vous d'accord avec cette affirmation de Raphaël Enthoven :

"La philosophie c'est l'art de la question et en aucun cas l'art de la réponse." ?

– Pfff !  – Non, je pense plutôt... "Pfff" ?   Ce 18 juin, premier jour du bac 2012, Alain Guiavarch et Maël Canonne sortent leur "Philo" !« Où vais-je, où cours-je? » Au-delà du simple calembour cucurbitacéen, cette question se pose au quotidien pour chacun d’entre nous, sans que nous puissions y apporter des réponses satisfaisantes, objectives et référencées. L’amour, la mort, la vie, Dieu, sont autant de sujets sur lesquels nous ne trouvons pas les éclairages qui nous permettraient de comprendre enfin le monde. Schoppenhauer vous est tombé des mains, vous n’avez rien com­pris à la Critique de la raison pure, pour vous Marx est le nom d’une fratrie de comiques juifs américains ? Heureusement, Philo (florilège de pensées philosophiques à médi­ter sur la cuvette) a été pensé pour vous : un condensé de philoso­phie déconnatoire qui contribuera à l’échafaudage de votre bien-être spirituel. Tout au long de Philo (florilège de pensées philosophiques à mé­diter sur la cuvette), Alain Guiavarch et Maël Canonne, au travers d’une démarche artistique singulière, associent dérision et ques­tionnement en se mettant en scène dans des images agrémentées de dialogues espiègles et corrosifs. Pour le prix d’un gros rôti de porc, de 4 boîtes de coton-tiges ou encore de 2 kilos de saucisse, Philo saura répondre à vos questions les plus essentielles que vous soyez sur la cuvette, au supermarché, ou même en train de fêter votre bac au bistrot du coin. Distribution : Pollen Diffusion et sur www.editionsdejuillet.com

Le 8 mars 2011 à 12:35

Françoise G., par Laure A.

Une biographie tout en nuances d'une journaliste par une journaliste

« La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente ». Françoise GiroudQuand on est femme et qu'on exerce le métier de journaliste (au passage, un journaliste sur deux est une femme en France, c'est bon à rappeler en ce 8 mars), Françoise Giroud, forcément, est une icône. Laure Adler est femme et journaliste, et après avoir raconté les vies de Marguerite Duras, Hannah Arendt et Simone Veil, elle nous en dit davantage sur cette autre femme d'exception, qui a commencé comme scripte au cinéma, a participé à la naissance du magazine Elle, a créé L'Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, est devenue secrétaire d'état dans le gouvernement Giscard, a écrit de nombreux livres, dont autant de best-sellers et… a pas mal de zones d'ombre.Car Laure Adler pourrait n'être qu'admirative de ce parcours sans faute, mais elle tente de garder la distance nécessaire à un bon biographe. Son livre s'intitule simplement Françoise. Elle n'a gardé que le prénom de l'icône, qu'elle nous présente avec ses forces et aussi avec ses faiblesses : Françoise qui a aimé passionnément un homme, celui pour qui elle est presque morte, celui avec qui elle a enfanté l'Express. Quand Giroud se battait, pour les femmes, pour l'indépendance de l'Algérie, pour Mendès France, Françoise soupirait pour l'ambitieux JJSS. On disait Giroud dure, elle l'était, parce qu'elle s'était sortie de sa condition, et qu'elle ne voulait pas y retourner. On la disait parfois méchante, on a du mal à le croire. Mais Françoise, pendant ce temps, était femme, femme aimante, femme souffrante. Giroud a renié ses racines juives au point de les oublier, Françoise, bien des décennies plus tard, les a retrouvées, par amour pour son petit-fils (devenu grand rabbin). Si la femme publique se tenait droite, et parfois raide, c'était pour empêcher la femme secrète de vaciller, puis de tomber. Ce qu'elle a fait, et elle ne s'est jamais vraiment relevée. On a tous en mémoire l'image d'une Françoise Giroud froide, élégante, brillante ; le livre de Laure Adler, qui est un succès de librairie, nous la montre humaine, sensible, fragile. Et on est bien triste, à la fin, de la quitter.

Le 19 juillet 2010 à 13:23
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