Pétula Fox
Publié le 09/08/2015

les Arts ménagers


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Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 30 août 2015 à 07:51

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Comment se baigner en Bretagne ?

Pour se baigner en Bretagne, il n'est pas nécessaire d'avoir inventé l'eau chaude. Il faut y aller progressivement, un peu comme on s'apprête à plonger dans une baignoire remplie de piranhas. Par contre, chose rassurante, il n'y a pas de piranhas en Bretagne, rien que des méduses qui dérivent au fil du courant. Comme je le disais plus haut, il faut y aller progressivement. Premier jour : découverte de la plage et de ses habitants. Si la mer n'est pas là, c'est qu'elle s'est retirée : elle a comme ça des élans de pudeur qui l'amènent à prier pour les marins disparus. Deuxième jour : on mouille ses pieds sur le rivage. Oui, l'eau est froide. Le Gulf Stream n'est pas arrivé jusqu'à vous, tant pis. Oui, vous pouvez crier, si cela vous soulage. Troisième jour : tentative d'immersion jusqu'aux genoux ; au-delà, ce n'est pas raisonnable, à moins de porter un maillot fourré. Quatrième jour : vous commencez à vous habituer, l'idée vous vient de vous immerger jusqu'à la taille, ce que vous faites, et là, comme dans une illumination, vous comprenez ce qu'ont pu éprouver les naufragés du Titanic, bien qu'ils portassent leurs vêtements ce jour-là. Cinquième jour : il n'y en a pas ; il fait un temps de cochon, la mer est déchaînée comme une meute de gros chiens fous. Sixième jour : le soleil revient ; vous êtes dans l'eau jusqu'au cou, autant dire qu'il vous faut à présent imaginer que vous vous baignez en Corse ou en Sicile. Septième jour : enfin, dotée d'une belle inconscience et d'un sacré coup de soleil dans le dos qui vous fait ressembler à un touriste hollandais, vous vous élancez dans l'eau sans craindre l'hypothermie ! Vous êtes parvenu à vous baigner en Bretagne. Vous êtes un champion. Il ne vous reste plus qu'un jour de vacances. 

Le 4 janvier 2012 à 08:03

L'Homme témoin du déluge

Histoires d'os 24

Johan Jacob Scheuchzer, naturaliste et médecin suisse du XVIIIe siècle, s’efforçait de concilier ses croyances religieuses et ses travaux scientifiques. En 1725, il crut parvenir à ses fins en décrivant un squelette qu’il identifia comme les restes d’un être humain victime du Déluge.   Le dit squelette mesurait environ un mètre de longueur et il semblait pourvu d’un encéphale volumineux bien que violemment écrasé par la fureur des eaux. N’écoutant que sa conviction, Scheuchzer lui attribua le nom d’Homo diluvii testis : homme témoin du déluge. Un témoin susceptible d’inspirer aux pécheurs effroi et repentir.   Mais cette identification pour le moins hasardeuse ne devait pas convaincre les autres naturalistes qui y reconnurent, tour à tour, les restes fossiles d’un poisson-chat ou ceux d’un grand reptile avant qu’en 1812, le grand Georges Cuvier n’y reconnaisse le squelette d’une salamandre géante, mettant un terme décisif à cette preuve discutable du mythe biblique de la Genèse et de l’Arche de Noé.   Autre genre, autre appellation scientifique : Homo diluvii testis se voyait dépossédé de son nom usurpé. Il devenait Andrias scheuchzeri, un simple Batracien comme la grenouille ou crapaud jaloux de la taille du bœuf. En grec, Andrias signifie à l’image de l’homme et notre mauvaise foi de mécréant en conclut hâtivement que si Dieu a créé l’homme à son image, il a aussi créé la salamandre à l’image de l’homme.  

