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Publié le 22/06/2015

Damien Baldin : "Il est plus simple d'acheter de la viande en barquette que d'assister à l'abattage de l'animal"


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Autres épisodes :

Dans une boucherie, la mise à mort n'existe plus

Comme nous l'explique Damien Baldin, nous assistons depuis le XIXe siècle à un éloignement progressif de notre vue et de notre conscience de la mise à mort des animaux. Notre intolérance croissante au spectacle de la violence nous a conduit à séparer l'activité de celui qui tue les animaux de celle du boucher qui vend la viande. Avec des abattoirs déplacés à l'extérieur des villes, nous avons ainsi pu nous épargner la culpabilité de la mort des animaux de boucherie. Dans un autre domaine, la corrida soulève, elle aussi, plus de critique que jamais, preuve que le spectacle de la mort animale nous dérange de plus en plus. Enfin, à la marge de notre relation aux animaux, on constate une autre évolution en ce qui concerne la zoophilie qui est passée, dans le droit comme dans les esprit, d'un acte de bestialité dégradant pour celui qui s'y livrait à un acte de maltraitance pure et simple envers l'animal.

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Damien Baldin

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Le 21 février 2017 à 10:32

Patrick Declerck : "le clochard rêve d'un autre monde"

Patrick Declerck est anthropologue, psychanalyste, philosophe et romancier. Dans les années 1990, il exerce comme consultant au centre d’accueil et de soins hospitaliers (le CASH) de Nanterre. De cette expérience, il tire des livres où il raconte s’être déguisé une nuit en clochard pour se faire embarquer au centre de Nanterre, évoque ses consultations psychiatriques auprès des SDF, explique comment il tente de les soigner, avoue les aimer autant qu’il les hait. Bouleversé par leur lecture, le metteur en scène Guillaume Barbot en tire "On a fort mal dormi", une pièce à plusieurs voix interprétées par Jean-Cristophe Quenon.   « Si l’enfant s’endort en suçant son pouce, le clochard, lui, tente d’endormir sa conscience en buvant son vin. Le monde lui est odieux. Non pas ceci ou cela dans le monde, mais le monde lui-même, le monde dans sa structure, le monde dans son être. Le clochard est égaré dans la poursuite d’une impossible ataraxie. L’ataraxie, c’est cet état de tranquillité de l’âme enfin apaisée, enfin délivrée de la tourmente incessante des désirs et des passions. Mais pour le clochard, c’est une ataraxie radicale, forcenée, qui va jusqu’à nier le fondement même de toute réalité possible. Une ataraxie devenue folle... Il s’abandonne à exister aux portes de la mort. Bercé par la perverse jouissance du néant, le clochard rêve d’un autre monde. Un monde de satisfation immédiate, sans impossible, sans frustration, sans blessure, sans hiatus. Ce monde atemporel et sans contraintes, ce nirvana de la pulsion de mort et du possible infini, est celui du fantasme utérin. Le clochard est le fœtus de lui-même. Si nous ne pouvons l’accoucher à la vie, au moins mettons-le à l’abri. Offrons-lui asile. Voyons comment ? »   Patrick Declerck

Le 2 juin 2015 à 13:30

Dany-Robert Dufour : "Nous sommes des animaux ratés"

"Les animaux ont une sorte de finalisation dans la hiérarchie des espèces. Ils "savent" qui ils doivent manger et qui peut les manger. L'Homme lui ne sait pas, il est incomplet. En philosophie, on s'est toujours interrogé sur cette différence entre l'Homme et les animaux.Chez les Grecs anciens, Hésiode explique cette différence en racontant le mythe de création des races mortelles par les immortels. L'avisé Prométhée et son étourdi frère Epiméthée en sont chargés. Ce dernier se précipite sans réfléchir et distribue à tous les animaux des attibuts rassemblés dans un grand sac : la vitesse, la ruse, la petitesse, la force, etc. Quand la dernière race mortelle se présente à lui, l'Homme, il n'y a plus rien dans le sac. Prométhée doit réparer la bêtise de son frère en volant le feu sacré qu'il donne aux hommes.Ces individus qui naissent sans poils et sans dents, sans aucun attribut, peuvent se réunir en sécurité autour d'un feu... lieu de toutes les rivalités et de tous les conflits. Il faut encore qu'Hermès intervienne et leur apporte les lois et la culture.Ce manque de nature est inhérent à la condition humaine. Dès la naissance de la philosophie on sait qu'il faut y suppléer par la culture." Dany-Robert Dufour est professeur de philosophie de l'éducation à l’université Paris-VIII, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie de 2004 à 2010 et ancien résident à l'Institut d'études avancées de Nantes en 2010-2011. Il enseigne régulièrement à l’étranger. Son travail porte principalement sur les processus symboliques et se situe à la jonction de la philosophie du langage, de la philosophie politique et de la psychanalyse. Lettres sur la nature humaine à l'usage des survivants, Petite bibliothèque philosophique, Calmann-Lévy, 1999Le délire occidental : et ses effets actuels dans la vie quotidienne : Travail, loisir, amour, Les liens qui libèrent,‎ 2014

