Vincent Lévêque
Publié le 02/07/2015

C(h)alomnie ! #2


Vincent Lévêque porte des lunettes et participe à toutes sortes de projets et revues (pour enfants, pour ados, pour adultes voire même pour ragondins géants albinos).

Il aime instiller de bonnes doses de "hahaha" et de dérision dérisoire dans ses images histoire de souligner l'absurdité de tout ce qui nous entoure.

 

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Le 4 septembre 2012 à 08:22

Natasha

Natasha achète de manière compulsive des objets dont elle ne comprend pas l'utilité et dont elle occulte très consciemment la bêtise en les rangeant dans des cartons qu'elle oublie et qui de ce fait, s'amassent : _ Pelle à tarte électrique _ Clystère musicale à énergie solaire _ Menottes comestibles _ Pelotes d'haleine _ Alliance pour gaucher _ Fil à couper le beurre pour funambule _ Grenouille en céramique pour bénitiers en marbre _ Démoule-moules _ Moustiquaire à mousquetaires _ Cure-dent pour curés de campagne _ Faux-ciel en skaï _ Fil dentaire à limer les ongles _ Piano à queue pour pianiste acculé _ Ramasse-miettes étouffes chrétiennes _ Vaginette pour chiens lubriques _ Etale époisses _ Lampe frontale intégrale pour spéléologue alopète _ Slip-string en nubuck de yack yankee _ Col roulé adapté aux prognathes exigeants _ Imprimante à encre sympathique pour coquin coquet _ Ecouvillon pour fosses marines _ Tondeuse à Barbies _ Ciseaux à pneus _ Ecarte-crevettes _ Spatule à glaires _ Epile-kiwis _ Effraie-chouettes _ Econome pour financiers aux amandes _ Coupe-chouquettes _ Trompe l'oeil en pied de nez _ Soutien-gorge anti-angine _ Démonte-vieux _ Passoir attrape-rêves _ Essore-chatons _ Album pour collection de comédons _ Presse nems _ Tire-laid _ Rustines rustiques _ Martre empaillée de Meurthe-et-Moselle Sinon Natasha, elle est secrétaire à mi-temps pour un cabinet d'assurances dans le huitième arrondissement de Paris ce qui ne l'empêche pas de manger tous les midis à la cantine de son entreprise. Elle cumule des points sur sa carte Monoprix et elle se nettoie les mains très régulièrement avec un gel antiseptique qu'elle garde constamment dans son sac.

Le 29 janvier 2013 à 08:38

Les roux obtiennent le statut d'Etat observateur à l'ONU

NEW-YORK – La nouvelle est passée totalement inaperçue. Le 29 novembre dernier, alors que la Palestine gagnait son statut d’Etat observateur à l’ONU, un autre pays a également obtenu la même reconnaissance. Tout en discrétion, les roux se sont vu reconnaître un Etat qui leur est spécialement réservé. A 121 voix pour, 19 contre et 31 abstentions, ils acquièrent donc une nouvelle envergure internationale totalement occultée par le vote sur la Palestine. Décryptage. Le Gingéria est né Gingéria (ginger=roux en anglais). C’est le nom de ce nouveau-né sur la scène mondiale. La très sérieuse ADPCR (Association de Défense des Personnes aux Cheveux Rouges) a été au cœur de ce projet de reconnaissance du pays roux. Grâce aux dons de ses adhérents, c’est elle qui a fait l’acquisition de l’ex-archipel écossais de Shetland, devenu donc depuis le 29 novembre le Gingéria. C’est elle qui a également porté et appuyé sa candidature jusqu’au bout auprès de l’ONU. Shaun McCandless est le porte-parole de l’ADPCR. C’est lui qui était chargé de représenter le Gingéria à l’ONU le jour du vote. Interrogé par le Gorafi, il revient sur le but de cette démarche : « Nous voulons que le Gingéria soit aux roux ce qu’ Israël est aux personnes de confession juive : l’ultime havre de paix où se réfugier quand le monde entier vous stigmatise. Nous voulons que ce territoire soit un foyer où les roux issus de tous les pays puissent habiter sans se sentir assaillis par des préjugés stupides comme on en entend souvent ». Car dans tous les pays où ils se trouvent, les roux ont toujours eu la vie dure à cause de stéréotypes tenaces qu’ils qualifient communément de « roucisme ». Parmi les clichés négatifs traditionnels, on retrouve les suivants : les roux sentiraient mauvais, n’auraient pas d’âme et un penchant naturel pour la traîtrise. De plus, ils seraient à l’origine des attentats du 11 septembre et adoreraient dévorer vivants des bénévoles de la Croix-Rouge. C’est donc pour faire face à ces idées reçues que le Gingéria tente d’exister aux Nations Unies. Un appel aux roux du monde entier En toute logique, les roux, ou gingérians, devraient donc, dans les prochains mois, effectuer un lobbying intensif pour tenter de consolider la place du Gingéria sur l’échiquier international. Pour peser démographiquement face aux autres pays, ils ont ainsi annoncé un ensemble de mesures. La plus importante d’entre elles propose que tous les roux qui souhaiteraient obtenir la nationalité gingériane puissent y avoir accès. Pour cela, il leur suffirait simplement de produire un document prouvant bien la mutation du gène MC1R à l’origine de leur rousseur. Le Gorafi Illustration : dusdin on flickr  

