Special Guest
Publié le 30/06/2015

Damien Baldin : "Parler d'animaux sauvages c'est déjà les domestiquer"


      Partager la vidéo 

Autres épisodes :

Depuis la Renaissance mais surtout avec la révolution scientifique du XIXe siècle, les Européens se sont lancés à la conquête du monde. A la clé, de nombreuses découvertes de plantes et d'animaux, la naissance d'une démarche de classification des espèces animales et l'émergence des premiers parcs zoologiques. Et si cette volonté de connaître et de montrer la richesse du monde animal relevait d'une démarche de domination et peut-être même de domestication de ces espèces ?
Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

Plus de...

Damien Baldin

 ! 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 20 avril 2012 à 08:37

Eric Chevillard : l'Autofictif répond à des questions

Entretien avec Eric Chevillard

Peut-on vous considérer comme un marathonien du minuscule ? 42,195 kilomètres à petits pas, vous n’y pensez pas ! Mais disons, pour filer la métaphore, que je cours volontiers sur plusieurs distances, le roman, la note, la chronique. Et bien sûr, quand j’écris un roman, je n’en considère pas moins que mon unité d’écriture est la phrase, donc il y a une tension vers l’aphorisme ou la formule. Et quand je prends des notes, au contraire, celles-ci se proposent aussitôt d’enfler démesurément et de se développer aux dimensions d’un livre. Si bien que j’ai dû mettre au point une stratégie que je trouve assez fine : je laisse mes romans devenir des aphorismes et mes aphorismes des romans ; ainsi, finalement, mes deux pentes naturelles d’écriture sont suivies jusqu’au bout. Avez-vous accompli votre devoir autofictif aujourd’hui ? Prenez-vous parfois de l’avance ? Avez-vous des réserves secrètes ? Où, quand, comment expédiez-vous les trois aphorismes du jour ? Mon devoir, il y a de ça hélas… Un comble, puisque l’idée au départ était justement d’être souverainement libre, qu’il s’agisse du format (si peu apprécié des éditeurs) ou des contenus : tous azimuts. Mais l’assiduité aussi fait partie du principe de l’entreprise et je me dois de ne pas lâcher l’affaire. Il me semble que se dessine ainsi, jour après jour, un tracé qui vaut bien ceux de l’électroencéphalogramme et de l’électrocardiogramme pour juger de ma santé physique et mentale. C’est aussi la forme d’une vie. J’ai souvent en effet des notes d’avance, elles me viennent par rafales… Mais je construis le petit triptyque quotidien juste avant de le poster, comme on dit, avec l’envie souvent de donner à lire les notes les plus récentes. Quelques-unes finissent par être oubliées dans le puits sans fond de l’ordinateur. Enfin, je publie mon billet vers minuit, depuis chez moi ou depuis mon netbook si je n’y suis pas. Etes-vous maniaque, bordélique, voleur, prolixe, jaloux, douloureux  ? Maniaque et pointilleux comme la plupart de ceux qui rêvent d’une révolution générale qui ne laisserait pas debout une seule pierre de ce monde… Pour vous ces pépites d’écriture sont-elles : des romans morts-nés ? des graines de romans ? des fulgurances aussi vite oubliées qu’écrites ? autre ? Des décharges nerveuses, des parades et des ripostes, des épées tirées et des sabres avalés. Des pensées d’idiot affectant la forme sentencieuse que le sage affectionne, ou au contraire des idées auxquelles je tiens lancées comme des plaisanteries. En fait, je crois que je n’en sais rien. Tout est possible dans ce carnet, des formes élaborées, des griffonnages, toutes sortes de tentatives hasardeuses, de spéculations, de paradoxes.   Pourriez-vous un jour écrire un “De qui se moque-t-on ?” sur l’aphorisme ? Non, parce que ce serait redondant. Tout aphorisme en effet dit plus ou moins cela, « de qui se moque-t-on ? » Etes-vous un geek de la littérature ou un poète du net ? Je n’ai pas la religion d’Internet. Je publie mes livres, y compris L’Autofictif. J’écris pour l’essentiel au crayon sur de petits carnets ou de grands cahiers, et encore c’est parce qu’on ne trouve plus de stylet et de pierres à graver. Mais je dois reconnaître qu’Internet offre à l’écrivain l’expérience inédite de la présence, le direct, lui qui semblait voué à ne pouvoir jamais exister qu’à contretemps de ses contemporains, comme s’il évoluait de son vivant même à la manière d’un fantôme, dans la brume d’une indécidable et toujours virtuelle postérité. Paradoxalement, donc, c’est ce monde virtuel d’Internet qui lui permet de prendre corps dans l’époque et de vivre l’écriture comme un art martial, où le réflexe compte autant que la méditation.   > Le dernier billet d'Eric Chevillard sur ventscontraires.net > Les aphorismes d'Eric Chevillard mis en ligne sur son site l'Autofictif sont rassemblés et édités par les éditions de l'Arbre vengeur

