Thomas Baumgartner
Publié le 08/08/2015

L'heure de la rencontre


Wow, mon zodiaque est formel aujourd'hui : « Béliers : vous allez faire une rencontre ». Ah la la. Depuis le temps que j'attends ça. Déjà il y une dizaine de mois, les mêmes mots dans le même ordre, mais je n'avais pas réussi à en profiter, trop de pression, je m'étais fait croire à moi-même que j'avais perdu ma clé à l'intérieur de mon appartement, pour ne pas en sortir. Et j'étais tombé dans le panneau. Là, pas question de ce jeu-là.

Mon journal sous le bras, je suis allé m'asseoir sur un banc, au coin de la rue de la Mère du Général Leclerc et de l'avenue de la Soeur d'Emile Zola. J'ai lu et relu, page 23, le signe, l'ascendant, le décan, tout est bordé : ce sera pour aujourd'hui. J'y vais sans pression, sans fantaisie non plus, rasé de près, pantalon de ville, moyen et open, voilà l'état d'esprit.

Quand elle m'abordera, il faudra que j'évite la familiarité trop rapide. J'aimerais l'appeler « mon trésor », ça j'y ai déjà pensé, ça a un côté précieux et en même temps mystérieux. C'est la richesse et le coffre-fort. C'est ce qui brille, et ce qui est souterrain. Le clair-obscur. Mais peut-être qu'elle ne l'aura pas anticipé autant que moi, alors j'irai mollo sur le surnom. D'ailleurs, il faut bien que je pense à lui demander comment elle s'appelle. Et on passera au diminutif avant d'envisager quelque chose de plus personnel – ça pourra aussi être un animal, poussin ou loutre. Ou un nom de fruit, mais là-dessus j'ai un doute.

Elle met un certain temps à arriver, mais je ne m'inquiète pas, l'horoscope délivre une prévision à la journée et non à l'heure. C'est aussi une chose à laquelle j'ai réfléchi : resserrer chronologiquement les prédictions. « Gémeaux, 14h30, vous aurez une belle surprise professionnelle ». « Taureaux, 19h, prévoir un choix à faire ». « Sagittaires, à partir de 21h, une forme de lassitude s'empare de vous, mais rien d'inquiétant ». Et les gens recevraient ça sur leurs terminaux mobiles en temps réel. Ah oui ah oui, je suis sûr qu'il y aurait des clients pour ça. Moi, rien que moi, là par exemple. Si on m'avait dit : « Béliers : vous allez faire une rencontre à 14h35 », ça m'aurait permis de m'organiser.

Elle est en robe, j'en suis certain. Le temps s'y prête. Avec un imprimé à fleurs, c'est la mode, en deux couleurs, mais avec une dominante de blanc. L'horoscope ne dit rien là-dessus, mais ce n'est pas une science exacte, et je préfère à la rigueur qu'ils gardent quelques détails pour eux. Un ensemble un peu vintage, style seventies. Mais elle, rien de hippie. Son sac à main sera sans franges. Voilà, exactement comme celle qui passe, là, que je pourrais héler, à la hauteur de laquelle je pourrais remonter, à qui je pourrais dire deux mots, nous engagerions alors la conversation, quelque chose de beau serait en train de naître. Elle est un peu loin de mon banc, malheureusement, ah ça se joue à rien, parfois.

Né en 1978 la veille d'une marée noire. Parle à la radio (SuperSonic, le samedi soir sur France Culture), écrit dans les interstices (La Bosse du géranium, éd. Hermann, Le Goût de la radio et autres sons, éd. Mercure de France, Corps chinois couteau suisse, éd. Emoticourt...), tente des choses collectives sur scène (Live Magazine).  

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Thomas Baumgartner

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Le 22 janvier 2012 à 08:49

Crac boum hue!

Dans le métro parisien, cette semaine. Les gars, pas tout jeunes, sont entrés à la station Saint-Jacques. Chapeautés de feutres noirs, ils étaient vêtus de costumes de même couleur. Le plus grand s’est adossé à une portière opposée au quai et le petit, plus énergique, a fait une pirouette en s’accrochant à la barre centrale. Puis il a commencé une sorte de monologue, assez comique, sur la conjoncture, la crise et le déficit. Instinctivement, beaucoup des voyageurs occupant le wagon – on était en début d’après midi – avaient tourné la tête vers l’infini, jouant mal l’indifférence. D’autres semblaient amusés, un peu… Sur la banquette, en face de la mienne, était assise une jolie femme, au chic bourgeois et raffiné. Comme c’est la mode depuis quelque temps, elle avait gainé ses jambes de bas noirs qui, je dois l’avouer, troublaient quelque peu la lecture du volume d’austère littérature que je tenais entre les mains. Mes pensées étaient ailleurs… Ma voisine était sérieuse, trop, et ses jolis yeux ne trahissaient aucun passage de folie passagère sous ses cheveux auburn… Méfions nous de l’eau qui dort ! Les deux lascars musiciens avaient enchaîné coup sur coup deux tubes de Jacques Dutronc. Qu’ils chantaient bien et qu’ils étaient drôles ! Un début de sourire se dessina sur le visage de ma voisine puis elle sourit franchement, aux anges ! Et elle se mit à chantonner tout doucement : « Moi, j’ai un piège à fille, un piège tabouuuuuuu ! Qui fait crac boum hue ! Un joujou extra ! » Croyez-moi si vous voulez, mais certaines bourgeoises ne sont vraiment pas sérieuses. Et c’est vachement bien.

