Marie Gloris Bardiaux-Vaïente
Publié le 17/08/2015

De ma participation contre le mansplaining


Quand un HOMME vous dit :

- L’avortement, je ne suis pas foncièrement contre, mais…

On en reparle quand tu seras doté d’un utérus, ok ?


- Les filles maquillées, en jupe et avec des talons c’est quand même vachement plus sexy.

Vas-y, commence en premier, mec. Je te regarde.

 

- Tu sais, je ne suis pas contre le féminisme, mais il y a des priorités dans les combats des femmes.

Fais-moi la liste de tes priorités pour ne pas déranger ton petit confort de mâle dominant, que j’aille en faire un autodafé.

 

- Les féministes, je les supporte à partir du moment où elles ne me cassent pas les pieds avec leur hystérie.

Et moi les hommes je les supporte à partir du moment où ils ne me disent pas comment penser et réfléchir. Bisous.

 

- Tu sais, ton histoire de dégenréer la langue franchement, t’as pas autre chose à faire ?

Non.

 

- Si tu veux mon avis…

Je ne pense pas te l’avoir demandé.

 

- Holala, vos histoires de gonzesses !

On parle prostate de suite, histoire de te mettre à l’aise, ou on attend un peu ?

 

- Je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas allaité tes enfants. C’est mieux pour la relation mère/nouveau-né.

Rappelle-moi combien de fois tu t’es levé la nuit pour aider ta compagne qui venait d’accoucher ? Ah oui, tu n’entendais pas le bébé pleurer. Tu es sourd. La masturbation, tout ça…

 

- Ce n’est pas en t’acharnant sur ce type de sujets (ton méprisant) que tu vas faire évoluer la société pour les droits des femmes. Tu ferais mieux de…

… De ne pas écouter un mot de plus de ta diatribe sous peine de me créer un ulcère.

 

- Moi je les connais pas les mecs dont tu parles, je sais pas où tu les croises.

J’aurais bien une réponse, mais je vais rester polie.

 

- Il faudrait arrêter de monter en épingle les propos de X, Y ou Z, occupe-toi des vrais problèmes.

Là, tu deviens mon vrai problème, tu vois.

 

- Tu es certaine qu’il a dit ça ? Bon, écoute, y a pas mort d’homme non plus.

Non mais il y a humiliation de femme.

 

- Tu n’as pas d’humour, franchement.

Tu sais ce qu’on dit, « femme qui rit », etc. Et ben là, tu vois, tu vas même pas pouvoir rêver de mon petit orteil.

 

- Tu te rends compte tout ce que tu as réussi à faire en tant que femme ?

Faut croire que je ne suis pas encore parvenue à être traitée en être humain lambda en revanche.

 

- Une femme doit faire des enfants. C’est important pour elle.

Sinon, ça va la vie ?

 

- Non mais vous parlez d’agression sexuelle à toutes les sauces maintenant, c’est n’importe quoi ! D’ailleurs ça commence quand une agression sexuelle ?

Avec ta main actuellement sur mon cul alors qu’elle n’y a pas été invitée.

 

Vous pouvez continuer la liste ad lib.

Et vous avez le droit de crier aussi.

Parce que oui, c’est insupportable.

 

 Dessin : James

Scénariste de bande dessinée, historienne, militante pour l'abolition universelle de la peine de mort et blogueuse féministe en pleine déconstruction, j'écris sur tout ce qui donne du sens à ma colère et à mon désir de comprendre le monde.
Et certains soirs, quand ça ne suffit pas, je compose des poésies érotiques.

Ma page Facebook

Mon blog "Notes d'intentions féministes"

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 12 juillet 2015 à 12:16

Mon gynécologue

Une fois une femme m’a quitté quand elle s’est rendu compte que nous avions le même gynécologue.Cela fait des années que je vais voir un gynécologue.Il y a quelque chose de très doux chez un gynécologue. J’aime comme il pose sa main sur mon épaule et me prie de m’asseoir sur la banquette. Je trouve ça rassurant d’aller voir un médecin qui aime et respecte les femmes. Il ne va pas parler d’un stupide match de foot l’haleine chargée de bière. Il soutient le droit à la contraception et à l’avortement.Je n’aime pas les médecins généralistes. Ils vérifient votre tension et tapotent votre genou pour voir si vous fonctionnez bien. Vous pouvez parler, ils ne vous écoutent pas : ils interrogent votre corps. Et puis, un généraliste n’a choisi aucune spécialité, il prend toutes les maladies, tous les patients, sans distinction d’âge ou de sexe. C’est suspect. Ça me fait penser à ces restaurants où on peut manger du chili con carne, de la choucroute et du cassoulet. Ce n’est pas très bon signe. Les autres médecins spécialistes ne me plaisent pas plus. Vous imaginez un jeune étudiant en médecine qui se dit « je rêve de me spécialiser en phlébologie » ? Comment peut-on envisager de passer sa vie à soigner des veines ? Non, définitivement, la gynécologie est la seule spécialité valable. Personnellement, j’ai porté mon choix sur un gynécologue obstétricien. Un professionnel habitué aux nouveaux-nés saura prendre soin de moi. C’est vrai, le premier rendez-vous a été un peu tendu, mais rapidement il s’est pris d’affection pour moi. Je lui change les idées. Et je lui permets de réviser. La première fois que je me suis déshabillé devant lui, j’ai vu l’émotion dans son regard : il n’avait pas vu de corps d’homme depuis la fin de ses études. Il était fou de joie. Mon gynéco est devenu mon médecin-traitant. Je vais le voir dès que j’ai un rhume. J’en profite pour lui poser des questions sur les femmes. Il n’y a pas meilleure source de renseignements. Nous nous entendons à merveille, après tout nous avons la même passion.

Le 7 mars 2012 à 09:18

Les flibustiers libertaires (surtout entre 1650 et 1730)

Les cracks méconnus du rire de résistance

La plupart des films de pirates, à commencer par la fort convenue série des Jack Sparrow-Johnny Depp, ne nous informent guère sur les mœurs pirates, très étonnamment toniques pourtant à plus d’un titre comme en attestent quelques livres rendant justice aux desperados des mers.   L’historien rebelle Hakim Bey va même jusqu’à présenter les repaires flibustiers près de Madagascar ou dans les Bahamas, et les sloop rapides et bien armés des pirates, comme des sortes de « zones autonomes temporaires » grand style. Dans son étude culte Utopies pirates (Dagorno), ainsi que dans les écrits de Markus Rediker et de Gilles Lapouge réédités fin 2011, respectivement chez Libertalia et chez Phébus, on apprend que bon nombre des gibiers de potence qui couraient la grande bordée sur les mers des Caraïbes et l’océan Indien entre 1650 et 1730 en battant pavillon noir préfiguraient d’une certaine manière les avant-gardes anarchistes héroïques du XXe siècle. Tant les insurgés makhnovistes d’Ukraine en 1918-1921 et ceux de Cronstadt, que les guerrilleros de la Colonne de fer ou de la Colonne Durruti libérant des régions entières durant la guerre civile d’Espagne pour y expérimenter l’autogestion et la vie sans contraintes.   Les frères de la côte, en fait, c’étaient les damnés de la mer. Qu’il s’agisse de proscrits politiques, d’esclaves en fuite ou de marins mutinés contre la discipline odieuse régnant à l’époque sur les frégates françaises, anglaises, espagnoles, portugaises, contre la dureté pleine de morgue des officiers, contre l’esprit de lucre des armateurs, c’était avant tout à l’ordre colonial-marchand qu’ils s’attaquaient sauvagement. Rien qu’entre 1716 et 1729, on recense plus de 2 400 navires marchands pillés par nos gredins, ce qui entraîne une véritable crise du commerce « de nation à nation ». « Les flibustiers, précise Markus Rediker, dans Pirates de tous les pays, entravaient le commerce dans les zones stratégiques d’accumulation du capital – les Antilles, l’Amérique du Nord et l’Afrique de l’Ouest – à un moment où l’économie atlantique récemment stabilisée et croissante était source de profits énormes et de pouvoir impérial renouvellé. » Pas mal de vaisseaux marchands, d’ailleurs, capitulent sans tirer un coup de feu dès qu’ils voient surgir au loin le Jolly Roger pirate. Et, pendant les abordages, les équipages attaqués n’entrent pas toujours en résistance. Il arrive même fréquemment que des matelots de la Royal Navy se rallient carrément à la piraterie après avoir offert à leurs assaillants la tête de leurs capitaines et des officiers royaux les ayant maltraités. Quant aux esclaves gisant dans les calles, il sont naturellement libérés et peuvent soit devenir eux-mêmes des pirates, soit lever le camp librement.   Mais comment donc les démons flottants s’organisent-ils ?   Sur mer comme sur terre, absolument toutes les décisions sont prises en commun par des conseils d’équipage. Les capitaines et les quartiers-maîtres sont élus pour leurs strictes compétences technico-guerrières et peuvent être révoqués à tout moment par la base. L’égalité totale règne sans tensions raciales (un quart des frères de la côte sont blacks). Le butin est réparti équitablement. Le blackstrap (mélange de rhum, de mélasse, de vin, de bière) coule à flots. En cas de conflit, les juges, c’est tout le monde autour de bols de punch. Les bases arrière de la flibuste près de Madagascar ou dans les Bahamas s’apparentent aux contre-sociétés ludico-hédonistes auxquelles rêveront les situs et les yippies. Pas de défavorisés : à chacun son hacienda sans haie autour ; à chacun l’abondance grâce aux raids et pillages, les invalides de guerrilla s’avérant particulièrement choyés. Pas de pouvoir hiérarchisé : des assemblées canailles faisant très mai 68 orchestrent tout bordéliquement en démocratie réellement directe. Et ça marche. Pas de frontières : le territoire des brigands des mers, c’est l’immensité océanique. Pas de rapports d’échange codifiés : les notions mêmes de négoce, de travail obligatoire et même d’économie en soi passent par-dessus bord. Les frères de la côte désaxent, notamment, la logique des rituels échangistes chaque fois qu’ils dilapident en quelques jours de folie des richesses absurdement