Claude Chanaud & May Livory
Publié le 26/07/2015

T'es bête ou quoi ?


Traduction d’une ancienne interrogation anglaise exprimée lors qu’un individu s’étonnait face à un être surprenant ou d’aspect bizarre, cette expression se répandit en France lors de la guerre de cent ans. Elle était alors marque d’étonnement des soldats écossais auxquels nous fûmes associés pour libérer le roi Charles VII d’une énervante occupation anglaise. En effet quand ils virent notre célèbre Jeanne d’Arc caracolant à leurs cotés à cheval et en cuirasse, elle leur semblât être aussi étrange à voir que l’ornithorynque d’Alexandre Vialatte.

Il faut dire qu’une armure ne pouvait pas prétendre habiller élégamment une femme et que, mis à part des rougeurs aux aisselles, des démangeaisons insatisfaites un peu partout et une évidente difficulté à faire pipi lors d’interminables chevauchée, la cuirasse portée par la pucelle native de Domremy souligna un profil de soldat improbable et un dandinement malgracieux. Pour les hommes venus de Glasgow il y avait gourance sur l’identité, voir même usurpation d’animalité.

D’où leur discourtoise interrogation : You're an anima or what ? Depuis T'es bête ou quoi ? est devenue la prétentieuse affirmation d’une fort discutable supériorité.

C Q F D

Claude Chanaud

Parisien amoureux du théâtre dont il offre d’alertes chroniques sur encres-vagabondes.com, il forge en Brennou sa langue d’ethnographe tendre et malicieux pour conter des fictions publiées chez Barde la Lézarde, dans L’Imbriaque, Journal d’un Jour, Hommage aux Marges et à la collection foL’Ivres : Secret de veuve, Cent dessous d’Aristote à Capsula Popoe, Les mordeuses de bois de lit, Un plein bol d’eau tiède. Aux éditions Le bruit des autres, les recueils de nouvelles Fatoumata la Berrichonne, Pas toutes urbaines, Chroniques gaillardes de Bourg-en-Brenne, et les « élucubres » : Gens de plume et vin chaud à la cannelle et Mécréantes hypothèses.

May Livory
Cette Cotentinoise arpente Paris comme une grève, busoque dans les dictionnaires, invente un porte-bébé, des stickers d’ongles, une thèse d’ethnologie sur la rumeur et les Machines célibataires, des Textilographies ou des Peaucifications, et aussi des livres pour Barde la Lézarde dont quelques-uns avec Claude Chanaud. Tenancière de La loge de la Concierge, près de la Samaritaine, de 1994 à 2013. Tricote à la main depuis 2000 le site d’art et d’essais ethnologiques et littéraires shukaba.org.

 

Epistémologie des récipients amis de l’Homme

Littré, Larousse et Robert, bien informés sur ces partenaires qui se sont révélés fidèles depuis que nous avons quitté nos inconfortables cavernes pour habiter à la Garenne-Colombes un appartement muni d’un chauffage par le sol, nous expliquent que ce sont  « des ustensiles destinés à des usages ménagers de formes plutôt creuses » et qu’ils « servent surtout à recevoir des substances diverses »...

 

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Le 24 novembre 2013 à 08:49

Le Père Fouettard

Les cracks méconnus du rire de résistance

À l'intention expresse des lustucrus de plus en plus hargneux pour qui, avec son visage d'ébène et sa perruque afro « y a bon Banania », le Père Fouettard est une ordure. Qu'il apparaisse comme « la représentation d'un symbole raciste, hostile à la communauté africaine ». Ou comme « la vision stéréotypée du peuple africain et de tous les originaires d'Afrique considérés comme des citoyens de seconde zone ». Ou comme « la caricature des victimes de la traite négrière ». Ou comme celle de leurs bourreaux. À l'intention expresse donc des dragons de vertu, telle Verise Sheperd, présidente d'une commission du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme voulant envoyer clochemerlesquement le Père Fouettard (Zwarte Piet aux Pays-Bas) à la débourre, j'entends ressusciter ici-même un tout autre Père Fouettard, celui qui fut l'emblème cravacheur des insurgés de la Commune de Paris. À l'instar effectivement du Père Duchesne durant la Révolution française ou du Père Peinard durant l'âge d'or de l'anarchisme français, le très rigouillard Père Fouettard fut le baveux de chevet, avec L'Ami du peuple d'Auguste Vermorel, des barricadiers de 1871. En voici un petit aperçu caracolant. « Toc toc ! - Eh bien ! Qu'est-ce que c'est ? - C'est le Père Fouettard ! - Et qu'est-ce qu'il veut, le Père Fouettard ? - Il veut fouetter. - Diable ! Et qui fouetter ? - Eh ! Je crois bien qu'il fouettera les Versaillais, et jusqu'au sang. Diable de diable ! - Il n'est donc pas contre la Commune ? - Tant que la Commune ira bien, le Père Fouettard s'en ira. Fouettant ci, fouettant là. Et jamais la Commune ne fouettera. Mais, clic ! clac ! clic ! ce qu'il fouettera, c'est Dodolphe, le petit vieux-vieux, et la Chambre, la petite vieille-vieille ; car la Chambre de Versailles est une antichambre de la royauté, et la Chambre et le petit Dodolphe agissent mal. Très mal ! Sanglantement mal ! Ce que le Père Fouettard fouettera, diable de diable ! C'est l'armée de Versailles, aussi galonnée qu'un saucisson de Lyon ; ce sont tous les officiers à barbes grises, à cheveux gris, à cerveaux gris. Les mômes ! Ils ont blanchi sous le harnais de l'abrutissement et de l'esclavage, et lâches en face des Prussiens, ils ont le toupet de se montrer féroces devant le peuple. Ah ! Gars de Versailles, vous faites là une satanée cuisine qui soulève le cœur de dégoût. Mais prenez garde ! Puisque vous aimez tant les fadeurs, le Père Fouettard va vous servir une crème fouettée qui vous fera peut-être faire la grimace. Et pan ! pan ! pan ! Il vous la fera avaler à coups de verges. Oui, le Père Fouettard apportera son paquet de verges dans la politique : il n'a fouetté jusqu'ici que les mômes, il est temps qu'il fouette les grands moutards ! Le Père Fouettard fouettera tout ce qui mérite d'être fouetté et rien n'arrêtera ses lanières, rien, entendez-vous ? Diable de diable, rien ! Clic ! clac ! clic ! »

Le 12 août 2010 à 14:38

Je ne comprends pas

"Merci", "S’il te plaît", "Pardon", ce sont des formules simples, faciles d’emploi, et qui rendent le monde plus agréable. Il y a d’autres formules, qu’on garde pour soi par timidité, ou par fierté mal placée. Parmi elles, il y en a une qui devrait être réhabilitée d’urgence, c’est le « je ne comprends pas ».  En disant « je ne comprends pas », on résiste aux discours formatés des conseillers en communication, grands manipulateurs de l’information. Je ne comprends pas pourquoi un individu deviendrait moins dangereux une fois déchu de sa nationalité ; pourquoi les fournisseurs d’accès à l’Internet devraient être tenus pour responsables du filtrage du net en ce qui concerne les jeux en ligne, alors qu’ils ne l’ont jamais été en ce qui concernait les sites pédopornographiques.   On résiste aussi aux campagnes publicitaires destinées à nous créer de nouveaux besoins. Je ne comprends pas pourquoi j’aurais besoin d’un écran plat, d’un téléphone 3G, d’une palette graphique…   Et enfin, on résiste à la culpabilisation qui s’abat sur nous lorsqu’on essaie de sortir de la norme. Je ne comprends pas pourquoi je n’aurais pas le droit de vivre dans une grange ; pourquoi, sous prétexte que mon petit frère télécharge ses dessins animés préférés, on veut me couper mon accès Internet, alors que j’en ai besoin pour mes études. Bref, le jour où tout le monde dira « je ne comprends pas » d’une seule voix, on arrêtera peut-être de nous prendre pour des imbéciles.

Le 6 juin 2015 à 09:41

Poney flottant

Roman à paraître (extrait)

