Albane Tapeh
Publié le 05/08/2015

Invitation à jouir


Une experte à votre service

On me dit experte, on réclame à grands cris ma technicité. Jeanne Moreau a eu plus de mille amants, on l’admire. Je suis une femme inconnue, on apportera peut de crédit à mon expérience de petite salope. Être  travailleuse du sexe est un choix (une licence de philosophie, une maîtrise de sociologie, il me semble que je pourrais faire autre chose de ma vie…). Merci de ne pas mettre en accusation mon enfance, mon parcours. Le petit doigt dans le cul pendant la fellation impériale, ils raffolent. Grisélidis Réal en parle suffisamment dans son Carnet de bal d’une courtisane… Les hommes sont très ouverts à la multiplicité des pratiques sexuelles, il s’en trouve un grand nombre pour essayer stupidement de me faire (de vous faire (salut les filles ! !) exploser de plaisir par tous les moyens. Leur jouissance triste se limite bien souvent à l’exercice de leur puissance indexé à leur valorisation narcissique. A l’observation, ils ne savent pas jouir autrement. Combien de lecteurs de Vents Contraires (animateurs de la revues, auteurs) suivront mon conseil quand je les inviterais gentiment à expérimenter un massage prostatique pour qu’ils aient enfin une idée un peu sérieuse de ce que signifie un orgasme masculin ? Il y en aura davantage pour s’affirmer féministe, attentif au plaisir de l’autre. Blah blah et brouhaha reprennent place à ce moment même où vous finissez de lire ce texte. Je retourne travailler.
Albane Tapeh est une femme libre. 

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Le 28 avril 2014 à 09:12

Le Professeur Pascal répond à vos questions

La France doit-elle envahir Monaco ?

OUI. La France doit envahir Monaco, et pas seulement avec des voitures de sport. La France doit montrer à Vladimir P. que, elle aussi, elle est capable de bomber le torse et les murs du palais princier. D'ores et déjà, il convient de dénoncer la clique fasciste qui continue de parler le monégasque, alors qu'il ne s'agit même pas d'une langue, tout juste un sabir connu seulement des croupiers de casino. Ça suffit ! Boutons le monégasque hors de Monaco ! A l'exemple de Vladimir P., organisons des groupes d'autodéfense qui prendront d'assaut le palais princier et les casinos. Les Français en ont assez des jeux de grattage : ils veulent jouer à la roulette comme à Moscou ! Profitons-en aussi pour arraisonner les yachts qui mouillent dans le port du Rocher, sinon la clique fasciste risque d'y trouver refuge pour bombarder nos vaillants soldats déguisés en pilotes de course. Annulons le Grand-Prix de Monaco. Remplaçons-le par les 24 heures du Mans. De cette façon, le Mans s'étant déporté dans la Principauté, nous créerons une nouvelle spécialité locale : les rillettes de Monaco. Bon, j'en vois déjà qui doute de la validité d'un tel projet. Il en est même qui crient à l'Anschluss. Il est grand temps de faire taire ces onusiens défaitistes à la solde de l'Oncle Sam ! Libérons Monaco ! Redonnons aux Français ce qui leur appartient, les Porsche du prince Albert et les portes à tambour des grands hôtels !

Le 7 avril 2015 à 08:44

Il passe toute sa journée à commenter des choses qu'il n'aime pas sur les réseaux sociaux