Le 11 mars 2013 à 14:34

Christian Salmon : Ces histoires qui nous gouvernent #3

La révolution de la subjectivité

> Premier épisode                > Episode suivant Dans sa conférence-performance "Ces histoires qui nous gouvernent", l'écrivain et journaliste Christian Salmon poursuit son salutaire travail d'analyse du story-telling. Dans cet extrait, il revient sur un récit édifiant mais fictif qui a joué un rôle décisif dans l'intervention américaine en Afghanistan et même au-delà. "Quoi de plus innocent et charmant qu’une histoire bien tournée ? Les histoires nous distraient et nous instruisent en nous faisant rêver. Désormais, avec la technique du storytelling, elles nous gouvernent et sont devenues un instrument de contrôle des opinions, une « arme de distraction massive ».L’entrée en guerre préventive contre l’Irak, le reality show au début du mandat de Sarkozy, sa métamorphose en capitaine courage face à la crise financière, l’épopée victorieuse de Barack Obama… Autant de fictions préparées dans le secret de war rooms où s’élabore le storytelling intégré. Christian Salmon nous propose un voyage dans les démocraties contaminées par l’hypermédiatisation, une exploration des mythes politiques à l’âge du néolibéralisme. Une traversée de la crédulité contemporaine. " Enregistré le 30 novembre 2012 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89 Vous pouvez également retrouver le podcast audio complet de cette conférence-performance.

Le 30 avril 2015 à 09:16

Internet mais internet biohardcore

Il y a une analogie structurelle entre Internet et la nature : prenons une forêt : il y a de l’internet à fond là-dedans, tellement d’interconnexions, d’échanges de données que l’on peut tranquillement affirmer : forêt = Internet = forêt. Partant de là allons-y à fond : profitons-en pour sauver le monde. Sauvons le monde sauvons ses poumons. Sauvons le monde sauvons ses poumons-internet : ses forêts. Or impossible de sauver les deux grands poumons de la terre (les forêts amazonienne et congolaise) tant qu’elles ne s’appartiennent pas, n’est-ce pas ? Tant qu’elles ne seront pas autonomes ? Oui car une forêt vierge est vierge précisément de toute connexion autre que celles de son internet intérieur : pour sauver les poumons du monde – et notons au passage l’analogie structurelle entre le réseau interne des bronches, bronchioles, alvéoles et la frondaison de l’arbre – il faut connecter son réseau internet intérieur à un réseau internet extérieur de type révolutionnaire biohardcore ; si vous voulez mon avis. Si vous voulez mon avis, le World Wide Web convient parfaitement comme outil politique pour faire accéder les forêts-poumons à l’autonomie, à la libre disposition de soi. Si vous voulez mon avis, pour sauver le monde et donc les forêts, il faut que ces forêts deviennent des Etats indépendants. Et ça, c’est possible grâce au www et au potentiel révolutionnaire de l’excitation inhérente à la jeunesse mondiale. Ce que je propose c’est de créer un jeu vidéo hyper addictif auquel jouera un nombre sans cesse croissant de jeunes nerds, un jeu vidéo dans lequel le but est de sauver le monde en lui sauvant ses forêts en les transformant en états indépendants. Un jeu, on l’aura compris, qui sera un jeu complètement sérieux, un jeu connecté au réel pour du tout tout vrai : alliance secrète des jeunes addicts biohardcore du monde entier, alliance improbable entre le nerd boutonneux allemand et l’enfant-soldat psychologiquement ravagé du Sierra Leone, alliance entre le petit chiffonnier de Calcutta, la petite esclave prostituée du Cambodge, l’écolier orphelin du Nord-Kivu, le fils de diplomate saoudien, etc., complétez à souhait cette liste infinie. Quelqu’un a une idée de comment réaliser ceci ? Regroupez toutes ces forces, pour combattre par drones par exemple les multinationales minières de tout poil, aider les pygmées et les indiens, connecter le réseau internet forestier intérieur au www et ainsi fabriquer des prototypes de biocratie ? Oui car cette utilisation révolutionnaire du www extérieur permettra la mise au point d’un système politique plus fun que celui de la démocratie – trop défectueuse à trop de points de vue comme nous le savons tous. La biocratie biohardcore, c’est pas fun ça, comme concept opératoire ? Un système de solution collective des problèmes non pas sur base de la volonté supposée de quelque chose comme le peuple – qui bien sûr est une vulgaire fiction – mais sur base de la volonté de quelque chose comme la vie, la nature, dans tout ce que nous lui fantasmons de hardcore – ce qui bien sûr n’existe pas non plus, mais est quand même dangereusement plus fun. Voilà le plan : la vie est révolutionnaire, la vie dans la fleur de l’âge est révolutionnaire, connectons la jeunesse révolutionnaire à la révolution biohardcore. Allez les jeunes on y va, on se défonce à la web-addiction, on se met en réseau, on y va on crée un jeu qui fout bien la merde dans le réel, on bosse à connecter l’énergie de la jeunesse, l’énergie inhérente à l’explosion foisonnante hormonale de la jeunesse, on bosse à connecter ce foisonnement chimique hormonal juvénile au foisonnement électrique et nerveux du www. Le projet est évident : connexion évidente entre le chimique et l’électrique, le tout dans une perspective biohardcore et révolutionnaire puisque la face du monde ne nous plaît pas – le monde contemporain dans sa face tangible ne ressemble plus du tout assez à une forêt, ce qui est triste car nous croyons au paradigme de la forêt, nous croyons à un retour du monde sur lui-même, comme une sorte de vague, une vague dont le pitch est la forêt, l’intensivité chimique et électrique de la forêt. C’est pourquoi au paradigme « forêt » est lié le paradigme « central park », nous verrions bien le monde en tant que structuré autour d’une série de places centrales, centrales mais sauvages-jungles, comme à New York mais en pire, en bien bien pire. Le centre sera le plus sauvage, noyau dur du sauvage, du foisonnement sauvage et morbide de la vie : tension biohardcore de la grande ville mondiale vers une série de central park-poumons-biohardcore. Cette tension-là, nul doute que l’on puisse lui augmenter efficacement l’intensité grâce à une saine tension entre la charge hormonale foisonnante inhérente à la jeunesse et le délire hétérogène, électrique et nerveux du www, allez les jeunes on y va.

