Noël Godin
Publié le 15/06/2015

Les bêtes joyeuses ne travaillent pas


On a beaucoup beaucoup à apprendre des animaux. Non, ce n’est pas seulement un cliché gommegutteux pour babas-vegans ascétiques. J’exhume pour vous à ce propos un petit chef-d’œuvre ébesillant datant de 1921 fricassé par le truculent pamphlétaire Georges de la Fouchardière (l’auteur du roman célèbre La Chienne adapté au cinoche par Jean Renoir) dont l’œuvre satirico-polémique reste totalement, et inexplicablement, méconnue.

Rarement ce que Céline appelait « le travail-salut » n’a été mieux discrédité qu’ici. Rarement on n’a mieux caressé dans le vrai bon sens du poil nos aminches les bêbêtes joyeuses.

« J’ai trouvé ma petite fille en larmes devant une feuille blanche qu’il s’agissait de noircir.

- Qu’est-ce qu’il y a, ma Niquette ?

- Papa, viens m’aider. C’est trop difficile.

- Quoi ?

- Mon « style »…

- Ah !... Quel est le sujet de votre « style » ?

 

Et Niquette m’a répondu en sanglotant :

- « Le… travail doit… doit être joy-eux-eux-eux ! »

- Oh ! que c’est bête ! Oh ! que c’est bien un boniment de pédagogue !... Écoutez ma Niquette : il m’arrive très souvent, à moi aussi, de m’asseoir devant une feuille blanche que je suis obligé de noircir ; je ne pleure pas parce que je suis un homme, mais c’est tout juste… Je suis très, très ennuyé… La vérité, c’est qu’on ne travaille jamais pour s’amuser. Le travail, c’est une punition, une punition sévère donnée par le bon Dieu qui a dit : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. » Et c’est toujours une punition, aussi bien pour l’ouvrier boulanger qui transpire dans notre pain quotidien que pour l’homme du monde, dont le travail est particulièrement pénible et fastidieux : car l’homme du monde est astreint jour et nuit aux labeurs du cercle, du pesage et du tango, à l’industrie malsaine des répétitions générales et à la conversation des autres imbéciles : une vie de polichinelle est en vérité une existence de forçat… Si vous considérez les bêtes, Niquette, vous remarquerez que les bêtes joyeuses sont celles qui ne travaillent pas : le moineau sur son toit, le pinson dans son arbre, le papillon parmi ses fleurs, la truite dans son eau fraîche, le chat à son foyer et l’agneau folâtre et le pourceau candide qui jamais ne meurent de maladie. Les bêtes tristes, c’est le bœuf courbé sous le joug, c’est le cheval qui gagne son avoine à la sueur de son front !... Il ne faut pas croire, Niquette, les moralistes qui veulent vous faire prendre le travail pour le liberté : le travail, c’est l’esclavage, et les gens qui sont intéressés à dire le contraire sont précisément ceux qui, ne faisant rien, gagnent leur pain à la sueur du front des autres… Plus tard, ma petite fille, vous ne lirez pas les œuvres d’Émile Zola, qui chanta le travail et ses joies, car ce paradoxe du travail joyeux dénote un esprit particulièrement vicieux, et voilà pourquoi Zola n’est pas un auteur convenable pour les jeunes personnes bien élevées… Mais vous lirez certainement Blaise Pascal, qui a écrit à propos de la loi divine du travail : « L’homme est plus inconcevable dans ce mystère que ce mystère est inconcevable à l’homme »… Vous ne comprenez pas, Niquette ?... Moi non plus… Mais il faut toujours admirer les grands penseurs quand leurs formules ne veulent rien dire du tout… Restons dans le domaine de l’observation et du sens commun. Nous observons que nous retardons toujours le moment de nous mettre au travail parce que ce moment nous est désagréable. Nous observons aussi que nous sommes heureux quand notre travail est fini : ce n’est donc pas le travail qui est joyeux mais la sensation d’en être débarrassé… Ainsi le poète Lucrèce a remarqué que nous étions tristes après le plaisir et il a eu le tort de conclure à la vanité des joies humaines. C’est tout le contraire ; nous sommes tristes après le plaisir parce que c’est déjà fini ; nous sommes gais après le travail parce que c’est enfin fini, si j’ose dire…

- Est-ce qu’il faut écrire tout ça ? me demanda Niquette. Tu vas me dicter…

- Rien du tout… Donnez-moi votre cahier…

 

Et, sur le cahier de ma fille, j’écrivis cette attestation : « Annie n’ayant pas été sage, je l’ai privée du plaisir de faire son devoir de style. » (Didi, Niquette et Cie, éd. Albin Michel).

Dans le très catholique "Télérama" belge, "Amis du film et de la TV", Noël Godin, dans les années 70-75, a saboté méthodiquement, et sans jamais être démasqué, les différentes rubriques dont il était titulaire en y injectant une tonnelée de faux "camérages" et de fausses interviews de célébrités cinématographiques, et en rendant compte, de retour de festivals, d'une foultitude de films inexistants dont il fournissait les photos de tournage. A part ça, l'escogriffe a écrit quelques traités de haute pédagogie ("Anthologie de la subversion carabinée", "Entartons entartons les pompeux cornichons ! ...) et a réalisé quelques courts métrages bougrement éducatifs ("Prout prout tralala", "Grève et pets", "Si j'avais dix trous de cul"...).
Toute l'actualité anarcho-pâtissière sur http://www.gloupgloup.be 

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Noël Godin

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L'odyssée de Volaille Fourchaume #2

Journal de bord (suite)

Réveil brutal à 11 heures. On frappe à la porte de notre capsule. Bob demande qui c'est, et un homme répond avec un fort accent russe. Il s'appelle Mika Spotnik et fait partie de la Station internationale qu'est pas loin d'ici. Il nous invite à une petite sauterie. J'appelle notre base à Conflans pour dire qu'on sort ce soir, mais Jérôme, le fils de Bob, me répond que maman est pas là. Bob fait des prélèvements de poussière d'espace avec un aspirateur. La pression extérieure est de 12, ce qui paraît pas mal. Soirée dans la Station. On dîne de poulets avec les cosmonautes Mika, Siraj et Ping-Ping. Ils nous asticotent toute la soirée pour connaître le but de notre mission. Le lendemain on décide de tirer un bord vers Mars en lâchant du gaz. Alors que Bob lit un extrait de saint Augustin et que je fais des nouilles, la tête de Ping-Ping apparaît par le hublot. Il s'est fait la malle de la Station et demande l'asile diplomatique à la France. Après avoir regardé ma montre je note que nous allons à la vitesse de la lumière et que nous sommes déjà la semaine prochaine. Depuis peu les visages à Bob et moi se couvrent d'une légère teinte vert-de-gris, tandis que je fais des bulles par les oreilles et que les cheveux de Bob poussent. On en profite pour faire des selfies, mais le cœur n'y est pas. Le 18 octobre 2014 nous sommes entrés dans un trou noir, puis ressortis d’après mes calculs le 13 juillet 1802, avant de réapparaître par un trou blanc en pleine vague hippie et revenir la veille du jour de notre départ. Au bout de ce tunnel, nous découvrons un enfant qui nous menace d’un pistolet. C’est Ping-Ping qu’a pas trop supporté notre traversée de l’espace-temps. Je lui donne une bonne calotte, et le ligote dans une turbulette. Ça y est. On arrive sur Galinae. On se pose sans encombre, et je plante le drapeau de Volaille Fourchaume. Au loin, des poules de 15 mètres picorent tranquillos en pondant des œufs d’une tonne. « Amédée Fourchaume a dit vrai, crie Bob les larmes aux yeux : y a ici de quoi sauver la France agricole ! » > première partie

Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 1 septembre 2011 à 08:34
Le 23 novembre 2015 à 08:41
Le 9 février 2012 à 08:32

Chronique Rurale

Quatrième jour : les seins de Nadine.