Le 26 mars 2014 à 10:06
Le 4 décembre 2012 à 12:04

L'Unicef lance un casting pour trouver des visages d'enfants encore plus tristes

L’humanitaire n’empêche pas le marketing. C’est en tout cas ce que montre cette singulière histoire révélée par le journal La Croix ce matin. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) entame visiblement sa petite révolution publicitaire. La célèbre agence, Prix Nobel de la paix, a lancé depuis trois semaines un casting géant aux quatre coins du monde. Avec un seul objectif : trouver des visages d’enfants encore plus tristes pour sa prochaine campagne d’affichage. Reportage.   Trouver le prochain visage de l’Unicef En France c’est l’agence de casting Talentuo qui a décroché l’appel d’offre lancé par l’Unicef. Dans un entretien accordé à La Croix, Didier Cros, son patron, revient sur la mission qui est la sienne depuis bientôt un mois : « Nous nous donnons encore deux mois pour trouver le jeune garçon ou la jeune fille qui deviendra l’emblème de l’Unicef pour les cinq prochaines années. Le cahier des charges imposé par les Nations unies est très strict : il ou elle doit avoir moins de 14 ans, il doit être pauvre, non caucasien, si possible sale mais pas trop. Enfin, et c’est le point le plus important de notre recherche, il doit être en mesure d’adopter une expression profondément triste sur son visage. » Ce dernier point semble au cœur de la démarche de l’Unicef, comme le confirme Marixie Mercado, porte-parole de l’organisation : « Au regard des précédentes campagnes, nous nous sommes aperçus que les enfants que nous choisissions étaient tristes certes, mais pas assez pour inciter à un passage à l’action. Ils avaient beau avoir le visage décharné par la malnutrition ou des mouches dans les yeux à cause du manque d’hygiène, cela n’était pas suffisant pour interpeller l’opinion publique. Nous voulons désormais revenir aux fondamentaux. Ce que nous recherchons, désormais, c’est un garçon ou une fille capable de véritablement jouer une tristesse viscérale ou, à défaut, quelqu’un qui soit profondément triste dans sa propre vie. » L’agence Talentuo sillonne donc les routes de France depuis début novembre à la recherche de ce jeune talent. Pour l’instant, elle ne l’aurait pas encore trouvé, selon son directeur qui se rend pourtant dans les lieux les plus propices à ce type de profil : « Nous cherchons évidemment dans les quartiers pauvres, les banlieues. Nous avons fait de belles rencontres mais rien d’assez convaincant pour l’instant. Je passe donc le message à tous vos lecteurs qui seraient intéressés : si vous êtes pauvres et tristes et que vous souhaitez que les gens le sachent, nos portes vous sont grandes ouvertes. » Le Gorafi