Le 13 février 2018 à 11:06

Sophie Wahnich : La démocratie prise en étau

Avec la revue Vacarme

À Tunis en janvier 2011, un homme ou une femme avait écrit comme on écrit à sa belle, « démocratie mon amour ». Sur un mur avec un grand cœur enfantin entre « mon » et « amour ». Enfance du désir de démocratie. Une érotique de la politique qui fait que, par amour, chacun voudrait retenir sa propre violence, dans la peur de faire un malheur. Tous ces déçus de la démocratie ont-ils vraiment aimé comme on aime d’amour, en tremblant, celle qu’ils veulent punir en l’abandonnant qui aux fondamentalismes, qui au nationalisme identitaire et qui au néolibéralisme ? Ces monstres la broient et se nourrissent l’un l’autre. Comment desserrer l’étau et retrouver ce désir ardent de démocratie ? Comment réinventer une forme de vie démocratique ? Le regard historique tend une toile, il fabrique un passé par lequel le présent se présente. La démocratie prise en étau, c’est aussi le titre du numéro de février que prépare, avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme. Une dizaine de ses membres viendra se glisser parmi le public de cette soirée. Avec Sophie Wahnich, la revue Vacarme fera du vacarme depuis la salle. Sophie Wahnich est directrice de recherche au CNRS (IIAC/PSL), elle travaille entre histoire, anthropologie et études politiques sur la Révolution française. Elle interroge notre présent en écoutant les conseils, avis et perplexités vécues de nos ancêtres révolutionnaires. Pour faire passage, elle fait confiance aux émotions, celles qui se déploient quand l'injustice, la trahison, l'oppression fabrique la résistance des acteurs qui tentent de frayer un chemin révolutionnaire. Elle est membre de la revue Vacarme, écrit une tribune historique mensuelle dans Libération. Elle a notamment publié La Révolution française n’est pas un mythe, Paris Klincksieck, critique de la politique, 2017, Le radeau démocratique, chroniques de temps incertains, Paris, Lignes, 2017 ; La longue patience du peuple, 1792 naissance de la République, Paris, Payot 2008. Enregistré le 9 février 2018 dans la salle Roland Topor du Théâtre du Rond-PointDurée : 02:05:02