Nevers – Un jeune homme a expliqué aujourd’hui qu’il passait l’intégralité de ses journées à commenter des choses qu’il n’aimait pas sur les réseaux sociaux et sur Internet. Il poste ainsi plusieurs centaines de commentaires négatifs sur des sujets qu’il n’aime pas, n’a au fond jamais aimé et qu’il n’aimera sans doute jamais. Reportage. Une activité très soutenue que Jules, 26 ans, commence quand il arrive à son bureau et qui se poursuit parfois même en dehors des heures de travail. « Je commence d’abord par commenter les émissions de la veille, parce que je n’aime pas la télévision. Mais je regarde beaucoup d’émissions que je n’aime pas, comme tout le monde, c’est nul, c’est tout. » a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. Interrogé sur le fait s’il y avait des des sujets qu’il appréciait plus ne pas aimer que d’autres, le jeune homme est resté évasif. « Parfois il y a des choses que j’aime moins que d’autres, donc je vais prendre plus de temps pour rédiger mes commentaires, histoire de bien expliquer pourquoi c’est nul et pourquoi c’est comme ça et pas autrement ». Une activité qui le suit aussi chez lui, jusqu’à parfois très tard dans la nuit. « Il y a plein de choses que je n’aime pas sur Internet, et cela prend du temps. Parfois je vois à peine ma femme et mon enfant, mais ils comprennent que c’est important, que c’est ma passion » dit-il avant de s’énerver parce que quelqu’un a dit du bien d’une série télé qu’il n’aime pas mais qu’il continue de regarder quand même. Le jeune homme dit aussi attendre avec impatience une prochaine nouvelle formule du Grand Journal. « Je n’aime pas du tout cette émission et j’attends de voir si la nouvelle formule sera aussi moins bonne que la précédente, j’ai tellement hâte d’en dire du mal » précise-t-il avant de commencer à poster des commentaires négatifs sur sa propre interview.

Le 2 juillet 2013 à 09:45

Un néo-nazi essaie difficilement de cacher à ses camarades sa passion pour le cachemire

Appartenir à un groupe, à une communauté, n’est parfois pas aisé. Et Thierry (le prénom a été modifié) en sait quelque chose. Depuis plusieurs années déjà, il fait partie d’un groupuscule néo-nazi. Il est fier d’y appartenir et se sent en adéquation avec les idées de ses camarades. Mais depuis la mi-janvier, l’activiste d’extrême droite vit une véritable déchirure tant psychologique que morale puisqu’il livre en secret un véritable culte au cachemire, textile doux s’il en est. « Les autres ne comprendraient pas » C’est dans un hôtel à 30 kilomètres d’où il vit que Pascal (son prénom a été de nouveau changé) a décidé de nous recevoir. Aujourd’hui il se dit rongé par la culpabilité. Celle de vouer une passion au cachemire qu’il ne peut exprimer au grand jour, sous peine de représailles de ses camarades néo-nazis : « Si jamais ils venaient à découvrir cet aspect de ma vie, je serais tout simplement un homme mort. Porter du cachemire ou même simplement aimer ça est totalement mal vu chez nous. Si je ramenais un pull de ce type à l’une de nos réunions, je pense qu’ils me traiteraient tout de suite de tous les noms avant de me lyncher. » Et pourtant, cette attirance pour ce doux textile ne l’empêche pas pour autant de rester un raciste convaincu : « Ce goût qui est le mien n’entrave en rien mes idées. Je pense toujours que la race blanche est destinée à diriger le monde car nous sommes de loin supérieurs. Je veux dire : j’aime le cachemire mais je suis un nazi ! Si seulement mes amis pouvaient comprendre ça… » Antoine Roche est sociologue spécialisé dans la recherche sur ces groupes identitaires se revendiquant du nazisme. Il a notamment travaillé sur l’importance du code vestimentaire dans ce milieu et pour lui, le dilemme de Thierry est tout à fait logique : « Les mouvements néo-nazi ont historiquement une aversion pour les matières douces comme le cachemire. Ils se dirigent plutôt vers des vêtements comme des pantalons de treillis en coton lourd ou des bombers  100% Polyester. On est donc très loin des caractéristiques physiques du cachemire ou même de la laine. » Le cachemire est donc implicitement banni de toutes les organisations extrémistes de ce genre comme le souligne Antoine Roche : « Ce type de textile qui revêt une douceur incontestable est très vite assimilé chez ce type d’individus à l’idée d’absence de virilité, de radicalité. Les néo-nazis ont cette représentation sociale très forte qui est qu’un « bon » membre de leur communauté doit exprimer une certaine forme de dureté. Dureté dans les idées, dureté dans les actions mais aussi dureté dans les vêtements. Tout agent du groupe social qui enfreint cette loi se voit instantanément stigmatisé. » Des camarades en colère Contactés par la Rédaction, les amis néo-nazis de Pascal se disent « abasourdis par une telle révélation » en apprenant sa passion pour le cachemire. Et chez eux, la colère semble proportionnelle au sentiment de trahison : « Écoutez, on ignorait tout ça jusqu’à aujourd’hui. Je crois que pour l’instant on va réfléchir à une sanction mais je peux d’ores et déjà vous garantir que ça risque de très mal se passer pour lui. » Le Gorafi Photo :iStock  

