Florence Muller
Publié le 31/07/2015

La femme est un animal étrange


La femme est un animal étrange, elle colonise des habitats divers, remuante et dans le mouvement, s'ingéniant à ne pas laisser la vie faire à sa place.
On la trouve au champ où elle travaille la terre ou bien c'est l'inverse, la terre la travaille, elle ne sait plus bien mais dans tous les cas, elle creuse son sillon.
On la trouve à la rue où elle finit quand même par s'arranger.
On la trouve dans la salle de bains où elle finit aussi par s'arranger.
On la trouve au bureau où ça lui arrive de monter sur de grands chevaux qu'elle gratte où ça fait mal, mais du coup, elle est souvent chassée.
On la trouve au fourneau remuant la queue de la poêle, la sauce et ses idées devant sa portée médusée de tant d'habileté domestique.
On la trouve sur d'autres planètes dont Mars, à bâfrer des barres chocolatées.
On la trouve parfois dans de grosses boites avec d'autres nyctalopes qui émettent de petits cris stridents voire incommodants quand elles sont mises en présence d'autres bêtes à poils.
Enfin, on la trouve parfois au théâtre où elle hurle la vie, l'amour et à la mort, et c'est quelquefois un peu émouvant.
On la trouve encore à beaucoup d'autres endroits pour peu qu'on soit patient avec elle voire attentif.

Elle crie très peu à sa naissance et passe donc son temps à le faire au conservatoire d'art dramatique de Paris.
Elle part ensuite avec sa vie sous le bras, pour suivre des traces dont celles du Royal de Luxe.
Elle fait des détours par le 7e art avec Bruno Podalydès ou Eric Lartigau.
Elle va toujours du côté des lumières, brûle les ponts et les planches, reprend son souffle,
devient auteure mais n'arrive plus à viellir depuis qu'elle a écrit "La beauté, recherche et développements" avec Eric Verdin.
Elle continue malgré tout à se (re)chercher et à se développer.
(Elle ne delonise qu'en cas de nécessité absolue)
N.B. : Deloniser : parler de soi à la 3e personne)

 

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Copi fait rire Marilú Marini et Pierre Maillet dans leur loge #2

En conversation avec son metteur en scène Pierre Maillet, Marilú Marini se maquille et se prépare pour jouer La Journée d'une rêveuse (et autres moments...) d'après Copi.   Pierre Maillet — Quand la grande Marilú Marini m’a proposé del’accompagner dans une aventure autour de Copi, qu’elle a connu et qu’elle a beaucoup joué, souvent sous la direction d’Alfredo Arias (notamment l’inoubliable Femme assise, personnage récurrent dessiné par Copi pour la première fois incarnée sur une scène de théâtre),nous avons tout de suite rêvé d’une forme libre comme l’était notre « cher maître ». Copi, moi, je ne l’ai pas connu, mais je l’ai beaucoup joué aussi, avec Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier. Copi, c’est pour Marilú, autant que pour moi, un auteur emblématique, important, un ami qu’on a toujours hâte de retrouver, et de découvrir, encore. J’ai imaginé ce spectacle bien sûr comme un hommage vibrant à l’auteur, acteur, dessinateur et figure emblématique du mouvement homosexuel des années 70, mais je voulais qu’il soit aussi et surtout un hommage à Marilú Marini par le biais de son compatriote et ami. Et j’ai tout de suite pensé à La Journée d’une rêveuse.   Terrain neutre pour elle comme pour moi, inconnu du grand public. Un beau poème théâtral, énigmatique et méconnu, créé par Jorge Lavelli en 68 avec Emmanuelle Riva dans le rôle-titre... Nous avons fait un monologue du personnage central de cette pièce, qu’elle incarne comme un double féminin de Copi acteur (dans Le Frigo ou Loretta Strong : monologues mythiques et délirants qu’il jouait avec une élégance et un détachement rares et inoubliables pour tous ceux qui l’ont vu et entendu). Elle invente sous nos yeux une sorte de Blanche-Neige, plus proche de Brigitte Fontaine que de Walt Disney. Et en miroir avec tout ce matériau poétique et fictionnel, nous traversons le Rio de la Plata, un texte écrit en 1984. Conçu comme la préface d’un roman qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, dans lequel Copi parle comme jamais, de lui, de ses origines, de l’Uruguay, de l’Argentine où il était interdit, de l’exil, et de son rapport à l’écriture...

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