Clémentine Mélois
Publié le 28/07/2015

Régécolor


Une ironie douce amère, parfois un peu d'impertinence, des eaux dormantes qu'il vaut mieux ne pas agiter, de la tendresse et du mordant, un tout qu'il faut aborder lentement et laisser imprégner.

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Le 20 mai 2012 à 12:37

Président normal, mon oeil

Ce François Hollande, moi je dis ce type il est pas net.   Pour ne rien faire comme son prédécesseur et surtout pour bien sonner le glas du soi-disant « bling bling », le nouveau président a commencé par renoncer à avoir un corps. Rien que ça. Uniquement, parce que Nicolas Sarkozy était peut-être un peu « physique », avec ses footings, ses tics, ses talonnettes, sa montre, ses photos de vacances, sa femme nue dans les magazines, la petite veine sur sa tempe et l’envie, parfois, d’en venir aux mains avec ses adversaires. Il avait un corps, Sarkozy, c’était un vrai mec, quoi.   Puis, arrive cet Hollande qui s’acharne à afficher le contraire : lui, c’est l’éthique, l’efficacité, la sobriété exacerbée du fonctionnaire. Voilà, « fonction »,  « fonctionner », Hollande se réduit volontairement à un petit robot en costume cravate au service du peuple ! Ce type n’a pas de corps. Et tout le monde applaudit ! Vous y croyez ?   Bon, il pourrait s’arrêter là, le socialiste, mais non, une fois que tout le monde a bien compris à quel point il est un pur symbole, VLAN, il nous fout un rebondissement de dernière minute, un truc spectaculaire et totalement malhonnête : quelques heures après son investiture, il est frappé par la foudre ! Non, mais ! Pas en marchant dans le rue, trop facile, pas assez gros : il est frappé par la foudre dans le CIEL, dans un AVION. Et d’un seul coup, ce type désincarné nous rappelle que lui aussi a un corps, mais attention, pas un corps qui fait du footing dans un pull à rayures trop grand ! Lui, c’est un corps carrément attaqué par le feu, un corps qui risque de tomber du ciel, c’est un demi-dieu, un héros de film américain, le Bruce Willis du PS ! Un homme au sommet, seul, mortel, courageux ! Putain. Si ça ce n’est pas du gros gros storytelling symbolique, j’y connais rien ! Et vous savez combien ça coûte, une foudre ? Hein ? Alors, la fin du bling bling, mon œil.

Le 2 mars 2012 à 18:49

« Moi je n'ai pas 40 hectares, OK ? OK ? »

Nicolas Sarkozy, Itxassous, jeudi 1er mars 2012.

C'est la réplique (agri) culte du Président-candidat à un couple de paysans basques qui avait osé l'interpeller : « On n'a pas le même salaire. » Comment qu'il leur a rivé le clou, Nicolas Sarkozy, à  ces croquants qui se la pétaient damnés de la terre. Ils avaient omis de dire qu'ils possédaient  du bien. Et 40 hectares, ce n'est pas une paille. Savent-ils seulement, ces intempestifs ce qu'il en coûterait de posséder autant de terres cultivables dans les Hauts-de-seine ? Bon, c'est vrai que 40 hectares au Pays basque ça ne va chercher que dans les  200 000 neu-neu (5000 euros l'hectare de valeur vénale moyenne selon le J.O de 2009.) Pour ce prix là t'achètes à peine une chambre de bonne à Neuilly-sur-Seine. Pour dix fois plus t'aurais bien pu acquérir l'appartement de Nicolas et Cécilia, il y  a cinq ans, sur l'Ile de la Jatte. Mais justement ils divorçaient. Il a fallu partager, et avec cinq ayants droits il te reste quoi ? Il faut une mauvaise foi de socialiste pour voir le pognon dans l'oeil du voisin, mais pas le lingot dans le sien. La vérité, c'est que les « services » secrets hollandais n'avaient pas seulement déguisé des militants du PS en « abertzale » forcenés ce jeudi 1er mars dans le vieux quartier de Bayonne, que Nicolas Sarkoy était venu reconquérir comme « un territoire de la République ? » Ils avaient aussi travesti deux agents en paysans insolents. Demain, on vous le jure, ce sont des stations d'épuration qu?ils vont installer dans les campagnes.Illustration : d'après l'Ile de la Grande Jatte de Georges-Pierre Seurat