Le 15 juin 2015 à 10:30

Les bêtes joyeuses ne travaillent pas

On a beaucoup beaucoup à apprendre des animaux. Non, ce n’est pas seulement un cliché gommegutteux pour babas-vegans ascétiques. J’exhume pour vous à ce propos un petit chef-d’œuvre ébesillant datant de 1921 fricassé par le truculent pamphlétaire Georges de la Fouchardière (l’auteur du roman célèbre La Chienne adapté au cinoche par Jean Renoir) dont l’œuvre satirico-polémique reste totalement, et inexplicablement, méconnue. Rarement ce que Céline appelait « le travail-salut » n’a été mieux discrédité qu’ici. Rarement on n’a mieux caressé dans le vrai bon sens du poil nos aminches les bêbêtes joyeuses. « J’ai trouvé ma petite fille en larmes devant une feuille blanche qu’il s’agissait de noircir. - Qu’est-ce qu’il y a, ma Niquette ? - Papa, viens m’aider. C’est trop difficile. - Quoi ? - Mon « style »… - Ah !... Quel est le sujet de votre « style » ?   Et Niquette m’a répondu en sanglotant : - « Le… travail doit… doit être joy-eux-eux-eux ! » - Oh ! que c’est bête ! Oh ! que c’est bien un boniment de pédagogue !... Écoutez ma Niquette : il m’arrive très souvent, à moi aussi, de m’asseoir devant une feuille blanche que je suis obligé de noircir ; je ne pleure pas parce que je suis un homme, mais c’est tout juste… Je suis très, très ennuyé… La vérité, c’est qu’on ne travaille jamais pour s’amuser. Le travail, c’est une punition, une punition sévère donnée par le bon Dieu qui a dit : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. » Et c’est toujours une punition, aussi bien pour l’ouvrier boulanger qui transpire dans notre pain quotidien que pour l’homme du monde, dont le travail est particulièrement pénible et fastidieux : car l’homme du monde est astreint jour et nuit aux labeurs du cercle, du pesage et du tango, à l’industrie malsaine des répétitions générales et à la conversation des autres imbéciles : une vie de polichinelle est en vérité une existence de forçat… Si vous considérez les bêtes, Niquette, vous remarquerez que les bêtes joyeuses sont celles qui ne travaillent pas : le moineau sur son toit, le pinson dans son arbre, le papillon parmi ses fleurs, la truite dans son eau fraîche, le chat à son foyer et l’agneau folâtre et le pourceau candide qui jamais ne meurent de maladie. Les bêtes tristes, c’est le bœuf courbé sous le joug, c’est le cheval qui gagne son avoine à la sueur de son front !... Il ne faut pas croire, Niquette, les moralistes qui veulent vous faire prendre le travail pour le liberté : le travail, c’est l’esclavage, et les gens qui sont intéressés à dire le contraire sont précisément ceux qui, ne faisant rien, gagnent leur pain à la sueur du front des autres… Plus tard, ma petite fille, vous ne lirez pas les œuvres d’Émile Zola, qui chanta le travail et ses joies, car ce paradoxe du travail joyeux dénote un esprit particulièrement vicieux, et voilà pourquoi Zola n’est pas un auteur convenable pour les jeunes personnes bien élevées… Mais vous lirez certainement Blaise Pascal, qui a écrit à propos de la loi divine du travail : « L’homme est plus inconcevable dans ce mystère que ce mystère est inconcevable à l’homme »… Vous ne comprenez pas, Niquette ?... Moi non plus… Mais il faut toujours admirer les grands penseurs quand leurs formules ne veulent rien dire du tout… Restons dans le domaine de l’observation et du sens commun. Nous observons que nous retardons toujours le moment de nous mettre au travail parce que ce moment nous est désagréable. Nous observons aussi que nous sommes heureux quand notre travail est fini : ce n’est donc pas le travail qui est joyeux mais la sensation d’en être débarrassé… Ainsi le poète Lucrèce a remarqué que nous étions tristes après le plaisir et il a eu le tort de conclure à la vanité des joies humaines. C’est tout le contraire ; nous sommes tristes après le plaisir parce que c’est déjà fini ; nous sommes gais après le travail parce que c’est enfin fini, si j’ose dire… - Est-ce qu’il faut écrire tout ça ? me demanda Niquette. Tu vas me dicter… - Rien du tout… Donnez-moi votre cahier…   Et, sur le cahier de ma fille, j’écrivis cette attestation : « Annie n’ayant pas été sage, je l’ai privée du plaisir de faire son devoir de style. » (Didi, Niquette et Cie, éd. Albin Michel).

Le 29 octobre 2011 à 08:47

Albert Cossery, clochard céleste

Portrait 27

Albert Cossery est né le 03 novembre 1913 au Caire et il est mort 94 ans plus tard à Paris. Entre temps il s’est beaucoup assis, a beaucoup lu et a un peu écrit. Sous les rides d'Albert Cossery, se cachait l’élégance fripée des corbeaux qui ne se laissent pas apprivoiser. Il vient d’une famille bourgeoise d’Egypte et débarque à Paris juste après la seconde guerre. Il s’installe alors dans une minuscule chambre d’Hôtel  et y reste. Jusqu’à la fin. Albert Cossery pratique la paresse (tout comme Perros) comme un art martial. Celui de la contemplation séditieuse. Albert Cossery sait que les choses ne tournent pas rond et que ce n’est pas en allant pointer que la terre se remettra sur ses pieds. Albert Cossery se fait aider par Henry Miller pour publier son premier livre. Il est du côté de l’ironie de la vie et de l’insolence des mendiants. Dans ses romans la fange est noble et  belle. Elle triomphe toujours des servitudes de l’ordre établi. Mais il ne l’idéalise pas. Il est de son côté. C’est tout. Les titres de ses romans sont  beaux comme des poèmes dans la fumée d’un narguilé : Les Morsures, Les Hommes oubliés de Dieu, Les Fainéants dans la vallée fertile, Mendiants et orgueilleux, Un complot de saltimbanques,  Une ambition dans le désert, etc. Lorsqu’on lui demandait « Pourquoi écrivez vous ? » Il répondait : « Pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain »...> Illustration Frederico Penteado

Le 4 novembre 2015 à 14:02

Les scientifiques proposent de placer la banquise dans une glacière géante en attendant de trouver une solution

Une équipe de chercheurs norvégiens vient de dévoiler les plans d’une glacière géante destinée à recueillir provisoirement la banquise menacée de fonte. Le dispositif aux dimensions pharaoniques pourrait être mis en service d’ici la fin de l’année. Reportage. Le chantier qui devrait débuter dès le mois prochain va voir l’installation dans l’océan Arctique d’une plate-forme de plus de 100 000 hectares pour accueillir la glacière géante. « Cela représente plus de 52 millions de terrains de curling » se targuait Erik Sorensen, qui pilote le projet depuis le début. Le chercheur précise que si le projet prévoit de sauver environ 200 milliards de mètres cubes de glace, il n’offre aucune résolution durable au problème du réchauffement climatique. « Nous agissons juste sur un symptôme, mais le mal reste toujours là. Il est donc toujours urgent d’agir et de continuer à trouver d’autres solutions » rappelle le scientifique en précisant que le chantier démesuré risquait d’augmenter de 0,2 degrés les températures dans la zone. De nombreux pays voisins ont salué l’initiative des chercheurs norvégiens, certains annonçant qu’ils étaient prêts à apporter leur contribution au projet. Les Suédois devrait suivre avec un dispositif complémentaire au Norvégien. Trois millions de ventilateurs devraient être installés dans l’Arctique, dès que la construction de la centrale nucléaire qui les fera fonctionner sera achevée.

Le 4 mai 2011 à 14:53
Le 24 décembre 2014 à 09:46
Le 13 août 2011 à 06:20

Javi Poves réinvente le hors jeu

Carte postale d'Espagne

Il y a quelques jour, Javi Poves n'était encore qu'un joueur de football anonyme. Evoluant au sein du Sporting de Gijón (Espagne), il n'avait porté que 10 minutes en tout le maillot de l'équipe. Il ne s'était pas non plus rendu célèbre pour ses exploits sportifs ou son salaire mirobolant. Pourtant il est aujourd'hui sur le point de devenir une star.Ce qui a propulsé la notoriété de Javi Poves c'est sa décision de raccrocher les crampons pour rester en accord avec ses convictions. Le quotidien La Nueva España qualifie même de "tsunami" la déferlante que ses déclarations tonitruantes ont provoqué sur les réseaux sociaux. A mille lieues de l’image traditionnelle du footballeur professionnel au QI atrophié et uniquement préoccupé par sa carrière et ses intérêts financiers, Javi Poves  a décidé de fuir un milieu du football qu'il décrit dans plusieurs interviews comme pourri et mortifère, gangréné par l’argent, endormant délibérément les citoyens pour annihiler tout risque de révolte.Ni communiste ni anarchiste, à la limite anti-système, Javi Poves est plus radical qu’un Cantona qui incitait il y a quelques mois les épargnants à retirer leur argent des banques avant de prêter son image à une nouvelle campagne publicitaire.Mais celui qui aurait pu devenir le porte-étendard des jeunes indignados espagnols ne se reconnaît pas non plus dans ce mouvement qu’il juge créé par les médias pour canaliser le mal-être et pour empêcher qu’une étincelle devienne dangereuse et incontrôlable. Il rejette tout lifting du système capitaliste et appelle à un changement radical. Pour le moment, le jeune homme envisage de reprendre des études d’histoire,  et souhaite lire et voyager pour mieux comprendre le monde.Atypique, anticonformiste et irrécupérable, il est malgré tout en passe, même s’il s’en défend, de devenir une icône.

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