Le 13 mars 2012 à 15:42

Marie Nimier et Karelle Prugnaud en flagrant délit de promo

Karelle Prugnaud met en scène La Confusion de Marie Nimier. Pour ventscontraires.net, elles nous parlent de la pièce, de leur collaboration et se laissent même aller à une promo éhontée. Mais comme elles sont vraiment trop cute, on les a laissées faire. Comment êtes-vous passée de l’écriture romanesque à l’écriture théâtrale ? Marie Nimier : J’ai toujours voulu écrire pour le théâtre. Le théâtre m’a toujours plu et intimidée. Adolescente, je découvrais les univers de Robert Wilson et d’Ariane Mnouchkine, ce fut le coup de foudre. La scène pour moi a toujours été associée à la vie, au partage, à l’aventure collective, alors que le roman avait quelque chose à voir avec la solitude et la mort. Grâce au chorégraphe Dominique Boivin, j’ai fait mes premiers pas en crabe vers la scène, le spectacle s’appelait A quoi tu penses ?, ce fut une expérience exaltante. J’étais à la recherche d’une parole fluide, mais faite de reprises, d’atermoiements, intimement liée aux mouvements des danseurs et encore proche du monologue romanesque. J’étais encore trop effrayée pour passer à l’acte d’écrire vraiment pour le théâtre, jusqu’à ce que la publication de La Reine du silence m’offre les commodités financières et la disponibilité de me consacrer à un projet nouveau. J’avais un an devant moi, je m’y suis mise, je n’avais aucune obligation de résultat, j’avais seulement les moyens et le temps de m’y consacrer. J’ai écrit alors mes deux premières pièces La Confusion, puis Adoptez un écrivain (éditions Actes sud Théâtres). Aujourd’hui, je reviens fouler les sols du Théâtre du Rond-Point où je faisais, gamine, du patin à glace ! C’est un ancien territoire de glisse qui m’émeut beaucoup. J’ai l’impression de retrouver quelque chose d’essentiel, qui tient à la fois de l’enfance et de l’accomplissement. Je reviens dans ce lieu chargé d’images, je me sens faite de tous ces mélanges, de toutes ces histoires, et cela prend soudain un drôle de sens… Comme si quelque chose s’était incarnée, c’est ça, avec le passage à la scène, grâce à toute une équipe, quelque chose de moi prend corps, quelque chose de moi, qui n’est pas moi. C’est la vie même, non ? Faites-vous, avec le texte de Marie Nimier, plutôt du théâtre, de la danse, du cirque, une performance ? Karelle Prugnaud : Cette fois-ci, nous investissons l’unité de lieu théâtral, celui qu’apporte le texte de Marie, pour tenter d’y élaborer un travail performatif. Une boîte où les images se construisent et déconstruisent sous l’oeil du spectateur. Partir du réel, de l’hypra réalisme, du théâtre de situation pour tenter de le faire basculer dans l’imaginaire. En mélangeant des codes, des genres.Nous travaillons avec des artistes venant de différents horizons : le dessinateur Mickael Pecot Kleiner, le vidéaste Maximilien Dumesnil, les musiciens Bob x et Fabien Kanou... Marcher sur le fil du réel en tentant de le faire basculer. Le texte de Marie est un texte de théâtre, nous allons donc faire du théâtre. Mais un théâtre sur le fil... (Propos recueillis par Pierre Notte)  

