Michel Zinger
Publié le 02/08/2015

Mondes Parallèles


La recherche de Madeleine

Après une enfance heureuse, tout juste perturbée par le fait que mes parents pensaient que je n’étais pas vraiment leur fils, je n’ai pas su trop quoi faire de l’avenir. Mes études furent bordeliques et décousues, entre faculté des lettres et des sciences, beaux-arts et musique, le tout en même temps, sans être doué pour quoi que ce soit et sans jamais aboutir à quelque chose. Un jour, alors que je cherchais un chemin que jamais je ne trouvai, je frappai par hasard à la porte d’une école renommée qui, ayant apprécié mon sens de la repartie, eut la bonté de m’accueillir, de m’enseigner des choses et de me donner de quoi occuper mon temps pour la vie avant que je ne réalise que ce temps n’existait pas.

 

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Le 8 décembre 2015 à 08:54

De la politique, de la liberté, de la santé publique

Petit cours de rattrapage pour Marion Maréchal Le Pen

Je vous assure que j’aimerais vous parler d’autre chose, vous allez finir par penser que je fais une fixette sur le sujet, mais aujourd’hui je vous cause encore d’avortement. Parce qu’il est à croire que jamais on ne nous laissera tranquilles avec le sujet. Petit rappel des faits : Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale et commence son combat parlementaire pour que l’IVG devienne un droit pour les Françaises. Le 17 janvier 1975, Simone Veil gagne, arrachant leur vote aux parlementaires de droite, sous couvert de la protection de la vie des femmes. Car c’est bien de cela dont il s’agit : aujourd’hui, dans le monde, on estime selon les sources entre 47 000 et 68 000 décès annuels de femmes des suites d’un avortement dont les conditions sanitaires n’ont pas été respectées à cause notamment de législations liberticides vis-à-vis de l’IVG. J’ai relu les chiffres plusieurs fois, j’ai cherché partout. J’ai halluciné. On pourrait me dire qu’ils sont un peu « flous ». Je rétorquerais qu’ils sont surtout complètement fous. Le 13 novembre 2015 (oui, c’était passé inaperçu pendant quelques jours au vu des événements), Marion Maréchal Le Pen, candidate du Front National pour la région PACA déclare : Interviewer : Je vais vous demander une deuxième fois car je ne suis pas sûr d’avoir bien compris, vous supprimeriez la subvention accordée au planning familial ? MMLP : Oui, absolument. Absolument parce que je considère qu’aujourd’hui ce sont des associations qui sont politisées. Ils véhiculent une banalisation de l’avortement, or je considère que c’est un sujet important en France et je vais même aller plus loin, je pense même que c’est LE tabou aujourd’hui en France. Et oui Marion Maréchal Le Pen ! Le tabou de ne pas laisser mourir des femmes dans des cuisines avec des cintres ou des aiguilles à tricoter entre les jambes ! Sacré tabou en effet… Parce qu’en France, avant les plannings familiaux, avant la loi de 1975, on comptait environ 400 femmes décédées suite à un avortement clandestin ; ces chiffres sont difficilement exploitables du fait du ….tabou justement…. qui leur était lié. Toutefois, ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, les décès liés à une IVG se situent entre 0 et 2 selon les années. La pratique légale de l’IVG sauve des vies. Voilà la question essentielle. Alors on va me dire « Oui, mais cesser de donner de l’argent à une association, ce n’est pas interdire l’avortement. » Certes. Mais les plannings familiaux sont les premiers lieux d’accueil de jeunes femmes et jeunes hommes qui ont besoin de réponses liées à la sexualité et la grossesse. Ce sont des lieux anonymes. Quand on sait que 150 centres d’orthogénie (qui pratiquent les IVG) ont fermé, on se rend compte de la nécessité de cette structure de proximité. Marion Maréchal Le Pen, l’avortement n’est pas une mode, les chiffres restent stables (aux environs de 220 000 par an en France) alors que la population augmente… on baisse donc en proportion. Une Française sur 3 a avorté. Il est essentiel que cet acte qui relève d’un quotidien (et non d’une banalisation !) lié à la sexualité soit le plus sécurisé possible et se passe dans des conditions psychologiques, avec un accueil le meilleur possible. Les plannings familiaux sont essentiels. Je rappelle en outre que si Marine Le Pen a vaguement recadré sa nièce suite à cette sortie, elle est celle qui employa la terminologie « d’IVG de confort » et qui vota CONTRE le rapport Tarabella le 10 mars 2015 au Parlement européen, rapport insistant sur l’accès des femmes à la libre contraception et à l’avortement. La boucle est bouclée. C’est bien de la liberté à disposer de son corps, dont on parle, mais aussi de santé publique. Le Front national n’est pas et ne sera jamais l’ami des femmes. Si vous votez dimanche, faites-le en toute connaissance de cause. Dessins : James

Le 2 mars 2012 à 18:49

« Moi je n'ai pas 40 hectares, OK ? OK ? »

Nicolas Sarkozy, Itxassous, jeudi 1er mars 2012.