Le 27 juin 2011 à 09:03

Un dinosaure à déclarer

Histoires d'Os 14

Sous son képi autoritaire, le douanier italien ne voulait rien entendre. Il venait de contrôler la cargaison du véhicule et les explications savantes du jeune homme qui la transportait, ne faisaient que l’agacer. Ces caisses contenaient un squelette. Un cadavre d’animal auquel ce prétentieux prétendait naïvement faire franchir la frontière, au mépris des règles d’hygiène et des obligations douanières. L’homme avait beau lui expliquer dans son verbiage entortillé qu’il s’agissait d’un dinosaure, mort depuis des millions d’années et qu’on l’attendait à Venise pour l’exposer, très légalement, dans le nouveau Muséum, le zélé fonctionnaire demeurait intraitable. Il voulait bien admettre les raisons scientifiques du chercheur de fossiles et ne pas trop insister sur l’aspect sanitaire ni sur l’aspect moral d’une telle opération (ce n’était pas de son ressort) mais il devait aussi accomplir son devoir douanier. Dans la mesure où ce squelette était comme il l’avait compris, un objet de collection, il devait bien avoir un prix, une valeur à mentionner sur la déclaration afin que l’administration puisse calculer ses droits. Alors, c’était au tour du jeune homme arrogant de se montrer embarrassé. Et c’est ainsi qu’une équipe d’experts (juristes et paléontologues) fut dépêchée depuis Paris pour tenter d’apprécier le prix du kilo de dinosaure, une marchandise inestimable qu’aucun consommateur transalpin n’aurait songé à importer.

Le 22 avril 2012 à 09:31

Pour ou contre 18 heures 30

Dernière polémique avant fermeture (des bureaux de vote)

Il fallait s'y attendre, à l'heure où s'achève la campagne pour le premier tour de l'élection présidentielle, une ultime polémique s'ouvre. La technologie, éternelle responsable de nos maux les plus divers, nous précipite vers l'anarchie. Et l'on va bafouer la Loi, et l'on va dénaturer le vote des Français. De sales petits opportunistes voudraient annoncer le résultat de l'élection avant l'heure, dont tout le monde sait que ce n'est pas l'heure. D'abord, l'ennemi est à l'extérieur, un étranger pour tout dire. Un étranger francophone, mais un étranger tout de même. Suisse, Belge, quoi d'autre ? Anglais aussi, probablement, les Anglais (et qui plus est sont en grand nombre anglophones) ont toujours un sale truc à se reprocher dans les vilaines histoires. Des sites d'information, et ce tout à fait légalement puisque non soumis à la loi française, iraient pérorer le nom du vainqueur privant nos chaînes nationales de la primeur de notre information. Ah ! Misère ! On joue contre nous avec nos propres lois. On se croirait en Europe !Mais l'ennemi est également intérieur, comme si la coalition belgo-helvétique ne suffisait pas. Dès 18 heures 30, les serins du Web, professionnels et amateurs iraient gazouiller le nom des finalistes dans leur cuicuiteur, sur la page de leur « livre à figures », alors même qu'à certains endroits de l'Hexagone (il paraît que c'est dans les coins que l'on s'arrête le plus tôt) les gens n'ont pas fini de voter. Imaginez donc que cela incite les abstentionnistes à se déplacer en nombre ! Que deviendrait l'élection sans abstention ?Aussi, que ne promulguons-nous un décret interdisant purement et simplement 18 h 30. Dès 6 heures du soir, le temps s'arrêterait pour ne reprendre qu'à 20 heures et le tour serait joué.On se demande vraiment à quoi ils pensent au gouvernement.

Le 30 septembre 2011 à 08:22
Le 4 juin 2012 à 09:59

Giuseppe Pinot-Gallizio (1902-1964)

Les cracks méconnus du rire de résistance

On l’a peu souligné, la plupart des mauvais garnements situationnistes étaient aussi des petits rigolos fort portés sur les transgressions ludiques, sur les incartades surprenantes, sur les canulars poivrés, sur les dérives alcooliques trash et sur tous les autres styles d’excentricités friponnes. Aucun d’entre eux ne fut pourtant aussi « hustuberlu », comme aurait dit le poète émeutier Jean Richepin, que le génial anti-artiste italien Giuseppe Pinot-Gallizio : « En ce moment, l’homme fait partie des machines qu’il a créées. Il est nié et dominé par elles. Il faut renverser ce non-sens, ou bien il n’y aura plus de création. Il faut dominer la machine en la vouant au geste unique, inutile, anti-économique. Ceci aidera la formation de la nouvelle société, post-économique mais sur-poétique. (…) Vous, seigneurs encore puissants de la Terre, tôt ou tard, vous nous donnerez les machines pour jouer, et nous les disposerons pour l’occupation de ce temps libre que vous vous régalez par avance, avec une insane gloutonnerie, d’employer à la banalité perfectionnée et au décervelage progressif. (…) Nous emploierons ces machines à peindre nos routes, à fabriquer les plus éclatants, les plus uniques tissus, dont se vêtiront des foules joyeuses pour le sens artistique d’un seul instant. Des kilomètres de papier imprimé, gravé, coloré chanteront des hymnes aux plus étranges et enthousiasmantes démences. Des maisons de cuir peint, repoussé, laqué, de métal ou de bois, de résines, de ciments vibrants constitueront par terre un inégal et incessant moment de choc. Là où, aujourd’hui, des signaux sont faits par des fusées au sodium, demain nous mettrons d’autres arcs-en-ciels, fata morgana, aurores boréales que nous aurons contruits nous-mêmes. La planète se transformera en un Luna-Park sans frontières, produisant des émotions et des passions neuves. » (…) « Les décors nouveaux, qui vont du tissu à l’habitat, des moyens de transports aux manières de boire, aux aliments, à l’éclairage, aux villes expérimentales, ces décors seront uniques, artistiques, impossibles à répéter. Tous nos biens seront collectifs, et en auto destruction rapide. » (…) « Nous sommes au bord d’un état sauvage au sens moderne, avec les instruments modernes, où la terre promise et le paradis ne pourront être rien d’autre que notre entourage qui se respire, se mange, se touche et se pénètre. Le perpétuel nouveau abolira l’ennui et l’angoisse. Tout le nouveau comportement sera un jeu, et chacun vivra toute sa vie par jeu, ne s’intéressant qu’aux émotions obtenues en jouant avec ses désirs, finalement réalisables. »   Archéologue azimuté (il découvre dans la zone néolithique autour d’Alba de multiples trésors datant de l’âge de la pierre, du bronze et du fer), trafiquant d’alcools expérimentaux qu’on dit vésuvesques, préfigurateur de « l’ambient music » lancée à la fin des années 1970 par Brian Eno (car il pense que la musique électronique peut dévergonder libératricement les machines cybernéticiennes), fer de lance des mouvements latins pro-roms (il est surnommé par Guy Debord « E Principe Zingaro – le prince gitan » parce qu’il a offert tout un terrain à des Tsiganes en lesquels il voyait l’incarnation de « la dérive nomade, du refus du travail, de la résistance contre le monde environnant, du potlatch et de la fête »), Pinot-Gallizio est surtout passé à l’histoire de la contre-culture pour avoir inventé en 1958 la peinture industrielle. Objectif de la peinture industrielle : dépasser louftinguement le refus néo-dadaïste de l’art en poussant les recherches de dévalorisation picturale jusqu’au délire inflationniste. « Montée sur un trépied à roulettes, écrit Jean-François Chabrun dans l’Express, la machine à peindre de Pinot-Gallizio est constituée d’une série de poulies entremêlées qu’anime un petit moteur à deux temps. Un long rouleau de papier se dévide, que des tuyaux encreurs aux mouvements convulsifs couvrent de taches automatiques. Un couteau débite en tranches le produit fini, le tout dans un mouvement circulaire chaotique et pétaradant. » D’où, épilogue Michèle Bernstein, l’ex dulcinée de Debord, « plus de problème de format, la toile est coupée sous les yeux de l’acheteur satisfait ; plus de mauvaises périodes, l’inspiration de la peinture industrielle, due au savant mélange du hasard et de la mécanique, ne fait jamais défaut ; plus de thèmes métaphysiques que la peinture industrielle ne supporte pas ; plus de vernissages !, et naturellement, bientôt, plus de peintres. »   « Il appartient maintenant à nous seuls, artistes et scientifiques d’une même poésie, hurle au clair de lune Pinot-Gallizio, de créer d’une autre manière la terre, les océans, les animaux, le soleil et les autres étoiles, l’air, les eaux et les choses. Et il nous appartiendra de souffler sur l’argile pour donner naissance au nouvel homme, uniquement fait pour le repos du 7e jour. »   À lire parmi les dernières parutions sur les situs : Le Mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle de Patrick Marcolini. Éd. L’Échappée Les Situationnistes et l’anarchie de Miguel Amoros. Éd. de la Roue. Les Écrits de la section américaine de l’internationale situationniste. Éd. CMDE. Lettrisme. Vue d’ensemble sur quelques dépassements précis d’Isidore Isou et sa bande. Éd. Villa Tamaris Visages de l’avant-garde par l’Internationale lettriste. Éd. Jean-Paul Rocher. Lettres à mes enfants et aux enfants du monde à venir de Raoul Vaneigem. Le Cherche Midi. Le Devenir Debord d’Alain Jugnon. Éd. Lignes Guy Debord : de son cinéma en son art et en son temps de Guy-Claude Marie. Éd. Vrin. Le Cinéma de Guy Debord (1952-1994) de Fabien Danesi Éd. Paris expérimental.

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