Paul Martin
Publié le 12/09/2015

Innovations (3)


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 2 avril 2013 à 08:52

Léon Cladel (1835-1892)

Les cracks méconnus du rire de résistance

« - En résumé, citoyens, il n’y a pas de milieu, conclut-elle avec énergie : ou se résigner à gémir éternellement sous le joug de ceux qui nous exploitent ou s’en affranchir dès demain, une bonne fois pour toute. - Aujourd’hui, non pas demain, proteste de toutes ses forces sa camarade en train de se faufiler à travers les rangs compacts d’une foule extrêmement attentive, aujourd’hui même. - Et comment ça, questionna-t-on de toutes parts à l’envi, par quel moyen ?  - Êtes-vous, oui ou non, le peuple souverain ? - Nous le fûmes, et nous le serons encore, avant longtemps. - Soyez-le tout de suite, il y a péril en la demeure. - Mais il nous faudrait tenir le pouvoir. - Rien de plus aisé : prenez-le et gardez-le. Ne vous laissez plus duper dorénavant. - On y tâchera, mais y réussir, on n’en répond point. - Têtes légères et cœurs timides, vous êtes tout feu, tout flamme s’il s’agit de combattre l’ennemi du dehors, et lorsqu’il faut lutter contre celui du dedans, vous tremblez de froid en caquetant, ainsi que des poules mouillées. - Où et quand avons-nous reculé, nous, les coqs ? -  Un peu partout, presque toujours, ici, chez vous. Aujourd’hui même, vous hésitez à bousculer ceux qui vous abusent. »  (I.N.R.I., 1886) Ces brûlants appels à la contre-attaque immédiate et à la vraie démocratie directe lyrique, ils tisonnent tous les romans d’aventure épiques ou mélodramatiques de Léon Cladel « révolutionnaires dans le fond des idées et dans la forme des phrases, plantant un bonnet phrygien sur la syntaxe », relève le critique Jean Bernard. À l’instar de Michel Zévaco, qui a eu plus de chances que lui avec la postérité, le romancier populaire à succès Cladel ne renoncera jamais à ses « rouges lubies », il veillera toujours à ce que ses histoires rocambolesques soient ancrées dans un contexte historique précis où s’affrontent les classes et à ce qu’on y « prenne parti pour la canaille ». Le Bouscassé (1866) tire tout à coup le couteau pour couper au service militaire. Mon ami le sergent de ville (1867), réalisant la sordidité de son métier, piétine ses insignes policiers, décroche un vieux fusil à pierre et fond dans le lointain en tonnant : « Un branle-bas ! Une révolution ! » Revanche (1873) devient le nom d’un bébé pouponné par 93 des derniers « apôtres de l’absinthe » (c’est comme ça que les Versaillais appelaient les communards) qui espèrent que leur rejeton « perpétuera en lui la haine qu’ils ont pour les tyrans. » Crête Rouge (1871) exhorte à une prise d’armes risque-tout à la Blanqui. N’a-qu’un-œil (1877) suggère aux manants de s’affranchir en « branchant » les aristos. La Fête votive de Saint-Bartholomée porte-glaive (1870) n’y va pas non plus par quatre chemins : « Notaires, huissiers, avocats, juges, gendarmes, percepteurs, autrement dit brigands, assassins, filous et compagnie, sont par nous abolis, et le reste… coule tout seul. » Avec un tel programme, Cladel aura naturellement bien du fil à retordre avec la justice. À la parution de Pierre Patient (1865), qui coïncide avec l’annonce de l’assassinat d’Abraham Lincoln, on accuse l’écrivain de faire « l’apologie du meurtre politique » et on met l’embargo à la frontière franco-belge, sur le très pantouflard journal L’Europe de Francfort dans lequel le roman est débité en épisodes. Pendant la semaine sanglante, on est à