Le 29 janvier 2012 à 09:14

Le noir et le rouge

Vous aviez chaussé ce jour-là – pourtant pluvieux – de magnifiques ballerines écarlates et, sur le quai de cette gare banlieusarde, on ne voyait que vos pieds tant ils contrastaient avec la grisaille ambiante. Un ruban rouge serrant vos longs cheveux bruns, vous étiez comme une enseigne vivante du roman de Stendhal. Je suis tombé aussitôt amoureux de vous, agréable figure romantique échappée d’un livre de ma bibliothèque. Dévot absolu d’une jolie voyageuse enveloppée de mystère, je ne pouvais vous quitter du regard. Pendant ce temps, vous notiez inlassablement des lignes et des lignes sur un grand cahier. Que pouviez-vous donc écrire ? La liste de vos prétendants ? Les prénoms d’un enfant futur ? Vous sembliez, en tout cas, fort inspirée, et votre charmante main – aux ongles rougis, forcément – courait sur le papier. Dans le même temps, mon imagination galopait : nous nous étions donné rendez-vous dans les jardins du Palais-royal. Un camélia rouge sang ornait votre chapeau cabriolet… Un sourire, votre tête doucement inclinée et une main tendue… J’étais Julien, le plus heureux des hommes… Quelques pas sous les arcades nous conduisaient au café de Foy où nous dégustions des glaces. Vous écoutiez mon boniment avec attention et grâce : je m’appelais Julien Sorel, admirateur de Napoléon, et je vivais dans une soupente où je cultivais ma passion pour la poésie… Vos boucles d’oreilles de grenats brillaient au soleil, vous étiez si légère… Si jolie… - Monsieur ! Votre écharpe traîne par terre ! Oh ! 2012 !  Vous êtes en face de moi, l’air navré. Le train arrive. - Merci mademoiselle. Vous êtes restée debout, sur le quai. Les portes du train se referment avec fracas. Nos regards se croisent et vous laissez échapper un magnifique sourire. Adieu Mathilde…

Le 20 décembre 2012 à 13:37
Le 14 août 2015 à 08:23

Ma femme est jalouse

Ma femme est jalouse, mortellement jalouse, non seulement de toutes ces femmes dont mon donjuanisme effréné a déjà fait la conquête, comme en témoignent mes tiroirs débordant de leurs lettres d'amour, mais aussi, et cette jalousie prospective l'obsède tout autant, de celles, peut-être encore plus nombreuses, que ma séduction extraordinaire et mon ascendant inouï vont fatalement aimanter dans les mois, les années, les décennies à venir. J'ai beau lui dire que je n'aime qu'elle, que je ne pense qu'à elle, mon passé ne plaide pas en ma faveur, où c'est à bon droit qu'elle pourrait lire l'augure d'un futur aggravé, car s'agissant du présent, si ça peut la rassurer, c'est le calme plat, je ne possède ni même ne désire aucune, absolument aucune de ces femmes qu'il m'est donné de croiser tous les jours dans la rue ou de côtoyer au bureau, et pour être tout à fait franc, ma propre épouse, dont je viens d'évoquer la jalousie morbide, je ne l'ai pas touchée depuis, depuis je ne sais quand, je la vois comme une ombre, c'est comme si je ne la voyais pas, et d'ailleurs je ne suis pas tout à fait convaincu de sa réalité, il m'arrive même à certains moments de me demander si je ne suis pas, tout bonnement, solitaire, célibataire, quant à ces lettres que j'évoquais tout à l'heure, qui faisaient de ma chambre une amoureuse caverne d'Ali-Baba, où sont-elles? je ne les vois plus, j'ai beau passer la main dans mon tiroir qui serait vide si n'y subsistaient, tout au fond, quelques vieilles photos découpées dans des magazines spécialisés, et qui ne me font plus rien quand mon désoeuvrement les exhume.

