Daniel Goossens
Publié le 09/09/2015

On n'arrête pas le progrès


Daniel Goossens fut remarqué par Gotlib dès ses premières apparitions dans Pilote et collabora à Fluide Glacial dès 1977. En 1997 il reçoit le grand prix du Festival d'Angoulême. Spécialiste de l'informatique, chercheur et enseignant en intelligence artificielle (dans la vraie vie), il met son intelligence naturelle au service d'un humour totalement décalé et absurde, d'un dessin où chaque case est un chef-d'oeuvre. Il a publié plus de 25 albums (L'Encyclopédie des bébés, La Planète des moules, Panique au bout du fil, Sacré comique, Combats...) 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 6 septembre 2015 à 08:59
Le 18 août 2010 à 14:45

Dessinateurs et caricaturistes du monde entier (5)

Poitiers, seule destination touristique qui vaille cet été. Poitiers ? Oui, oui, pourquoi pas. De familiers étrangers n’ont pas hésité, eux, à accomplir le déplacement dans la Vienne : scouts, explorateurs en casque colonial, étudiants en blazer, guerriers goths, gangsters, écoliers, cow-boys, siroteurs de thé, joueurs de cricket, tous les personnages fétiches du Glen Baxter, ces effigies tirés des récits populaires destinés à la jeunesse britannique avant-guerre et propulsés dans une modernité culturelle qui ne trouble nullement leur flegme. Ils s’étalent dans une dizaine de sites de la capitale poitevine jusqu’au 12 septembre. Tel ce bandit brandissant son colt à peine dissimulé derrière une sculpture filiforme : « Tex comprenait subitement que c’était peut-être une erreur de se mettre à couvert derrière le Giacometti. » Ou ce cow-boy juché sur son fier destrier, en arrêt devant une grande toile : « découvrir Monet pour un choc pour nous deux. » Dans ces saynètes anachroniques, genre « drôle d’endroit pour une rencontre », la légende relève de l’incongruité : propos philosophique, constat fataliste, légère perplexité, jeux de mots qui échouent à conférer une rationalité au dessin. De là naît un humour singulier, ce non-sens surgi du carambolage des époques autant que de logiques antagonistes. Marqué par les westerns de John Ford, influencé par Raymond Roussel, Max Ernst et Magritte, Glen Baxter surnommé le Colonel est devenu célèbre au milieu des années 1970 au point que ses œuvres, bien avant l’hommage rendu par la préfecture de la région Poitou-Charentes, ont été exposées à New York, à Londres et Paris. Enfant, Glen Baxter était bègue, comme Démosthène, comme Louis Jouvet et tant d’autres. L’art leur doit beaucoup. Détours dans l’imaginaire, passion des mots, différence de styles qui rejoint l’universel. A l'encre de chine et au crayon gras, Glen Baxter dessine nos rêves fomentés dans des nuits sans sommeil, des rencontres qui se foutent du bon sens.

Le 30 juin 2014 à 09:59
Le 17 septembre 2015 à 11:45
Le 25 novembre 2011 à 08:10
Le 23 octobre 2012 à 08:37

Mona Mailing n°6

Manquait plus que ça ! Parce que l'Oréal vous le serine bien, parce qu'on vous intoxique avec le jeunisme, vous prétendez me rafraîchir, moi, pas même trentenaire ? Pire, vous me dégottez une Jocondettina de derrière les fagots, toute lisse, limite botoxée ! Tellement lisse, la pauvre, qu'on passerait devant sans la voir dis-donc ! Regardez-les se gargariser, les experts patentés serrés du c... ou dans leurs cravates, et les autres là, les charogn'arts et grimpeurs de cotes qui, devant un tableau, n'ont d'autres rêves que le bruit du coup de marteau à dix milliards ! Maquereaux, pappone, va ! Je n'ai pas de prix et pas d'âge non plus, que ça vous rentre dans le crâne. Et la petite, là, la ragazza, mon clone, celle que vous avez programmée pour me remplacer au box-office muséal, elle a peut-être le sfumato plus clair et le sourire plus naïf, mais ne voyez-vous pas qu'il lui manque un petit quelque chose ? Approchez... Regardez bien... Lisse, tellement lisse... disparus ce petit pli au coin de l'oeil, l'empreinte chaude des mots et des baisers sur les lèvres, au front le poli des caresses et, à la naissance des seins, cette petite fatigue qui brouille les pistes et voile le teint, cette annonce discrète du déclin. Cherchez l'erreur... Eh oui... on ne sourit pas comme moi si l'on n'a pas vécu ! Ça va pour cette fois, mais ne vous avisez plus de me flanquer de prétendue Giovanna Gioconda dans les basques. Rangez celle-là dans les limbes d'où vous l'avez sortie et allez rendre une petite visite à Mademoiselle Leroux de Jean-Jacques Henner, celle-ci ne sourit pas mais son regard dit tout. Et laissez croire aux Japonais qu'elle est de Monet. Ils achèteront des cartes postales ! Puisque vous aimez les leurres, je vous conseille celui-ci.     Votre éternelle Joconde

Le 28 février 2013 à 09:54
Le 26 novembre 2014 à 10:19
Le 21 septembre 2015 à 08:04

Le futur fait-il encore rêver ?

Le Professeur Pascal répond à vos questions

NON. Le futur faisait encore rêver il y a peu, quand on apprenait à le conjuguer à l'école ; c'était facile, il suffisait de prendre l'infinitif du verbe et d'ajouter les bonnes terminaisons, un peu comme on accroche des petits wagons à une locomotive. Et puis, en grandissant, on s'est rendu compte que le futur outrepassait largement ce qu'on avait appris dans les livres de grammaire où tout se tient sur le bout de la langue. On a commencé à déchanter aussi. Autrefois, on disait : « Quand je serai grand, je serai vétérinaire. » Aujourd'hui, on dit plutôt : « Quand je serai vieux, je ne serai peut-être plus serveur au MacDo. » De même, le futur qu'on nous promettait enfant semble avoir sacrément merdé quelque part. Tandis que la moitié du monde s'échine à trouver le meilleur régime minceur, l'autre moitié se sent si légère qu'elle n'a même plus la force de hurler dans le désert. Et le désert gagne du terrain chaque jour, si bien que les ours polaires ne savent plus comment s'habiller. Enfin, s'il y a un métier qui ne connaît pas de pénurie, c'est bien celui de VRP en Kalachnikovs et autres instruments de musique à balles sifflantes. Qu'on soit dans le Donbass, en Syrie ou au Yémen, on trouve toujours un VRP disponible pour vendre sa camelote payable en carte Visa, laquelle commence comme le mot « viseur ». Mais si la guerre vous indispose et si vous craignez même de mourir un jour (oui oui, ça arrive), tournez-vous vers les transhumanistes. Eux, au moins, ils n'ont pas peur du futur. A leurs yeux, l'Homme est fait pour être amélioré, augmenté, dépassé, à condition évidemment de disposer d'un compte en banque bien garni. Si c'est le cas, vous ferez peut-être un jour partie de ces happy few dont on aura transféré le cerveau sur un ordinateur. Eh oui, vous continuerez de vivre après votre mort physique, un peu comme Jésus quand il est monté au ciel, à ceci près que, l'ordinateur étant branché, vous ne serez pas à l'abri quand même d'une petite panne de courant, poil aux dents.

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
La masterclass d'Elise Noiraud
Live • 16/04/2021
La masterclass de Patrick Timsit
Live • 16/04/2021
La masterclass de Lolita Chammah
Live • 16/04/2021
La masterclass de Tania de Montaigne
Live • 08/03/2021
La masterclass de Sara Giraudeau
Live • 08/03/2021
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication