Clémentine Mélois
Publié le 08/08/2015

L'Origine du monde 2015


Une ironie douce amère, parfois un peu d'impertinence, des eaux dormantes qu'il vaut mieux ne pas agiter, de la tendresse et du mordant, un tout qu'il faut aborder lentement et laisser imprégner.

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Le 18 mai 2010 à 18:45

Quel toupet !

Le poil est l'attribut le plus visible du pouvoir.

Ces femmes ont un aplomb fou. Il faut les voir se mêler aux réunions décisionnaires, conseils généraux, CA et autres AG, autant de lieux plus ou moins publics où les femmes brillent par leur absence. D’un pas assuré, elles arborent leur attribut, qui est aussi le plus souvent celui du pouvoir : la barbe. Quelques postiches sortis de leur cachette au moment adéquat, l’action se fait généralement sans éclat, l’essentiel étant moins de se faire entendre que de se faire voir. Et de faire honte à des assemblées bien peu paritaires. « S’il faut du poil au menton pour prendre des décisions, garder ses privilèges et recevoir des honneurs, qu’à cela ne tienne. Nous en sommes. » L’association réunit des féministes inventives et actives. Non dénuées d’humour (ce qui est quand même relativement rare chez les féministes), elles ont compris que si le ridicule ne tue pas, le souligner peut sans doute faire avancer les choses. Sur leur site, elles fournissent le kit de la parfaite féministe (un postiche, donc) agrémenté de quelques tuyaux pour rendre l’action plus efficace. On y trouve aussi des vidéos et des images détournées où, par leur seule volonté, les femmes ont du poil au menton, y compris l’intouchable Marianne, qui l’est beaucoup moins, forcément. Leur nom ? La Barbe !  www.labarbelabarbe.orgJusqu'au 6 juin, La Barbe s'expose à la Librairie Violette&Co, 102, rue de Charonne, 75011 Paris.  

Le 18 avril 2011 à 14:01

Je me suis fait couper la banane

Je ne l’avais jamais trompée. Des années de vie partagée, sans le moindre démêlé et pourtant… S’il est vrai qu’avec le temps, nos rapports aux tumultes échancrés se faisaient moins fréquents, jamais pour autant la lassitude de ces couples éplorés n’était venue enrayer notre petite complicité. Même à cran, rien ne pouvait altérer la dépendance de notre relation, pas même cette chute irréversible, signe d’un vieillissement de moins en moins latent.   Et pourtant… En ce petit matin ensoleillé de doux printemps, un aquilon volage souffla sur mes désirs sont air le plus défendu. Ce temps nouveau qui fait monter la sève, me plongea tout droit dans l’incommensurable corsage d’une charmante demoiselle. Elle que chaque matin, je croisais derrière sa vitre, sans prendre le temps de m’appesantir, devint soudainement pour moi l’attrait d’une nouvelle jeunesse.   Si peu éclatant paraissait son esprit, sublime en revanche était sa poitrine. Bien que ma timidité farouche et mon éducation puritaine me décontenancent au moindre string qui dépasse, je pris soudainement mon courage à deux mains et fis le premier pas. « Ce soir si vous voulez » me répondit-elle d’un large sourire au chewing-gum qui dépasse. Le soir venu,  je me rendis non sans une certaine appréhension au lieu dit du rendez-vous. Etais-je vraiment certain de la chose ? N’allais-je pas commettre là une bêtise impardonnable ? A peine me fit-elle entrer dans son salon que mes doutes se dissipèrent, elle qui pour me mettre à l’aise, me défit rapidement de mes affaires.   Je me retrouvai là, docilement allongé, enivré par la douceur sur ma tête de ses fines caresses, maîtrisant parfaitement bien la chose, elle me fit peu à peu vaciller, elle, penchée sur mon corps, moi, bercé par ses déhanchés et le formidable cliquetis de son voluptueux doigté. Impossible de reculer.  Sitôt l’acte achevé, elle m’interrogea sans ambages sur mon sentiment à propos de tout ce qui dépasse. Honteux, après un tel déshonneur, c’est à peine si j’osai me regarder dans la glace. Après tant d’années de fidélité, je me posai alors cette question, cette douloureuse question… Comment ai-je pu délaisser ma tondeuse à cheveux, pour aller me faire couper les tifs chez un quelconque coiffeur ?

Le 14 décembre 2012 à 08:23

De Mona à l'Origine du Monde

Mona Mailing n°7

Ma chère, ou plutôt devrais-je dire, ma chair. Je me lance. Jusqu'alors je ne savais pas où poser les yeux. Avoue que c'est gênant tout de même ! Mais un moment de honte est vite passé, disait ma nonna, alors j'ai relevé mes jupes, franchi la Seine et me voici, dans ta gare où l'on voyage immobile. Je viens faire la paix, bellissima. J'ai mis le temps, j'en conviens, car je fus choquée, indignée lorsque tu t'exposas au tout venant. Une femme de bien se livre t-elle ainsi ? Moi la femme tronc, comment tolérer l'indécente femme fleur ? Puis je fus admirative devant ta sereine opulence. Quel sourire, jeune fille, sur tes lèvres pulpeuses ! Je confesse même un soupçon de jalousie. En voyant le désir que tu suscites, j'ai parfois grincé des dents - et cela ne me sied guère. Mais depuis j'ai réfléchi et aujourd'hui, ma douce, je compatis. Nous sommes soeurs. Musée haut, c'est moi, musée bas c'est toi, tout en lèvres, toi sexe, moi bouche et le reste ils s'en moquent. Je ne sais ce que tu penses car tu es, quoique d'aucuns disent, impénétrable, mais si parfois tu es triste ou rageuse, rappelle-toi, ma louve, nous sommes, telles des déesses, insondable mystère pour nos adorateurs. Après tout, ne serait-ce pas de me revivre nue sur un lit qui me réjouit ? Je me plais à penser que sur ton visage absent flotte cette expression de secret ravissement d'après amour. Le célèbre sourire du chat ne serait-il pas celui d'une chatte ? Après tout... Ne t'inquiète pas, ma ténébreuse, je veille, d'une rive à l'autre je te couve du regard, mon enfant, ma soeur, et depuis que tu es là je songe à nouveau à la douceur... Mais...chut ! La tua sorella Mona   PS : Les petits matins sont glacés, s'il te plait, couvre-toi.

Le 29 décembre 2014 à 09:08

L'Ampère éternel

Tout le monde connaît, croit connaître La Création de l’homme peinte par Michel-Ange sur la voûte de la chapelle Sixtine. Or voici que les toutes dernières avancées de l’imagerie scientifique – infrarouges, réflectographie, spectrométrie etc. – viennent de débusquer les dessous anatomiques de la fresque admirable. Le sulfureux dossier allait plonger à tout jamais dans les caves du Vatican quand l’info fuita, comme l’atteste le document sensationnel que nous sommes heureux de révéler au public. Non seulement l’étincelle créatrice y jaillit visiblement, mais son éclat nous éblouit, qui procède du câblage génial que l’autre créateur : le peintre, avait secrètement ourdi sous l’épiderme et le derme des deux partenaires. Que voyons-nous, en effet ? Non pas de banals métacarpes, de quelconques osselets articulés, mais un beau bouquet de gaines gaiement colorées au sortir desquelles s’élancent de fines torsades cuivrées … Plusieurs siècles avant Volta, Edison, Nikola Tesla, le grand Michelangelo avait donc doublé son œuvre picturale, en quelque sorte exotérique, d’un prodigieux ouvrage ésotérique. Sous couvert de montrer La Création de l’homme, il représentait L’Invention de l’électricité ! Reste cette anomalie du doigt surnuméraire, puisque les cinq doigts de chair enveloppent … six doigts de cuivre ! Mais on aura déjà compris que ce sixième doigt, présent chez les deux personnages, ne saurait être qu’un doigt d’honneur, du créateur à sa créature, et vice-versa.

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