deux doigts de fusiller Cladel nous apprend l’historien de la Commune, Maurice Demanget. En 1873, on interdit la réédition de son recueil de nouvelles rebelles Les Va-nu-pieds dont le premier tirage a été épuisé en quelques jours. En 1875, avec Une maudite, le littérateur connaît son premier « outrage aux mœurs » qui le claquemure un mois à Sainte-Pélagie. C’est qu’incorrigiblement, chaque fois qu’il prend la plume, il répète qu’il suffit parfois d’une petite tripotée d’illuminés pour exploser des montagnes : « - Qu’on me donne aujourd’hui carte blanche et seulement une centaine de bons bougres, et que je sois perdu si demain tout n’a pas changé de gamme. - Et que ferais-tu ? - L’impossible. » On pourrait toutefois se demander ce qu’un aussi inflammable « dilettante de l’émeute » s’exprimant aussi crânement au premier degré vient faire dans notre florilège du rire de résistance. Hé bien, qu’on sache d’abord que Léon Cladel avait quelque chose de gougnafièrement rabelaisien. Écoutons sa fille Judith qui fut aussi sa biographe. « Rubens peut-être, Rabelais sûrement. Maintes fois l’analogie m’a frappée au cours de mes lectures. La recherche du terme vivant, sa mise en valeur et en saveur, la surabondance des vocables puisés à toutes les sources, empruntés aux dialectes nationaux et aux formations locales, pris aux anciens lexiques ou agencés de toutes pièces, mais en se conformant soigneusement au génie de la langue, le goût des querelles et des batailles où triomphent la fougue et le bon sens narquois du populaire, celui des discours qui assemblent la pompe et la force, la condensation de l’action autour de ces quelques motifs éternels de l’épopée : combat, ripaille, palabre et luxure. » Qu’on sache encore que l’écrivain était bien malgré lui un grand comique. Engagé comme neuvième clerc, durant son adolescence, dans les bureaux d’un avoué parisien, il n’en rate pas une. Chargé notamment d’un recouvrement important, il oublie son portefeuille débordant de valeurs sur une table de brasserie, ce qui lui coûte sa place. Plus tard, quand il a fait « une petite pelote » grâce à ses bonnes ventes en librairie, il souffre d’une grave maladie : l’enchérite. Assidu des ventes aux enchères, il ne peut s’empêcher de faire monter inconsidérément l’encan. Tant et si bien que sa maison est toujours prête de s’effondrer sous le poids de pyramides et de pyramides d’objets invraisemblables. Et puis l’on peut évoquer la tragédie burlesque de sa vie, à la fois effrayante et à se tordre. Alors que l’écrivain vient de suer sang et eau cinq ans durant sur l’écriture de Celui de la Croix-aux-bœufs et qu’il ne retrouve plus son manuscrit là où il l’a laissé, ne voilà-t-il pas que sa femme de ménage se flatte d’avoir jeté le papier sale qui encrassait son bureau et d’avoir rangé avec soin celui sur lequel il n’y avait rien d’écrit. Au bord de la syncope, Cladel ameute tous ses amis qui galopent avec lui à la fourrière à détritus et organisent une battue à travers les immondices. En désespoir de cause, l’écrivain plonge jusqu’au menton dans la « répugnante macédoine ». Mais c’est peau de balle et balais de crin ! Qu’à cela ne tienne, moins de deux heures plus tard, Léon Cladel est déjà occupé à entièrement recommencer son roman. En guise d’apothéose, pour prouver qu’il pouvait également arriver au farouche, têtu et vindicatif tribun des lettres Léon Cladel d’être délibérément bidonnant, voici un aphorisme de lui qui aurait plu à Pierre Desproges : « L’éternuement est l’orgasme du pauvre. »

