Michel Zinger
Publié le 21/08/2015

Mondes Parallèles


Le Troisième Homme

Après une enfance heureuse, tout juste perturbée par le fait que mes parents pensaient que je n’étais pas vraiment leur fils, je n’ai pas su trop quoi faire de l’avenir. Mes études furent bordeliques et décousues, entre faculté des lettres et des sciences, beaux-arts et musique, le tout en même temps, sans être doué pour quoi que ce soit et sans jamais aboutir à quelque chose. Un jour, alors que je cherchais un chemin que jamais je ne trouvai, je frappai par hasard à la porte d’une école renommée qui, ayant apprécié mon sens de la repartie, eut la bonté de m’accueillir, de m’enseigner des choses et de me donner de quoi occuper mon temps pour la vie avant que je ne réalise que ce temps n’existait pas.

 

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Le 18 mai 2012 à 11:05

Bof-héros...

Je suis au plus mal. Je ne sais si mon cerveau un peu dingo se rit de moi - ou si j'ai un jour sauvagement été désincarcéré de mon quotidien monotone, puis parachuté de force dans une dimension parallèle - mais j'ai longtemps cru (j'en avais même l'intime conviction) être ni plus ni moins qu'un super-héros. Mais un vrai, hein : avec des super-pouvoirs, et tout et tout... Je jurais même à qui voulait l'entendre, que de jeunes enfants échangeaient, un peu partout dans le monde, des vignettes autocollantes à mon effigie - vous savez, celles que l'on colle dans ces albums en carton qu'on ne terminera sans doute jamais.  J'étais heureux, j'étais fier. Mais en assistant d'un oeil distrait, l'autre jour, à l'investiture de notre nouveau président, je fus comme lui, et au même moment, littéralement foudroyé : amphibie, serrant des mains par milliers, commandant au tonnerre, changeant l'eau en vin... cet homme prétendument "normal" ne pouvait être fait de chair et de sang seulement. Non, j'en étais sûr : à l'instar du fameux Steve Austin, il devait au moins valoir trois milliards.  Alors que moi, rien, nada. Oui, rendons-nous à l'évidence : - Des super-pouvoirs ? Hormis ma propension à multiplier les points de suspension, vraiment, je ne voyais pas... - Je m'étais bien confectionné une cape avec quelques torchons usagés, mais elle ne m'attirait que jets de pierres, jurons et quolibets. - Contrairement à François Hollande ou Captain America, même pour ce qui est de désigner mon super-vilain-ennemi-juré-à-moi - malgré ma fâcheuse tendance à considérer comme adversaire tout quidam faisant montre d'un peu plus de talent que moi - je tâtonnais. Oh il y a bien cet auteur-compositeur-interprète américain (je ne veux pas de problèmes, alors laissons-lui une lichette d'anonymat, et appelons-le Sophian Stephen) que je déteste par-dessus tout et à qui je ferais bien entendre raison une bonne fois.... Mais je l'aime à peu près autant que je le hais, c'est embêtant. Quel bien pâle super-héros je fais. Un moyen ou un bof-héros, oui ! Tant pis, il ne me reste qu'à pleinement sombrer en dépression, pauvre de moi...