Le 9 décembre 2015 à 10:04

On joue

BERTRAND. Alors voilà, on va jouer au marchand. Disons que je serai le marchand.   MARIE-ANGE. Mais enfin, Bertrand, nous sommes adultes. Jouer au marchand ou à la marchande c’est réservé aux enfants. Nous avons passé l’âge de ces jeux-là. BERTRAND. L’âge, toujours l’âge ! On s’en fiche de l’âge. Je vous en prie, Marie-Ange, acceptez. Cela nous divertira. MARIE-ANGE. Vous, alors, vous êtes un diable. Tout le temps des fantaisies en tête ! Vous finirez un jour par me faire faire n’importe quoi. Eh bien soit, jouons ! Donc vous serez le marchand et moi la cliente, je suppose.         BERTRAND. Exactement. MARIE-ANGE. Et vous vendrez quoi ? BERTRAND. Disons que je serai boucher. En tant que boucher, logiquement je vous vendrai de la viande. MARIE-ANGE. De la viande ? Ah, non ! Vous savez bien que je suis végétarienne. De toute façon boucher c’est vulgaire. BERTRAND. Par pitié, Marie-Ange, arrêtez vos sempiternelles objections. Je ne comprends pas pourquoi vous dites que boucher c’est vulgaire. Boucher c’est très intéressant. Je vous ficellerai des rôtis bien tendres, je vous vendrai des steaks hachés, je vous emballerai de beaux gigots. MARIE-ANGE. Bertrand, faut-il que vous soyez aveugle pour ne pas vous rendre compte que ce n’est pas de viande dont j’ai besoin… BERTRAND. Oui, plutôt de fruits et légumes, je sais, vous l’avez déjà dit. MARIE-ANGE. De fruits et légumes, bien sûr, mais surtout d’amour. J’ai besoin d’amour, Bertrand ! Je suis un être fragile, sensible à la délicatesse des sentiments et au souffle du romantisme. Ce qui me comble c’est l’élégance d’une caresse, la suavité d’un mot tendre soufflé à mon oreille, les belles manières du prétendant qui cherche à me séduire. BERTRAND. Le boucher n’est pas une bête, Marie-Ange ! Il maîtrise avec subtilité le vocabulaire de la séduction en usage dans son métier. MARIE-ANGE. Ça reste à prouver. BERTRAND. Eh bien laissez-moi vous culbuter sur l’étal, entre la balance et le tiroir caisse, et vous en aurez la preuve. MARIE-ANGE. Mais enfin Bertrand, qu’est-ce qu’il vous prend ? BERTRAND. Mes mains s’affolent de vos jarrets jusqu’à vos basses côtes, elles remontent jusqu’au collier et s’aventurent vers la culotte. MARIE-ANGE. Vous êtes un bandit, j’aurais dû me méfier ! BERTRAND. Je titille votre aloyau, j’agace un peu les escalopes, je réjouis le paleron, j’échauffe l’aiguillette… MARIE-ANGE. Comme vous y allez ! BERTRAND. Prête à vous faire chatouiller l’onglet, attendrir la macreuse et graisser le tendron ? MARIE-ANGE. Vertige des mots, exaltations des sens, je vacille, je vais perdre pied. BERTRAND. Laissez-moi vous usiner la tranche grasse et vous buriner la bavette. MARIE-ANGE. Non Bertrand, pas ça, voyons ! La bavette, il ne faut pas, c’est mal. BERTRAND. Je vous désosse, Marie-Ange, je vous barde de lard, je vous embroche et vous fais rôtir à la flamme. MARIE-ANGE. Seigneur, que m’arrive-t-il ? Je me sens soudain enivrée de volupté.  BERTRAND. Vous voyez bien que le boucher n’est pas un sauvage. Il connaît lui aussi les galantes manières. MARIE-ANGE. Délice et enchantement ! Vous êtes un voyou. Je cède, Bertrand. Je cède. BERTRAND. Alors, heureuse ? MARIE-ANGE. Ah ça oui ! On peut dire que je suis gâtée. Finalement les jeux d’enfants entre adultes c’est très agréable. Il faudra recommencer. BERTRAND. La prochaine fois, pour changer, nous jouerons au docteur. Je serai le docteur. MARIE-ANGE. Oh, oui ! Déjà j’imagine. BERTRAND. Le docteur Petiot. Alors là, vous m’en direz des nouvelles. Mais je vous préviens, faudra vous cramponner !

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