Le 18 février 2012 à 08:36

Le vagabond des étoiles

Mince, la rue des Batignolles est encore bouchée ! Depuis le temps qu’on doit la mettre en sens unique… C’est ça, klaxonnez, bande d’andouilles ! On est coincés, c’est tout ! Dans le rétroviseur, des coudes, des bras ornés d’une cigarette, et puis, plus près... Tiens ? Un jeune homme, qui me sourit et me fait coucou d’un signe de la main…Il avance vers moi, se penche… - Salut monsieur… Je vais à Neuilly… Je peux monter ? Drôle de façon de saluer un vieux.- Salut jeune homme… Neuilly ?  Allez y… - Merci beaucoup… Il a la vingtaine, il est pas mal de sa personne, souriant, un livre à la main qu’il pose sur ses genoux : - C’est sympa ce genre d’encombrement… - Ouais.. vachement. Tiens ? Vous lisez quoi ? - Un truc génial : « Paris insolite » de Jean-Paul Clébert… - Ah…Ouais ? Aussitôt, ma gorge se noua… - Et tu aimes ? - Si j’aime ? Tu plaisantes ? Ces errances de vagabond à travers Paris, le grenier des maléfices, la nuit opaque et fatiguée de la salle d’attente de Saint-Lazare… Comment ne pas aimer ? - Ah ouais… Je me souviens… Le bordel de Fourcy, le tango du chat, le petit Bacchus de la rue de la Harpe… Mais c’est vieux tout ça… Tu aimes vraiment ? - Tu parles !  Cette langue est si belle et si intelligente qu’elle pointe le cœur en direct… J’adore ! On s’était tutoyés sans le faire exprès. Pourquoi la providence avait-elle placé dans ma bagnole un gars qui aimait le même livre que moi quand j’avais son âge ? On a commencé à parler... De Clébert, du Paris des années cinquante, de Giraud, de Doisneau…Libérés de l’embouteillage, l’après-midi s’est déroulé en discussions, en rires, en coups de gueule et en coups de rouge. Le soir venu, on a continué la tournée des bistros, on a traîné sur les quais de Seine déserts… La nuit… « Je suis à Paris. Ce seul fait est déjà une bénédiction. Combien de fois le nez dans la paille d’une grange ou le dos fouetté par la pluie sur la route, ai-je pensé à cet instant ? Mais combien de fois aussi vais-je maintenant rêver, les nuits sur les bancs, l’estomac vide et les engelures aux doigts, au soleil d’Espagne ou aux bordels d’Anvers ? Vagabondage… »   Le vagabond Jean-Paul Clébert a rejoint les étoiles le 21 septembre 2011. Il avait 85 ans.> Au sujet de Jean-Paul Clébert, vous pouvez aussi lire cette chronique de Thomas Vinau.

Le 25 décembre 2011 à 08:55
Le 20 octobre 2014 à 10:17

D'ailleurs,

Madame Koodra les a vus. C'est ma voisine, la maison d'à côté. Elle est restée sous le choc toute la soirée, incapable de raconter la "rencontre". Elle a même dû laisser passer 28 h avant de trouver la force de se rendre à la gendarmerie d'ISpeCX, qui est la plus proche de notre tredj3. Vers 22h, leur dit-elle, une gigantesque masse est apparue, qui prenait un tiers de l'horizon. La lumière fut soudain vive comme en plein jour. Trois formes s'en sont échappées et se sont rassemblées devant elle, translucides et phosphorescentes, se contorsionnant à grande vitesse. Elle se sont arrêtées devant son visage avant de disparaître. Avez-vous pu distinguer un visage ou un corps ?, demanda un gendarme. Il avait une triple épaulette, ce qui était la marque de la plus haute autorité de la brigade. Non, pas de visage, mais une intelligence, c'est sûr. Le gradé prit note de la totalité du témoignage, puis glissa le document dans un grand tiroir destiné à la numérisation. D'ISpeCX, les récits de ce genre étaient immédiatement transmis à Bordatz, où ils étaient traités puis classés selon des degrés de crédibilité. Celui de Madame Koodra recevrait la note de 7/d, soit la plus élevées, mais elle ne le saurait jamais. Pirtz, mon fils de 8 ans, nous avait entendu parler de l'histoire de notre voisine, sa mère et moi. Le soir même, sur la terrasse du tredj3, alors que nous regardions le ciel, il me demanda : "Papa, tu crois que quand je serai grand, il y aura des voyages dans l'espace ?- Tu voudrais aller où ? - Elle est si bleue. Et d'ici on la voit si bien...- Sur la Terre ?- Sur la Terre, papa !"

Le 13 octobre 2014 à 08:23

Leurs mains comptaient cinq doigts

Dans la nuit du 5 au 6 hyuz, Trdm Krzt affirme avoir été enlevé par des jouglas bleus. Voici son témoignage : « Il faisait un pyrex pas possible cette nuit-là. J’étais posté à la fenêtre de ma chambre à prendre l’air quand soudain j’aperçois une sorte de Dzoing volant, carré comme un huissier. Dans un grand vacarme, l’engin se pose à une centaine de mètres de ma demeure et en descend trois jouglas bleus d’une taille impressionnante – ils faisaient dans les deux prouks, deux prouks et demi, chacun. Après s’être étirés, ils se mettent à marcher d’un pas lent à inspecter les lieux. Bientôt, je réalise qu’ils se dirigent vers chez moi. Je me rue sur mon secrétaire et me saisis de mon Katrol 38. Ils sonnent à la porte. J’ouvre en braquant mon Katrol sur eux. Effrayés, ils lèvent leurs longs bras vers le ciel. L’un d’entre eux me dit dans une langue très étrange (la réplique a été captée par le EIM - Enregistrement Intra Muros) : - Pogrul loumirnie dotru. Castre pryst tombolot acite grouza im potiron ! A quoi je réponds : - Je ne comprends rien à ce que vous racontez. Allez-vous-en ! C’est alors qu’un deuxième se met à s’exprimer avec les mains – qui comptaient cinq doigts ! Je comprends enfin qu’ils cherchent un toit pour la nuit. Pour prouver leur bonne foi je suppose, le troisième sort de sa poche un billet vert et me le tend. Le billet ressemble beaucoup, mais en bien plus petit, aux diplômes qu’on accroche fièrement dans nos salons. Toujours en braquant mon Katrol sur eux mais avec moins de véhémence, je leur fais signe d’entrer en leur demandant d’enlever leurs zobasses avant de franchir le seuil. Puis, comme le veut la tradition, je leur sers un Partzel au chocolat. En les observant siroter leur boisson je finis par les trouver touchants et sympathiques. A un moment donné, il y en a un qui a voulu se prendre en photo avec moi. « Selfie ! Selfie ! » qu’il a crié automatiquement… Ensuite, somnolent et quelque peu rassuré, je prends congé pour aller me coucher, les laissant dormir dans le salon… Le lendemain matin, j’ouvre les yeux dans un endroit qui m’est parfaitement inconnu. Je suis attaché sur un chariot de la tête aux pieds. On m’a probablement anesthésié car je ne sens rien et je peux à peine bouger. Des jouglas bleus vêtus de blouse blanche s’affairent autour de moi. Je regarde dehors, il y a une sorte d’immense suppositoire qui s’apprête à décoller. A moitié endormi, je demande à l’un des jouglas bleus en blouse blanche – une  meuf – où est-ce que je me trouve. N’ayant pas l’air d’avoir saisi ma question, elle me répond par une autre question, laconique :  - Nasa ? Je fais non de la tête – « non, je ne veux pas faire pipi » – et je me rendors. Quand je rouvre les yeux, je me retrouve cette fois-ci chez moi, dans mon lit, avec une énorme tache violette à l’avant-bras… » A la question « comment décririez-vous les jouglas ? » Trdm Krzt répond : « Les jouglas sont bleus. Leur planète est bleue. Chez eux tout est bleu presque. Bleu comme la tristesse. »

Le 23 août 2011 à 09:03

Hubert, chien de cirque

Le mois dernier, j’ai revu mon cousin Hubert. Je lui trouvé l’air éteint. Comme nous nous aimons bien, il s’est un peu confié. — En janvier dernier, figure-toi, j’ai ouvert un blog, comme tout le monde. Ça distrait. Trop. Je me suis enflammé pour l’auteur du premier commentaire aimable, une jeune parisienne, à ce que j’ai compris. Et me voilà parti à lui composer des poèmes, à faire des cabrioles, à inventer des tours, à la suivre à la trace sur tous les chemins virtuels possibles. Ah ! Le succès que j’ai eu, c’est peu dire qu’il ne fut même pas d’estime. Alors j’ai fermé mon maudit blog. Pour en ouvrir un second, puis un troisième qui lui était spécialement dédié. Et plus j’implorais un regard, une minute d’attention, plus les coups de pied pleuvaient. Enfin j’exagère, mais elle ne venait plus jamais me lire. La nuit, je dormais sur le paillasson de son blog à elle, sans oser y entrer. Le jour, je mettais au point pour le mien de nouveaux numéros qui auraient pu enfin l’attirer et lui plaire. Niet. Les compliments, les petits mots pleins d’esprit étaient toujours pour les autres. Je dépérissais. Puis, bizarrement, mon visage changeait un peu, mes oreilles aussi, et je me suis mis à manger beaucoup de viande, moi qui avant la détestais. Quand plus personne n’a reconnu ma voix au téléphone, j’ai compris qu’il fallait vraiment faire quelque chose. J’ai voulu supprimer mon compte, mais on m’a répondu qu’il n’existait pas, qu’il n’avait jamais existé.

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