Le 20 août 2011 à 08:58

Marche à l'ombre

Il y a différentes méthodes pour ausculter la célébrité chronique d’un écrivain : un éditorial dans un grand hebdomadaire saluant chaque nouvelle parution, le score des ventes en poche de ses romans, leurs traductions à l’étranger, la faveur des jurés littéraires en automne, l’engouement des plagistes en été, une notice dans les dictionnaires, la curiosité des thésards… et l’inscription de son nom sur une plaque en émail accrochée au coin d’une rue. La voirie parisienne qui trace, indifférente, son bonhomme de chemin, ne suit pas toujours cette logique. La postérité n’est pas fille de la Poste. Sade ? Aux oubliettes de la toponymie. Sartre ? Inconnu au cadastre. Kafka, Shakespeare ? A la trappe. Georges Bataille et Alfred Jarry errent aussi dans le no man’s land des âmes perdues. Lot de consolation, leurs homonymes sont honorés : Henry Bataille (1872-1922), dramaturge nîmois, et Jarry, le calligraphe de Louis XIV. Le palmarès de Voltaire qui appelait à cultiver notre jardin est en béton : un boulevard parmi les plus longs de la capitale, une cité, une rue, une impasse, un quai, une station de métro. De quoi rendre asthmatique ses lecteurs piétonniers. Stendhal, qui dispose d’un passage, d’une villa, d’une rue est le seul à se voir décerner une plaque pour l’un de ses personnages, en l’occurrence Lucien Leuwen. La circulation parmi nos grandes plumes n’est pas exempte d’embouteillages et de fulgurants raccourcis. Siècles et mouvements esthétiques se carambolent allègrement. La rue Cazotte prend sa source rue Charles-Nodier et se jette rue Ronsard. La rue Albert-Camus s’accoude à la place Robert-Desnos. Lord-Byron fait la liaison entre Chateaubriand et Arsène-Houssaye. L’avenue Molière meurt impasse Racine tandis que Gérard-de-Nerval débouche sur le boulevard périphérique. Les surréalistes auraient gouté ce jeu des cimaises, cousin du cadavre exquis.

Le 24 octobre 2014 à 14:45
Le 29 juillet 2012 à 08:27

Un été enflammé en PACA ?

Roger Talpoin, le nouveau ministre des Cultes, a du souci. Non seulement l'hérésie vaudoise a repris du poil de la bête dans plusieurs vallées des Alpes, mais on signale, ici ou là, des processions de Flagellants qui n'y vont pas de main morte, occasionnant, de plus, une rupture de stock dans les divers modèles de martinets. Talpoin doit compter aussi avec une éruption de Fraticelles militants, géolocalisés dans la Lozère, mais qui pourraient faire des émules jusque dans le Bas-Languedoc. Ce qui ne serait rien si la Surveillance des Cultes n'avait signalé une épidémie de Galvanistes dans le Sud du Dauphiné et, déjà, en Haute Provence, combattus jusqu'aux abords du massif des Maures - très combustible, comme on sait – par des bandes d'Arianistes, de Docétistes, voire de Nestoriens, autant d'excités qui voient dans le rite, jusqu'ici consensuel, du pastis, l'occasion idéale d'entrechoquer leurs dogmes et d'en venir aux mains dans tous les bistros, bientôt, de PACA. Talpoin panique, dit-on, à la perspective d'une contamination des plages sur toute la Côte, inclus Saint-Trop', où les arts conjugués de la bronzette et du flirt se verraient dangereusement suppléés, chez les Juillettistes et les Aoûtiens, par la rage des excommunications. Homme à poigne, il envisagerait, d'après nos sources, d'éteindre l'incendie qui menace en envoyant les canadairs, de sorte à noyer en vrac Monophysistes et autres Pélagiens sous les eaux attiédies de l'indifférentisme postmoderne néorépublicain.

