Jorge Bernstein
Publié le 05/09/2015

La Danse de Saint Geek #1


Assez peu doué en électronique moléculaire et en chirurgie orthopédique, Jorge Bernstein s’est orienté vers le rock’n’roll garage et l’écriture d’ouvrages majeurs de la littérature et de la bande-dessinée.
 
Constatant que cette orientation lui rapportait beaucoup moins d’argent que l’électronique moléculaire ou la chirurgie orthopédique, Jorge Bernstein s’est lancé à corps perdu dans des études de physique, de chimie, de science des matériaux et d’anatomie.
 
Deux jours plus tard, il écrivait finalement un nouveau tube de rock et un strip BD d’une incroyable drôlerie. Depuis, il attend tranquillement le succès et ses corollaires : drogues exotiques, filles de joie délurées, signature d’autographes sous les néons blafards de la FNAC, maisons avec piscine sur la côte, fondation à son nom pour la lutte contre l’illettrisme et collection de voitures de sport.

jorgebernstein.tumblr.com

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 29 septembre 2015 à 10:52
Le 27 mars 2013 à 10:03

L'objet du délire #13

Tu peux pas.

Tu peux pas partir comme ça, allons, viens-là, tu vas pas finir comme ça, je t'ai dans la peau, je t'ai dans la tête, on a partagé trop de trucs salés, trop d'instants empilés, trop de secondes sacrées, tu peux pas, tu peux pas me laisser là, tout seul, tout nu sans toi, tu peux pas t'en aller comme ça, on a trop vécu, on a trop vu, trop lu, trop bu, trop entendu, j'étais là pour toi, t'étais là pour moi, on parlait pas, mais tout était là, le monde et les mots, les images et les sons, les jeux et les joies, mes doigts sur toi, ta glace sous ma pulpe, mes yeux dans ta voix, non, non, tu peux pas, tu peux pas t'en aller comme ça, tu vas faire quoi, tu iras où, je serai qui sans toi, rappelle-toi, la musique et le soleil et le printemps et les tempêtes et le métro et les voyages et les petits mots et les grands cris et ces silences et ces séismes, tu vois bien, tu peux pas, tu peux pas me laisser là, et les nuits grises, les sms tordus, l'alcool dans les circuits et les urgences et l'amour en trois lettres et la mort en six mots, je sentais tes pulsations, tu connaissais le goût de mes poches, on ne se quittait pas, partout, en haut, en bas, de travers, dans les zigzags, on parlait pas, tout était là, non, tu peux pas, tu peux pas t'en aller comme ça, je t'ai dans la peau, je t'ai dans la tête, je vais faire quoi, je serai qui, allez, me laisse pas, t'en vas pas, reste avec moi, où es-tu, reviens, reviens, me laisse pas. Me laisse pas. Putain d'Iphone.

Le 3 septembre 2015 à 11:20

Kim

Le progrès c'est quoi, enfin je veux dire, le progrès c'est ça alors dis-moi, hein, c'est quoi le progrès et dis, quand et est-ce qu'on y est ? Quelque part sur une plage turque, un enfant de même pas quatre ans fait comme s'il dormait alors qu'il est mort, la tête dans le sable et les pieds dans les vagues, bien mort comme ça, l'air de ne pas y toucher ou de n'y rien comprendre. Il est migrant mais aucun pays n'en veut. Il n'a rien demandé à personne mais tous décident pour lui jusqu'à sa non-nécessité d'être compté parmi les vivants, mais bon, ça fait de belles photos sur Facebook cette tête d'enfant mort du mauvais côté de la vie, c'est déjà ça, ça fait des « like » et des indignations en carton, alors, je veux dire, hein, oui, quoi, c'est ça le progrès ? Quelque part encore, du haut d'une tour, un connard qui domine le monde du haut de son bureau et de l'entreprise qu'il a dirigée quitte cette dernière, déficitaire, avec une jolie prime de plusieurs millions. Il contemple le monde qu'il domine. Ils sont plusieurs à se partager toutes les richesses du monde de cette façon, pour eux-mêmes, bien sûr, mais aussi pour le plaisir d'avoir une masseuse attitrée pour chaque couille et de pouvoir dire sur Facebook « moi, j'ai une masseuse attitrée pour chaque couille », faire des « like » et ça n'empêche pas le monde de soi-disant avancer ni tourner, alors bon, c'est peut-être ça aussi le progrès, d'être un Midas bien burné, je dis ça, bon, pourquoi pas. Quelque part enfin, Kim Kardashian montre ses fesses pour un photographe new-yorkais pédophile parce qu'elle n'a trouvé que ça pour exister alors elle montre ses fesses encore et encore et quand elle s'ennuie elle montre ses fesses, et puis là elle montre ses fesses et elle fait la couverture des magazines avec ses fesses qu'elle montre, et montre, et montre ses fesses et puis elle dit qu'elle est féministe avec ses fesses, qu'elle fait des courses avec ses fesses, qu'elle fait un truc à un moment de la journée genre acheter quelque chose avec ses fesses ou manger un machin avec ses fesses et elle montre ses fesses pendant qu'autour d'elle le monde progresse mais Kim Kardashian, elle, elle s'en fout, elle est féministe et elle montre ses fesses, elle aime ses fesses, elle montre ses fesses sur Facebook et ça génère du « like » et on passe à autre chose en oubliant très vite les millions indécents qui font l'or des couilles de nos dirigeants, la photo de l'enfant mort avec la bouche pleine du sable de notre saloperie de soi-disant progrès, et on vomit le monde sans plus même s'en apercevoir parce que c'est de l'ordre du réflexe. C'est du sable. Du satané sable. Et il s'écoule. Inexorablement dans le bordel ambiant...

Le 1 avril 2010

Contributions : la question de la censure

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Je vous interroge sur un problème que je qualifierais d’éthique. Madame X (je tais le nom mais son avatar a des ailes de papillons, vous voyez qui je veux dire ?) a parcouru avec succès toutes les étapes de la Piste d’envol. Trois de ses innombrables posts ont fini par être acceptés par nos soins et ont été publiés dans cette section réservée aux internautes. Jusque là tout va bien. Simplement, comme le veut la règle de notre revue fort ludique, certes, mais extrêmement rigoriste quant à son fonctionnement, Madame X a légitimement le droit devenir une chroniqueuse officielle de ventscontraires.net. Ce qui a été fait en grande pompe : Stéphane Trapier, l’illustrateur illustre, lui a dessiné l’avatar de ses rêves (avec des ailes de papillons donc). Madame X vient de nous envoyer une quarantaine de nouvelles inédites qu’elle n’est jamais parvenue à faire publier. C’est infâme, chère amie et co-rédactrice en chef : infâme. Que pouvons-nous faire ? Dites-moi vite !Jean-Daniel Magnin Cher ami et co-rédacteur en chef,Vous avez voulu être chef, maintenant, il faut assumer. Votre neutralité suisse dût-elle en prendre un coup. Un chef, ça fait des choix. Madame X peut avoir toutes les ailes de papillon qu’elle veut, si ses textes ne méritent pas d’être publiés dans notre revue fort rigoriste et néanmoins ludique, ils ne le sont pas. Même chose pour nos chroniqueurs de choix, même chose pour vous, cher ami et co-rédacteur en chef. Et même chose (aïe) pour moi. Pas de collier anti-éthique, dura lex, sed, vous savez… lex.  Laure Albernhe

Le 11 septembre 2015 à 08:55
Le 30 septembre 2015 à 09:00
Le 1 avril 2010

La question du nom "ventscontraires.net"

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Un petit doute me traverse alors que mettons en ligne la nouvelle revue du Théâtre du Rond-Point. Le nom est-il le bon ? Le "Vents Contraires" de ventscontraires.net pourrait nous porter la guigne, non ? Comme « Coup de Jarnac », « Sables Mouvants », « Traquenard »,   « Impasse », « Peau de Banane », « Retour dans la Gueule », « Série Noire »… quoique « Série Noire »  sonne bien, mais déjà pris... « Vents contraires », c'est vrai, donne du mouvement. Mais un mouvement d’arrêt, je trouve.  Nous nous mettons en mouvement pour arrêter quelque chose.  Finalement ce sont les autres qui sont le mouvement. N’allons-nous pas être perçus comme une revue immobiliste ? Que devenons-nous, chère amie et co-rédactrice en chef ? Jean-Daniel MagninCher ami et co-rédacteur en chef,Je comprends vos doutes, mais je n’arrive pas à les partager. C’est pas simple, vous savez, de travailler avec vous. Car après tout que sont les « Vents Contraires » ? Ce sont des vents, comme leur nom l’indique.  Ça bouge, donc ! Que me contez-vous avec votre « immobilisme » ? C’est avec des remarques comme ça qu’on n’avance pas… Ce sont des vents, et comme ils sont contraires, ils emmènent là où on n’aurait pas voulu ou pensé aller. En fin de compte, c’est quand même ce que dont nous rêvons tous, d’être déviés, d'être dévoyés, non ?… En tout cas, à vous, ça vous ferait du bien, vous savez, cher ami. Un peu d’air. Du vent !Laure Albernhe

Le 11 septembre 2010 à 09:47
Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Rencontre avec Isabelle Huppert
Live • 17/12/2020
La masterclass de Daniel Pennac
Live • 11/12/2020
La masterclass de Alice Zeniter
Live • 05/12/2020
La masterclass de Jacques Bonnaffé
Live • 30/11/2020
La masterclass de Gilles Cohen
Live • 24/11/2020
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication