Emeline Bayart
Publié le 29/08/2015

Ô combien


Ô combien la femme peut être fière du chemin parcouru !

Avec quelle majesté elle parvient souvent à mener d'une main de maître sa vie de femme, sa vie de mère, sa vie professionnelle. Avec quelle acuité et quelle perspicacité, elle avance pas à pas, elle se fait son propre guide et guide même l'être aimé, car elle est affable, aimante, enveloppante. Courageuse et battante dans son propre combat pour la totale égalité homme/femme, elle brille avec panache. Sans doute possède-t-elle un sixième sens, un je ne sais quoi de tout particulièrement féminin qui fait sa beauté, sa sensibilité, sa  sensualité. Si, cerise sur le gâteau, elle est dotée d' humour, il est divin et irrésistible. Je l'observe, je la scrute, je la dévore du regard et je l'admire depuis toujours... A tout âge, la femme offre la plus belle palette de couleurs que Dame Nature ait faite. Et il me plaît de tenter de toucher de près toute la poésie qui suinte de son être dans les rôles que j'interprète.



Emeline Bayart sort du Conservatoire National Supérieur d'Art dramatique de Paris en 2003.

Enfant et adolescente, elle a étudié le piano et le chant au Conservatoire de Lille.

Comédienne-chanteuse, elle interprète au théâtre ou dans des spectacles musicaux des rôles très différents et remarqués, de la jeune fille forte et fragile à la Bourgeoise déjantée. Elle travaille entre autres sous la direction de Denis Podalydès ( Le Bourgeois Gentilhomme de Molière où elle interprète le rôle de madame Jourdain ), de Jean-Michel Ribes (Musée haut, Musée bas, Batailles de Jean-Michel Ribes), de Christophe Rauck ( Le Revizor de Gogol, Têtes rondes et Têtes pointues de Brecht, Cassé de Rémi De Vos ). Elle était Elisabeth dans Foi, Amour, Espérance de Horvath mes par C. Garcia-Fogel, Eugenia dans Les Amoureux de Goldoni mes par G. Paris, Raymonde Chandebise dans La Puce à l'Oreille de Feydeau mes par P. Golub.

Elle a conçu D'Elle à Lui, récital sur le couple qu'elle joue à Paris et en tournée et qu'elle donnera notamment au Théâtre du Rond-Point en mars 2016.

Elle chante régulièrement aux côtés de Philippe Meyer dans divers récitals après avoir partagé avec lui la scène du Théâtre des Abbesses dans L'Endroit du Coeur de Philippe Meyer mis en scène par Jean-Claude Penchenat.

Elle joue également au cinéma notamment sous la direction de Bruno Podalydès ( Bancs publics, Adieu Berthe ), de Maïwenn ( Le Bal des actrices ) et de Michel Gondry ( Microbe et Gazoil ). 

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Le 6 mars 2013 à 15:48

Alfredo Arias

Cabinet de curiosité - Pour les pédants on a du matériel

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Le 22 avril 2017 à 09:26

Christophe Pellet : "J'ai essayé d'inventer un personnage féminin pour aujourd'hui"

Expérience scénique dangereuse, la pièce "Erich von Stroheim" de Christophe Pellet nous entraîne dans un triangle charnel entre une femme libre et deux hommes perdus. Sous la direction de Stanislas Nordey,Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez dessinent les traits d’une humanité décentrée. Troubles tangibles d’individus fissurés, qui cherchent réparation. Christophe Pellet — Erich von Stroheim est convoqué comme une figure symbolique. Cet être magnifique qu’il fut, flamboyant et à terre, reste profondément moderne. Cinéaste scandaleux à son époque (il mettait en scène ses obsessions, ses désirs), dans la marge comme créateur et comme individu, accepté comme acteur mais  pour des rôles toujours très typés, incompris, perçu comme un pornocrate. Les personnages de la pièce sont eux même dans la marge : l’un par ses activités (il prête et vend son corps), l’autre par sa volonté de disparaître du paysage social (il ne souhaite pas travailler, ni s’intégrer au monde, autrement que dans une fusion amoureuse : il est épris d’absolu). L’un et L’autre seront broyés. Le personnage de la femme s’en sort mieux, car elle connaît les règles, c’est elle même qui les dicte. Mais ce que je voulais explorer c’est comment ces trois personnages s’éteignent les uns et les autres, en une alchimie tragique. Si la pièce est pornographique, c’est que la société qui l’a vu naître est elle-même pornographique. Comme toutes les pièces que j’ai écrites il y a une grande part documentaire – sinon autobiographique – sans cette nécessité je n’écrirais pas. Même si je ne me la suis pas posée en l’écrivant, il est passionnant de se poser la question de la pornographie sur une scène de théâtre. Beaucoup d’autres praticiens de la scène le font, c’est même devenu une sorte de passage obligé. Mais cela, il me semble, passe surtout par les images scéniques, le corps des acteurs, les actes, voire les vidéos – la projection  –, et pas tant que cela dans les situations et les mots, même s’il y a quelques tentatives (les adaptations  de Sade, auxquelles Stanislas Nordey a participé). La scène finalement rejoint en ce domaine particulier les représentations du cinéma et du flux sur le net : même si au théâtre le scandale est plus grand. Mais en dehors de ce scandale immédiat et direct, il n’y a pas vraiment de fable, ni peut-être même de sens. D’un côté, la représentation théâtrale offre une stylisation, une dimension formelle et distancée, de l’autre, les écrans  proposent une matière brute et interchangeable. Même si au théâtre on voit bien la volonté de démontrer une forme d’aliénation, ce qui n’existe pas la plupart du temps dans la pornographie diffusée. Il y a aussi le désir de montrer un peu crânement et vainement qu’un acte pornographique sur scène est autant possible que sur le net. Mais au bout du compte c’est la même vacuité ; l’acte lui-même se désincarne, faute de mots, ou tout simplement parce que le sens de cette agitation échappe. Un auteur peut alors tenter de prendre le  relai, et questionner cet acte via la fable. Cependant la pornographie n’est pas le sujet central de la pièce : le sujet c’est l’émancipation difficile de trois êtres. Et le sujet, avant tout, c’est moi-même. Sans aucune  réflexion sociologique, politique, ou philosophique, tout simplement parce qu’en écrivant ce texte, je n’avais pas de recul, j’étais en état de stress. Et qu’une fois publié (très vite, dans la foulée, comme pour m’en débarrasser), je n’y suis pas revenu pour en accentuer telle et telle dimension réflexive. S’il apparaît une  dimension pornographique dans le corps de ce texte, c’est qu’elle est dans mon corps à moi, parce que les textes que j’écris et mon corps ne font qu’un. > en partenariat avec theatre-contemporain.net

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