J'ai la robe. De La Spagna. J'arrive à la ferme. J'ai la robe des femmes qui tortillent leurs mains comme les octopoussies leurs tentacules, j'arrive dans la ferme, je suis la femme de l'Andalouzy...Mais les cliquetis des castagnettes et accords de cordes dans ma tête s'effilochent à la découverte des sons provenant de la cour...  Je perçois des bruits mats, des bruits de chairs, des à-coups de corps en lutte, je sens de la testostérone, des combats de virils -comme il doit y en avoir dans les prisons de Jean Genie-, j'entends des mises à mort, de la sueur, de la bave et du sperme...  Et ce cri?!?!?!...  Ah mais oui, c'est ça...  Ce ne sont que les plaintes d'un cochon mis à mort par Grand-Père et son ouvrier...  Oh, ce n'est que ça!!!...  Bon, je zappe.  On a tous assisté à la mort d'un cochon quelque part dans notre enfance et j'éviterai le paragraphe sur les chialures de gamin qui fait connaissance avec ce que l'on nomme "angoissss existentielle", la peur de son inévitable finitude blablabla...  Et je zappe également les similitudes physiologiques de l'humain et du cochon dont la peau de ce dernier fait d'excellentes greffes à celle du premier... (aussi qu'est-ce qui est humain, animal, végétal????)Donc.  Dans ma robe Spanich, ce n'est pas la mort certaine de la bête qui m'impressionne. Ni ses cris écorchant le ciel du Pays des Galles, ni les claquements de ses sabots inventant la fuite, ni ses yeux de condamné à mort flairant sa transformation prochaine en saucisse grillée, ni ses regards implorant une once de pitié auprès de ses bourreaux bouffeurs de côtelettes...Non. Ce qui m'impressionne terriblement, c'est l'état de l'homme Grand-Père dans ce corps à corps... Il a empoigné la massue et c'est comme s'il ne parvenait plus à lever l'engin du sol... Et quand il y parvient, c'est à côté du crâne de la bête qu'il l'abat, martelant pitieusement les pavés de la cour... Et Grand-Dad de vociférer comme un tout vieux rhinocéros, humilié par cette porcine bestiasse qu'il ne considérera jamais comme "un être vivant doué de sensibilité" le con...  Et le cochon, de hurler de plus belle, et l'ouvrier, de tenir la bête au cou, de perdre la maîtrise et de craindre vachement que la massue n'écrabouille ses menottes de travailleur manuel... Et cette scène perdure des secondes, des minutes éternelles... Mais Grand-Père, dans un dernier soubresaut, hurle "Laaaaaaast pig..." et rabat l'objet massif au crâne de l'animal. S'ensuit le traditionnel silence après la lutte. J'aime ce silence après la lutte; je sens picoter dans mon corps l'adrénaline de mes pulsions de jeune assassine... Dans ce silence, je suppute que les processus de putréfaction du cadavre du cochon se mettent en branle... Sont-ils les mêmes que ceux chez les humains décrits dans l'Anthology du corps humain illustrated de Mummy ?  A savoir... : que 2 à 8 minutes après l'arrêt du cœur, les tissus nerveux commencent à dégénérer, que les sphincters et les muscles se relâchent et que spontanément, mictions et fécales surgissent, que le corps encore doucement tiède et mollasson pâlit, comme un soldat tombé dans son lit vert où la lumière pleut, qu'après 5 ou 6 heures, le macchabée devient raide de partout, que 24 heures après le décès, des taches de violette et de pinard Saint-Emilion paraissent, que le cadavre alors redevient tout mou et pue et se putréfie, qu'ensuite des couleurs vertes apparaissent sur l'abdomen puis sur tout le corps et que la peau sèche et devient friable comme une feuille de parchemin et que les cheveux, ongles, poils s'arrêtent de pousser et s'échouent, que les organes perdent leur forme anatomique et mollissent en bouillie-pour-le-chat, qu'à la 3e semaine le foie a disparu, qu'entre le 5e et 6e mois, le cœur a fondu, que toute l'eau s'évapore chariant sels et bactéries, que les sucres deviennent alcools (forts ou pas ?), que les acides mutent en gaz carbonique, que le cadavre peut produire jusqu'à 5000 litres de gaz, que les graisses dégoulinent en stalactites longs et tendres genre marshmallow et qu'enfin, au bout de 365 jours, ne reste qu'un squelette sans peau parsemé de quelques tendons, ligaments et grosses artères... Les os se disloquant au bout de 4 à 5 années.Voilà.Voilà.Voilà. Et ce petit processus lié aux humains semble effectivement s'être mis en route chez la bête car l'anus du cochon, tout relâché qu'il est, émet une crotte bien tristounette au pavement de la cour.  Alors, dans ma tête, je me remets les castagnettes et cordes. Un long moment de temps passe comme ça, tout suspendu dans le no man's de land.

Le 8 décembre 2015 à 08:54

De la politique, de la liberté, de la santé publique

Petit cours de rattrapage pour Marion Maréchal Le Pen

Je vous assure que j’aimerais vous parler d’autre chose, vous allez finir par penser que je fais une fixette sur le sujet, mais aujourd’hui je vous cause encore d’avortement. Parce qu’il est à croire que jamais on ne nous laissera tranquilles avec le sujet. Petit rappel des faits : Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l’Assemblée nationale et commence son combat parlementaire pour que l’IVG devienne un droit pour les Françaises. Le 17 janvier 1975, Simone Veil gagne, arrachant leur vote aux parlementaires de droite, sous couvert de la protection de la vie des femmes. Car c’est bien de cela dont il s’agit : aujourd’hui, dans le monde, on estime selon les sources entre 47 000 et 68 000 décès annuels de femmes des suites d’un avortement dont les conditions sanitaires n’ont pas été respectées à cause notamment de législations liberticides vis-à-vis de l’IVG. J’ai relu les chiffres plusieurs fois, j’ai cherché partout. J’ai halluciné. On pourrait me dire qu’ils sont un peu « flous ». Je rétorquerais qu’ils sont surtout complètement fous. Le 13 novembre 2015 (oui, c’était passé inaperçu pendant quelques jours au vu des événements), Marion Maréchal Le Pen, candidate du Front National pour la région PACA déclare : Interviewer : Je vais vous demander une deuxième fois car je ne suis pas sûr d’avoir bien compris, vous supprimeriez la subvention accordée au planning familial ? MMLP : Oui, absolument. Absolument parce que je considère qu’aujourd’hui ce sont des associations qui sont politisées. Ils véhiculent une banalisation de l’avortement, or je considère que c’est un sujet important en France et je vais même aller plus loin, je pense même que c’est LE tabou aujourd’hui en France. Et oui Marion Maréchal Le Pen ! Le tabou de ne pas laisser mourir des femmes dans des cuisines avec des cintres ou des aiguilles à tricoter entre les jambes ! Sacré tabou en effet… Parce qu’en France, avant les plannings familiaux, avant la loi de 1975, on comptait environ 400 femmes décédées suite à un avortement clandestin ; ces chiffres sont difficilement exploitables du fait du ….tabou justement…. qui leur était lié. Toutefois, ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, les décès liés à une IVG se situent entre 0 et 2 selon les années. La pratique légale de l’IVG sauve des vies. Voilà la question essentielle. Alors on va me dire « Oui, mais cesser de donner de l’argent à une association, ce n’est pas interdire l’avortement. » Certes. Mais les plannings familiaux sont les premiers lieux d’accueil de jeunes femmes et jeunes hommes qui ont besoin de réponses liées à la sexualité et la grossesse. Ce sont des lieux anonymes. Quand on sait que 150 centres d’orthogénie (qui pratiquent les IVG) ont fermé, on se rend compte de la nécessité de cette structure de proximité. Marion Maréchal Le Pen, l’avortement n’est pas une mode, les chiffres restent stables (aux environs de 220 000 par an en France) alors que la population augmente… on baisse donc en proportion. Une Française sur 3 a avorté. Il est essentiel que cet acte qui relève d’un quotidien (et non d’une banalisation !) lié à la sexualité soit le plus sécurisé possible et se passe dans des conditions psychologiques, avec un accueil le meilleur possible. Les plannings familiaux sont essentiels. Je rappelle en outre que si Marine Le Pen a vaguement recadré sa nièce suite à cette sortie, elle est celle qui employa la terminologie « d’IVG de confort » et qui vota CONTRE le rapport Tarabella le 10 mars 2015 au Parlement européen, rapport insistant sur l’accès des femmes à la libre contraception et à l’avortement. La boucle est bouclée. C’est bien de la liberté à disposer de son corps, dont on parle, mais aussi de santé publique. Le Front national n’est pas et ne sera jamais l’ami des femmes. Si vous votez dimanche, faites-le en toute connaissance de cause. Dessins : James

Le 3 décembre 2013 à 08:57

Fins de mois difficiles : 85% des ménages français d'accord pour avancer Noël en début de mois

