Jean-Daniel Magnin
Publié le 03/09/2015

On n'arrête pas le progrès !


Je viens de passer 24 heures dans le train couchette Milan-Paris, bloqué en pleine campagne après la chute d'un caténaire. Le monde ancien s'effrite peu à peu. Le train, vieille métaphore du progrès qu'on n'arrête pas. Mes aïeux, enflammés par le curé, avaient refusé qu'il passe par leur village. C'était une émanation du diable. Le village n'a jamais eu de gare et ne s'est pas développé.

Lorsqu'on nous a autorisés à sortir sur la voie pour prendre un peu d'air, je me disais que nous vivions entre deux mondes : une jambe dans l'ancien, une jambe dans le nouveau qui arrive. Il arrive en trombe. Le futur est déjà là.

Une femme tout ce qu'il y a de plus BCBG s'était assise sur un bloc de béton près de la motrice en présentant ses cuisses au soleil. Tatouées comme celles d'une indienne amazonienne ou d'une Maori. Nostalgie nostalgie ? Apathiques et tatoués, nous laissons sans conviction l'avenir nous embrasser. Le nouveau est-il toujours mieux ? Y a-t-il progrès et progrès ?

Tout le mois de septembre, nous nous demanderons si le futur nous fait encore rêver.

Mes rêves : ouvrir à 17 ans le Boui-Boui, café d’art à Genève ; filer à Berlin ; étudier la philo à Paris ; créer des spectacles « hors théâtre » aux festivals de Nancy, Polverriggi ou Avignon ; ouvrir Mac Guffin, cabinet de scénaristes ; voir vivre mes pièces de théâtre à la Renaissance, dans le In d’Avignon, à la Bastille, au Vieux Colombier avec la Comédie-Française, et à l’étranger. Et ce rêve de rassembler les écrivains de théâtre en 2000 ; et d’écrire avec Jean-Michel Ribes le projet du Rond-Point ; et là, de mettre ventscontraires.net sur la piste d’envol.

Dernière publication, un roman : Le Jeu continue après ta mort

 

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Le 15 mai 2010 à 23:02

À Mona Lisa cette garce

Textos restés à ce jour sans réponse à madame Lisa

1. Jour sans couleur. Votre sourire semble me dire que vous ne voulez de moi que le meilleur. Et rien d’autre. Allez vous faire foutre. 2. Il n'y a de relation facile qu'avec les chiens, les touristes ou les prostitués. Disiez-vous. Je vous envie d’aimer la facilité. 3. Le Louvre est loin et le temps à l’averse. Jamais seul, je me promène avec vous qui n’êtes pas là. Je vous ai cherchée partout. Je ne vous ai reconnue nulle part. 4. Sur ma table de travail, j’exhibe les traces des produits de vous dérivés, les dissèque comme des crapauds. Je me souviens de vous. Je suis certain que c’était ça, aimer. 5. N’écrivez pas. Voudrez-vous bien aujourd’hui avoir l’amabilité de demeurer morte ? Que je puisse ne plus m’éparpiller dans mon deuil de vous. 6. Vous ne répondez jamais. Votre docilité est consternante. Où en êtes-vous de votre deuil de moi ? Quand je pense à tous ces gens qui vous regardent. 7. Ne répondez pas à mon précédent message, je ne veux pas savoir où vous en êtes. Je ne veux plus jamais savoir. 8. Démission postée au musée du Louvre. Ce jour porte la tristesse de réaliser que ces voyages sont désormais avec vous inconcevables. Je ne serai plus votre gardien. 9. Les jours de pluie se font rares. Je passe mon temps à me venger de votre absence. Je ne parviens pas à croire que je vous suis si facile à quitter. Mais j’apprends. 10. Votre absence prend les couleurs des dimanches vides. Elle est partout. Votre absence est partout où vous n’êtes pas. C’est dire. 11. Je vous confiais : « Nous n’allons nulle part. » Votre air semblait ajouter : « et encore, pas même ensemble. » 12. Au risque de vous blesser, j’avoue que souffrir de votre absence devint plus tolérable dès lors que vous n’étiez plus là. Vôtre, toujours où vous n’êtes pas. 13. Il faut que je vous dise, il est possible qu’à vous chercher partout et toujours, sachant que je ne vous trouverai qu’inaccessible ; il est possible qu’à vous chercher sans cesse et partout sachant que je ne vous atteindrai jamais, il est possible que je devienne fou. Et vous embrasse.

Le 5 février 2020 à 14:49

Alain Damasio, Pablo Servigne et leurs invités : assemblée citoyenne au Théâtre du Rond-Point en... 2120 !

Soirée d'ouverture du festival "Réparer le monde - Nos disques sont rayés" 4 février 2020, avec Alain Damasio, Pablo Servigne, Baptiste Morizot, Jade Lindgaard, Héloïse Brézillon, Guillaume Desjardins et Jérémy Bernard : diffusé en direct par notre partenaire Le Média Nous sommes le 4 février 2120. Paris est-il toujours Paris ? Des bisons broutent-ils la prairie autour du Rond-Point ? Et le théâtre est-il désormais une ferme en permaculture, un atelier low-tech ou un centre d’hébergement pour les migrants climatiques ? Pour apprivoiser l’avenir, jouons ensemble que nous sommes un siècle plus tard, réunis à nous remémorer l’effondrement et son dépassement inattendu : comment nous sommes sortis de la dissonance cognitive qui empêchait la mobilisation générale alors que l’alerte sonnait depuis des décennies ; nos stratégies de (sur)vie ; cette nouvelle façon de s’émanciper par et au-delà des technologies ; les rétromorphoses insoupçonnées du capitalisme ; le renouement au vivant en nous et hors de nous ; l’amitié, le collectif, le temps retrouvé. L’auteur de science fiction Alain Damasio et le collapsologue Pablo Servigne viennent de planètes différentes, mais ils croient l’un comme l’autre aux vertus expérimentales de la fiction. Porteurs tout au long de la soirée de brèves narrations qui nous font toucher le basculement en cours, ils en déplient les enjeux avec leurs invités artistes et penseurs – et avec le public. Programmation Jean-Daniel MagninCaptation Le Média

Le 6 novembre 2014 à 07:02

Olivier Salon : "Il n'y a rien de secret à l'Oulipo"

Marcel Bénabou, Paul Fournel, Hervé Le Tellier, Olivier Salon, le quarteron d'attaque de l'OuLiPo, revient au Rond-Point avec une conférence-performance gargantuesque : Dis-moi quelle langue tu manges – langue crue, langue cuite et recuite, tranches de littérature mangées vivantes, vieux boucanés, langue fumée, langue plagiée chère aux vautours et autres charognards… Ventscontraires – On dit souvent que chaque époque a ses usages propres de la langue. Comment caractérisez-vous notre rapport à la langue aujourd’hui ?Olivier Salon – Notre langue est un muscle mobile, agile, fertile, en mouvement permanent. Il convient de l’entretenir, ce muscle, mais aussi de le retenir, car il aurait tendance à s’égarer dans tous les recoins que le journalisme, le langage rapide, l’écriture texto, la technologie détournent sans pudeur aucune. Restons explorateurs, certes, mais explorateurs avertis. Un explorateur averti en vaut deux. Buvons et voyons double. Fréquentons les lieux d’expression poétique ou artistique, lisons et relisons, car c’est en lisant qu’on devient liseron. – Selon vous, qu’est-ce qui menace la langue et qu’est-ce qui la « sauve » ?– L’une des menaces principales de la langue est la banalisation de mots importants, le dévoiement de concepts, l’oubli des origines et des valeurs des mots. Ainsi l’adjectif poétique est-il utilisé en lieu et place de émouvant, sans aucun rapport avec la poésie ; l’adjectif surréaliste remplace le mot extravagant, sans aucun rapport avec la révolution du surréalisme. Par ailleurs, de bien vilains mots issus en général de la technologie se sont imposés : le verbe impacter, par exemple, qu’on utilise à toute sauce, y compris vinaigrée ; ou bien générer en lieu et place d’engendrer.Mais ce qui sauve notre langue, c’est le plaisir toujours intact dans toutes les couches de la société de l’utiliser à des fins littéraires, la jouissance qu’elle procure à tant de ses utilisateurs. Il n’est qu’à voir le nombre considérable d’ateliers d’écriture, et le plaisir que ces derniers procurent au nombre toujours croissant de ses participants. L’écriture en atelier tisse un lien social, fondé sur ce partage de la langue et de l’expression.Vivent les écriverons et les liserons ! – Et votre propre langue, qu’avez-vous à en dire ?– Quant à ma propre langue, elle évolue également, mais reste constamment dans la recherche de constructions nouvelles, dans l’invention et l’utilisation de formes d’expression neuves ; elle reste sujette au plaisir des jeux de mots, des jeux de langage, de la connivence qu’elle permet d’établir avec l’interlocuteur, le lecteur, l’auditeur. Quel plaisir inouï que d’imaginer seulement un lecteur éventuel en train de comprendre un jeu de mots abandonné, hasardeux, inattendu, au fil des pages. Ce partage in absentia est l’un des miracles de la littérature. – Quel événement et/ou quelles rencontres ont façonné votre langue et qu’est-ce qui la nourrit au quotidien ?– Étant devenu membre de l’Oulipo en l’an 2000, cette cooptation m’a fait entièrement reconsidérer mon rapport à la langue. Je n’ai jamais été aussi sensible à l’alexandrin classique que depuis que je pratique l’écriture oulipienne. Car cette dernière, pour novatrice qu’elle soit, reste ancrée dans l’histoire de la littérature, dans l’aventure historique des formes littéraires, et me permet de jouir beaucoup plus qu’auparavant des grands poètes et écrivains du passé, d’admirer les formidables inventeurs, les façonneurs de notre langue. – Nous vous avons proposé de venir au Rond-Point « rattraper la langue »… Comment allez-vous vous y prendre ?– Ne comptez pas sur moi pour dévoiler ici l’un quelconque de nos secrets. Au demeurant, il n’y a rien de secret à l’Oulipo : toute invention oulipienne appartient aussitôt à tous, à tous ceux qui souhaitent s’en emparer. Pas de copyright, pas de droit d’exploitation, mais bien au contraire, une libre circulation. Ce qui est sûr, c’est que la langue commune a du retard. Et ce retard, nous allons le rattraper le plus vite possible. Alors ce muscle bien vivant qu’elle la langue, et cette langue elle-même, nous allons l’accommoder vigoureusement, nous allons la saupoudrer de salpêtre et de jeux de mots, nous allons la laisser égorger sans rendre lame toutefois, pardon, dégorger sans rendre l’âme toutefois, et nous allons la déguster ensemble, accompagnée de cornichons, de lipogrammes, de câpres et de contrepets, le tout servi avec un petit vin blanc, je ne vous dis que cela : au fait, aimez-vous le goût du blanc ? > plus sur la conférence-performance de l'OuLiPo