Le 28 juin 2012 à 10:24

" Il n'y aura pas d'euro-obligations aussi longtemps que je vivrai. "

Angela Merkel, Bundestag, Berlin, 26 juin 2012

Et le lendemain elle était invitée à diner par François Hollande à l’Elysée. Angela, ce soir-là, avait dû emmener avec elle un goûteur. Des fois que le président français la prenne au mot pour faire passer cette idée d’une mutualisation de la dette publique des européens. On a beau être entre gens civilisés, il y a des coups de pouce qu’on préfèrerait donner au destin plutôt qu’au SMIC. Mais il faut reconnaître à la chancelière allemande une foi chevillée au corps. On n’en connait pas beaucoup de ses collègues qui iraient mourir pour un emprunt. Certes si elle s’oppose à ces “euro obligations” c’est parce qu’elle ne veut pas que ses compatriotes se retrouvent  avec des créances pourries et leurs yeux pour pleurer des larmes de bière. Dans le système des euro-obligations chacun devrait en effet apporter une garantie à la hauteur de ses moyens, et les moyens allemands sont très au dessus de la moyenne communautaire. Quand l’on sait que l’opposition social-démocrate à la chancelière ne serait pas  hostile à cette “mutualisation”, ce qu’elle suggère en définitive à ses compatriotes c’est de la réélire à vie, afin de ne pas être les dindons de l’euro. Ce n’est cependant pas faire injure à la médecine d’outre-Rhin, que de lui prédire une fin inéluctable à la chancelière. Ce serait alors la revanche des euro-obligations ? Même pas. L’économie européenne c’est un match qui se joue à 27, mais où c’est toujours l’Allemagne qui gagne.

Le 1 mars 2012 à 19:07

Anti-sarkozysme (à l'école) primaire

En visite à Bayonne ce jeudi, Nicolas Sarkozy a été vivement pris à partie par des manifestants qui l'ont copieusement hué aux cris de "Président des riches" ou "Sarkozy, dégage !". Quelques minutes après les incidents, le président-candidat n'a pas manqué de dénoncer l'honteuse collusion entre des militants socialistes et de dangereux "indépendantistes basques, dont certains, comme l'ETA, ont du sang sur les mains". Certains esprits chagrins ne manqueront pas d'y voir un douteux amalgame mais ce serait méconnaître la phénoménale entreprise de manipulation ourdie depuis plusieurs semaines par les partisans de François Hollande. Pour preuve, cette photo apparemment anodine diffusée sur le site de campagne de Nicolas Sarkozy lors de sa visite dans une école primaire. Au tableau apparaît pourtant au grand jour le criminel endoctrinement auquel sont soumises nos chères têtes blondes prises en otage par la redoutable caste gauchiste de l'éducation nationale. Voyez plutôt : les instituteurs n'ont rien laissé au hasard et se sont emparés du brûlot révolutionnaire de notre chroniqueuse Marie Nimier, "Charivari à Cot-Cot-City" pour fustiger en bloc Nicolas Sarkozy alias Fricatout (dont on va jusqu'à se demander s'il est un être humain) et Claude Guéant (comment ne pas le reconnaître sous les traits du chien Morsec ?) et appeler de leurs voeux une insurrection au sein même de la police : "révolte chez les poulets". La présence du mot "rouge" et d'un drapeau marocain dans un des dessins d'enfant montre enfin que cette tentative de déstabilisation clairement marxiste bénéficie même d'appuis (et sans doute même de financements) étrangers.Espérons que les services de la DCRI et du contre-espionnage sauront se montrer aussi vigilants que ventscontraires.net et prendront enfin les mesures qui s'imposent pour que cessent enfin ces odieuses entreprises crypto-terroristes contre l'Etat.

Le 6 mai 2012 à 09:20

J'aime ce James

Chez vous l'indice... Top ! Guitariste et chanteur américain, je suis né à Seattle et mort à vingt-sept ans. Je suis un génie, je suis gaucher, je suis, je suis, je suis ? Non, pas Kurt Cobain, soyons sérieux. Encore moins Julien Lepers ! N'importe quoi ! C'était Jimi Hendrix ! On n'avait pas vu pareille révolution dans le monde de la guitare depuis que Tarrega s'était coupé les ongles. Vous allez me dire, Hendrix, c'est plein de fausses notes, ses solos. Vous avez tort. Il n'y a pas une seule fausse note dans toute son oeuvre, il n'y a que des licences poétiques. Alors vous allez me dire qu'une fois sur deux, il chante à côté du micro, et que quand il chante dedans, il chante faux. Et alors ! Que m'importe que Monica Bellucci ait un orteil tordu quand je ne regarde que son décolleté ? Si on n'a pas réalisé de chef-d'oeuvre à vingt-sept ans, on a raté sa vie, n'a pas dit Séguéla, preuve que ce constat doit vraisemblablement être véridique. En ce qui me concerne, pas un chef-d'oeuvre en vue alors que ça va quand même faire vingt-huit ans que je vais sur mes vingt-huit ans. Vous allez dire que j'ai pris mon temps, et que qui va lentement va sûrement. Justement, c'est pas faux et j'ai bien peur de dépasser bredouille Hendrix dans la longévité, un de ces quatre. Du coup, aux soirs de biture, je me couche sur le dos en croisant les doigts pour enterrer dans un oubli posthume ma médiocrité. Enfin, Hendrix, lui, ne mourra jamais vraiment, car c'est un génie, et quand on crie au génie, il y a cryogénie.

Le 16 décembre 2014 à 09:36
Le 12 avril 2012 à 10:44

Nicolas Sarkozy, héros rimbaldien et "oxymore sur pattes" ?

Dire ceci et son contraire, n'est-ce point ce qui caractérise les sincérités successives dont le peuple a le secret ? Être « Je » et « l'autre », n'est-ce point la prophétique intuition de Rimbaud qui s'est capillarisée dans la vie quotidienne postmoderne. C'est en ce sens, pour le dire d'une manière tout à la fois familière et rhétorique, que Sarkozy est un « oxymore sur pattes. (Michel Maffesoli, sociologue, Atlantico.fr, 12 avril 2012)   Cet éminent professeur à la Sorbonne, spécialiste des imaginaires sociaux, a puisé loin dans sa vaste intelligence pour expliquer combien l’antisarkozysme était la haine du peuple, la négation de la vie, la défaite de la poésie. Avec en guise de bouquet final, cette définition du président sortant en  “oxymore sur pattes” dont on se demande bien comment ça peut lui permettre d’avancer droit en campagne. En fait, derrière cet audacieux plaidoyer pour une unité motrice des contraires, se profile l’implacable réquisitoire visant la normalité prudhommesque de François Hollande, identifiable à un pléonasme à roulettes.  Sarkozy en héros rimbaldien, c’est fort. Mais Maffesoli sait ce qu’extra-lucidité veut dire. N’est-ce pas lui qui avait dirigé la thèse de doctorat d’Elisabeth Teissier ? Cette même astrologue aux sincérités successives qui avait prédit que Martine Aubry gagnerait la primaire socialiste et que Nicolas Sarkozy perdrait la présidentielle (Morandini, Direct 8, le 13/10/2011).  Du coup, c’est notre sociologue de la postmodernité où le vrai avance masqué derrière le faux, qui pourrait bien retomber sur…ses pattes.    

Le 11 octobre 2011 à 11:30
Le 13 novembre 2012 à 08:00

Rapport Gallois : le monde littéraire divisé

“Bavard”, “Une intrigue mal nouée” ou “Un suspense haletant” et “La naissance d’une franchise” ? Le monde de la littérature est fortement divisé après la publication du “Rapport Gallois”. Si certains éditeurs et magazines jugent sévèrement le style de Louis Gallois, d’autres estiment qu’il représente un auteur à suivre. Compte rendu.   Contre Attendu avec impatience, le « Rapport Gallois » est jugé très sévèrement par le milieu littéraire. Pour Gallimard ce rapport « est long et inintéressant . Louis Gallois n’avait clairement pas les épaules pour se lancer dans une telle aventure, son style ne résiste pas à la litanie des chiffres, il n’y apporte rien ». Même son de cloche chez Flammarion. « Il y avait un potentiel, mais Gallois échoue totalement. Le lecteur n’est jamais transporté, on ne ressent rien pour les personnages ». Pour Albin Michel « La littérature n’a pas besoin de Louis Gallois. On a rarement vu une intrigue aussi mal nouée, M. Gallois ne sait hélas clairement pas exploiter son histoire » .  Pour beaucoup,  la non-sélection du rapport dans les prix littéraires de ce mois de novembre est une douche froide de plus pour le gouvernement.   Pour Le jugement est plutôt nuancé pour le Magazine Littéraire qui voit en Louis Gallois un successeur possible à Michel Houellebecq. « La litanie des chiffres et des tableaux encercle le lecteur, c’est froid, c’est clinique, on retrouve tout à fait le style de Michel Houellebecq, M. Gallois a su parfaitement se fondre dans le moule » . Pour Livre Hebdo, « Il faut s’attendre à une suite ou une série. Louis Gallois pose les jalons d’un nouveau genre qui fera des émules. Le twist final sur la situation économique en Allemagne laissera les lecteurs sur leur faim » . Un avis que partage Le Monde. « Il y a du James Ellroy chez Gallois quand il nous décrit le fonctionnement des primes à l’investissement » . Pour le Figaro « Le rapport Gallois est un thriller économique à l’ancienne » . Les lecteurs suivront-ils ? Dans l’immédiat, Amazon a annoncé que “le Rapport Gallois” venait d’entrer dans le top 10 des meilleures ventes sur son site.   Le Gorafi  

Le 19 novembre 2012 à 09:01

"La journaliste Audrey Pulvar annonce la fin de sa relation avec Monsieur Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif."

Audrey Pulvar, SMS/AFP, dimanche 18 novembre 2012.

Ah ! que voilà un  genre d’information qui vous délivre des chassseurs de scoops et autres intermédiaires peu fiables. Le medium c’est le messsage, et vice versa. Vous voulez du people ? On vous en donne en prise directe. Ce n’est même pas dans la chambre à coucher que pénétre autrui, c’est dans le lit même, que dis-je, plus intime encore, dans la puce du mobile à touche qui vous « cordonbilicalise » ( désolé pour le neo-log. pas facile à tweeter) avec le monde extérieur. La méthode ouvre des espaces infinis à la transparence démocratique. Ainsi, et à titre d’exemples : «  François Fillon et Jean-François Copé vous annoncent qu’ils ne passeront pas Noël ensemble » ; « Nicolas Sarkozy fait savoir que son épouse Carla va devoir choisir entre son retour sur scène et un retour à la maison » ;  « Jean-Marc Ayrault dément toute liaison ( même aérienne) avec  Cécile Duflot »,  « Valérie Trierweiler accepte l’invitation à diner d’Arnaud Montebourg samedi soir au restaurant le Coq gaulois » ; « François Hollande demande à la journaliste brune qui lui a posé une question économique à sa conférence de presse, de lui communiquer ses coordonnées »; « Marine Le Pen a décidé de porter le voile, seulement à la maison » ; « Manuel Valls déteste le violon, mais souhaite que ça ne se rèpète pas. » Et enfin : « Audrey Pulvar se remet sur le marché, ministre s’abstenir. »

Le 22 janvier 2013 à 09:21

Neige : L'unité nationale se fissure de plus en plus

France – Premières fissures dans l’entente cordiale autour du chef de l’État face aux chutes de neige qu’affronte la France depuis quelques jours . Alors que les forces de l’État sont à l’œuvre sur tout le territoire, certains se demandent si cette opération est réellement pertinente, tant dans l’opposition que dans la majorité. Reportage. Des voix discordantes, une opération critiquée Est-ce la fin de l’état de grâce autour de François Hollande ? Si dans un premier temps, l’opposition s’était jointe dans le support total du chef de l’État face aux intempéries, le ton a désormais changé. Les voix discordantes se font entendre et l’opération est sévèrement critiquée à droite. Hier soir sont apparues les premières critiques. Valérie Pécresse a ouvert les hostilités la première : « Oui la neige c’est sympa, on peut faire des glissades mais il ne faut pas que cela dure ». Même son de cloche chez Jean-François Copé qui critique une opération qui pourrait s’éterniser. « Je trouve que nous sommes un peu seuls dans cette affaire, nous n’avons aucun support européen. Tout cela sent un enlisement à long terme ». Dans un premier temps, la totalité de l’opposition s’était rangée du côté du chef de l’État. « Dans le cadre de l’intérêt national, nous supportons totalement le choix de François Hollande dans cette opération » affirmait Jean-François Copé. Mais depuis une semaine, les observateurs notent que les chutes de neige continuent et pourraient même s’éterniser une semaine de plus. Pour les experts, cette situation peut perdurer plusieurs mois, jusqu’au printemps. « Nous combattons un ennemi que nous ne comprenons pas, il faut que nous parlions. Sans dialogue, on ne peut rien faire » a tonné de son côté Jean-Luc Mélenchon. La majorité, elle, soutient sans réserve les choix de l’exécutif. « Le Président n’a pas à se justifier, cette opération était inévitable. Si nous n’avions rien fait, le sud de la France aurait été sous la neige. Nous n’avons fait que réagir dans le cadre d’une légitime défense.» a affirmé quant à elle Najat Vallaud Belkacem, porte-parole du gouvernement. Désormais les regards se tournent vers l’opinion publique. La Nation sera-t-elle soudée autour de François Hollande ? Les analystes se perdent en conjectures. Et certains ténors de la majorité s’inquiètent des conséquences sur leur électorat: « Nous ne pouvons pas prévoir ce qui va suivre. Certains aiment bien la neige, d’autres pas, c’est un sujet où les opinions sont très très tranchées.» Les journaux ont déjà commencé à faire leur choix. Ainsi 20 minutes fait sa une aujourd’hui sur un surfer descendant les pentes enneigées du Sacré Coeur. Une photo d’une rare violence mais qu’assume le rédacteur en chef. « Il faut que les Français sachent, il ne faut pas que cela soit un sujet tabou, regardons un peu les choses en face.» Le Gorafi

Le 18 avril 2011 à 14:01

Je me suis fait couper la banane

Je ne l’avais jamais trompée. Des années de vie partagée, sans le moindre démêlé et pourtant… S’il est vrai qu’avec le temps, nos rapports aux tumultes échancrés se faisaient moins fréquents, jamais pour autant la lassitude de ces couples éplorés n’était venue enrayer notre petite complicité. Même à cran, rien ne pouvait altérer la dépendance de notre relation, pas même cette chute irréversible, signe d’un vieillissement de moins en moins latent.   Et pourtant… En ce petit matin ensoleillé de doux printemps, un aquilon volage souffla sur mes désirs sont air le plus défendu. Ce temps nouveau qui fait monter la sève, me plongea tout droit dans l’incommensurable corsage d’une charmante demoiselle. Elle que chaque matin, je croisais derrière sa vitre, sans prendre le temps de m’appesantir, devint soudainement pour moi l’attrait d’une nouvelle jeunesse.   Si peu éclatant paraissait son esprit, sublime en revanche était sa poitrine. Bien que ma timidité farouche et mon éducation puritaine me décontenancent au moindre string qui dépasse, je pris soudainement mon courage à deux mains et fis le premier pas. « Ce soir si vous voulez » me répondit-elle d’un large sourire au chewing-gum qui dépasse. Le soir venu,  je me rendis non sans une certaine appréhension au lieu dit du rendez-vous. Etais-je vraiment certain de la chose ? N’allais-je pas commettre là une bêtise impardonnable ? A peine me fit-elle entrer dans son salon que mes doutes se dissipèrent, elle qui pour me mettre à l’aise, me défit rapidement de mes affaires.   Je me retrouvai là, docilement allongé, enivré par la douceur sur ma tête de ses fines caresses, maîtrisant parfaitement bien la chose, elle me fit peu à peu vaciller, elle, penchée sur mon corps, moi, bercé par ses déhanchés et le formidable cliquetis de son voluptueux doigté. Impossible de reculer.  Sitôt l’acte achevé, elle m’interrogea sans ambages sur mon sentiment à propos de tout ce qui dépasse. Honteux, après un tel déshonneur, c’est à peine si j’osai me regarder dans la glace. Après tant d’années de fidélité, je me posai alors cette question, cette douloureuse question… Comment ai-je pu délaisser ma tondeuse à cheveux, pour aller me faire couper les tifs chez un quelconque coiffeur ?

Le 14 août 2012 à 08:55

T'as d'bio ch'veux tu sais

Pubologie pour tous

Il était une fois de banals « tests quali ». La marque, appelons-la Blup, voulait savoir s’il suffisait de dessiner des fleurs et des fruits sur ses emballages pour que les consommateurs croient que ses produits étaient naturels. Blup a donc réuni des vrais gens (qu’on appelle « consos » dans la pub) par petits groupes autour d’une table, pour les faire parler de Blup et de la nature et bien écouter leur avis de vrais gens. Et Blup a compris que le consommateur gavé à l’huile de palme et aux OGM, des fois, il se méfie. Des fois, quand il lit la composition de son shampooing que la pub elle dit qu’il est tellement trop naturel qu’il a été recueilli directement à une source de shampooing qui coule dans les montagnes, et qu’il voit qu’il contient du paraben et 0,1% d’Ylang-Ylang, le consommateur il se dit qu’on se fout un peu de sa gueule quand même. Blup a donc lancé une gamme bio (ça marche bien le bio, les gens ils ont confiance). Mais encore faut-il l’annoncer au consommateur, qui depuis la lecture de l’étiquette de son shampooing est probablement passé à autre chose, comme marcher dans la rue en évitant les crottes de chien ou payer ses impôts en retard. Alors Blup a demandé à une agence de pub de lui faire une pub en lui disant en substance « Je veux un truc qui montre que Blup c’est une marque nature, mais qui montre bien que c’est bon pour les cheveux, et aussi je voudrais qu’on voie bien le produit ». Alors les gens de l’agence lui ont proposé une pub qui montre des gens avec des cheveux dans la nature et une photo du produit (on appelle ça un packshot, c’est très important le packshot). Mais Blup n’y trouvait pas assez de cheveux, de nature, et de produit. Alors les gens de l’agence ont rajouté des feuilles en flou au premier plan, plein de cheveux qui brillent, et des produits (« Non mais sérieux, ils veulent quoi avec leurs shampooings, qu’on leur en mette une brouette ? Nan parce que sérieux, je vais leur en mettre une brouette si ça continue. » Blup a beaucoup aimé l’idée de la brouette). Après plusieurs demandes d’ajout de nature, de produits et de cheveux (la petite fille blonde peut remercier Photoshop de lui avoir évité de mourir étouffée sous une perruque de paille de 6 kilos), Blup fut satisfait. Et Blup vécut heureux et eut beaucoup de sous.

Le 23 mai 2011 à 16:02

« Quand Sarkozy expliquera qu'il en a parlé à Obama, vous répondrez que vous en avez parlé à Gérard Dugenou, ramasseur de champignons en Corrèze ? »

Anonyme UMP, p.c.c. Patrick Cohen, France Inter, 23 mai 2011.

François Hollande donné favori aux primaires socialistes est dans le collimateur des « snipers » sarkozystes. Une « gâchette » encagoulée de l’UMP a balancé une première salve dans le Journal du dimanche, ravalant le prétendant du Limousin au rang d’amateur mycophile. La détonation serait restée assourdie, si elle n’avait reçu l’écho providentiel de France Inter le lendemain, à une heure de grande écoute, par la voix du journaliste questionneur relayant le compliment à l’intéressé. Celui-ci a eu beau jeu de moquer ce mépris pour la France des sous-bois. Il est vrai qu’il n’est jamais très malin, de se la péter quand on entre en campagne. Qu’on se souvienne du « Qui connaît ce monsieur Besson ? » de Ségolène Royal. Ca a boosté la vente des confessions imprimées du transfuge socialiste. Obama, qui ne connaît sans doute pas Gérard Dugenou, se rappelle, lui, de Hillary Clinton sa rivale lors des primaires démocrates, quand elle avait diffusé sur les chaines de télévision un spot publicitaire dit des « Trois heures du matin. » On entendait le téléphone sonner à la Maison blanche pour cause de crise grave. Qui saurait répondre, alors que les petits n’enfants américains dormiraient ? Celle qui a été associée aux mandats présidentiels de son époux, ou l’ancien animateur social de Chicago ? On sait qui des deux postulants les électeurs ont envoyé aux fraises.

Le 3 avril 2011 à 12:00

« La primaire ne peut pas se réduire à un concours de boeufs charolais. »

Arnaud Montebourg, Le Monde, Dimanche 3/Lundi 4 avril 2011

Serait-ce parce qu’il est lui-même issu d’un coin où l’on élève la volaille de Bresse que le sémillant postulant à l’investiture présidentielle manifeste autant de condescendance à l’égard d’une autre espèce animale ? Il devrait être bien placé pour savoir que le bœuf charolais est originaire de ce même département de Saône-et-Loire dont il préside le Conseil général. La vacherie, en réalité, visait ses concurrents aux comices de l’automne 2011, quand il s’agira de sélectionner la plus belle bête à concours du cheptel socialiste. Arnaud Montebourg aurait élevé le débat s’il s’était livré aux mérites comparés de son propre « charolais », avec le  « limousin » de François Hollande, la « normande » de Laurent Fabius ou la « flamande » de Martine Aubry. La ficelle serait néamnoins restée trop courte pour attraper le bétail de Dominique Strauss-Kahn, labellisé naguère par le suffrage universel à Sarcelles (Val d’Oise). Depuis longtemps on n’a plus vu un bovidé paître dans cette banlieue parisienne. C’est à des petits détails comme ça que l’on vérifie si un politique est du « terroir » ou pas, comme dirait Christian Jacob, aboyeur de l’UMP pour qui l’étable ne ment pas. En vérité, Arnaud Montebourg a voulu signifier que sa candidature n’était pas de celles qui s’exhibent passivement, mais devait être regardée comme la performance d’un taureau de combat. Le drame est qu’à l’heure actuelle il n’encorne que du vent.

Le 13 septembre 2011 à 10:20

"Il y aura du ménage à faire. Et ce n'est pas plus mal que ce soit une femme qui soit élue pour faire le ménage"

Ségolène Royal, « Rencontre citoyenne » à Villeurbanne. Lundi 12 septembre 2011.

Alors là, les bras en tombent ! Voilà qu’elle virerait machiste la candidate perpétuelle qui planta naguère un compagnon intermittent des tâches domestiques, afin de porter bien haut le drapeau du genre féminin ?  On réprouve son idée que la présidence de la République devrait nécessairement revenir à une « ménagère » au seul prétexte qu’il y a des toiles d’araignée dans les recoins de l’Etat, de la poussière dans les caisses de Bercy, ou de l’argent sale qui déborde de mallettes africaines. Un homme pourrait tout aussi bien faire l’affaire.  Ou même ce serait une belle audace progressiste que de proposer une répartition égalitaire des travaux ménagers  sous forme d’un « ticket » paritaire à la primaire socialiste. Mais elle veut tout faire seule, Mme Royal. « Hop ! un coup de balai ! » a-t-elle renchéri à Villeurbanne. Effectivement, une seule personne suffit alors à tenir le manche.  Et puis maintenant ses enfants son grands, ils peuvent se garder tout seuls pendant que Maman brique la République. Un « ordre juste » c’est juste de l’ordre à remettre dans le grand désordre laissé par les hommes. D’ailleurs on a noté que sous la Vème République ce sont toujours des « Monsieur Afrique » à qui étaient dévolues les relations en eau trouble avec les potentats noirs. Faut que ça change. Avec une « Madame Afrique », sûr que tout redeviendrait nickel.

Le 12 juin 2012 à 10:07

Il y a un loup !

Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup !   C'est la formule, venue, dit-elle, de sa grand-mère, que Martine Aubry reprend à son compte pour dévaloriser François Hollande se présentant à la Présidence de la République. Le jeu de la rime mis à part, il n'est pas certain que tous les électeurs aient bien compris de quel loup il s'agit. Ségolène Royal non plus, d'ailleurs, puisqu'elle a rétorqué qu'il vaudrait mieux se méfier d'un loup qui, s'il lui arrivait de montrer les crocs, serait bien susceptible de mordre...   En fait, le loup est un mot de l'argot des coulisses qui est lié, justement, à du flou, à un moment de flottement, à une impression de vague, de confus... donnés par un texte en cours de répétition. En retravaillant, il est possible d'arriver à tuer le loup.   Une seconde acception du mot est à considérer au moment de la représentation. C'est encore un instant de flottement, puisqu'il s'agit vide laissé entre la sortie d'un personnage et l'entrée d'un autre. Ce qui rend mal à l'aise le spectateur, par une attente inassouvie.   L'histoire du théâtre a retenu deux célèbres loups. Un soir que Madame Dorval jouait avec Bocage l'Antony d'Alexandre Dumas, le régisseur fit tomber le rideau avant la phrase finale : « Elle me résistait, je l'ai assassinée ! » L'effet attendu étant grillé, le public réclame de relever la toile. Ce qui est fait ; Mme Dorval reprend sur son fauteuil sa pose de femme assassinée ; mais Bocage n'apparaît pas. Ce qui a pour conséquence un tumulte monstre de la part du public. C'est alors que, ne perdant rien de son sang-froid, l'actrice se lève, s'avance jusqu'à la rampe et annonce : « Mesdames et Messieurs, je lui résistais, il m'a assassinée ! »   Une autre fois, c'est M. de Féraudy qui, jouant à la Comédie Française, se fit attendre pendant une bonne minute. Un siècle au théâtre, où le spectacle doit avoir trouvé son rythme. Inquiets, ses camarades s'adressent des signes désespérés. Le public commence à murmurer. Enfin, le retardataire entre en scène sur les chapeaux de roue et sur ces mots : « J'arrive à temps ! »   C'est ce qui s'appelle faire une entrée !

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