Le 22 février 2013 à 11:21

Jean-Charles Massera

Trousses de secours en période de crise

Samedi 23 février, l'écrivain Jean-Charles Massera est sur la scène de la salle Roland Topor et ouvre pour nous sa trousse de secours en période de crise. Pour ventscontraires.net, il accepte de répondre à quelques questions. La crise, c'est quoi ?C'est de ne pas trop savoir où on se projette, de ne pas savoir ce qu'on peut faire (éventuellement ensemble) pour être un peu plus et sous-vivre un peu moins… Si mes souvenirs sont bons ça s'appelle une crise de sens. Est-ce notre monde qui "part en sucette" ? Pour devenir quoi ? Pour aller où ?Disons qu'il ne cesse de s'améliorer depuis le Moyen Âge, mais qu'il a encore quelques problèmes dès qu'il s'agit de faire la différence entre la fin et les moyens. Il devient donc meilleur, mais a un peu de mal à passer l'âge de raison pragmatique. Cela dit, le fait de ne pas savoir où il va est plutôt une bonne chose, ça laisse la porte ouverte au travail. Dans "La Sorcière", Michelet disait que lutins et  fées n'étaient autres que les dieux de l'Antiquité réfugiés au Moyen Âge sous la jupe des bergères... Sommes-nous comme ces bergères, incrustés de grands idéaux du passé réduits à l'échelle de simples biens de consommation ?L'avantage des biens de consommation, c'est qu'apparemment ils nous occupent à autre chose qu'à faire la guerre. Là où la consommation n'est pas encore arrivée à notre stade, la guerre menace souvent. Donc gardons la consommation et les corps seront bien gardés. Reste que c'est pas avec ça qu'on va s'épanouir. Pas plus qu'avec des idéaux d'ailleurs (les idéaux ça nous rend trop petit(e)s). N'avons-nous d'autre horizon que d'être héroïquement lâches ?Esthétiquement, certainement (si l'art pouvait changer le monde, ça se saurait). Nous autres, "petits blancs hétéro occidentaux" comme vous l'écrivez, avons-nous encore envie de rire de nous-même ?Disons qu'après une journée de travail, ça détend, mais c'est un peu juste pour s'en sortir. Ce qu'il faudrait surtout là, c'est travailler à autre chose qu'à cette complaisance vis-à-vis de notre supposée incapacité à imaginer un autrement. Ce qui n'exclut pas le rire hein… Vous écrivez des livres, vous êtes en clip sur Internet, vos textes et votre voix sortent des hauts parleur radio, vous commencez à exposer dans des centres d'art et à réaliser des films. Qu'attendez-vous particulièrement de la scène de théâtre ?Des spectateurs (à qui Benoît Lambert et moi-même pourront refiler l'envie de s'inventer un peu de mieux-être et l'énergie nécessaire pour se bricoler les bons logiciels). Le théâtre ça permet de discuter de deux ou trois trucs assez urgents, de manière directe. Le but c'est qu'ensuite on rentre chez soi avec une furieuse envie de vivre mieux et la conviction que c'est possible en bossant un peu. Si vous deviez proposer une trousse de secours pour l'Europe, qu'y aurait-il dedans ?Beaucoup moins de mecs et beaucoup plus de nanas… surtout dans les programmations culturelles. Et tant que là-dessus on ne bougera pas, on ne pourra pas trop se la ramener en tant qu'outil critique du monde. > http://www.jean-charles-massera.com