> Premier épisode                    > Episode suivantSes seins ronds et fiers semblent toujours se porter aussi bien, sous son sous- pull moulant en lycra mauve. Jamais ils ne renoncent, jamais ils ne baissent la tête. Nadine est célibataire, en tout cas elle n’a pas d’alliance et personne ne vient la chercher à la sortie du boulot. Elle habite un petit pavillon juste derrière l’école primaire, et elle prend le bus tous les matins pour se rendre au supermarché Paclerc, où elle exerce l’admirable métier d’hôtesse de caisse.   Chacun de mes passages en caisse n°4 -en général le jeudi soir et le lundi matin- sont l’occasion d’un étrange rituel que nous partageons Nadine et moi, de façon quasi- inconsciente : alors que  je m’apprête à sortir mon portefeuille afin de m’acquitter de l’impôt citoyen en faveur de la croissance et de la relance de la consommation, elle soulève soudain son frêle menton vers moi, me sourit sensuellement (ça lui échappe), et me demande d’une voix simple, mais qui me fait immanquablement sursauter (et parfois, je l’avoue, rétrospectivement, bander) : « vous avez la carte de fidélité ? ». Me dit-elle avec son regard vert. J’ai souvent l’irrépressible envie de lui répondre que oui, qu’à elle je pourrai être fidèle toute une vie, que ses lèvres naturellement glossées me donnent des rougeurs, que quand je la voie j’ai envie de chanter, que je me déshabille tous les soirs et que je mets mon pyjama en pensant en elle, et tant d’autres choses si romantiques. Mais je me contente de dire non, de penser cyniquement que jamais je n’ai été fidèle à quelqu’un ou à quelque chose, ni que personne d’ailleurs ne l’a jamais été à moi-même, alors que je ne vais pas commencer ma carrière en fidélité par un supermarché. Ca fait bip, je mets ma carte, je tape mon code, et un nouveau client me dérobe alors le sourire et les seins de Nadine. Je sors, écrasé par la désillusion, affamé de sexe et d’amour, tout espoir tué.

Le 28 juin 2012 à 15:30

Patience camarade, un monde lisible est devant toi !

Jean Lassègue

Tout fout le camp, c'est la crise, la société devient friable, les individus atomes, et les signes pullulent tant dans nos têtes qu'on ne comprend plus ce qui nous relie ou nous sépare les uns des autres. Que nous est-il arrivé ?   Car si l'on veut changer le monde – hâter sa métamorphose au sens d'Edgar Morin – il faudrait d'abord y voir plus clair. Mais les explications simples sont trop simples pour être crédibles. Et tout mettre sur le dos de la mondialisation, de l'informatisation du réel, des flux migratoires ou du retour des religions ne rend pas notre époque plus lisible et généreuse. Au contraire cela révèle un refus d'aller dénouer l'écheveau incroyablement complexe de signes visibles et invisibles qui nous relient bien plus intimement qu'on ne pourrait le croire.   En allant fouiner dans des questions qui nous font remonter le temps jusqu'à l'invention de l'écriture (en passant par les sectes iconoclastes de la Réforme, les gamers addicts aux jeux vidéos, le sens philosophique du mot "auteur" ou les artistes contemporains adeptes du "ralentissement"…) ce fin opuscule à la fois zappeur, collectif et  tenu de main de maître par le philosophe Jean Lassègue, ouvre des pistes inattendues qui pourraient bien nous laisser entrevoir quelques uns de ces fils dans lesquels sociologues et politiques se prennent si souvent les pieds, faute de les avoir pris en compte.   Patience camarade, un monde lisible est devant toi ! est le troisième livre publié dans la collection Forum d'Action Modernités aux éditions Descartes & Cie. Auteur Jean-Lassègue. Préface Philippe Lemoine. Avec des contributions de Nathalie Damery, Marina Damestoy, Yovan Gilles, Jean-Paul Karsenty, Jean-Daniel Magnin, Emmanuel Martin, Brice de Villers. ISBN : 978 2 84446 230 5

Le 22 septembre 2015 à 08:44

Trop réaliste, la réalité virtuelle bientôt aussi ennuyeuse que la vraie vie

Présentés il y a une semaine lors du dernier E3 à Los Angeles, les nouveaux casques de réalité virtuelle pourraient, selon de nombreux spécialistes, atteindre très prochainement un niveau de détails permettant de retrouver le coté ennuyeux et pénible de la réalité. Au point que plusieurs joueurs pourraient se laisser tenter par un retour dans le monde réel. La vie c’est de la merde Brendan Iribe est le créateur du dernier casque de réalité virtuelle, l’Oculus Rift, petit bijoux de technologie. Le développeur affirme que son projet, toujours en cours de développement, atteint aujourd’hui un niveau de réalisme jamais égalé auparavant. « Nous souhaitons faire vivre au joueur une expérience bien connue : celle de la vie de tous les jours, ennuyeuse, barbante et répétitive  » explique-t-il Pour marquer le coup à l’E3, Brendan Iribe avait mobilisé plusieurs studios pour travailler sur des applications développées spécialement pour l’occasion. Simulation de file d’attente, regarder la pluie tomber par la fenêtre, remplir un formulaire administratif, dispute avec le conjoint, les joueurs ont pu avoir le choix entre plusieurs scénarios pour selon lui « une plongée déconcertante dans toutes ces petites choses du quotidien qui finissent par nous pourrir la vie  ». Christopher Trisby fait parti des rares privilégiés à avoir pu tester le fameux casque. Après avoir lancé plusieurs applications et passé des heures à peler de fausses pommes de terre et à chercher virtuellement ses clés, il avoue être totalement conquis. «  Techniquement c’est irréprochable. On retrouve vraiment l’agacement, le coté barbant, répétitif de la réalité » explique-t-il. Fortement déconcerté en retirant le casque, l’homme a préféré quitter le salon en courant  pour tenter de réaliser son rêve de devenir joueur de hockey professionnel.

Le 19 juillet 2013 à 08:22

Cet été, j'ai fait un échange d'appartements...

« Cher monsieur Robertson, Si vous lisez ces lignes, c'est que la gardienne vous a remis les clés et que vous êtes installé dans notre appartement. Bienvenue à Paris ! Nous vous souhaitons un agréable séjour. Merci d'arroser les plantes vertes tous les deux jours. Le liseria scapulata du salon est particulièrement fragile. Si vous constatez qu'il perd ses feuilles, rajoutez dans l'eau d'arrosage une mesure et demi du produit phytosanitaire (emballage marron) qui se trouve en bas à droite dans le placard de la cuisine. Pour le chat, c'est une demie boîte le matin, une demie boîte le soir et une poignée de croquettes tous les trois jours. Veillez à ne pas dépasser ces quantités, c'est un animal qui a tendance à prendre du poids depuis qu'il a été opéré d'un fibrome. Le numéro du vétérinaire figure dans la liste affichée dans l'entrée. N'hésitez pas à consulter en cas de vomissements ou de diarrhée. Et pensez à vider régulièrement sa litière (celle du chat ! ?) c'est un animal très maniaque capable de vengeances inattendues. La porte de la chambre du fond est fermée à clé. Ne vous inquiétez pas si vous entendez des bruits, ce n'est pas un fantôme ( ? ), c'est ma belle-mère impotente qui habite cette pièce. Soyez tranquille, elle dispose de tout ce qui lui est nécessaire en terme de confort et d'hygiène : toilettes, eau courante, stock de conserves et de surgelés qu'elle peut réchauffer avec son micro-ondes. Elle ne vous dérangera pas, nous lui avons fait la leçon. Si toutefois, vous l'entendiez crier ou gémir, ignorez-là, elle est très comédienne. De toute manière elle ne comprend pas votre langue. »

Le 30 octobre 2014 à 08:17

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Mon fils a toujours le nez dans les étoiles, est-ce grave ?