Le 9 octobre 2014 à 08:45

Hérisson - 2009

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #4

Août 2006, Ludovic Michel, producteur, me donne carte blanche, je prépare un cabaret pour son théâtre les Déchargeurs, J’existe (foutez-moi la paix), j’y chanterai, danserai, jouerai, avec ma sœur Marie Notte et la pianiste Karen Locquet. Au même moment, Muriel Mayette est nommée brutalement à la Comédie-Française. On se connaît à peine, on se fréquente à la SACD, sous les toits de Paul Tabet et de Corinne Bernard, à l’étage Beaumarchais. Je l’ai interviewée quelques fois, mais elle me confondait avec un journaliste du Figaro qui l’avait lynchée lors de son Clitandre, que j’avais encensé. J’aimais son insolence, sa force de destruction du convenable dans les dorures de la Comédie-Française, sa jeunesse et la grâce de son audace, sa liberté. Elle me propose de la rejoindre, d’occuper le poste de secrétaire général. Je la préviens que mon cabaret J’existe sera créé au moment de ma prise de fonction, qu’il ne s’agit pas d’un objet correct, mais ça lui va, c’est ce qu’elle veut, une sorte d’artiste, un trublion à ses côtés. Nous travaillerons ensemble trois saisons, dont deux inoubliables d’une passion du travail et d’une fête d’être ensemble et complices, soudés, alliés. Trois ans, où se créent aussi Deux petites dames vers le Nord, mis en scène par Patrice Kerbrat, avec Catherine Salviat et Christine Murillo, puis Journalistes, petits barbares mondains, mise en scène par Jean-Claude Cotillard, avec Zazie Delem, Romain Apelbaum, Sophie Artur, Hervé-Claude Ilin et Marc Duret. « C’est une bombe » disait Edy. Je le paierai cher, longtemps, je l’aurais bien cherché. Trois années aux côtés de Muriel Mayette dans la maison de Molière, j’écris cinq cents pages d’un journal que j’intitule Pourquoi il faut brûler la Comédie-Française. Non publiable. Écrit par nécessité, sauver sa peau tous les jours. Mais des réalisations et des rencontres, des résultats et des montagnes de dragons terrassés. L'aventure de Hérisson En 2008, Anne-Laure Liégeois, au Festin de Montluçon me propose de participer à l’aventure de Hérisson. Elle réunit quelques auteurs, des metteurs en scène, des commandes d’écriture autour d’un thème imposé, quelques jours dans un gîte, une pièce courte, un sujet, cette fois-ci le fait divers, et des représentations itinérantes dans le village d’Hérisson, Auvergne. Je m’absente du Français pour participer au jeu, j’écris les premières scènes de Et l’enfant sur le loup. Anne-Laure met en scène Valérie Schwarz et Olivier Dutilloy sous un arbre de Hérisson. Travail ciselé, précis, rigueur extrême de la musique, tension terrible, maîtrise impressionnante des corps tendus, menacés, de l’horreur devenue farce, d’un rire provoqué pour libérer, salutaire et sain. L’année suivante, je retourne à Hérisson, je suggère à Anne-Laure le thème qu’elle ne trouve pas encore. Noël, fête de famille, rite obligé et terrain miné. Elle s’en empare, je passe à nouveau trois jours isolé dans la grande maison, je fais des crêpes, presque à chaque repas. Rémi De Vos, Christian Siméon, Philippe Blasband, Marie Nimier, chacun mange mes galettes et débat de la thématique, C’est Noël. Marie Nimier compose Noël revient tous les ans, qu’Anne-Laure mettra en scène. La commande est lancée, autour de Noël donc, écrire une pièce courte, d’une demi-heure, pour trois hommes et deux femmes. J’entreprends de composer les premières nouvelles scènes de C’est Noël tant pis. Les scènes qui précèdent l’isolement des personnages dans les lieux clos, avant le « sombre précurseur ». Je saisis la contrainte, je réduis la distribution, je préserve les personnages originels de la première mouture, le père et la mère, entourés de deux fils et d’une pièce rapportée, Geneviève. Il est question alors d’augmenter la pièce d’instants concrets d’une vie réelle, de faits divers, de choses vraies. D’écrire des situations, de faire traverser des moments à des personnages auxquels donner une existence charnelle. Les figures jusqu’ici semblaient osciller entre des entités abstraites, cérébrales, et des caricatures plus ou moins méprisées de pauvres gens. J’écris. Et je me mets à aimer mes personnages. Les épreuves transforment les projets Les épreuves traversées à la Comédie-Française et ailleurs, vie sentimentale, amoureuse ou amicale, transforment les projets, j’écris des histoires de réconciliations, d’amours mal foutues mais d’amour. La condescendance cruelle, ou la férocité sans appel des peintures de Moi aussi je suis Catherine Deneuve, de Journalistes, de Et l’enfant sur le loup, évoluent, s’adoucissent, se nourrissent d’une sorte de tendresse qui viserait la grande trêve. La grand-mère est encore là, mais elle a disparu, elle est sous la table du repas de famille, personne ne le sait encore. C’est elle qui meurt dans la partie suivante. Pour l’instant, elle est rangée sous l’espace sacré des déjeuners du dimanche, on dira qu’elle est nue. On dira qu’elle est devenue folle. On dira de cette figure matriarcale tutélaire autour de qui tout le monde se réunit malgré la haine et l’horreur, qu’elle a perdu pied, et qu’elle est devenue pure, nue, une figure suprême, l’icône d’un monde perdu. Pour l’instant, on prépare le sapin. La pièce commence là, le père s’occupe des boules, la mère fera les carreaux, on attend les enfants. Une contrariété maximale entre les deux mastodontes de la famille, le père et la mère, une vexation sexuelle. Il n’a pas voulu de la faveur qu’elle s’apprêtait à lui accorder. Une gentille fellation. Puis les enfants arrivent et les contrariétés s’accumulent autour du rite judéo-chrétien fabriqué pour réconcilier tout le monde et purger les rancœurs. On a confondu la bûche et la galette, le gigot est congelé, les papiers cadeaux sont à refaire. La mère s’effrite, le père se décourage, les enfants passent le temps, on cherche la grand-mère, et quand on la découvre, heure panique et climax. On file à l’hôpital, et le père et la mère, seuls au monde, se retrouvent, et s’embrassent. C’est noël, et il est aussi question d’amour, de cet amour oublié, négligé, mis de côté, qui revient tout d’un coup, souvent du côté de la menace de la mort, dans la catastrophe. J’écris ça, que Thierry Roisin met en scène à Hérisson, avec Pierre Ascaride dans le rôle du père. La proposition ne convainc pas, la pièce ne fonctionne pas, le projet de la mise en scène non plus, c’est une rencontre qui ne se fait pas entre des acteurs, une esthétique, un lieu, des mots, ça ne marche pas. Ça ne prend pas. Ça n’existe pas. On entend, on voit, on comprend, mais on ne saisit pas, on ne reçoit rien, on ne vit pas. Parfois, rien Les metteurs en scène inventent des mots pour évoquer la présence de l’acteur, sa grâce, sa puissance, sa force, son énergie vitale sur le plateau, la brûlure. Brook dit « l’être là », Py parle de « la joie », Vitez disait « question de vie ou de mort ». Pour la rencontre entre un texte et une mise en scène, pareil. Mêmes termes, même terminologie. Parfois, rien. Néant. Le texte ne va pas, la mise en scène ne sait pas, les acteurs ne peuvent pas. Ils ne vont pas ensemble. C’est la vie, c’est l’absence de vie. Et ça laisse des tas de regrets. Il y a quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas là, et qui manque. Une vie. C’est l’épopée qui fait défaut, l’invention d’une forme qui manque, ou le déficit de la nécessité impérieuse du comédien d’être là et de faire ça plutôt que n’importe quoi d’autre. L’un des trois, ou les trois. Et c’est la mort. J’en veux au texte de n’avoir rencontré personne. J’enterre mon C’est Noël, à Hérisson cette année-là. > première partie

Le 22 mars 2019 à 12:18

Tania de Montaigne : L'Assignation (extraits)

Nos disques sont rayés #3 Festival citoyen des "périféeries urbaines"

Conférence-performance de Tania de Montaigne et Stéphane Foenkinos : "L'Assignation" On ne dit plus « race », on dit « origine », mais le principe est le même. « J’essaie de me souvenir du temps où je n’étais pas Noire, mais seulement noire, sans majuscule. Ce temps où noire était un adjectif, pas un nom : une simple couleur. » Dans cette performance imaginée avec le metteur en scène Stéphane Foenkinos, la romancière et journaliste Tania de Montaigne revendique le fait de pouvoir dire « noir », « jaune », « juif » et – quoiqu’en pensent les identitaires de tout poil – le droit de s’interroger sur ce qui nous fait français : « être français, c’est être le protestant qui a été découpé à Paris comme celui qui l’a massacré, c’est être le juif qui est mort à Auschwitz comme celui qui l’a livré, c’est être le noir qui est mort dans les bateaux comme l’esclavagiste. » Envisager qu’une personne ne soit déterminée que par sa couleur, et pas du tout par l’endroit où elle vit, la langue qu’elle parle, l’histoire qui l’a construite, n’est qu’un tour de passe-passe idéologique. Comme si la nature, plutôt que la culture, nous définissait malgré nos expériences singulières. Libre adaptation du livre "L'Assignation" (Grasset), de Tania de Montaigne.Mise en scène : Stéphane Foenkinos. Avec Tania de Montaigne, Stéphane Foenkinos, Livio, Florence Maury, Joseph Truflandier. Productions 984. Programmé le 5 février 2019 par Jean-Daniel Magnin pour le Théâtre du Rond-Point Captation Léo Scalco, Sarah Mei-Chan

Le 9 janvier 2014 à 06:29
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