Le 19 mars 2015 à 09:50

Avis aux étranges pas d'ici

Vrai,il y a beaucoup trop d’étrangers dans le monde et pas assez d’iciPREUVES :Les mille-pattes ont 998 pattes de tropLes grenouilles ont les pieds palmés, en seront disqualifiées.Les martinets sont en excès de vitesse autoriséeLes termites piquentLes poissons n’ont pas les yeux en face de nousLes anguilles sont en trouLes coquillages sont en voie de dissolution avancéeLes autruches ont un long long cou de bambouGirafes même tonneau d’en hautLes cucurbitacées tout le contraireHé, les gnousAssez de ces troupeaux de you !Hou !Les crabes ont la peau dure et en plus ils sont chauvesLes rhinolophes zéro cheveux non plusLes scarabées ils sont horodatésLes scorpions-cafards des horrifiques et ratésLes requins-marteaux sont fous de nouspas nousCétacés très périmésmal bien barrésTranchons leurs six bras aux pieuvres et huit aux araignéesLes renards et les belettes savent plus rien nous chanterLes popotames marigotent dans la pataugasseLes paresseux pendouillent comme des cheveux       Les fouines fouinentLes escargots escargassentLes gros noirs font la fêteLes petits gris font la têteLes singes ont un visage simiesqueLes humanoïdes sont lividesLes autrichiens sont des chiensLes belges parlent pas tous françaisLes wallons, salauds de salonLes zimbabwéens même pas australiensLes bocheux, comprend rienLes jivaros n’ont que notre peau sur leurs osJe hais les cambodgiens qui n’ont pas notre nez épatant(Pas tant que ça au fait)D’ailleurs, d’ailleurs, d’ailleurs tous ces gens sont d’ailleursLes terre-adéliens sont videsLes indonésiens croient en tout sauf en moiOn n’est plus chez vousPassez notre chemin !« Tu » me tuesVous : s’en foutPass your pathLes de ma ville sont des fillesDu village, rancis sur pattesMes amis sont mes ennemisMa famille s’appelle EmileLa cousine pue des mainsMaman, les pieds platsMarcel a des aissellesMoi aussi plus m’sentir (extrait de 22, Placards !, éd.Æncrages, 2014) Avant, arrière, latéral, j’aime les travelings. Particulièrement appliqués au champ littéraire, comme dans le magnifique Autour de Vaduz de Bernard Heidsieck https://www.youtube.com/watch?v=CUPuZzPaFJM , traveling arrière et circulaire qui, par vagues concentriques et sonores, parties de ce trou noir du paradis fiscal préféré des riches allemands et autrichiens, étend son blanchiment aux confins de la planète. C’est sans doute aussi pourquoi, et plus encore pour son bon sens apparent, je suis resté fasciné par cette sortie du sieur Le Pen, le 13 février 1994 sur Antenne 2 : «  J’aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que des inconnues et des inconnues que des ennemis. Par conséquent j’aime mieux les Français, c’est mon droit. J’aime mieux les Européens ensuite. Et puis ensuite, j’aime mieux les Occidentaux. » Eh oui, l’autre est bien étrange, et l’étranger plus encore ! Cette phrase, qui nous frappe d’un bon bon sens, apparemment irréfragable, pose pourtant évidemment question. Car le sens de nos vies n’est pas de nature géographique, déterminé par notre seule situation dans l’espace, et imperméable à nos choix propres. Sans quoi je serais tenu de me sentir moins en affinité avec cet Inuit, qui est devenu mon ami, qu’avec mon voisin facho. Et de Tintin, si loin du Tibet, ne pourrait surgir ce cri, si proche qu’il en est pour ainsi dire à l’intérieur de lui-même, dans un rêve : « Tchang ! » (Tintin au Tibet, p.1.) Attaquons maintenant le texte lepénien sur son versant formel. Au bout du zoom, poussé à son terme, il y a bien sûr : « ce que j’aime moins que tout, ce sont les non-Occidentaux. » Et lorsqu’on le ramène à son origine, ab absurdo et ad absurdum, il ne peut y avoir autre chose que : « j’aime mieux moi. » Permettre à chacun d’intégrer qu’existent d’autres moi que moi, c’est précisément l’objectif de l’éducation. Il permettra la vie en société, en civilité, une « civilisation ». Une société dont des membres de plus en plus nombreux arrêtent leur évolution sur un moi pétrifié est en marche vers l’incivilisation. Et peut-être, au grand dam de Desproges, n’y aura-t-il plus que des étrangers dans le monde ?

Le 24 juillet 2014 à 08:57

François Jarrige : "L'automatisation vise toujours prioritairement à remplacer les ouvriers"