OUI. Si votre fils a perpétuellement le nez dans les étoiles, je m’inquiéterai pour son avenir et je prendrai conseil auprès d’un psychologue. Je suppose qu’il s’agit d’un ado. Je suppose aussi qu’il se pose beaucoup de questions sur l’univers, Dieu, les soucoupes volantes, toutes ces questions inutiles qui l’empêcheront plus tard de devenir un bon consommateur, un homme heureux, un adepte du sport, un amateur de belles voitures et de Prozac. Quand on se pose des questions, c’est bien connu, on passe à côté de l’essentiel : on n’a plus envie de jouer à la console ou de taper dans un ballon de foot. On devient rêveur. On est dans la Lune. On se voit déjà sur Mars en train de tutoyer les martiens au comptoir d’un bistrot. Là, il y a danger. Il est temps de revenir sur Terre et de songer à l’avenir. Avoir un bon métier, c’est important, même si au final on devient maître-chien à Leader-Price, parce qu’on n’a rien trouvé d’autre après cinq ans d’études en sociologie. Pour en revenir à votre fils, je m’inquiéterai aussi pour sa sexualité. Les étoiles, c’est bien joli, mais les filles s’en foutent pas mal quand il s’agit de les draguer. Personnellement, la seule fois où j’ai dit à une fille que j’avais un beau télescope, elle n’a pas du tout compris de quoi je parlais. A présent, je dis les choses comme elles sont et ça va beaucoup mieux. Bref, il serait peut-être mieux pour votre fils qu’il mette son nez dans les jupes des filles ; cela le détournerait de toutes ces mauvaises questions sur l’origine de l’univers, les trous noirs, les trous normands, la vitesse de la lumière sur autoroute, etc. Et s’il persiste, confisquez-lui son télescope ! Abonnez-le à Play-boy.

Le 23 décembre 2014 à 08:32

Un jeune impatient de passer quelques jours chez ses parents pour se rappeler pourquoi il a quitté ce coin paumé

LOT – Un jeune homme se disait impatient de rentrer quelques jours passer les fêtes de Noël en famille. Et pour cause, il s’agit pour lui de se remémorer pourquoi il a quitté ce coin paumé dès qu’il a été en âge de le faire. Reportage. Un retour – pénible – aux sources qu’il effectue consciencieusement chaque année afin de bien se rappeler d’où il vient et d’éviter de tomber dans une nostalgie malsaine de son enfance, de croire que la campagne est préférable à la ville. « Chaque fois, je me dis, la campagne c’est bien, c’est reposant. Et puis au bout de deux heures, je réalise qu’en hiver il n’y a strictement rien à faire dans ce coin et je n’ai qu’une envie c’est de retourner en ville » raconte le jeune homme aujourd’hui étudiant à Bordeaux. « Généralement j’arrive la veille de Noël et je repars le lendemain » explique-t-il.« Si je reste trop longtemps, il y a le risque que mes parents se mettent à croire que j’aime cet endroit. Impensable» « Cela permet de remettre les choses en tête, on a tendance à se plaindre en ville mais quelques jours là-bas et je peux vous assurer qu’une journée ici vous remet les idées en place » se félicite-t-il. « Le premier cinéma est à 10 kilomètres et ne passe que des films en version française sortis il y a trois mois » se lamente-t-il. « Internet n’est arrivé qu’il y a deux ans et encore c’est du bas débit ». Le jeune homme explique aussi qu’il adorerait venir plus souvent. « Mais une fois par an c’est largement suffisant, j’ai peur qu’en venant trop souvent je casse tout l’effet positif de ma venue » souligne-t-il. Alors pour compenser, le jeune homme se contente d’aller voir les profils Facebook de ses anciens camarades de classe qui n’ont pas eu la chance comme lui de pouvoir quitter ce coin paumé. « Je regarde ce qu’ils sont devenus dans leur vie et alors je me sens tellement mieux. Peut-être que j’irai en voir un ou deux pour Noël » conclut-t-il sur un ton sarcastique.

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