C'est la réplique (agri) culte du Président-candidat à un couple de paysans basques qui avait osé l'interpeller : « On n'a pas le même salaire. » Comment qu'il leur a rivé le clou, Nicolas Sarkozy, à  ces croquants qui se la pétaient damnés de la terre. Ils avaient omis de dire qu'ils possédaient  du bien. Et 40 hectares, ce n'est pas une paille. Savent-ils seulement, ces intempestifs ce qu'il en coûterait de posséder autant de terres cultivables dans les Hauts-de-seine ? Bon, c'est vrai que 40 hectares au Pays basque ça ne va chercher que dans les  200 000 neu-neu (5000 euros l'hectare de valeur vénale moyenne selon le J.O de 2009.) Pour ce prix là t'achètes à peine une chambre de bonne à Neuilly-sur-Seine. Pour dix fois plus t'aurais bien pu acquérir l'appartement de Nicolas et Cécilia, il y  a cinq ans, sur l'Ile de la Jatte. Mais justement ils divorçaient. Il a fallu partager, et avec cinq ayants droits il te reste quoi ? Il faut une mauvaise foi de socialiste pour voir le pognon dans l'oeil du voisin, mais pas le lingot dans le sien. La vérité, c'est que les « services » secrets hollandais n'avaient pas seulement déguisé des militants du PS en « abertzale » forcenés ce jeudi 1er mars dans le vieux quartier de Bayonne, que Nicolas Sarkoy était venu reconquérir comme « un territoire de la République ? » Ils avaient aussi travesti deux agents en paysans insolents. Demain, on vous le jure, ce sont des stations d'épuration qu?ils vont installer dans les campagnes.Illustration : d'après l'Ile de la Grande Jatte de Georges-Pierre Seurat

Le 14 décembre 2011 à 07:26
Le 28 mars 2011 à 10:31

Libérez la fiction !

Quand j’étais gosse, le dimanche chez ma grand-mère, je m’ennuyais ferme, je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Ses magazines, parfois. Je me souviens, j’étais frappée par la mention Vu à la télé qui ornait les publicités. Dans les années 70, coller ce bandeau sur un produit c’était lui attribuer un sacré gage de fiabilité, la légion d’honneur. Ça faisait vendre. Depuis quelque temps, un label du même genre est apparu, sur les affiches de films. Vous avez le choix entre Inspiré de faits réels ou D’après une histoire vraie. Cette étiquette est elle aussi censée rassurer. Elle dit au spectateur : « Attention l’ami, ce que tu vas voir n’est pas né de l’imagination féconde d’un artiste, parle pas de malheur, c’est arrivé pour de bon. Certes, un scribouillard a mis l’histoire en forme, mais elle aurait pu être écrite par un autre, car l’auteur là on s’en tape. L’essentiel c’est que TOUT ce qu’on te raconte soit vrai. » Ce label Vrai de chez vrai, il me hérisse, et je reste polie. Pourquoi la réalité serait-elle plus intéressante que la fiction ? D’où ça sort, qui l’a décrété ? C’est juste une manière de museler les créateurs en laissant entendre qu’ils n’ont plus rien à dire, une façon sournoise d’endormir les spectateurs aussi, de bouter l’inventivité hors de la cité. La vraie vie est un matériau superbe, on le sait merci, mais elle n’est pas l’œuvre finale. Un artiste s’en nourrit par bouchées mais après il la digère, il la recrache avec ses tripes à lui, son point de vue. Créer n’est pas recopier. Jusqu’à présent, il semble que le théâtre soit à peu près épargné par ce fléau. Tant mieux. Car je ne veux pas savoir si Othello a existé en chair et en os, je me fous de croiser Vladimir et Estragon sur le trottoir d’en face. En vérité je vous le dis : j’ai horreur du réel !

Le 28 mars 2015 à 10:44
Le 21 décembre 2010 à 12:57

Laissez Noël en paix (réactualisé)

Conseil Citoyen 6

Nous voilà en décembre et ton moral en berne Face au jeu malicieux de ceux qui nous gouvernent Te fait conjecturer que pour le réveillon Tes rejetons n’auront ni cadeau ni bonbon, Que seuls de pauvres trous rempliront leurs chaussettes, Que tu n’auras pour feu que quelques allumettes Et que le seul sapin restant à décorer Ce sera ton cercueil et ses quatre poignées.   Arrête-là, veux-tu  et redresse la tête Surtout pour ce qui est de préparer les fêtes. Ne sais-tu pas, l’ami, que la nuit de Noël, Avec tous ses présents et sa bonne nouvelle,C’est l’arnaque du siècle et le baise couillon Le plus élaboré pour prendre ton pognon ? Si tu crains de sombrer au cœur de la tourmente Ne va pas te mêler aux masses consommantes. Il y a des moyens pour remplir une hotte Qui ne coûtent pas plus qu’une boîte de crottes.   Surtout pour ce qui est des tout petits enfants, Je veux parler de ceux qui ont moins de trois ans. Dis-toi bien que ceux-là ne savent pas du tout Si Noël est en mai, en décembre ou en août. C’est donc quand tu le veux, si tu veux bien le faire Et il en va de même à leur anniversaire. Et si pour eux quelqu’un te donne des étrennes Tu les mets dans ta poche et puis tu les fais tiennes.   A partir de trois ans et disons jusqu’à sept Si tu ne donnes rien, ils te feront la tête. Alors n’hésite-pas, vas-y le cœur en liesse, Rends leurs allègrement le menu de leur pièce ; Tableaux de grains de riz, cendriers de Saint-Jacques Poupées de mie de pain ou colliers de pâtes.   Pour les plus grands, ma foi, tout est dans l’emballage Et dans la marque aussi. Ce qu’il faut pour leur âge, C’est un logo connu qu’ils pourront exhiber. Dans ce goût tout est bon et rien n’est prohibé. Passe chez Emmaüs et pique une étiquette Recouds là bien en vue sur une autre liquette Et ne t’affole pas à cacher l’origine Grande marque ou chiffon tout est cousu en Chine.

Le 20 mai 2015 à 09:10

Entre un chat et un canapé il faut choisir

A force de voir mon chat faire ses griffes sur mon canapé j’ai fini par l’abandonner. Comme ça, un soir, sur un coup de tête. Je sais que c’est moche, mais n’allez pas croire que je l’ai fait sans aucune compassion.   Le plus difficile a été de le faire rentrer dans la voiture, comme s’il se doutait de quelque chose, à moins que ce ne soit parce qu’il faisait nuit et que je n’y voyais pas grand chose contrairement à lui. J’ai commencé à rouler sans la moindre idée d’où aller, la seule chose à laquelle je pensais était de partir le plus loin possible, m’assurer qu’on ne puisse pas me le rapporter, suffisamment loin pour ne pas être tenté de faire demi-tour au moment venu où le remord viendra ronger le vide de la banquette arrière et de ma solitude annoncée.   Je jetais de temps en temps un regard dans le rétroviseur pour m’assurer qu’il était bien attaché et ne se fasse pas la malle au moindre virage serré. Après une bonne heure de trajet, j’ai fait ce que tout le monde aurait fait à ma place à ce moment là, je me suis arrêté sur une aire d’autoroute. J’ai fait le plein d’essence et je suis reparti.   Lorsque je me suis retrouvé suffisamment loin, là où le paysage autoroutier vous offre ce qu’il y a de plus ennuyeux à regarder et que le son de la radio n’émet plus que d’inaudibles grésillements, j’ai fini par emprunter la première sortie qui venait avant de m’arrêter quelques kilomètres plus loin, dans un endroit à première vue idéal, en plein milieu des bois.   D’ici on pouvait apercevoir quelques étoiles et la nuit était agréablement froide. Je l’ai sorti de la voiture avec cette fois-ci beaucoup moins de précautions qu’au départ. Je l’ai lâché là, en pleine nature, sans même me retourner, pressé de repartir de peur d’être rattrapé par la culpabilité.   Lorsque je suis arrivé chez moi, quelle ne fut pas ma surprise de trouver mon chat qui m’attendait sur le pas de la porte. J’étais persuadé de l’avoir laissé à l’intérieur tout à l’heure en partant. En tout cas, il n’avait pas l’air plus contrarié que cela de ne plus avoir de canapé à lacérer.   Les chats s’accommodent facilement de l’absence de leurs maîtres, si vous ne leur donnez pas à manger, ils vont chez le voisin ou bien ils bouffent vos plantes tandis que le canapé peut lui se laisser mourir. Je ne sais pas encore si je reprendrais un jour un canapé, mais si cela devait arriver et que j’ai encore mon chat, ce sera forcément un canapé déjà amoché, un canapé soldé, un canapé dégriffé.

Le 20 novembre 2011 à 09:08
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