Le 6 janvier 2014 à 10:45

Gaston Leroux (1868-1927)

Les Cracks méconnus du rire de résistance

On ne relève guère que le grand roman-feuilletonniste Leroux fut également un grand fantaisiste. Et un grand mutin. Qui s’accorda toute son existence durant le droit à ce qu’il appelait les « audacieuses gamineries ». Enfant de chœur, il fume comme un sapeur Camembert dans les recoins des sacristies et siffle le vin des burettes. En classe, « à l’aide de son porte-plume, il mouchette d’encre les chaussettes d’un blanc immaculé de son vénérable professeur de grammaire, le Père Dupont ». Critique dramatique, il lui arrive de démolir littéralement son strapontin quand une pièce l’horripile. À la soirée de gala béni-oui-oui du Papa Lebumard, il pète vraiment un câble. « Quel scandale ! On doit se mettre à quatre pour me relever. » Chroniqueur judiciaire, il stupéfie ses collègues par sa témérité : « Donc la presse du monde entier s’occupait du marquis de X… Mes confrères attendaient l’audience sans fièvre, moi je bouillais, je voulais voir le marquis ! Mais il était en prison et bien gardé. Cependant deux jours avant l’audience, je parvins à me procurer une feuille timbrée de la préfecture sur laquelle j’inscrivis que M. Arnauld, anthropologiste, était invité à visiter les prisons du Cher. Le directeur de la prison centrale tint à recevoir lui même M. Arnauld et me fit visiter l’établissement et même goûter à la soupe. Quand je sortis, j’avais confessé mon marquis. (…) Le lendemain, Le Matin publiait en première page une correspondance de Bourges qui… Le préfet tombait en disgrâce, le directeur de la prison recevait l’ordre de faire ses paquets. » Reporter de choc, il collectionne les exclusivités grâce à de rouletabillesques stratagèmes, il ose tenter de faire vibrer ses lecteurs pour les impitoyables mais sincères et généreux terroristes anarchistes (Auguste Vaillant, Émile Henry, Santo Ironimo Caserio) dont il est chargé de retransmettre les procès et les exécutions. Et il donne à sa façon des marques de révérence aux figures dominantes de l’actualité ainsi que le rappelle Antoinette Peské dans son panorama Les Terribles : « Vers 1900, notre reporter accompagnait à Brest un ministre. Or, un jour, montant dans la vedette qui devait le conduire au vaisseau-amiral, l’Excellence fit un faux pas et, malencontreusement, se trempa les pieds. Vite, mettant à profit l’instant bref de sa navigation vers la nef amirale, le ministre se déchausse, s’éponge, s’essuie… Un ministre tout grand qu’il soit est sujet aux rhumes de cerveau… Cependant, au moment d’accoster, il cherche, tout le monde cherche les bottines ministérielles, vainement. Plus de bottines ! Gaston Leroux les a, d’une main subreptice, laissées choir dans le flot amer. Le ministre n’en dut pas moins monter à bord du bâtiment, recevoir les honneurs, passer en revue l’équipage, en jaquette, en haut de forme et… en chaussettes ! » Romancier consacré, il ne se montre pas toujours spécialement rassurant pour son voisinage : « Quand j’avais mis le point final à un roman, je bondissais sur le balcon et je déchargeais – en l’air – force coups de revolver. C’était le signal : ma femme, ma fille, mon garçon se précipitaient sur la vaisselle. Verres et assiettes volaient à travers le jardin. Dès qu’il ne restait plus rien à casser, on prenait les casseroles et on tapait dessus : un sabbat de sauvages ! Un jour, une famille amie se trouvait à la maison. Les coups de revolver la surprirent, mais quand mes visiteurs virent tout le monde s’y mettre et la vaisselle voler en éclats, ils crurent que nous étions subitement devenus fous. » Dans son œuvre, c’est pareil, Gaston Leroux travaille constamment du citron et n’arrête pas de « cracher la bobinasse » sur « les bandits gardés par les lois, protégés par la fortune, sacrés par le succès, regrettant que son épée ne soit pas assez longue pour les embrocher d’un seul coup » (Les Mohicans de Babel). Et de vitupérer le colonialisme dans L’Épouse du soleil, la politique dans Les Fils de Balaoo où l’on kidnappe tous les chefs d’État du globe pour que cessent les guerres et les iniquités, la culture bourge dans Une mansarde en or et Le Fauteuil hanté, la religion dans Pallas et Chéri-Bibi (« Ici-bas, chacun pour soi et Dieu contre tous ! ») ou la justice de classe dans La Maison des juges (« Vous faites de la police, mes juges, pas autre chose. Vous dissipez les rassemblements, vous rétablissez la circulation, vous faites la place nette de ce qui gêne la société. Vous gardez les plates-bandes du riche, vous êtes de tragiques gardiens de squares. » Quant aux conceptions sociales loufoquement anarchisantes de Gaston Leroux, elles fleurissent dans son chef-d’œuvre La Double Vie de Théophraste Longuet (1903), incarnée par le flaquant peuple des Talpa expérimentant l’utopie révolutionnaire totale aux fins fonds des Catacombes de Paris. « — Au nom de la loi, je vous arrête ! Cette fois, je crus bien qu’ils avaient compris et que je n’aurais plus à leur expliquer ce qu’est un commissaire de police et un voleur. Mais ils conservaient, qui leur mutisme imbécile, qui leur sourire stupéfiant. (…) Damoiselle de Coucy me demanda la définition de la police. Je lui dis : — La police est une institution qui a pour but de protéger les citoyens paisibles et honnêtes dans leurs personnes et leurs propriétés ! Ils se taisaient encore comme si j’avais dit de l’hébreu. Je m’écriai : — Le commissaire des polices est le gardien des lois ! Ainsi, il y a une loi qui empêche de prendre des chapeaux dans une boutique ! Ils m’interrompirent tous en criant : —   Nennil ! —   Comment, nennil ! Vous n’avez pas de loi ? —   Nennil ! —   Ni de gardien des lois ! —   Nennil ! —   Enfin, fis-je, furieux de cette mauvaise plaisanterie, il y a un État ! —   Nennil ! —   Vous, vous êtes l’État ? —   Nennil ! —   Vous avez des chefs qui sont l’État ? —   Nennil ! Je me pris la tête dans mes deux mains et je résolus de revenir à l’exemple palpable : —   Mon ami n’a pas le droit de prendre ces chapeaux dans la boutique de ce chapelier. —   Oïl ! —   Comment ! Il a le droit de prendre ces chapeaux ? —   Oïl ! —   Ces chapeaux ne lui appartiennent pas ! —   Oïl ! —   Alors, il peut prendre tous ces chapeaux ? —   Oïl ! J’étais cramoisi. Dame de Montfort se pencha vers moi et me confia que tous ces gens me demandaient ce que mon ami comptait faire de tous ces chapeaux. Je lui dis qu’il comptait les vendre. (…) Chez les Talpa, me fit-elle, on ne vend pas, parce qu’on n’achète pas. Chacun prend ce qu’il a besoin de prendre. Et comme il n’a pas besoin de prendre dix chapeaux pour les mettre à la fois sur sa tête, mon ami passait pour un fol, pour un pauvre malheureux triste fol. — Cette plaisanterie a trop duré, fis-je, croyez-en un commissaire de police qui a pu se rendre compte souvent, par lui-même, de la nécessité des lois. Dame de Montfort me demanda à quoi servent les lois. Je lui répondis : —   À trois choses : il y a les lois qui protègent l’État ; il y a les lois qui protègent la propriété ; il y a les lois qui protègent l’individu ! Dame de Montfort me répondit qu’il n’y avait pas besoin de lois chez eux pour protéger l’État, puisqu’il n’y avait pas d’État, ni pour protéger la propriété, puisqu’il n’y avait pas de propriété ! Je l’attendais aux individus. —   Oui, mais vous avez des individus ? —   Oïl ! répondirent-ils tous. Mais dame de Montfort me fit entendre, dès que je lui eus parlé des conflits entre les individus que ces conflits, d’après ce que je lui avais dit, naissant de la propriété, du moment qu’il n’y avait plus de propriété, les conflits n’existaient plus. Pourquoi avoir des lois qui auraient protégé des individus qui n’auraient pas de conflit, puisqu’il n’y a pas de propriétés ? J’étais tellement abruti que je répondis : — Oïl ! »

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