Le 27 août 2013 à 08:14

Les dossiers du Gorafi : Le chat de la mère Michel, les faits

Plus de cinquante ans après les faits, Le Gorafi revient sur l’enchaînement tragique des événements de cette journée du 11 février 1969.   Afin de mieux comprendre, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La France vit les derniers moments de l’ère de Gaulle et panse ses plaies à la suite des événements de Mai-68. La construction de la nouvelle départementale au sud du hameau de Creil, où habite madame Michel, va bouleverser l’écosystème fragile d’une région jusque-là profondément enclavée.   Il est près de 6 heures quand la mère Michel se lève ce matin de février. Il fait froid, la campagne est endormie. À cet instant, la mère Michel ignore tout ce qui va arriver, car bien évidemment, cela ne s’est pas encore produit, les événements étant postérieurs au récit de cet instant.   Quand elle revient de la boulangerie où elle a acheté deux pains et deux croissants (pourquoi deux, la mère Michel vit toute seule, elle n’a jamais répondu à cette question mais cela mérite qu’on s’y attarde), elle ne remarque rien de suspect. Elle rallume le feu dans la cuisine comme à son habitude. C’est à ce moment qu’elle aperçoit le chat, bondissant entre les chaises. Son mari, décédé un an auparavant dans un tragique accident de ball-trap, n’est pas présent ce matin. La mère Michel constate aussi qu’en son absence, une des fenêtres de la cuisine s’est ouverte – le chat, pense-t-elle d’abord…   C’est à ce moment que tout va se jouer. Si on s’en tient au procès verbal de la gendarmerie de Creil, tout se déroule en quelques minutes.   12 h 34 : La mère Michel sort de la cuisine pour se rendre aux toilettes.   12 h 36 : La mère Michel sort des toilettes, retourne dans la cuisine, le chat est toujours là.   12 h 37 : Le facteur faisant sa  tournée à Creil est victime d’un accident, sa voiture s’encastre dans un pylône. Selon les enquêteurs, ce drame reste sans rapport avec les événements.   12 h 38 : On frappe à sa porte. Quand elle l’ouvre, personne. Elle aperçoit, de l’autre côté de la route, un homme de dos, vraisemblablement monsieur Lustucru, son voisin, habillé comme lui mais légèrement plus grand.   12 h 39 : Quand elle revient dans la cuisine, c’est la première fois qu’elle constate la disparition de son chat. À nouveau, elle ferme la fenêtre.   12 h 41 : Déjà deux minutes que son chat a disparu. La mère Michel fait le tour de sa petite maison. Elle trouve une pelote de laine au milieu de la cour.   12 h 49 : H+10 minutes : La mère Michel a fouillé toutes les pièces. Aucune trace du chat  qui semble s’être mystérieusement volatilisé. Elle tente de garder son calme et se dit qu’il sera de retour dans l’après-midi.   15 h 34 : La gendarmerie de Creil reçoit le premier coup de fil de la mère Michel. Elle leur signale la disparition de son chat. L’officier enregistre son témoignage : selon elle, le chat a disparu à 13 heures. Première contradiction. Ce ne sera pas la dernière. L’officier n’est pas surpris de cet appel. « À l’époque, nous recevions plusieurs appels de ce type chaque jour. J’ai toujours été surpris de voir l’importance que les médias ont donné à cette affaire. Il y a des choses que nous ignorons. »   À partir de là, les choses vont s’accélérer. Dans les heures qui suivent, le chat ne réapparaît pas. En fin de journée, la gendarmerie de Creil reçoit un coup de fil étrange, qui va relancer l’enquête. Monsieur Lustucru, un voisin, se dit prêt à « aider et collaborer pour que la mère Michel retrouve son chat ». Quand l’officier lui demande comment il est au courant, Lustucru répond l’avoir lu dans le journal. Or, l’annonce de la disparition du chat ne doit être publiée que le lendemain, elle n’est donc logiquement pas imprimée dans le journal du jour – les journaux publiant généralement des nouvelles qui se sont déjà produites. Pour beaucoup, le père Lustucru devient suspect. L’enquête ne fait que commencer.   Le Gorafi  

Le 9 juillet 2013 à 10:14
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