Le 11 mars 2011 à 09:19

Au plus nord du continent américain

Tant qu'il y aura du froid

Ce que l’on voit, ce sont des images prises par une webcam de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks en Alaska. Elle est posée dans les hauteurs de la plage de Barrow, le village situé au plus nord du continent américain, bien au-delà du cercle polaire arctique. Au-dessus de Barrow, il n’y a plus que la banquise, des ours, des phoques et la mer des Tchouktches. Au-dessous de Barrow, il n’y a pas de route, mais un grand désert de permafrost, des caribous et des chouettes harfangs.La webcam a pris une image toutes les cinq minutes, dans la nuit du 17 au 18 février 2011, de 23 h 31 à 4 h 56. Il est fort probable qu’à 5 heures du matin, le chercheur de l’Institut de géophysique de l’Université de Fairbanks se soit endormi. Il s’agit d’un mois de février ordinaire, il fait entre -14°C et -26° C, la lumière a disparu depuis longtemps. Le courant que l’on voit évoluer de gauche à droite de l’image montre que la mer n’a pas gelé sur toute sa profondeur. Cette nuit-là, des amas de glace de huit mètres de hauteur se sont déposés sur la plage. C’est ici qu’est né Eben Hopson, le 7 novembre 1922. Il est le petit-fils d’Alfred Henley Hopson, chasseur de baleines venu de Liverpool et d’une Inupiat. Eben Hopson commence une vie revendicative à 15 ans en écrivant au Bureau des Affaires indiennes de Washington. Il dénonce les travers de l’Université qui ne rémunère pas les étudiants venus faire des recherches au-delà du cercle polaire. Par retour de courrier, le doyen de l’Université le taxe de fauteur de trouble. En découle une interdiction d’embarquer à bord du North Star, le bateau qui aurait pu lui permettre de poursuivre ses études à Anchorage ou Seattle. Il devient alors manœuvre, puis ouvrier du bâtiment, puis ingénieur juste avant que l’armée ne lui demande de partir pour la guerre.À suivre…

Le 7 janvier 2013 à 10:14

Henry Bauër (1851-1915)

Les cracks méconnus du rire de résistance

On connaît le rejeton officiel d'Alexandre Dumas dont la Marguerite Gautier a ouvert bien des écluses. On ne fait pas grand cas aujourd'hui, par contre, de son autre fils, le fringant bâtard Henry Bauër, surnommé « le mousquetaire de la plume », un géant fascinant qui avait hérité du bel esprit virevoltant de son paternel. « Comme lui, relève Jean Savant de l'Académie d'Histoire, il aurait pu déclarer, en éclatant de rire, au sortir d'un dîner plutôt morne, alors qu'on lui demandait : - Eh bien, Dumas, comment s'est-il passé ce dîner ? » « - Ma foi, si je n'avais pas été là, je me serais bien ennuyé. »   Considérant que l'art d'écrire, qu'il possède magnifiquement, se doit d'être « inséparable de l'action », Henry Bauër, durant son adolescence, ne loupe aucun charivari anti-professoral, aucun sabordage de cérémonial austère ni aucun tohu-bohu contre la culture académique. C'est l'époque où l'on ne peut représenter au Français ou à l'Odéon les pièces des auteurs barbants bien en cour sans que ce ne soit le couac. Sitôt le lever de rideau, en effet, ou bien de jeunes hutins sautent sur scène pour y improviser des tirades malséantes, ou bien, empêchés de le faire par les sergents de ville quadrillant la salle, ils opèrent dans la légalité en éternuant, en toussant, en hoquetant et en applaudissant intempestivement sans fin ni cesse acculant le spectacle à se jouer comme une pantomime.   Henry Bauër n'est pas pour autant un garnement irréfléchi. C'est en parfaite connaissance de cause et de manière méthodique qu'il rompt en visière, stipule son biographe Marcel Cerf, avec « le plat et le vulgaire, l'artifice et les conventions, la grossièreté de style et la banalité de la pensée ». Dans sa préface cinglante à L'Alphabet pour les grands enfants du dessinateur Hermann Paul, en 1898, il remonte à la source du décervelage universel : « Aux premières lettres que balbutie l'enfant, on lui apprend à former les mots de respect héréditaire, les termes de préjugés, de conventions sociales, les vocables de religions à l'image de la société et de ceux qui la gouvernent. On lui inculque, avec les notions rudimentaires, toutes les variétés du mensonge qui composent l'État et la loi des hommes réunis. »   Dans l'une de ses chronique à L'Écho de Paris, il proclame son pacifisme radical : « Aurais-tu du goût, mon fils, pour le métier militaire, l'uniforme, les roulements de tambour et la flamme des drapeaux ? Apprends que le continuel souci, le suprême effort des nations concourt à s'entretuer ; que patrie et gloire correspondent à ce massacre prémédité, systématique, à ce déchaînement organisé de l'animalité, de la sauvagerie, qu'on nomme la guerre. »   Dans une allocution historique en l'an 1900, il célèbre l'artiste se trouvant « opprimé par les traditions scolastiques, les règles du faux goût, les modes, les grammaires qui emprisonnent l'imaginaire, oblitèrent la vision et opposent convention, formule et discipline au développement et à l'expansion des facultés créatrices ».   Des positions de principe irréductibles qui amènent le redouté critique du Réveil et de La Petite République à tirer l'épée pour tous les pestiférés de la fin du XIXe siècle : Henri Becque, Octave Mirbeau, Richard Wagner, Émile Zola, Gerhart Hauptmann, Oscar Wilde, Auguste Rodin, Félix Fénéon… À superviser une traduction nouvelle de la pièce de théâtre la plus subversive-carabinée, selon moi, qui existe : Un ennemi du peuple d'Ibsen. À en venir quasiment aux mains pour défendre Ubu-Roi qui fait scandale au théâtre de L'Œuvre en décembre 1896 et qui personnifie pour lui le nécessaire « vent de la destruction, l'inspiration de la jeunesse, contemporaine qui abat les traditionnels respects et les séculaires préjugés ». Bauër et Jarry pour lors doivent faire face à une impressionnante curée orchestrée par le maurassien Léon Daudet, par le pauvre André Gide et par l'illustre littérateur salonnard Ernest Lajeunesse « que l'on comparait volontiers à un pou, précise Marcel Cerf, en raison de sa laideur ». Le duel Lajeunesse-Bauër est passé à l'histoire. Ernest Lajeunesse à Henry Bauër : « - Je n'ai pour vous que du mépris. » Bauër : « - Et moi, je n'ai pour vous que de l'onguent gris. » Il faut savoir que l'onguent gris est un médicament d'usage externe contre les poux.   Les pugilats culturels de Dumas junior n°2 ne tournèrent pas toujours bien (son biographe indique que « l'aventure d'Ubu lui porta un grave préjudice » au point qu'« en quelques semaines, sa situation s'écroula »). Mais son activisme politique lui valut également, on peut l'imaginer, quelques désagréments.   Rien qu'en 1870, le carabin Bauër se fait embastiller quatre fois pour « cris séditieux », « rébellion et outrages à agents », « incitation à la désobéissance » et « coups à magistrat ». Il a cependant l'embellie car il est extirpé de Sainte-Pélagie par les émeutiers du 4 septembre 1870 et de Mazas par ceux de la nuit de colère du 22 janvier 1871. La Commune, dont il n'arrêtera pas de vitupérer la pondération et les ridicules, le nomme en pleine semaine sanglante chef d'état-major général au Ve arrondissement. « Il tient ses barricades comme un enragé », raconte Jules Vallès et s'acoquine avec les pétroleuses du carrefour Bréa-Vavin.   Déporté dans la presqu'île de Ducos (Nouvelle-Calédonie), d'où sa vieille maman essaie à toute heure de le faire évader, il goûte régulièrement du cul-de-basse-fosse. Pour se distraire entre deux punitions, il fait répéter une pièce canaque à des bagnards grimés de la tête aux pieds et a droit à une grandiose surprise : le jour de la générale, c'est une authentique révolte indigène qui éclate. Henry exulte moins, en 1876, quand les représentations de sa pièce La Revanche de Gaëtan au théâtre du bagne sont annulées cette fois par un cyclone.   En amour en tout cas, Henry Bauër ne sera guère à plaindre. Il fera criquon-criquette avec moultes beautés, vivra l'amour fou même au bagne (avec une cantinière de 23 printemps) et s'offrira pendant sept ans une passion amoureuse à sa stature : Sarah Bernhardt, la belle gredine-même (on le rappelle rarement) qui entraîna Zola dans la défense de Dreyfus.

Le 22 avril 2011 à 01:14

« Un "Armageddon mondial" sur les monnaies de papier »

Marine Le Pen, communiqué, mercredi 20 avril 2010

"Déficits, dettes, inflation, insolvabilité des banques et des Etats, futur choc pétrolier, austérité sociale, tous les symptômes de la crise monétaire, annoncée dès 2008 par le FN, se mettent progressivement en place pour former un prochain Armageddon mondial  sur les monnaies de papier »  Elle a lu Marx sur papier bible, la dauphine du FN. L’effondrement du capitalisme dans l’embrasement de l’ultime bataille entre forces du Bien et du Mal, telle que prédite  dans l’Ancien Testament (« Apocalypse », chapitre 16, verset 16), c’est l’histoire de la lutte des classes racontée en chaire, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. A l’avant-garde révolutionnaire se substitue l’armée du Christ, boutant hors du royaume de Dieu les troupes de l’Antechrist. Enfin, en gros. Car à lire le communiqué jusqu’au bout « le modèle économique patriote » pourrait quand même éviter cet affrontement d’Armageddon conduit par un Messie vengeur. « Lepénisme ou barbarie », en quelque sorte. Reste quand même une question : pourquoi une telle alarme, maintenant ? La menace lancée par l’agence de notation Standard & Poor’s de placer le "AAA" des Etats-Unis sous perspective négative aurait-elle affolé le FN ?  A moins que ce ne soit tout bonnement un coup de chaud. La famille Le Pen semble sujette aux humeurs de saison. Le papa, la veille dans France-soir, s’était inquiété que les immigrés puissent un jour venir « sodomiser » le président de la République. C’est dire que le monde, selon les Le Pen, est vraiment cul par dessus tête.

Le 30 septembre 2014 à 08:49

Il ne se souvient plus de ce qu'il était venu faire dans cette pièce

Melun – Étrange histoire que celle de ce jeune homme qui s’est retrouvé seul chez lui, dans l’impossibilité de se souvenir pourquoi il venait de se lever de son canapé pour aller dans sa cuisine. Une histoire toujours inexpliquée au moment où nous écrivons cet article, mais qui heureusement se termine bien. Reportage Le trou noir Il est 16h38 quand Giovanni, étudiant en lettres décide d’arrêter son activité pour se rendre dans sa cuisine. Problème : une fois qu’il pénètre dans la pièce, il ne souvient plus du tout pourquoi il y est venu. De terribles minutes pendant lesquelles « Gio » comme le surnomment ses amis, est pris au dépourvu et ne sait pas comment réagir. « Je me suis retrouvé comme paralysé. Ça faisait comme un trou noir dans ma tête, mais tout petit » confie-t-il lors d’un point presse improvisé dans son salon. Le jeune homme va alors utiliser une technique, celle de revenir sur ses pas et de refaire exactement ses mouvements. Sans succès. Il s’inquiète, commence à respirer de plus en plus vite. Soudain, tout lui revient, comme une fulgurance. Il cherchait ses lunettes. Machinalement, il passe la main dans ses cheveux, pour justement les y trouver. Tout est bien qui finit bien. Mais l’instant de panique intérieure aura cependant duré plus de 3 minutes 12. Giovanni affirme ne plus courir aujourd’hui derrière sa mémoire perdue. « Parfois, je me dis que je suis pas loin d’être passé à coté de quelque chose » dit le jeune homme, expliquant qu’il aurait pu ne pas réaliser une action qui aurait pu influencer le reste sa vie. Mais le jeune homme promet qu’on ne l’y reprendra plus. « Depuis cet incident, je note chaque chose que je m’apprête à faire juste avant de les faire » ajoute-t-il en nous montrant un petit carnet qu’il garde toujours sur lui.

Le 30 octobre 2014 à 08:17

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Mon fils a toujours le nez dans les étoiles, est-ce grave ?

OUI. Si votre fils a perpétuellement le nez dans les étoiles, je m’inquiéterai pour son avenir et je prendrai conseil auprès d’un psychologue. Je suppose qu’il s’agit d’un ado. Je suppose aussi qu’il se pose beaucoup de questions sur l’univers, Dieu, les soucoupes volantes, toutes ces questions inutiles qui l’empêcheront plus tard de devenir un bon consommateur, un homme heureux, un adepte du sport, un amateur de belles voitures et de Prozac. Quand on se pose des questions, c’est bien connu, on passe à côté de l’essentiel : on n’a plus envie de jouer à la console ou de taper dans un ballon de foot. On devient rêveur. On est dans la Lune. On se voit déjà sur Mars en train de tutoyer les martiens au comptoir d’un bistrot. Là, il y a danger. Il est temps de revenir sur Terre et de songer à l’avenir. Avoir un bon métier, c’est important, même si au final on devient maître-chien à Leader-Price, parce qu’on n’a rien trouvé d’autre après cinq ans d’études en sociologie. Pour en revenir à votre fils, je m’inquiéterai aussi pour sa sexualité. Les étoiles, c’est bien joli, mais les filles s’en foutent pas mal quand il s’agit de les draguer. Personnellement, la seule fois où j’ai dit à une fille que j’avais un beau télescope, elle n’a pas du tout compris de quoi je parlais. A présent, je dis les choses comme elles sont et ça va beaucoup mieux. Bref, il serait peut-être mieux pour votre fils qu’il mette son nez dans les jupes des filles ; cela le détournerait de toutes ces mauvaises questions sur l’origine de l’univers, les trous noirs, les trous normands, la vitesse de la lumière sur autoroute, etc. Et s’il persiste, confisquez-lui son télescope ! Abonnez-le à Play-boy.

Le 12 septembre 2010 à 17:20

« Vous frappez les femmes qui ont déjà des durées de vie incomplètes »

Ségolène Royal, « A vous de juger » sur France 2, jeudi 9 septembre 2010

La dame du Poitou n’y va pas de main morte pour illustrer son propos sur la malfaisance, à l’égard des femmes, du projet de réforme gouvernemental reportant l’âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans. Au pied de la lettre ce n’est même plus  SOS-femmes battues, mais on achève bien les femmes foutues. C’était au cours de la seule grande émission de la télévision sur les retraites, dont François Fillon était la tête d’affiche et Ségolène Royal la « guest star. » Une prestation sans peur, saluée par la critique, mais pas sans reproches. Il est fréquent en politique que les mots se bousculent dans la bouche de l’orateur qui veut écraser l’interlocuteur de toute la force de ses convictions. Le risque est alors maximum, de lapsus ravageurs ou d’ellipses obscures. Chez Ségolène Royal on a bien sûr compris que le verbe « frapper » métaphorisait la brutalité de la réforme et que par « durées de vie » il fallait entendre « durées de cotisation ». D’autant que l’indignation féministe succédait à l’indignation sociale pour les ouvriers « frappés » également par les 62 ans. Mais, justement, si la réforme est globalement injuste, les femmes sont plutôt plus pénalisées encore par le passage de 65 à 67 ans du droit à la retraite à temps plein.  Précisément à cause des carrières « incomplètes ». L’intention était bonne, l’exécution malhabile, le ségolénisme reste un art à parfaire.

Le 14 décembre 2015 à 09:28
Le 22 juin 2012 à 09:12

Orange ô désespoir

On m'avait demandé une chronique plus ukrainienne (je préfère préciser parce que ça va peut-être pas tellement se voir)

Pour vraiment faire le buzz, si vous n'avez pas de chaton qui porte un haut-de-forme sous la main, il existe un moyen efficace : les révolutions.   Mais attention, trop de gens aujourd'hui font la révolution n'importe comment. Il convient de bien la préparer. Et le plus important, évidemment, est d'avoir un nom qui claque. La révolution des œillets, la révolution de jasmin, ça marche bien. Parce que ça fait penser à des petites fleurs et à de la tisane, des accessoires essentiels pour une révolution réussie. Ou alors la révolution orange. Tout le monde s'en souvient, alors que si elle s'était appelée la révolution Deutsch Telekom, on l'aurait probablement oubliée.   Après, évidemment, les révolutionnaires ne sont pas toujours bien payés. Sans remonter jusqu'aux révolutionnaires français qui ont probablement eu l'impression qu'on s'était payé leur tête. Ioulia Tymochenko, égérie de la révolution orange, croupit en prison ; Jenifer, égérie de la révolution porte ton nom, croupit sur les plateaux de TF1. Et puis quand on y pense, la plupart des révolutions finissent assez mal, les œillets flétrissent, les orange passent au rouge, les porteurs de mon nom voudraient être des oiseaux pour pouvoir cracher de plus haut et Napoléon crée le canton d'Argovie. Mais au moins, le nom de la révolution reste.

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