Rage contre la machine ? #2

François Jarrige est historien, enseignant-chercheur à l'université de Bourgogne. Il s’intéresse à l’histoire des mondes du travail, des techniques et aux controverses qui ont accompagné l’industrialisation. Il a notamment publié Au temps des « tueuses de bras » (2009) et Face au monstre mécanique (2009). Son dernier ouvrage Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences est sorti en février aux éditions La Découverte. Deuxième partie de l'entretien qu'il a accordé à ventscontraires.net > Première partie   L'automatisation croissante dans l'industrie actuelle peut-elle assimilée à une nouvelle révolution industrielle ? Certains le disent comme par exemple l’économiste Joseph Stiglitz qui a théorisé récemment l’avènement d’une « troisième révolution industrielle » grâce à l’alliance entre les technologies numériques et les technologies dites « vertes ». Selon lui cette « nouvelle révolution industrielle » doit créer de nombreux emplois tout en résolvant les impasses écologiques des révolutions industrielles précédentes. Je ne sais pas si nous vivons actuellement une « nouvelle Révolution industrielle » mais j’aimerais insister sur deux points : d’abord l’expression « révolution industrielle » a surtout une fonction idéologique, elle insiste sur le caractère brutal et radical d’un changement qui est souvent plus progressif et lent qu’on ne le dit. Par ailleurs, l’idée de « révolution industrielle » est problématique car elle continue d’enfermer le débat dans un fatalisme technologique, elle tend à imposer l’idée que c’est seulement par de nouvelles technologies que les problèmes sociaux ou environnementaux pourront être résolus. Le développement des logiciels et l' « ordinisation » vont-ils également métamorphoser l'univers des services ? On assiste aujourd’hui à une expansion de l’automatisation à de nouveaux secteurs d’activité considérés auparavant comme le propre de l’homme. Ce que vous appelez « l’ordinisation » semble représenter l’expansion de l’automatisation à des tâches non plus seulement manuelles mais de plus en plus intellectuelles, même si la séparation entre ces deux types d’activité est très discutable. Dès le XIXe siècle, l’idée que la technique devait permettre de supprimer les tâches les plus dures et éprouvantes pour laisser à l’homme les tâches purement spirituelles ou intellectuelles, censées être les plus valorisantes, n’a cessé d’accompagner et de justifier la mécanisation du travail. Aujourd’hui, les automates se multiplient partout pour remplacer les contacts entre humains (dans les gares comme les magasins), et il ne faut pas oublier que l’automatisation vise toujours prioritairement à remplacer les ouvriers – jugés trop couteux – par des robots alors que l’obsession de la compétitivité demeure l’unique critère pour évaluer les changements techniques. En Asie le géant industriel taïwanais Foxconn, spécialisé dans la fabrication de matériel informatique, dénoncé pour les mauvaises conditions de travail qu’il impose à ses salariés chinois, annonce ainsi purement et simplement leur remplacement par des robots. Mais ce qui est effectivement plus nouveau c’est la prise en charge des tâches intellectuelles par des logiciels informatiques. Désormais l’essentiel des transactions financières sur les marchés boursiers sont par exemple pris en charge par des logiciels nommés « algos » (pour algorithme), d’autres annoncent l’avènement de logiciels d’apprentissage et de traduction si performants qu’ils rendront les professeurs et les traducteurs obsolètes. Il faut néanmoins être prudent car dans le domaine des nouvelles technologies les annonces spectaculaires à visée publicitaire sont souvent sans rapport avec la réalité, les entreprises du secteur manient l’hyperbole et construisent un futur imaginaire pour fabriquer de la publicité à peu de frais. Le fait-il que cette technologisation touche maintenant d'autres acteurs que les seuls « ouvriers » va-t-il changer la donne ? Je ne sais pas, je ne suis qu’historien et pas prospectiviste ou futurologue. Il me semble néanmoins indéniable qu’une nouvelle trajectoire s’ouvre actuellement en ce qui concerne les liens entre les changements technologiques, le travail et l’emploi. Deux économistes américains du MIT viennent d’ailleurs de publier un ouvrage fascinant dans lequel ils entrevoient le début d’un nouvel âge des machines (Erik Brynjolfsson, Andrew McAfee, The Second Machine Age: Work, Progress, and Prosperity in a Time of Brilliant Technologies, MIT Press, 2014). Analysant les effets des rapides transformations technologiques en cours avec l’informatisation et l’expansion du numérique, ils proposent une thèse forte : nous serions entrés dans un « deuxième âge des machines » qui se caractériserait par l’automatisation des activités pour lesquels les humains et les « fonctions cognitives » étaient jusque-là considérées comme indispensables. Alors que le premier âge des machines, celui qui s’était engagé avec la « Révolution industrielle » du début du XIXe siècle, se caractérisait par l’automatisation des tâches nécessitant un effort physique, une dépense musculaire, le nouvel âge des machines viserait quant à lui au remplacement des fonctions intellectuelles elles-mêmes. Compte tenu des transformations rapides de la puissance informatique et de l’extension de l’informatisation à des activités toujours plus nombreuses, il semblerait même qu'il n'y ait plus d'obstacles désormais au remplacement des travailleurs dans l'ensemble des secteurs d’activité. Dans ces conditions, alors que dans le passé chaque vague d’innovation technique créait au final de nouveaux emplois, les nouvelles trajectoires aboutiront à des destructions massives d’emplois non compensés.

