Clémentine Mélois
Publié le 08/08/2015

L'Origine du monde 2015


Une ironie douce amère, parfois un peu d'impertinence, des eaux dormantes qu'il vaut mieux ne pas agiter, de la tendresse et du mordant, un tout qu'il faut aborder lentement et laisser imprégner.

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Le 26 août 2013 à 09:56

L'objet du délire #6

Maintenant que les crèmes solaires sont remisées.

Maintenant que les crèmes solaires sont remisées au magasin des accessoires, maintenant que les plaies de l'été ont cicatrisé sur les peaux et dans les coeurs, maintenant que le souvenir du paradis des vacances, les belles journées à rien foutre, ont été pulvérisés par le géant gris du salariat ou de la précarité (sur l'autel d'une vie perdue à la gagner), il est temps de parler du slip de bain*. Sous ses airs bienheureux de cache-sexe pacifique, le slip de bain est un loup pour l'homme. Sur la plage, dans le panier, il attend son heure, patiemment, au milieu des seaux et des pelles, des Voici et des romans de Marc Lévy. On l'enfile. Il moule la bite quand on l'enfile le slip, mais dans sa vie de slip, il moule tout court. Comme Marc Lévy ? Non, comme les moules. Car les moules moulent sinon on aurait inventé un autre verbe, huîtrer, bigorner, craber, que sais-je, ce sont les moules qui moulent. Surtout les plus amères, celles qui s'ennuient sur leur rocher et ne trouvent plus aucun sel à leur vie de mer, comme le type à l'heure de la rentrée, celui qui justement moule sur son ordinateur, moins par flemme que par désespoir. Le slip de bain moule sans le spleen du bivalve ou du travailleur, il moule tranquille, décontracté de l'élastique, c'est un requin, une guêpe, un prédateur adapté, il survivra à la crise, il survivra à tout. Il attend le coucher du soleil pour attaquer. Il attend qu'on l'enlève, le slip, comme il a attendu qu'on l'enfile. Il est mouillé. Il attaque toujours mouillé. Une serviette complice se love autour des hanches de la victime. C'est l'embuscade. L'homme tient la serviette d'une main, et de l'autre, il tire sur son slip. Oui mais le slip s'enroule sur les chevilles et l'élastique se tend et le visage de l'homme aussi. Il titube l'homme, il sue. Il se bat. C'est sa vie tout ça. Mais le slip prend le dessus et croche sa dure morsure. Et quand la serviette tombe, car la serviette tombe toujours, le slip est noué aux chevilles, l'homme a l'air d'un pingouin et la famille hollandaise fait coucou.   * Le caleçon de bain est un slip qui ne dit pas son nom.

Le 14 décembre 2012 à 08:23

De Mona à l'Origine du Monde

Mona Mailing n°7

Ma chère, ou plutôt devrais-je dire, ma chair. Je me lance. Jusqu'alors je ne savais pas où poser les yeux. Avoue que c'est gênant tout de même ! Mais un moment de honte est vite passé, disait ma nonna, alors j'ai relevé mes jupes, franchi la Seine et me voici, dans ta gare où l'on voyage immobile. Je viens faire la paix, bellissima. J'ai mis le temps, j'en conviens, car je fus choquée, indignée lorsque tu t'exposas au tout venant. Une femme de bien se livre t-elle ainsi ? Moi la femme tronc, comment tolérer l'indécente femme fleur ? Puis je fus admirative devant ta sereine opulence. Quel sourire, jeune fille, sur tes lèvres pulpeuses ! Je confesse même un soupçon de jalousie. En voyant le désir que tu suscites, j'ai parfois grincé des dents - et cela ne me sied guère. Mais depuis j'ai réfléchi et aujourd'hui, ma douce, je compatis. Nous sommes soeurs. Musée haut, c'est moi, musée bas c'est toi, tout en lèvres, toi sexe, moi bouche et le reste ils s'en moquent. Je ne sais ce que tu penses car tu es, quoique d'aucuns disent, impénétrable, mais si parfois tu es triste ou rageuse, rappelle-toi, ma louve, nous sommes, telles des déesses, insondable mystère pour nos adorateurs. Après tout, ne serait-ce pas de me revivre nue sur un lit qui me réjouit ? Je me plais à penser que sur ton visage absent flotte cette expression de secret ravissement d'après amour. Le célèbre sourire du chat ne serait-il pas celui d'une chatte ? Après tout... Ne t'inquiète pas, ma ténébreuse, je veille, d'une rive à l'autre je te couve du regard, mon enfant, ma soeur, et depuis que tu es là je songe à nouveau à la douceur... Mais...chut ! La tua sorella Mona   PS : Les petits matins sont glacés, s'il te plait, couvre-toi.

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