amassées durant des vies entières de lésine. Ou chaque fois qu’ils se harnachent de diamants et d’autres joyaux tout en restant par ailleurs épouvantablement déguenillés, crasseux et malodorants. Pas de problèmes de communication : à Libertalia, dans la baie de Diego-Suarez, on crée une « free press » en recourant à une imprimerie de fortune et un langage synthétique commun, une espèce d’esperanto des Tropiques. Pas d’astreintes familiales (les uniques parents, ce sont les frères d’armes et de bombance), religieuses (« la culture des pirates, explique Rediker, est profane et blasphématoire ») ni morales (c’est la fiesta non-stop avec des essaims de bacchantes volcaniques se sentant bien mieux là qu’ailleurs).   « Les pirates, chantonne Julius Van Daal dans sa préface éperonnante à Pirates de tous les pays, allaient à la mort conscients et fiers d’avoir vécu la vraie richesse, qui n’est ni d’or ni de titres, mais d’art de jouir ensemble et sans mesure. » Les féroces flibustiers (littéralement, en vieux hollandais, les libres butineurs) étaient donc le plus souvent de joviaux utopistes taillant en pièces en toute lucidité le vieux monde mercantile. Et pratiquant avec beaucoup de machiavélisme le rire de résistance. Quelques exemples. En 1623, Belain d’Esnambuc, jeune aristocrate normand se vouant, à ses heures, à la piraterie masquée, obtient du cardinal de Richelieu, à force d’intrigues et de pieuses professions de foi, un magnifique équipage de trois navires et une somme rondelette pour aller prêcher la « bonne parole » aux sauvages de l’île Saint-Christophe (Caraïbes). Et le fripon, sitôt l’ancre levée, de mettre l’armada et les subsides du cardinal au service des frères de la côte. En 1686, le pirate Grammont annonce fièrement au gouverneur Cussy qu’il va ravager la ville de Campêche. Affolé, celui-ci fait mander du renfort. Mais, en guise de forces d’appoint, c’est le flibustier et ses compagnons déguisés en soldats et munis de faux laisser-passer qui s’introduisent dans la forteresse. En 1687, Raveneau de Lussan et ses complices, pour razzier une riche bourgade, près de Guyaquil, se faufilent d’abord nuitamment dans un monastère avoisinant dont ils se rendent maîtres sans bruit. Ensuite, ils dressent des échelles le long des murs du fort de la ville, pelotent le dos des moines prisonniers avec leurs coutelas et les obligent à grimper le long des échelons de sorte que les sentinelles, dans leur désarroi, vident leurs mousquets sur les religieux. Émergeant à leur tour, les pirates font main basse sur la garnison sans subir la moindre perte. En 1636, le terrible L’Ollonois, à Porto Bello, suscite une véritable alerte au fantôme qui fait déguerpir d’un rempart la garde d’une citadelle espagnole.   Terminons en beauté avec l’effronté Jean Laffite (incarné à l’écran par Yul Brynner dans le très enlevé film Les Boucaniers de Cecil B. DeMille et Anthony Quinn) qui, soit dit en passant, finança ni vu ni connu avec la plus value de ses sanguinolentes rapines la première édition, en 1848, du Manifeste du Parti communiste.   La tête de Laffite, un beau jour, est mise à prix : « Une récompense de 500 dollars est offerte à qui livrera Jean Laffite au shérif de la paroisse d’Orléans ou à tout autre shérif. Fait à la Nouvelle-Orléans, le 24 novembre 1813. William C.C. Clairborne, gouverneur. »   Quarante-huit heures plus tard, l’affiche suivante est placardée dans toute la Nouvelle-Orléans : « Jean Laffite offre une récompense de 5 000 dollars à qui lui livrera le gouverneur William C.C. Clairborne. Barataria, le 26 novembre 1813. »   À lire aussi : La palpitante anthologie Omnibus Pirates et gentilshommes de fortune orchestrée par le grand navigateur Dominique Le Brun qui a réuni quelques romans « où la mer, le sang et l’or se mêlent en une liqueur qui a des parfums de liberté extrême ». Parmi ceux-ci, outre L’Île au trésor, des points d’orgue signés Pierre Mac Orlan, Albert t’Serstevens, Edouard Corbière ou même Sir Arthur Conan Doyle. Et une rareté totale, les Cahiers du capitaine Le Golif, dit Borgnefesse. Jubilatoires également la bédé Pavillon Noir de Corbeyran et Bingono (éditions Soleil), le très sombre Tortuga de Valerio Evangelisti (Rivages) et le désopilant Une aventure avec les Romantiques, un des meilleurs épisodes des montypythonesques Pirates ! de Gidéon Defoe (éditions Wombat).

Le 1 juillet 2011 à 08:29

Ce que veulent les femmes

Pubologie pour tous

En publicité comme en politique, on a besoin d’une opinion publique. On l’appelle « les gens », « les Français », « la ménagère » ou « Monsieur Dugenou », mais la réalité de base est toujours la même : il existe une kyrielle de personnes différentes, avec des avis différents, des besoins différents et des aspirations différentes, mais aussi un peu pareils des fois. Et il faut en faire un tout compact et transparent, qu’on peut facilement saisir et qui offre des généralisations bien pratiques, du type « les Français veulent plus de sécurité » ou « la ménagère veut qu’on lui vende du rêve ».En publicité comme en politique, il n’est pas question de tirer cette opinion publique vers l’avant. Il est question de la suivre. De la comprendre au mieux. De savoir de quoi parlent tous les Monsieur Dugenou et les Madame Duchemin quand ils prennent le thé. Mais en publicité comme en politique, on ne croise pas Monsieur Dugenou et Madame Duchemin tous les jours (on a arrêté de prendre le métro, c’est sombre et ça pue la pisse).En publicité comme en politique, Monsieur Dugenou et Madame Duchemin sont donc des graphiques en bâtons, des courbes, des camemberts et de bons vieux clichés réacs. Une pincée de mépris et l’on obtient des certitudes sur ce qu’ils veulent entendre. Et l’on a bon espoir que si on leur dit ce qu’ils veulent entendre, ils nous donneront ce qu’on attend d’eux.Dans une France où tout le monde penserait ainsi, la peine de mort aurait cours, l’on avorterait encore avec des kits de loisirs créatifs et la publicité ne serait que le tas infâme et fade de clichés que cette chronique essaie de dénoncer.Et maintenant, une parenthèse de fiction théâtrale (toute ressemblance avec des faits réels est probablement garantie par une étude d’opinion) :MONSIEUR DUGENOU. - Ah vous verriez ma petite-fille. A 6 ans c’est déjà une vraie petite femme. Comme elle minaude ! Tout ce qu’elle veut, elle l’obtient ! MADAME DUCHEMIN. - C’est celle dont les parents ont divorcé ?MONSIEUR DUGENOU. - Non, ça c’est mon autre petite-fille. Mon fils n’a pas aimé que sa femme lui fasse un gosse dans le dos. Il était pas prêt vous voyez. Mais c’est comme ça les femmes, quand y’a les hormones qui se réveillent, elles peuvent pas attendre. Elles sont faites pour ça après tout !MADAME DUCHEMIN. - Ah ben oui hein, c’est la nature. Les femmes elles ont le charme pour elles, les hommes c’est la force. Il faut respecter ça.MONSIEUR DUCHEMIN. - C’est bien vrai ça : il faut respecter la nature. Tenez, les homosexuels, moi j’ai toujours dit : c’est contre-nature. C’est qu’ils ont pas essayé d’être normaux, ou que ça s’est mal passé. J’ai toujours dit : un homme, ça ne peut pas résister à une belle femme !MADAME DUCHEMIN. - Bien sûr. Y'a quoi à la télé ce soir ?

Le 18 mai 2010 à 18:45

Quel toupet !

Le poil est l'attribut le plus visible du pouvoir.

Ces femmes ont un aplomb fou. Il faut les voir se mêler aux réunions décisionnaires, conseils généraux, CA et autres AG, autant de lieux plus ou moins publics où les femmes brillent par leur absence. D’un pas assuré, elles arborent leur attribut, qui est aussi le plus souvent celui du pouvoir : la barbe. Quelques postiches sortis de leur cachette au moment adéquat, l’action se fait généralement sans éclat, l’essentiel étant moins de se faire entendre que de se faire voir. Et de faire honte à des assemblées bien peu paritaires. « S’il faut du poil au menton pour prendre des décisions, garder ses privilèges et recevoir des honneurs, qu’à cela ne tienne. Nous en sommes. » L’association réunit des féministes inventives et actives. Non dénuées d’humour (ce qui est quand même relativement rare chez les féministes), elles ont compris que si le ridicule ne tue pas, le souligner peut sans doute faire avancer les choses. Sur leur site, elles fournissent le kit de la parfaite féministe (un postiche, donc) agrémenté de quelques tuyaux pour rendre l’action plus efficace. On y trouve aussi des vidéos et des images détournées où, par leur seule volonté, les femmes ont du poil au menton, y compris l’intouchable Marianne, qui l’est beaucoup moins, forcément. Leur nom ? La Barbe !  www.labarbelabarbe.orgJusqu'au 6 juin, La Barbe s'expose à la Librairie Violette&Co, 102, rue de Charonne, 75011 Paris.  

Le 3 août 2015 à 08:42

Du manque d'ambition

Pourquoi, dans toutes les statistiques, on constate ce cas de figure systématique : les femmes sont moins bien payées, font moins carrière, ont moins de postes à responsabilités ? Éliminons d’entrée le fait qu’elles puissent être moins intelligentes. Merci. Et je ne parlerai pas non plus des difficultés supplémentaires qu’elles peuvent avoir à s’imposer dans des domaines ou à des postes trustés depuis très longtemps par les hommes, qui hésitent à leur faire confiance. Ça va, on le sait, je ne veux faire de procès à personne aujourd’hui, je ne suis qu’amour. Non, c’est un autre sujet qui m’interpelle : elles manquent d’ambition. C’est une réalité culturelle et sociologique. Les femmes sont pour moitié responsables de leur situation. Naître fille, c’est être baignée dans un univers où le discours majoritaire n’est pas leur accomplissement personnel, mais celui de l’Autre. Les femmes sont les championnes du « care ». On leur apprend à être aux petits soins, attentionnées, à l’écoute de. Et on leur dit de faire passer leurs ambitions personnelles après. Nous je ne parle pas de 1954, mais bien d’aujourd’hui. On sait que les filles réussissent mieux à l’école, au moins jusqu’à l’entrée dans le Supérieur. Et même là elles sont plus performantes. Si ce n’est qu’elles choisissent plus souvent des filières dont les débouchés professionnels seront moins rémunérateurs, moins spécialisés. Est-ce que les femmes aiment-moins l’argent et la valorisation sociale que les hommes ? De façon biologique ? Ça m’étonnerait beaucoup... Mais on leur a dit depuis toujours que leur essentiel à elles, n’est pas là. L’orientation pour leurs études est moins poussée, moins réfléchie, moins pensée, l’investissement est en deçà de ce qu’il peut être pour un garçon. L’effort qui est demandé est moindre pour la fille. Leur essentiel (l’injonction sociétale de leur essentiel) c’est d’avoir une famille. Une femme a un utérus, elle doit un jour ou l’autre en faire usage. Point barre. Interrogez toutes les femmes qui n’ont pas procréé autour de vous, elles vous diront la pression qu’elles vivent ou ont vécu de la part de leurs familles, amis, entourages professionnels, etc. Une femme qui veut réussir est suspecte. Une femme qui veut réussir et qui ne veut pas avoir d’enfant est présumée coupable (de tout un tas de choses pas super reluisantes). Quid d’un homme ambitieux qui restera sans descendance ? Il a fait un CHOIX, lui. La femme dans la même situation aura SUBI. Voilà ce que l’on nous radote depuis notre tendre enfance. La pauvrette n’aura pas trouvé d’homme acceptant de lui faire des enfants. On a tous une tante machine à 12 degrés de séparations généalogiques dont on nous a rabâché l’histoire : « Elle n’a pas eu d’enfants : c’est une originale/une lesbienne (que cela soit vrai ou non, l’argument de lesbianisme des femmes sans enfant est très très fréquente)/elle n’en a fait qu’à sa tête et elle mourra seule (le truc super déprimant a priori si ce n’est qu’il me semble que l’on meure tous, seuls…). Tonton bidule, lui, qui a eu un parcours similaire, a « réussi sa vie, a été libre, a choisi de faire son chemin ». Sérieusement ? Il faut être très forte dans sa tête pour passer outre ce que l’on nous propose comme modèle. Les hommes ne sont pas en reste, je ne dis pas le contraire, et je ne nie pas leurs difficultés. Mais vraiment c’est incomparable. Revenons-en à nos moutons. La jeune fille fait des études, trouve un métier qui lui plaît se met en couple et fait un /enfant(s) parce qu’elle le souhaite et que c’est cool. Et là, on ne sait trop pourquoi, elle met sa carrière entre parenthèses. Pas le compagnon/conjoint/époux (je généralise, ne hurlez pas que chez vous c’est différent, bien évidemment qu’il y a des exceptions ; mais voilà : des EXCEPTIONS…) qui continue sur sa voie. Être père n’est pas un frein à la carrière professionnelle. Mais être mère….. Comment dire …. ? Parce que ma cocotte, le poupon (voir les 2 ou 3) qui hurlent la nuit, tu les as voulus (pas le papa apparemment…) et maintenant tu vas t’en occuper tu vas être « UNE BONNE MERE ». Ils sont ta priorité absolue. Plus rien d’autre ne doit passer avant. Surtout pas ton travail. Preuve : qui prend très majoritairement les congés parentaux en France ? ….. Pas les hommes. Mais pourquoi les femmes se sentent-elles obligées de se conforter à ce schéma ? Parce que c’est le modèle dominant qui leur est proposé. C’est être dans la norme. Et casser cette norme, défier la société, et son cercle poche, demande une énergie, un courage qui peuvent souvent anéantir toute velléité de faire « différemment ». C’est accepter aussi de se confronter à un monde tenu par les hommes, à leurs dures ambitions (« Ton bébé a 39 de fièvre, ce n’est pas une raison pour arriver en retard, tu l’as voulu, tu assumes ») parce que l’on ne laissera rien passer aux femmes (et c’est ça l’égalité, puisque c’est ce que vivent les hommes) tant qu’elles ne seront pas rentrées de façon massive dans cette démarche. C’est donc aussi par une transformation générale du monde du travail, que l’égalité homme/femme pourra avoir lieu : une transformation globale qui prenne en considération que l’être humain n’est pas un robot. Qu’il soit homme ou femme. P.S : Je n’ai pas parlé du partage des tâches ménagères. Cela aurait été trop long… P.S bis : Je ne souhaite en aucun cas à être stigmatisante ; être une mère au foyer est un choix (quand il s’agit bel et bien de choix) et une liberté tout à fait respectables. Et je sais aussi comme le regard de la société est dur pour les hommes qui choisissent d’être des pères au foyer.   Dessin : James

Le 11 février 2012 à 08:02

La publicité, ou l'art de maquiller le cadavre

Ô temps de cerveau disponible, reprends ton vol ! Pitié ! La pub, c'est un peu la voix du sage, celle qu'on refuse d'écouter. Pas la sagesse bouddhiste, c'est vrai, ni taoïste, je l'accorde, ni épicurienne, ni rien du tout. Non, là, c'est nouveau, ça vient de sortir ! Et nous les récalcitrants, enfin, certains d'entre nous (je ne parle pas de moi), on ferait n'importe quoi pour échapper à la réclame. On commence par boire pour prétexter d'aller pisser pendant la pub, et on finit par boire pour oublier qu'on la regarde. Mais on la regarde. Et « beaucoup plus » qu'un produit, on nous vend le monde tel qu'il devrait être. Le : « beaucoup plus que... » sert à montrer la valeur ajoutée du truc. Résultat, on croit bêtement acheter de la soupe et on se retrouve à partager un repas convivial en famille. Merci ! J'avais pourtant acheté la brique en format individuel ! On nous parodie honteusement Simone de Beauvoir pour vendre du Blédina : « On ne naît pas mère, on le devient. » Est-ce à dire que les femmes se font baiser, dans l'histoire ? Mais non, enfin ! Et cette autre pub pour une voiture : « Sans cœur nous ne serions que des machines. » Résultat, dans les chaines de l'usine où on la construit, la bagnole, on a entendu des DRH dire aux ouvriers : « Allez, les mecs, vous avez compris : on met du cœur à l'ouvrage ou on vous remplace par des machines ! » Car oui, parfois les slogans tiennent leurs promesses...

Le 24 août 2015 à 09:59

De l'obligation maternelle

Une femme n’est pas une mère. (Pour ceux qui ne me connaissent pas, je le dis d’autant plus que j’ai moi-même mis trois enfants au monde.) Devenir mère pour une femme, en France, est devenu un choix. N’oublions jamais de remercier à ce propos toutes celles et tous ceux qui se sont battus dans les décennies précédentes pour nous puissions l’avoir, ce choix, et l’exercer librement (droit à la contraception, etc.). Toutefois, la société exerce une pression sociale extrêmement forte et violente sur les femmes (et avant elles, les petites filles, qui DEVRONT un jour ou l’autre procréer). L’injonction est sans fin et se joue dans plusieurs champs : - Les femmes qui ne veulent pas d’enfants (childfree) sont regardées de travers. On leur intime l’ordre (parce qu’il s’agit bien d’ordre naturel contre lequel nous ne pourrions envisager de déroger…) de remplir un jour ou l’autre leur utérus. Sinon, elles sont suspectes (de millions de choses). - Les femmes qui veulent des enfants, sont catégorisées comme mères. Et là aussi on rentre dans des schémas de paroles parfois hallucinants. Puisqu’une femme qui choisit de devenir mère, qui s’est conformée à son désir mais aussi à une norme sociale, n’est plus que cela ou tout au moins, cela en premier lieu. Ok, alors nous sommes plusieurs milliards sur cette planète, la survie de l’être humain (en volume), n’est pas à l’ordre du jour. Si des femmes, même nombreuses, ne souhaitent plus se reproduire, et bien, aucune inquiétude à avoir : l’espèce ne va pas s’éteindre là, de suite. On a de la marge ! Ce point réglé, on peut s’interroger sur le paradoxe sociétal. Pourquoi une femme doit toujours être à un moment ou un autre de sa vie, associée systématiquement à sa fonction reproductive ? Pourquoi une femme sans enfant inquiète ? Pourquoi une femme ayant enfanté doit être remisée et cantonnée à ce rôle ? Faire des enfants, c’est historiquement avoir une sexualité régulée. Or, la chose la plus flippante qui soit, est bien la liberté (ou la possibilité de… Rien que cela est suffisamment angoissant) sexuelle des femmes. Ne pas faire d’enfant, c’est dire en creux : « je suis libre de toute la panoplie de la mère, je fais ce que je veux (et souvent, ce « tout » n’est pas tant que ça, mais les fantasmes sur le dévergondage féminin sont sans fin) de mon corps/sexe, etc ». Et ça, ça fait très très très peur. Oui, oui. Parce que la femme libre sexuellement est libre tout court. Et beaucoup ont encore du mal à admettre une telle idée. On ne sait jamais : des catastrophes intergalactiques pourraient en découler. Ou tout simplement une société libérée de la phallocratie et du patriarcat…. Faire des enfants c’est rentrer dans le cadre très rassurant de celle qui a perdu une part de cette liberté (ce qui là aussi, est un véritable fantasme, puisque les femmes ayant rejoint la maternité n’ont pas à nier pour autant leur choix sexuels ni leurs désirs). Elle est devenue mère, cette fonction, ce rôle, devrait prendre la plus grande place, de son existence, de son temps. L’enfant serait nourricier de la plus grande partie des besoins féminins. S.U.P.E.R. Tu m’étonnes que plein de jeunes femmes ne veuillent pas d’enfants ! Nous ne sommes pas des mères. Nous sommes des femmes. Qui pouvons avoir le désir de devenir mère. Ou pas. Et cela ne concerne absolument personne d’autre que nous-mêmes. Aux orties les diktats moraux et sociétaux ! (P.S : La prochaine fois je te raconterai peut-être pourquoi je n’ai pas voulu allaiter mes enfants et tout ce que l’on s’est PERMIS de me dire, tous les REPROCHES que l’on m’a jetés à la figure, toutes les INJONCTIONS que l’on m’a faites, et comment j’ai tenu bon : parce que là aussi, notre corps nous appartient et que Fuck les « ce serait mieux que tu ….. » - Bisous - )   Dessins : James

Le 27 juillet 2015 à 08:41

De la Burqa invisible

Le voile intégral a une fonction : cacher la femme du regard et de la convoitise sexuelle des hommes. Je ne ferai pas ici d’étude socio-politico-religieuse de la question, je me garde cela pour d’autres lieux. Non, ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont d’autres voiles intégraux que nous nous mettons sur la tête ou que nous nous laissons imposer : les voiles symboliques. Ils sont la somme de plusieurs facteurs. Naître garçon ou fille induit de la part des jeunes parents et de l’entourage du nouveau-né, un comportement différent. On ne parle pas de la même façon aux bébés filles qu’aux bébés garçons, par exemple (il y a de nombreuses études sur l’ensemble des comportements face aux nouveau-nés, auxquelles je vous renvoie, afin de bien percevoir tous les mécanismes différenciés que nous mettons en place dès la naissance d’un individu). Ce comportement sérié selon le sexe ne va pas s’arranger en grandissant. Nous ne sommes pas du tout traités de la même façon que l’on soit né mâle ou femelle. Si vous avez des enfants des deux sexes, faites l’expérience quelques heures/jours. Notez le nombre de fois où vous vous adressez aux uns ou aux autres, la façon dont vous leur parlez, les demandes que vous leur faites, l’amorce de vos phrases, etc. C’est édifiant. Et même si l’on est attentif à la problématique, même si l’on « fait attention » à ne pas faire de différence, on se rend vite compte que malheureusement on n’agit pas de façon similaire. La prédominance de l’environnement sur les différences d’attitudes entre les filles et les garçons, est un fait. Les filles vont alors « rentrer dans le moule » qu’on leur a assigné*. Et enfiler leur voile. Parce qu’en le faisant elles répondent à une injonction, et qu’il est très compliqué de passer outre, de se rebeller, de dire « NON » (ce qu’on ne leur a pas – ou mal – appris, au demeurant). Plus que les garçons, les filles vont faire ce qu’on leur demande (les parents, la société, ...) : être confortables, se tenir correctement, ne pas faire (trop) de bêtises, ne pas prendre de risques (laissons cela aux garçons ces casse-cous, puisqu’il a été seriné aux filles, depuis leurs 10 mois « Attention tu vas te faire mal ! » à chaque tentative de nouvelle acquisition motrice : autant dire que ça forge la trouille du risque physique, bien souvent surévalué). Les filles vont se conformer à ce que l’on attend d’elles. Élèves plus « scolaires », filières littéraires qu’elles envahissent par la suite (je vous renvoie au séminaire de Pascal Huguet, au Collège de France, intitulé « Les stéréotypes de genre », c’est simplement hallucinant : les expériences réalisées sont à voir, car même si l’on est concerné, que l’on s’intéresse à ces questions, on reste estomaqué face à l’ampleur des dégâts, notamment au niveau de l’appréhension de la réussite scolaire ). Les filles pensent qu’elles vont moins réussir, que c’est moins important et vont ainsi s’intéresser à d’autres choses afin de laisser la place – leur place –, aux garçons. Le voile s’allonge. Or, un voile peut être confortable. Car s’y cacher, c’est devenir invisible, ne plus être vue. Ce qui peut avoir des avantages. Ou du moins considérés comme tels. Ne pas être « dans le monde » est un gage de paix et de tranquillité, relatives. Du moins on peut s’en persuader. Le voile rend toute chose interchangeable. Tel est le prix à payer du Niqab invisible. L’ôter ou le refuser c’est se rebeller contre la société patriarcale et risquer l’opprobre. Les femmes libres le savent. Celles qui refusent la maternité, celles qui refusent le couple, celles qui refusent le foyer, trois dimensions hors desquelles une femme n’a plus de raison d’être, d’utilité à être, dans une société encore pleine de relents de judéo-christianisme. Il y a celles qui refusent d’être financièrement dépendantes d’un homme, qui vont rejeter, toujours, cette possibilité, qui pourtant leur serait aisément « pardonnée ». Puisqu’elles sont femmes, elles ont ce « droit ». C’est inscrit dans l’inconscient collectif. Il y a celles qui se refusent à ne pas donner le meilleur d’elles-mêmes. Et à qui on va demander plus encore qu’aux garçons, lorsqu’elles réclament leur part. Parce qu’elles vont devoir « payer » d’une façon ou d’une autre, leur choix de ne pas se recouvrir du voile symbolique qui est un des attributs les plus douillets qui soient pour les autres (au-delà du fait qu’il puisse leur faire penser qu’il l’est pour elles-mêmes). Pour les hommes, bien sûr. Parce qu’en rentrant dans la danse, les femmes multiplient les facteurs de rivalité, qu’ils subissent déjà beaucoup trop entre eux. Mais aussi pour les autres femmes, qui sont souvent les premières à les rejeter. « Recouvre-toi. Comme tout le monde. Ne fais pas l’idiote, regarde c’est si simple. » Parce que le risque sous-jacent serait – ce qui pourrait être entendu par une telle requête d’indépendance – : ne pas avoir besoin d’homme dans un monde d’hommes. Et ça c’est un discours insupportable. L’égalité ne peut passer que par un affrontement symbolique et par une pédagogie de tout instant. Les féministes ne veulent pas castrer leurs congénères ni voler leur place. Elles ne souhaitent que vivre en harmonie avec eux, à leurs côtés, et leur faire comprendre qu’ils ne risquent rien à accepter qu’elles jouent sur le même terrain, si elles en ont envie. Car, par les différences qui existent entre les deux sexes, l’égalité ne pourra être que source d’enrichissement pour tous. C’est promis. P.S : tu as vu, aujourd’hui je suis polie. * Les garçons aussi, je ne dis pas le contraire, et je sais bien que ce n’est pas forcément toujours évident pour eux non plus.  Dessin : James

Le 28 juillet 2015 à 17:25

Lettre à Afifé Jalé, première comédienne musulmane

Chère Afife, Vous êtes née en 1902 à Constantinople dans une drôle d'époque. L'Empire ottoman se décomposait, les rues se remplissaient de plus en plus de sans-logis, incendies et maladies ravageaient la ville. Mais, comme toujours, il y avait des gens assez fous pour faire du théâtre dans cette atmosphère chaotique. Depuis peu, les chrétiennes pouvaient faire leur apparition dans les rôles féminins, jusque-là tenus par des hommes, alors qu'il était encore impensable pour une femme musulmane d'y songer. Et vous, chère Afife, vous avez été têtue. Dès que vous avez eu dix-huit ans, vous avez pris des cours, assisté à toutes les répétitions d'une troupe istanbuliote dans l'espoir de monter sur scène, puis, comme dans un conte de fées, un soir de 1920 une actrice arménienne s'est absentée et vous avez réussi à convaincre tout le monde que vous pourriez prendre sa place le temps d'une représentation. Bien sûr, la police a fait une descente à la fin du spectacle, mais vous avez recommencé. La course folle pour fuir les agents de police a continué pendant des mois, on vous a harcelée. Le ministère de l'Intérieur a pris un décret pour vous décourager. Vous avez fugué par les coulisses de nombreuses fois, vous avez été emprisonnée, insultée, traitée de prostituée, vous avez séjourné dans des hôpitaux psychiatriques, votre famille vous a mise à la porte, vous avez changé de nom, de troupe, de ville, vous avez connu la misère, la maladie, la dépendance, mais vous n'avez jamais renoncé à votre amour du théâtre. Chère Afife, vous seriez affligée de voir qu'un siècle plus tard les mêmes esprits barbares essaient d'effacer le corps de la femme de l'espace public, et ce non seulement à Istanbul, mais partout dans le monde. C'est pourquoi il était urgent de parler de vous lors de l'un des plus grands festivals de théâtre au monde, que vous auriez certainement adoré. Merci d'avoir montré la voie, Afife Jale.

Le 23 juin 2015 à 10:07
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication