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Publié le 25/07/2015

Janine Mossuz-Lavau : "Pourquoi cette persistance des inégalités ?"


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Il n'y aucune raison que la virilité soit incarnée par l'argent et le pouvoir

Pour la politologue Janine Mossuz-Lavau, la persistance des inégalités hommes-femmes s'explique par les millénaires de prise en charge du domestique, de la grotte à la maison, par les femmes. Mais aussi par la permanence de notions de virilité et de féminité, respectivement tournées vers l'extérieur et vers l'intérieur. Et si le cliché de M. Gagnepain rapportant l'argent au foyer est aujourd'hui régulièrement contredit par les faits, nous n'en avons manifestement pas encore terminé avec le malaise ressenti tant par les hommes que par les femmes, quand la femme gagne plus que son mari ou compagnon.

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Janine Mossuz-Lavau

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Le 7 juin 2010 à 18:15

Des baisers

ventscontraires.net se prend le temps d'une interview pour un magazine féminin

Une centaine de très beaux garçons défileront sur les Champs-Elysées le 9 juin, avec pour seule mission de nous embrasser ! Nous, les filles, les femmes, les moches, les belles, les diplômées et les sans le sou, les mariées, les solitaires, toutes, sans distinction ! Rendez-vous à 15h en face du drugstore Publicis, pour une arrivée vers 17h à la hauteur du Théâtre du Rond-Point.Il n’y aura rien à vendre.Juste à déguster.Mais qui se cache derrière cette initiative ? Une certaine Sophie Bramly, créatrice du site Second sexe, productrice de films X créés par des femmes et auteur de « L’orgasme on s’en fout, éloge du plaisir féminin ».ventscontraires.net : D'où viennent ces créatures magnifiques qui vont défiler sur les Champs en distribuant des baisers, à deux jours de l’ouverture du Mondial ?Ils viennent tous d'une agence de mannequins. Je me suis accordée le privilège de les choisir un par un. Ils seront payés. Je dois avouer que je range dans mes fantasmes l'idée de payer les hommes, alors pour l’occasion, j’ai cassé la tirelire de la maison.ventscontraires.net : - Embrasseront-ils avec la langue ?De nos jours les garçons deviennent un peu timides. Je crains que certains refusent, fassent les farouches, rougissent même. J'espère bien qu'il y aura quand même des intrépides, un peu joueurs, qui succomberont au charme des parisiennes conquérantes, sur la plus belle avenue du monde.ventscontraires.net :  Est-ce qu'on aura le droit de leur toucher les fesses, comme le font les hommes dans les transports en commun, sans nous demander l'autorisation ?Là encore, il faut s'attendre à ce que certains soient choqués d'être hommes objets sans droit à la parole, victimes. Mais je suis sûre (parce que j'ai vu des yeux qui en disaient longs) que certains trouveront la caresse bien douce, ou mieux, excitante.ventscontraires.net :  Croyez-vous qu'humour et sexualité peuvent faire bon ménage ? Au moment de "passer à l'acte", ne font-ils pas chambre à part ?Hmm. Cela dépend de la manière dont on passe à l'acte. Dans un rapport charnel intense, avec vraie alchimie de phéromones et décharges maximales d'ocytocine, l'humour serait comme une goutte qui fait déborder le vase. Dans la manière moins engagée avec ce qu'il est de goût médiocre d'appeler "fuck friends", on peut inclure l'humour, mais on risque quand même de jouir moins fort, ce qui est dommage.ventscontraires.net : Un message spécial pour les lectrices de ventscontraires.net ?On s'est décarcassées pour vous trouver des hommes à tomber, et comme c'est pas tous les jours qu'il y a des cadeaux si doux et séduisants qui se présentent, je vous encourage vivement à les découvrir !ventscontraires.net : Et pour les lecteurs ?Nous aimons trop les hommes pour les exclure. Il y aura quelque chose pour eux vers la fin de l'année, mais qu'ils soient assurés d'ici là de notre considération distinguée et maximale et qu'ils n'aient crainte des changements qu'ils observent. Rien n'est castrateur dans la nouvelle tendance féminine, au contraire, une femme qui connaît son corps et aime jouir libère l'homme de demandes économiques quelques fois pesantes (rivières de diamants et cabanes au Canada) et en général prend du plaisir à en donner (du plaisir). Bref, une cascade de jouissances en vue !http://www.secondsexe.com/magazine/Avalanche-de-baisers-sur-les.html

Le 4 juillet 2014 à 15:28

Bernard Stiegler : "Dans 20 ans l'emploi aura disparu, tout le monde sera intermittent"

Travailler demain #1

Dans ce premier épisodeLa crise des intermittents ne doit pas nous cacher une crise généralisée de l'emploi, qui est amené à disparaître avec le développement universel de l'automation. Mais travail n'est pas emploi : et si le modèle de l'intermittence était appelé à devenir le régime de tous ? À l’époque de l’automatisation généralisée Le siècle dernier était celui du consumer capitalism, produit dérivé du taylorisme : produire à la chaîne et consommer comme le marketing le dicte. On a parlé du keynésianisme et du welfare state de Roosevelt. Mais aujourd’hui, ce modèle semble s’écrouler sous la pression de ses propres contradictions, cependant que se planétarisait la mise en réseau numérique. Celle-ci va provoquer dans les années qui viennent un processus d’automatisation généralisée où l’emploi salarié deviendra exceptionnel : les robots se substitueront massivement aux employés humains. Cette nouvelle époque industrielle ne sera viable que si elle consiste en une renaissance du travail dans une société de contribution où les gains de temps issus de l’automatisation seront massivement réinvestis dans la capacitation et la déprolétarisation du travail : les robots sont des machines qui n’ont pas besoin des esclaves humains pour fonctionner. > écouter le podcast audio complet Enregistré le 20 mars 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89      

Le 21 janvier 2014 à 10:58

Barbara Cassin : "Refuser la servitude volontaire"

Trousses de secours : la crise du travail

Allons-nous vers en monde de travailleurs sans travail ? C'est la question que la philosophe et philologue Barabara Cassin viendra nous poser le 31 janvier prochain.  – Dans de nombreuses entreprises "restructurées", les salariés doivent eux-même s'évaluer, voire s'éliminer les uns les autres – comme dans certains jeux de télé-réalité. Où cela nous mène-t-il ? – Votre question contient presque déjà la réponse. Où cela nous mène-t-il? Dans le mur d'une société au mieux de coopétition (c'est un mot de Google qui tente d' assouplir la compétition au moyen de la collaboration), au pire de compétition généralisée. Avec une  supposition d'objectivité à son propre égard, qui singerait  une objectivité à l'égard de l'autre, et assurerait somme toute ce que Weber appelait l'éthique du capitalisme : le protestantisme de l'auto-confession, de l'auto-évaluation vertueuse.   C'est là que les corps intermédiaires (les syndicats par exemple, mais aussi les associations)  d'une part, l'opinion publique (votre théâtre par exemple) d'autre part  sont utiles, et ont un rôle essentiel à jouer. Il est trop difficile de lutter seul contre une demande insistante de l'employeur dont dépend votre salaire. On ne peut qu'obtempérer, en déprimant ou en rusant. Pour pouvoir prendre les choses par le haut, refuser en argumentant les pratiques par trop déplaisantes, infléchir les grilles d'évaluation, en proposer d'autres, inventer d'autres types d'évaluation plus appropriés au cas par cas, il faut être décisionnaire ou confiant dans l'intelligence des décisionnaires. C'est le cas d'une infime minorité, donc. D'où l'importance des autres, constitués en relais structurés et audibles. Mais s'indigner est une tâche qui appartient à tous les citoyens, et refuser la servitude volontaire, chercher les alternatives qui vous conviennent, est une décision qui appartient à tout homme.  – Rentabiliser le "matériel humain" à outrance pour rester concurrentiel face à l'automatisation : ce modèle pourra-t-il tenir encore longtemps ? – C'est une vieille histoire. Aristote disait que si les navettes filaient toutes seules, il n'y aurait plus besoin d'esclaves. Aujourd'hui les navettes filent toutes seules, les révolutions industrielles se succèdent, et il y a encore des esclaves, moins coûteux que les machines ou qui servent à les fabriquer et, en col blanc, à les commander. Le modèle ne cesse de s'adapter, en jouant sur les développements inégaux et sur la mondialisation.  Je crois qu'il y aura toujours de nouvelles adaptations virtuellement possibles.  Reste à savoir si nous les voulons, activement, passivement. Si nous avons le désir et la force de les refuser, de nous en exempter. Si nous savons inventer des alternatives réalistes, et ce que "réaliste" veut dire.  – L'homme inutile sera-t-il subventionné pour rester tranquille, ou d'autres modèles sont-ils imaginables ? – Je pense que, par cette question, vous voulez savoir si et comment on fera taire les laissés pour compte ?  Est-ce que l’Etat providence subviendra à leurs besoins, en inventant un revenu minimum pour inutile ? ou bien est-ce qu’on les mettra dans des villages vacances, des hôpitaux, des camps ? Est-ce qu’on les aidera à redevenir utiles par une formation continue ? Ou est-ce qu’on étendra l’idée d’utilité ? C’est, vous le voyez, chacun des termes de la question qui pour moi requiert éclaircissement. Arendt parle d'une "société de travailleurs sans travail" et dit qu'elle ne peut rien imaginer de pire. En quoi elle  se trompe d'ailleurs, il y a pire : une société de travailleurs, avec et très souvent sans travail (cela s'appelle des chômeurs), mais, dans un cas comme dans l’autre, sous surveillance. De l'élève à la personne dépendante, de l'acheteur à l'amoureux, c'est tous les usagers de la rue ou de la toile qui sont évalués et vus.  L'inutilité, du coup, il n'est pas si facile de savoir ce que cela veut dire. Inutile parce que sans travail, non produisant? Inutile parce que non consommant? inutile parce qu'invisible? A quoi un homme doit-il être utile? Il n'est jamais allé de soi dans l’histoire, ou pas souvent, qu'un homme utile soit un homme qui travaille. Ou alors il faut définir le travail. Tripalium, un supplice (selon l'étymologie latine du mot travail, ndlr) – ce n’est sûrement pas ça ! Arendt veut faire penser avec cette phrase forte qu'un homme est bien autre chose qu'un travailleur. Il peut créer des œuvres, toutes sortes d'œuvres; faire un potager, écrire un poème, élever un enfant, inventer une recette de cuisine, aider un malade. Il peut parler, et cela suffit peut-être pour qu'il soit utile. Aristote, encore lui, définissait l'homme comme un animal doué de logos, raison et discours, capacité de mettre en rapport. Et il ajoutait qu'à cause de cela, l'homme était un animal plus politique que tous les autres animaux, abeilles et fourmis. Un artiste, un citoyen, est utile. Nous sommes tous, non seulement des travailleurs potentiels, mais des artistes et des citoyens. Nous sommes donc tous "utiles", utiles à "l'humanité dans l'homme", comme disent Camus et l'Appel des appels. Mais de quoi vit aujourd'hui un homme utile de cette manière-là? D'un revenu minimum? De la débrouille? De la vente d'objets aussi inutiles que les lapins de Jeff Koons?  Et de quelle partie du monde parlons-nous? de quel Etat, de quel régime politique? Car de tout cela dépend aussi le sens de "rester tranquille" : ne pas faire de vagues, ne pas s'opposer, accepter ce qui vous arrive? Ne pas contrevenir aux lois de son pays? Ne pas faire de bruit, au propre comme au figuré? Etre tout simplement un être humain ? Je crois qu’il y a beaucoup de modèles possibles, beaucoup déjà inventés et pratiqués, et beaucoup auxquels nous ne songeons pas, dont nous n’avons même pas encore idée et qui nous paraîtront un jour aller de soi. Mais surtout, je ne sais pas ce que cela veut dire pour un homme, en général, que d’être inutile, ni de rester tranquille. 

Le 6 juillet 2015 à 08:11
Le 14 juillet 2015 à 11:19

« Où sont les femmes ? »

C’est une question très technique qui plonge mes compétences dans un abîme de confusion puisqu’il faut d’abord s’entendre sur le sens du mot femme. Même si au cours de ma maigre expérience j’ai eu l’occasion d’en fréquenter pendant les soirées dansantes ou autres fantaisies vétérinaires, je ne peux décemment pas prétendre savoir ce qu’est une femme et encore moins dire où elles se trouvent. Néanmoins, puisque j’ai accepté de me prononcer sur cette question publiquement, mon intégrité ne peut se contenter d’une réponse fumiste et je vais tâcher de m’en sortir par l’habile pirouette de la culture. Au gré de mes lectures, j’ai pu observer que les femmes sont ainsi faites qu’elles se cachent pour vieillir. En revanche, lorsque sonne l’heure de l’apéro, elles ne sont pas les dernières à se damner la cuisse pour un bon Mercurey. Dans certains manuels de bricolage, on souligne que les femmes sont habiles à la carabine du fait de leur sens pratique en matière de composition florale. Les femmes travaillent dans des bureaux roses, sont carmélites ou pompiers volontaires. On en trouve parfois recroquevillées sous une auto bon marché dans l’espoir qu’un jour meilleur vienne balayer leur mari hors du véhicule. Quelques autres préfèrent vivre en meute, (« entre femmes » dit-on pudiquement) ou d’autres encore lisent des poèmes d’avant-garde. La rumeur populaire raconte que seule la femme peut enfanter et cuisiner un couscous mais quelques auteurs brillants prouvent modestement le contraire. Dans la plupart des grands classiques littéraires qui peignent la nature des femmes, j’ai relevé un goût farouche pour la couleur beige, les gros nibards et les contrepèteries infantiles. Au détour de mes meilleures lectures à ce sujet, j’ai pu examiner que quelques femmes s’adonnent à la vie avec une fureur mêlée de poivre et de distance qui confère à leur existence un caractère rudement sexy. D’autres par contre, portent le poil nu et ras, à l’instar de ces petits chiens hideux que l’on s’arrache sur le marché boursier. C’est tout ce que je peux vous dire à ce sujet. En attendant le silence, je vous propose d’alimenter cette brève réflexion à l’aide de quelques ouvrages de référence sélectionnés pour l’occasion. Bien à vous, Nicole

Le 10 février 2014 à 13:13

Grand Magasin : D'orfèvre et de Cochon

Trousses de secours en période de crise, saison 2 : la crise du travail

Une conférence-performance de Pascale Murtin et François Hiffler (avec la participation exceptionnelle de Liviu-Adrien Dârgãu) Le travail ? Connais pas. « Nous ne sommes pas très bien placés, peut-être même très mal placés pour parler du travail, n'ayant à ce jour et après trente ans d'activité jamais travaillé. C'est précisément à ce titre que nous allons nous risquer à discourir quelques quarts d'heure sur le sujet, histoire de faire part de notre inexpérience en la matière. »Les performers Pascale Murtin et François Hiffler prétendent – en dépit et grâce à une méconnaissance quasi-totale du théâtre, de la danse et de la musique – réaliser les spectacles auxquels ils rêveraient d’assister. Et ça marche : leurs spectacles sont très réussis et les émeuvent. Depuis 1982 (avènement de Grand Magasin), leur ambition consiste à croire possible que d’autres partagent cet enthousiasme.Grand Magasin :Un beau jour, Pascale Murtin et François Hiffler, deux danseurs contemporains, décrètent que la danse est une discipline contre nature. Ils tournent le dos à leur formation classique et fondent en 1982 la Cie Grand Magasin, "une association de bons intérêts". Ensemble, ils ont créé une vingtaine de pièces, numéros et performances, s’adjoignant parfois les services de leurs amis (dont Bettina Atala de 2001 à 2010) : des spectacles sans costume, sans décor, ni prouesse technique, à la poésie parfois absurde... de drôles d’objets spectaculaires mariant humour et rhétorique.Leur manière de jouer des mots et de l’absurde, leurs créations intelligemment décalées leur ont valu des comparaisons avec Queneau, Tati ou encore de participer à l’exposition Dada organisée par le Centre Pompidou en 2005. Leur style au pragmatisme faussement naïf et à l’humour pince-sans-rire, c’est encore eux qui le définissent le mieux : fuite du spectaculaire, raréfaction des accessoires et des paroles, évacuation de la scénographie, répugnance à gesticuler, dégoût de l’illusionnisme. Conférences en auditorium, interventions en décor naturel, démonstrations dans une galerie d’art ou déploiements sur une scène de théâtre, il s’agit dans tous les cas de grand spectacle. Enregistré le 6 février 2014 dans la salle Roland Topor Théâtre du Rond-Point. Durée : 42:28 > les autres Trousses de secours dédiées au travail En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

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