Selon une étude de l’institut IPSOS pour l’association de consommateurs UFC – Que choisir, une très large majorité de français verrait d’un bon œil le fait d’avancer les fêtes de Noël en début de mois. Les raisons financières et les difficultés à boucler les fins de mois sont les principales raisons avancées dans le sondage. Stéphen Jobert, qui a réalisé l’étude pour le magazine Que choisir, explique que la période de Noël devient chaque année une source de stress pour les ménages français les plus fragiles. « L’achat des cadeaux de Noël peut très vite devenir un vrai parcours du combattant, surtout si on ne s’y prend pas à l’avance » précise-t-il. Le rédacteur en appelle au bon sens pour justifier une mesure qui « soulagerait les Français en ces temps de morosité ». Alors que 45% des Français déclarent commencer à compter les centimes dès le 15 de chaque mois, Stéphen Jobert explique qu’organiser Noël entre le 5 et le 10 décembre permettrait à un maximum de familles d’avoir un budget cadeau et de pouvoir se faire plaisir le soir du réveillon sans se mettre dans le rouge. « Surtout quand on sait que ce sont toujours les budgets consacrés à la nourriture et aux loisirs qui sont les plus touchés en temps de crise » ajoute-t-il. Cette année, le budget des ménages s’annonce de plus en plus serré. 21% d’entre eux vont consacrer moins de 100€ en budget-cadeau, 50% entre 100 et 300€. « Noël est souvent vécu comme une période d’austérité, où l’on se prive pour pouvoir faire plaisir à ceux qu’on aime » explique Stéphen Jobert, qui précise que l’étude ne s’arrête pas à la seule question de Noël puisque selon lui, les ménages français seraient également favorables à l’idée de réduire à deux semaine le dernier mois de l’année pour passer en 2014 aux environs du 15 décembre. Le Gorafi Photo:iStock/ FuatKose 

Le 26 novembre 2013 à 09:08
Le 6 juillet 2013 à 10:35

Elisabeth Cotten, clochard céleste

Portrait 42

Tu connais l'histoire de cette chanson ? Écoute ce que la voix raconte sans le dire. Il y a cette petite fille. Elle a dans les douze ans. Elle est gauchère et vient de s'acheter sa première guitare grâce à l'argent des ménages qu'elle fait avec sa mère. Elle apprend toute seule, à l'envers. Le week-end elle chante à l'église. Elle habite à Carrboro, en Caroline du Nord, près de la voies ferrée. La nuit elle entend les trains de marchandise qui roulent vers l'inconnu en hachant l'obscurité. C'est ainsi qu'elle compose cette petite comptine lancinante, Freight Train, Freight train going so fast... C'est doux et sombre. La petite Libba comme on l'appelle y parle déjà de sa mort. When I'm dead and in my grave / No more good times here I'll crave / Place the stones at my head and feet / And tell them I've gone to sleep. Les années passent. Les trains de marchandises continuent à déchirer l'horizon. Elle reste là. Se marie à quinze ans. A des enfants. Travaille comme femme de ménage. Elle arrête plus ou moins de chanter. Presque vingt ans plus tard elle devient la bonne de Mike Seegers. Famille de musiciens. Il a trois enfants à qui elle chante ses chansons le soir pour les endormir. Il l'enregistre en 1958, la fait connaitre, passer à la télé. La vague folk des années soixante lui permet de finalement s'acheter une maison à Syracuse. Elle y enregistre un dernier album dans lequel elle chante avec son petit fils. Le train numéro neuf ne roule plus depuis longtemps.

Le 2 septembre 2014 à 09:42

Les extraterrestres pensent trouver une intelligence humaine d'ici 20 ans

Les extraterrestres restent étonnamment optimistes dans leur prévision de recherche. Ainsi, ils ont maintenu leur objectif de trouver une preuve d’une potentielle intelligence humaine sur Terre d’ici vingt ans. « Nos schémas de calculs nous montrent que notre faisceau de recherche se réduit, on va forcément toucher au but » estiment les chercheurs extraterrestres, pas découragés par la possibilité de se heurter à un possible mur. « On y pense, bien sûr. Qu’au fond, nous ne soyons qu’en fait terriblement seul dans l’Univers. Mais on pense que la Terre possède les caractéristiques nécessaires pour l’apparition de la vie et donc, pourquoi pas, d’une intelligence ». Découvrir une trace d’intelligence sur Terre remettrait en question de nombreuses théories et ouvrirait aussi la porte à un nouveau champ de possibilités. « C’est un peu notre obsession, savoir si nous sommes seuls dans l’Univers capables de raisonnement et d’empathie »  explique un chercheur,  même si pour bon nombre la possibilité que l’humain puisse posséder une telle faculté d’empathie reste clairement du domaine de la science fiction. Les chercheurs arpentent ainsi la planète depuis des années, équipés de dispositifs et d’appareils, destinés à calculer et relever les traces de vies. « Nous avons décelé des traces de vies, très résiduelles, mais pas forcément des traces d’intelligence » contre-balance un autre chercheur, moins optimiste que ses confrères. À l’issue de la conférence de presse, les chercheurs ont annoncé  leur intention de focaliser leur recherche sur une région non analysée dans l’immédiat et dans laquelle ils ont placé de grands espoirs de découvertes, le Moyen-Orient.

Le 14 décembre 2012 à 09:08
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