Le 21 février 2015 à 10:10

La Viande qui vient

Avant de cesser de manger de la viande, j’avais un cauchemar récurrent. Je voyageais dans mon propre ventre. Je traversais mes intestins comme si c’étaient des enfers en technicolor, avec des couleurs criardes. Au cœur de ceux-ci il y avait un grand diable fait entièrement de saucisses animées et il me narguait en me présentant, dans des souffrances épouvantables, tous les porcs qui étaient morts pour remplir mon gros ventre. Alors que mon apparence extérieure restait intacte, je sentais mon âme dévorée, non par les bêtes, mais par moi-même. Heureux, l’homme que le lion dévorera, et l’homme deviendra lion. Malheureux, l’homme qui dévorera le lion, et l’homme restera homme.Je devenais comparable à la déesse Kali, se dévorant elle-même. Je me vivais comme l’épiphanie ténébreuse d’une fin du monde. J’étais, moi-même, l’Apocalypse. Nous ne dévorons pas que des animaux. Nous dévorons aussi des hommes, et nous dégustons leurs infortunes. Nous nous saoulons quotidiennement du sang de tous ceux dont l’échec nourrit notre réussite ; nous léchons avec délectation les larmes de tous ceux dont le malheur épice notre plaisir. Il faudrait que cette envie de vomir qu’il nous prend à la vue de certains plats de viande jadis appréciés, nous puissions l’avoir au goût de certains comportements politiques qui se paient sur l’intégrité des autres. Il ne faut pas se refuser à une tentation, avec la raideur du prêtre, elle n’en devient jamais que plus impérieuse. Il faut réussir à comprendre de quoi est composé une passion pour finir par estimer tout à fait logique de s’en passer. Et, de la même façon qu’on finit par trouver qu’une odeur qui fut naguère celle, ragoûtante, d’un plat de saucisses, est devenu un dégoût perpétuel, parce qu’à cette odeur ne se rattache plus la détente de l’enfant qui va manger un hot dog à midi avec des frites, mais la vision des porcs qui meurent pour produire cette denrée ; de la même façon, on cessera de prendre du plaisir à la servitude des autres. On cessera de s’acharner avec une jubilation mauvaise sur les minorités pauvres de ce pays, on cessera de vouloir « contrôler » l’immigration et on commencera par ne pas trouver normal que nous nous enrichissions sur le pillage de l’Afrique. On en finira avec toute la politique « civilisatrice », néo-coloniale américano-européenne. On cessera de donner des leçons aux autres, et on commencera par se comporter à peu près décemment avec les personnes qui nettoient nos chiottes, nos métros, nos rues. Parce que ça nous semblerait dégradant pour nous, même, de tenir les plus pauvres et les plus faibles en servitude. Parce que ça aura cessé de nous faire jouir. La sempiternelle amnésie dans laquelle nous vivons l’ingurgitation des repas devrait nous renseigner sur la façon dont fonctionne notre appareil cérébral. La nourriture, c’est la base active sur laquelle nous composons notre traversée des émotions. Or nous ne savons à peu près jamais ce que nous mangeons, et nous nous contrefichons de ce qui doit passer par ce que nous mangeons pour que nous nous estimions repus. Egalement, passé un certain moment de la vie – celui à partir duquel on juge qu’on est « adulte » – on cesse de questionner la véritable raison de nos actes, et l’articulation entre nos sentiments, bons ou mauvais, nos réactions, bizarres ou logiques, nos expressions, rationnelles ou délirantes. Il faut imaginer que les super-riches ne se rendent pas compte du mal qu’ils produisent, et qu’ils en ressentent seulement l’impérieux besoin : ils se paient sur le dos des pauvres comme les pauvres se paient sur le dos de leur famille, qu’ils torturent, ou des animaux, qu’ils frappent et bouffent. Ils ont besoin d’assouvir une pulsion destructrice parce qu’elle leur semble la seule à les rassurer sur la réalité de leur puissance. C’est la même chose chez les amoureux déçus, malades d’amour qui transmettent leur malédiction à leur future proie. Ils veulent manger comme ils ont été mangés. Et encore, « vouloir » n’est pas le bon terme ; ils ne savent plus aimer autrement. La souffrance c’est comme une carte maudite tirée au jeu et qu’on veut remettre au plus vite en circulation, mais qui nous revient sans cesse entre les mains. En réalité, on ne peut pas s’en défaire en la refilant à quelqu’un ; rien ne sert d’essayer de s’en débarrasser ; il faut la brûler soi-même avec le feu de son âme, et c’est le travail de toute une vie. L’intensification des passions égoïstes et la façon dont le superflu devient plus obsédant que le nécessaire, il n’est pas besoin d’imaginer de raisons plus subtiles au misérable fonctionnement de ce monde. Il n’y a rien de plus facile à déduire que l’insensibilité pathologique de ceux qui réussissent : ils ont été progressivement habitués à un certain nombre de sacrifices de la part d’autrui, sacrifices qui furent nécessaires pour leur ascension, et de ces sacrifices, ils finissent par en éprouver, non pas le désir, mais bien le besoin. Les super-riches ont besoin de nous voir nous appauvrir et nous avons besoin de voir s’anéantir les misérables. Nous avons besoin de voir souffrir les animaux, et les puissants ont besoin de nous voir mourir pour eux. Nous sommes ce qu’ils mangent. Nous sommes la viande qui vient. Et plus ils grossiront, plus ils auront faim.

Le 29 juin 2015 à 13:12

Xavier Gallais : Entrer en scène comme un animal

#1

La presse a été dithyrambique sur l'apparition "animale" du comédien Xavier Gallais dans la pièce d'Edward Albee La Maison et le zoo, traduite par Jean-Marie Besset et mise en scène par Gilbert Desveaux : "Homme animal", "Félin, loup, prince, clochard", "présence animale inouïe", "Sommes-nous tous des animaux ?", "L'homme, animal échappé du zoo", "prédateur", "l'animal qui est en nous"... On dit qu'aucun comédien ne peut rivaliser avec l'assiette incroyable qu'aura un animal en scène. Cet applomb d'évidence et cette liberté proche de la bestiole, comment s'y est-il pris pour l'avoir ? Comment fait-il ça ? Autant poser la question à l'intéressé. 1ère partie : l'entrée en scène. Xavier Gallais : "Je ne sais pas si je maîtrise tout, mais c'était évidemment une des idées de départ : il fallait qu'on voie que c'était à la fois un homme et à la fois un homme échappé du zoo — un animal. Mon désir était que d'entrée de jeu on sente qu'avec son arrivée tous les codes de théâtre qu'on avait eu au début de la pièce allaient être changés. L'animalité au théâtre, liée à cette pièce, vient comme un contre de ce qui pourrait être domestiqué. J'essaie d'analyser quels sont les signes théâtraux de la domestication. Comment un acteur est domestiqué et quels en sont les signes, favorables ou défavorables, et comment les contourner.  Moi j'aime bien travailler sur des contraintes, c'est là que je trouve ma liberté. Pour trouver une forme d'animalité, il me faut établir quelle est la normalité civilisée de l'acteur : parler de manière audible, frontale, ne pas montrer son dos, tenter de cacher ses failles, avoir un jeu entier, je pense que ce sont les signes de l'acteur domestiqué, que je devrais montrer si mon personnage le demandait. Donc ici c'est le contraire : ne pas arriver beau, montrable, mais sale, creusé, sans pouvoir cacher l'état de chaos dans lequel je suis à l'intérieur, par le maquillage, la sueur, l'essoufflement... je commence comme ça..."

Le 6 juin 2015 à 10:54

Rodrigo García : "On vit dans une espèce de Walt Disney animalier"

Rencontre avec l'écrivain, metteur en scène et directeur de théâtre Rodrigo García au resto du Rond-Point. 4e épisode : les animaux, qu'on l'accuse de torturer en scène lorsqu'il fait nager un hamster ou cuisiner un homard exactement comme on le fait dans les grands restaurant – ce qui n'avait pas manqué de déclencher une polémique sur Internet. "Les animaux, pour moi, sont des animaux je vis à la campagne dans les Asturies et quand j'étais enfant, je vivais en Argentine dans un endroit très pauvre alors la relation avec les animaux est normale : un chien est une chose qui dort à l'extérieur de la maison évidemment, une mule, une vache, on doit les frapper pour qu'ils avancent. Il y a des gens qui disent qu'il ne faut pas frapper la vache, pourtant la vache on l'a toujours battue parce qu'on travaillait dans les champs et que c'était le seul moyen pour qu'elle ne parte pas sur une autre chemin pour aller n'importe où. De la même manière, un porc, on doit l'ouvrir, le tuer, le manger. C'est incroyable, on vit dans une société qui a fait des animaux une sorte de Walt Disney animalier mais les animaux ne sont pas Dumbo ou Mickey ou tous ces animaux stupides. Les animaux sont dans la nature, en relation avec les cycles naturels, en relation avec l'homme, l'être humain, ils ont une raison d'être, un raison d'exister. C'est de la folie que des gens puissent penser qu'une poule ou un poulet sont des animaux domestiques. Mais non, une poule sert à donner des œufs et à être tué pour donner de la viande, et un homard sert à être mangé, personne ne le garde chez lui en décoration, ça va très loin, c'est tout à fait stupide, je dis ça parce que les gens qui écrivent, les gens qui prennent la parole sur leur ordinateur n'ont aucun contact avec les animaux, c'est drôle, ce sont des gens qui vivent en ville et n'ont aucun contact avec les animaux et je serais curieux de savoir ce qu'en diraient les gens qui vivent à la campagne. Je pense que les gens qui s'énervent le font à cause de l'usage que je fais de ma propre liberté d'imaginer les choses et de les apporter sur la scène et je ne le fais pas seul, je le fais avec d'autres acteurs. Je pense que si je le faisais seul, ce ne serait peut-être pas aussi problématique aujourd'hui c'est la première fois que j'y pense mais je pense que ce qui irrite le plus les gens c'est que nous sommes plusieurs, que nous sommes un groupe de personnes d'accord pour faire ces choses. Il y a une pensée que je peux transmettre à d'autres ou cela peut-être un travail d'équipe, l'idée n'est pas nécessairement la mienne. C'est peut-être ça qui les irrite, qu'il y ait un groupe de gens, une cellule, qui pense et agit de manière différente de ce que la société demande pourtant on peut supposer que c'est le travail de l'artiste, c'est absolument étonnant on en arrive à un point où on demande à l'artiste d'être une personne banale et ordinaire, qui parle normalement et se comporte normalement comme s'il était un type normal c'est étrange parce que, non seulement l'artiste, mais tout le monde ressent le besoin de casser une table, de rire, de sauter, de crier mais ça n'arrive pas, on a toujours une manière de nous exprimer tellement clean, tellement propre et à l'intérieur, on va exploser, éclater parce qu'on a le besoin de crier, de faire le mal, oui on a besoin de faire le mal aussi, on a besoin de casser des choses mais c'est mal vu et ça en revient à nier une partie importante de l'être humain."

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication