Michel Zinger
Publié le 02/08/2015

Mondes Parallèles


La recherche de Madeleine

Après une enfance heureuse, tout juste perturbée par le fait que mes parents pensaient que je n’étais pas vraiment leur fils, je n’ai pas su trop quoi faire de l’avenir. Mes études furent bordeliques et décousues, entre faculté des lettres et des sciences, beaux-arts et musique, le tout en même temps, sans être doué pour quoi que ce soit et sans jamais aboutir à quelque chose. Un jour, alors que je cherchais un chemin que jamais je ne trouvai, je frappai par hasard à la porte d’une école renommée qui, ayant apprécié mon sens de la repartie, eut la bonté de m’accueillir, de m’enseigner des choses et de me donner de quoi occuper mon temps pour la vie avant que je ne réalise que ce temps n’existait pas.

 

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Le 22 novembre 2012 à 17:48
Le 5 août 2015 à 09:32

Invitation à jouir

Une experte à votre service

On me dit experte, on réclame à grands cris ma technicité. Jeanne Moreau a eu plus de mille amants, on l’admire. Je suis une femme inconnue, on apportera peut de crédit à mon expérience de petite salope. Être  travailleuse du sexe est un choix (une licence de philosophie, une maîtrise de sociologie, il me semble que je pourrais faire autre chose de ma vie…). Merci de ne pas mettre en accusation mon enfance, mon parcours. Le petit doigt dans le cul pendant la fellation impériale, ils raffolent. Grisélidis Réal en parle suffisamment dans son Carnet de bal d’une courtisane… Les hommes sont très ouverts à la multiplicité des pratiques sexuelles, il s’en trouve un grand nombre pour essayer stupidement de me faire (de vous faire (salut les filles ! !) exploser de plaisir par tous les moyens. Leur jouissance triste se limite bien souvent à l’exercice de leur puissance indexé à leur valorisation narcissique. A l’observation, ils ne savent pas jouir autrement. Combien de lecteurs de Vents Contraires (animateurs de la revues, auteurs) suivront mon conseil quand je les inviterais gentiment à expérimenter un massage prostatique pour qu’ils aient enfin une idée un peu sérieuse de ce que signifie un orgasme masculin ? Il y en aura davantage pour s’affirmer féministe, attentif au plaisir de l’autre. Blah blah et brouhaha reprennent place à ce moment même où vous finissez de lire ce texte. Je retourne travailler.

Le 30 novembre 2014 à 08:36

Au secours les mots : Jean-Daniel Magnin défend "Vous savez..."

Délivrons les mots récupérés et dévoyés!

Parce que la langue est le lieu d'un champ de bataille idéologique, il faut s'occuper des mots dénaturés ou vidés de leur sens par les politiques et les médias. Klemperer Junior invite des auteurs à les réhabiliter. Et vous ? Sauvez un mot ou une expression ici. Je veux vous parler de cet insupportable "vous savez..." qui sort en rafale de la bouche des responsables politiques français sitôt qu'un journaliste fait mine de les pousser un tantinet dans un coin du ring. Vous voyez de quoi je parle ? De ces "vous savez..." répétitifs suivis d'expressions telles que :– "lorsqu'on est en charge de la représentation nationale…"– "on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs…"– "être ministre c'est savoir prendre des décisions..."L'expression "vous savez...", traduction mécanique du "you know" anglo-saxon, cherche à établir une connivence factice entre l'énonciateur et son interlocuteur, sous l'apparence d'une soudaine introspection, d'une confidence imprévue. Le but étant évidemment de dire exactement le contraire de ce qui est énoncé : je vous dis que vous savez, mais en fait vous ne savez rien et moi seul qui parle sais.Le "vous savez..." dévoyé se dégaine lors des moments "de vérité" du débat ou de l'interview :– soit il signale qu'on va improviser, dans un grand afflux de sincérité, une réponse en fait préparée en amont pour parer une question piège attendue;– soit, lorsqu'on est réellement pris au dépourvu, plusieurs "vous savez..."  enfilés permettent de répondre du tac au tac tout en s'octroyant quelques précieuses secondes de réflexion (le "vous savez..." français en trois pieds apportant 50% plus de répit que le "you know" anglais). Si quelqu'un commence à vous lâcher d'un air sincère et pénétré "vous savez...", ne pensez pas que cela signifie "je sais que tu sais que je sais que tu sais...", non, c'est tout simplement qu'il est en train de vous prendre pour un con : Vous savez… planter des choux… à la mode à la mode… vous savez… planter des choux à la mode de chez nous... Traduction : seul le locuteur s'y connaît en plantage de choux ; le plantage de choux est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des amateurs.On aurait pu traduire plus justement "you know" par  "voyez-vous", moins donneur de leçon, plus neutre. Mais plutôt que de sauver le "vous savez..." , je propose de l'utiliser comme un instrument de mesure : plus un responsable recourt au "vous savez...", plus on saura qu'il sent la mauvaise savonnette et les relents de chou farci. > D'autres mots sauvés sur ventscontraires > Jean-Daniel Magnin

Le 20 mai 2011 à 08:55

Nous avons remplacé notre mémoire par l'image

Restons vieux jeu

L’image omniprésente au XXIe siècle a immortalisé ce que l’Homme a déjà : le regard et la mémoire. Cette parodie est révélatrice: les gens ne cessent de se prendre et de prendre à tout va en photos. Pourquoi un arrêt sur image ? L’Homme aurait-il peur d’oublier le présent ? Notre appareil remplace notre cerveau mémoriel. L’instantanéité remplace le temps du récit, le temps de l’orateur. Voler ces instants et les publier pour que tout le monde voie ce que vous avez vu. Partager l’illusion d’être ailleurs, alors que vous êtes devant votre écran à lire. Mais nous ne voyons pas plus. Nous restons coincés entre une machine photographique, nos souvenirs et un écran. Pourtant ces instants peuvent être racontés, partagés   Une amie me racontait ces voyages passés des années 80 en Russie et en Birmanie. Les tensions dans ces pays lors de ses séjours l’empêchaient de prendre des photos. Mais son regard sur place ne l’empêchait pas de mémoriser ses événements. Elle peut vous les raconter en détails comme si c’était hier. Aujourd’hui nous croyons pouvoir tout dire, tout faire derrière notre écran. L’image tant modifiable, « photoshopée » en perd sa vérité. Nous voulons montrer quelque chose qui n’existe pas.   La mémoire est donc l’outil le plus précieux. La mémoire conserve les images, les odeurs, les sensations vécues. L’Histoire ne s’oublie pas. Le passé raconté est riche d’images. Cela s’efface avec le temps ou se déforme, mais cela garde une authenticité humaine.

Le 2 février 2012 à 09:03
Le 3 septembre 2012 à 11:45

« Je ne veux pas faire le concours de celui qui fait pipi le plus loin. »

Nathalie Kosciusko-Morizet, Le Lab/Europe 1, 21 août 2012

Comme elle le reconnaît volontiers, à ce petit jeu Nathalie Kociusko-Morizet n’est pas la mieux appareillée pour une grande performance. Mais voir les garçons qui sont ses rivaux dans la course à la présidence de l’UMP, exhiber leurs membres – il faut 8000 signatures d’adhérents pour être parrainé  à la candidature – la ferait plutôt pisser de rire.  Adepte d’une « troisième voie » dans son parti, entre ces deux grosses « vessies » que sont François Fillon  et Jean-François Copé, la députée-maire de Longjumeau ne se prive pas d’épancher sa féminitude sur la voie publique. Pourtant, celle qui ne veut pas faire rimer candidate et prostate, n’est pas du genre à baisser les yeux dans la cour de récré. Les gros balèzes qui se la pètent manteaux de cuir et crânes rasés, elle en fait du petit bois. Patrick Buisson, l’éminence brune du ci-devant Président, en sait quelques chose. Elle se l’est cueilli à la sortie des urnes et l’a renvoyé à ses incontinences maurassiennes. Cependant, NKM n’est pas exempte de contradictions métaphoriques puisqu’on lui prête bien peu de considération pour les idées de l’UMP qui…ne pisseraient pas loin. Surtout dans le domaine de l’écologie, son terrain de prédilection, là où il ne faut pas venir la faire….disons suer. On lui attribue des ambitions présidentielles à l’horizon 2017, alors de méchantes langues prétendent qu’elle ne se sent pas pisser. Que des jaloux !

Le 30 juillet 2015 à 09:17

Poule de luxe

Pubologie pour tous

Dans chaque foyer, il y a un RDA. Rien à voir avec la République Démocratique Allemande, même si dans certaines familles l’ambiance n’est pas franchement plus folichonne et qu’on aurait bien besoin d’un mur pour ne pas se taper sur la gueule. Non, de nos jours, ironie de l’Histoire, le RDA, c’est le Responsable Des Achats. Celui qui fait les courses quoi. En d’autres termes, la ménagère de moins de 50 ans. En d’autres termes Bobonne. Donc, se dit le publicitaire, il faut parler à Bobonne : celle qui repasse en regardant Plus Belle La Vie, un fichu imbibé d’huile de friture sur ses cheveux bicolores (sa dernière coloration date de 6 mois et elle n’a pas eu le temps de refaire les racines). Bobonne est un peu concon, alors Bobonne, quand elle fait les courses, elle choisit du poulet pas cher. Qu’est-ce qu’elle est terre-à-terre, Bobonne, c’est terrible ça, pas une once de folie consommatrice dans les habitudes d’achat de Bobonne. Sous prétexte que c’est difficile de vivre à 5 sur le SMIC de Monsieur, non mais on en entend de belles. Bref, il faut vendre du poulet cher à Bobonne qui achète des marques distributeur et porte ses culottes 3 jours pour économiser l’eau et la lessive. Comment faire ? C’est simple : il faut la faire rêver, Bobonne. L’emmener loin, lui permettre de s’évader de sa triste vie. Lui parler de choses qui la concernent en tant que femme. C’est donc tout naturellement qu’on en arrive à lui parler de sac à main. On lui dit, Bobonne, vas-y, fais-toi plaisir, pour une fois, tu peux : offre-toi un poulet Schmilbluc. C’est un peu plus cher (si peu) mais tu le mérites. Je dirais même, tu le vaux bien.

Le 15 mai 2014 à 07:03

Chez les Colson, le chien fait partie de la famille

Charlenry, un chien à qui parler Alors ces vacances, comment ça se présente ? Tu y as pensé ? Je t’avais demandé d’y réfléchir. Tu te souviens ? On en avait parlé. Tu n’as pas eu le temps peut-être ? Ah ! Je m’en doutais. C’est dommage. Je constate une fois de plus qu’il ne sert à rien avec toi de s’y prendre à l’avance. J’avais sollicité ton avis sur l’organisation de tes vacances parce que, me semblait-il, cela te concernait au premier chef, et je vois que tu as négligé de t’en préoccuper. C’est incompréhensible. Je suis très déçu, je le dis sans détour, ni vouloir te fâcher. Il est clair que ta désinvolture ne me dispose pas favorablement à ton endroit, tu le comprends je suppose. Aussi vais-je devoir, là où j’aurais tant préféré avoir avec toi un dialogue horizontal, d’égal à égal en somme, je vais devoir disais-je agir de façon autoritaire et verticale, ce à quoi je répugne. Comme tu le sais, je n’ai pas l’âme d’un maître-chien, mais tu en as décidé autrement. Bien. Examinons maintenant la situation. Cet été, Éléonore donnera une série de concerts dans le Luberon puis à Venise, ensuite elle s’envolera pour le Japon où elle doit enregistrer son prochain disque. Je serai moi aussi à l’étranger, à Ottawa en juillet pour la Conférence Internationale de Pragmatique, en août à Los Angeles chez Oswald W. Brody. Tu te souviens d’Oswald ? C’est ce grand barbu sympathique qui est venu à la maison en février. Je dois réviser sa traduction de Ruses du sous-entendu dans les énoncés performatifs, mon dernier essai. Bref, tu as compris. Cet été, ni Éléonore ni moi ne pouvons te garder. Mme Gachautin a ses congés, la maison sera fermée. Et cette année, Hubert ne va pas dans les Alpes. Voilà. Tu seras donc mis en pension au chenil LES CROCS BLANCS du 15 juin au 30 septembre. C’est tout. Merci. Tu peux disposer.

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