Paul Martin
Publié le 19/09/2015

Innovations (4)


Plutôt qu'une biographie assommante, voici un texte qui vous sera vraiment utile. Si votre ordinateur fige régulièrement, essayez le truc suivant : d'abord, rehaussez le moniteur à l'aide d'une ou deux briques ; puis versez dans le lecteur de DVD un verre d'eau déminéralisée à laquelle vous aurez ajouté quelques gouttes d'essence de térébenthine. Eteignez l'appareil, rallumez-le et constatez le résultat : il est comme neuf. Ne me remerciez pas, je suis comme ça, altruiste.

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Le 3 décembre 2014 à 08:02

Le grapheur qui taguait son vrai nom interpellé par la police à son domicile

Amiens – La police vient d’annoncer la fin du cauchemar pour tous les habitants d’Amiens qui vivaient dans la peur depuis plusieurs semaines par la faute d’un seul homme. Celui qui terrorisait la population en taguant son propre nom sur les murs de la ville vient d’être interpellé ce matin à son domicile, sans opposer de résistance. Le vandale s’en prenait depuis plusieurs semaines aux édifices publics de sa ville avec un seul et même tag reproduit lors de chacune de ses sorties nocturnes. Derrière lui, le grapheur ne laissait qu’un seul indice : le nom Alfredo Perez que les enquêteurs ont retrouvé sur le lieu de chaque dégradation. Un nom qui finira par trahir le jeune artiste. Joachim Hourtin fait partie de l’équipe de police mobilisée depuis l’apparition des premiers tags. Le policier se souvient des premiers jours de l’enquête. « On avait très peu d’éléments, le grapheur semblait choisir les cibles au hasard. Le seul indice que nous avions, c’était ce nom : Alfredo Perez » raconte-t-il. Pendant plusieurs semaine, le tagueur se joue de la police, et fait de plus en plus parler de lui. « Les gens étaient angoissés de voir que l’enquête était au point mort. Nous avons donc fait ce que tout bon policier doit faire dans cette situation : consulter un médium » poursuit le policier. Le commissariat fait alors appel à Marjorie Yaloua, et à ses capacités hors du commun. Le policier se rappelle que dès l’arrivée de Marjorie Yaloua, l’affaire commence à avancer avec une première piste sérieuse, qui s’avérera la bonne. « Elle a pu lire dans un billet de 200€ que le nom d’Alfredo Perez pouvait être un genre de signature, ce qui est très courant dans le milieu du graff » commente-t-il. À partir de là, les policiers effectuent les vérifications classiques et découvrent le nom d’Alfredo Perez dans l’annuaire mis à disposition par le bistrot situé en face du commissariat. Dans la foulée, ils procèdent à son arrestation en se rendant à son domicile « Nous avons découvert de nombreuses preuves. Il avait même poussé le vice jusqu’à mettre un tag sur le mur de son propre immeuble » raconte le policier qui devrait bientôt être décoré pour son courage dans cette affaire.

Le 7 avril 2012 à 09:16

Les Girafes du Roi Léopold

Histoires d'os 29

La découverte du célèbre gisement d’ignanodons de Bernissart devait donner lieu à une fructueuse campagne de fouilles dans ce petit village du bassin houiller du Hainaut. Au total, près d’une trentaine de squelettes de dinosaures furent extraits de la veine argileuse où ils reposaient depuis 125 millions d’années avant d’être remontés dans une église désaffectée, reconvertie en atelier de reconstruction reptilenne.   Le Roi Léopold II eut l’occasion d’admirer ces fossiles remarquables pour lesquels il fit édifier une aile nouvelle au Muséum des sciences naturelles de Belgique. Et l’étrange ressemblance de ces créatures d’un autre âge dressées sur leurs armatures métalliques, avec des animaux vivants croisés au Congo belge lors de ses visites coloniales devait interpeller sa souveraine perspicacité. Au point qu’il fit part de ses réflexions à Louis Dollo, l’architecte de leur remontage osseux : « Je vais vous dire ce que j'en pense... Si c'est une sottise, vous l'oublierez... Car ce n'est pas mon métier de m'occuper de ces sortes de questions et j'estime que chacun doit se confiner dans le domaine de sa spécialité. Je crois que les iguanodons étaient des sortes de girafes ».    Le paléontologue n’eut pas l’insolence de répliquer au Monarque qu’il ferait mieux, en effet, de se confiner dans son domaine. Il se contenta de lui répondre : « Oui Sire, mais des girafes reptiliennes car c'étaient des animaux écailleux comme le sont habituellement les reptiles et non pas des animaux velus, comme le sont ordinairement les mammifères. » L’explication avait le mérite de respecter l’étiquette à défaut de respecter l’orthodoxie zoologique et les iguanodons ne furent pas offensés de cette extravagance royale.

Le 30 janvier 2013 à 09:00

Une question me brûle les lèvres

Une question me brûle les lèvres. Qu'elle est cette force qui nous pousse à nous tenir les deux pieds sur le sol... mais aussi refaire un ourlet, discuter le bout de gras, écrire des pièces de théâtre, causer dans le poste, être coiffeur, petit rat de l'Opéra ou stocker des hydrocarbures... ou bien même pédaler.  Vous trouvez ça normal, vous Jean-Michel Ribes, de pédaler ? Pédaler sur une scène de théâtre, pédaler dans la choucroute ou ailleurs... Pédaler pour se souvenir ou se souvenir pour pédaler ? Il faudrait poser la question à Georges Perec et à Samy Frey. Mais la question a déjà dû être posée. Oui... mais où ? Avec le temps elle a dû être déplacée quelque part... posée ailleurs sur un piano, une table de bistrot, une tinette de cabinet ou sur un parterre de dalles noires et blanches... comme les notes du piano. Vous voyez, souvent on croit qu'on s'en va un peu loin mais on revient au même endroit. On tourne en rond, surtout si on n'est pas carré dans sa tête!  On revient donc comme un assassin sur le lieu de son crime. On a perdu son innocence ou la question posée... peut-être est-elle partie sur les ailes d'un Goéland, chanceux volatile, qui a échappé aux coups de ciseaux d'un coiffeur inconscient, qui ne se souvient même pas si il a eu un désir prénatal pour le shampoing et qui passe sa vie à raser des nuques, au lieu de s'envoler transporter par un vent de liberté qui chasse la morosité ambiante et la mesure. Décoller ! Pour monter, mais jusqu'où ?... Jusqu'au plafond pour y retrouver Plume, qui même s'il est parti pour Casablanca doit y être toujours, au plafond. Pas tout seul bien-sûr... Henri Michaux est avec lui. Si on ne sait pas voler tout seul, il y a les poètes, les écrivains, les peintres, les musiciens pour nous prendre par la main pour une promenade à la Chagall, le corps à l'horizontale. Prendre des portes comme on prend son envol, Chercher pas pour se trouver, mais pour se perdre. C'est peut-être ça le vrai chemin. Après viendra le temps des fouilles, de l'archéologie de soi si chère à Michel Foucault. Créer, fabriquer quelque chose qui n'existe pas encore qui s'inscrira plus tard dans les lignes de notre main. Comme ouvrir une fenêtre ou un abcès du subconscient. Le poète, l'artiste est paraît-il un grand médecin et comme nous sommes tous apparemment des grands malades, nous avons sacrément besoin de notre piqure de rappel de fantaisie, de démesure, de portails ouverts sur un monde qui n'est peut-être pas si autre. Que serait la peinture sans portraits de carpes ? Comment devenir un ex-fumeur sans perruque Louis XV ? Que serait un sauve sans qui peut, un cul sans jatte, un tempion sans tar, un passe-moi sans sel, un va là sans qui, un théâtre sans animaux, un Rib sans numéro de compte, un Ribes sans Jean-Michel ? Pire ! Un théâtre sans ronds, pleins de piques, sans rond-point avec des feux rouges qui ne passent jamais au vert !...  Décidément, vous nous êtes indispensable Jean-Michel !

Le 19 juin 2014 à 10:11
Le 28 novembre 2011 à 09:03
Le 24 mai 2014 à 10:06

Les années 80 : Papa Seaver, papa douceur

Des Ingalls aux Soprano : Quoi de neuf docteur ? #2

1981, un vagabond bodybuildé arrive dans une petite ville de montagne et demande à un shérif aux idées arrêtées « de pas le faire chier, sinon il va avoir une guerre comme il en a jamais vu !» et tient parole. Reagan et l'effacement 1985, Ronald Reagan est en poste depuis quatre ans. Son plus grand tour de force : avoir redoré l’appareil politique et la figure présidentielle (ce qu’aucun des prédécesseurs de Nixon n’a réussi à faire). Sa façon de faire ? Etre le plus effacé possible. En gros, Reagan, c’est simple : en politique intérieure, c’est le désengagement total : baisse d’impôts pour favoriser la libre entreprise, le dollar est de nouveau indexé sur l’or. Bref, on tente d’éponger les retombées du second choc pétrolier en encourageant tous azimuts l’ultralibéralisme. On rend aussi une plus grande autonomie aux politiques sociales des Etats (du coup, certains Etats sudistes reviendront à quelques petites traditions de derrière les fagots, sous forme de promesses électorales fort heureusement jamais tenues). Question politique extérieure, c’est simple : l’endettement américain va atteindre des records, presque uniquement pour des dépenses militaires.   1985 voit deux évènements encore. D’une part, notre vagabond bodybuildé qui purgeait un peu de taule pour avoir fait une « guerre qu’était pas la sienne », décide de repartir au Vietnam avec un arc, un couteau et un gros flingue. Mais aussi le 24 septembre 1985 débarque sur nos écrans la famille Seaver, dans l’emblématique sitcom : « Quoi de neuf docteur ? ». Desperate Houseman  En résumé, le docteur Jason Seaver (Papa Seaver pour nous), psychiatre new-yorkais rapatrie son cabinet dans sa maison de proche banlieue lorsque sa femme décide de reprendre sa carrière de journaliste et qu’il faut bien quelqu’un pour surveiller les mômes.   La famille Seaver compte donc cinq membres (un sixième arrivera sur la fin ; tentative un peu grossière de relancer le show qui durera, tout de même, 166 épisodes).   Papa Seaver : le psychiatre quelque peu desperate houseman (on y reviendra).  Maggie : que l’on aimerait appeler Maman Seaver, mais la vérité c’est qu’elle est surtout en train de relancer sa carrière et que bon, sa famille, oui, mais de loin…  Mike : l’aîné, intelligent et magouilleur qui passe sa vie à monter des embrouilles improbables et qui réussit généralement toutes ses entreprises (souvent on lui indique que moralement c’est douteux mais dans le fond c’est le résultat qui importe).  Carol : la fille, intello brillante et presque politisée (faut pas déconner non plus; ça serait une lointaine cousine de Lisa Simpson, à la rigueur).  Ben : le petit dernier, coureur de jupons, un peu con et qui se voudrait magouilleur comme son aîné, mais qui rate tous ses coups… (il souffrira un peu plus de ses magouilles puisque le but est rarement obtenu par ce biais ; on pardonne la méthode, pas l’échec quoi…). Papa Seaver n'est pas Papa Ingalls  Bon là encore la famille Seaver va se reposer sur Papa Seaver. Cependant, Papa Seaver ce n’est pas Papa Ingalls. Papa Seaver c’est un psy, il observe et écoute de loin, voit que chacun ne prend pas nécessairement le bon chemin mais se doit de laisser « vivre ». Attention, Papa Seaver n’est pas un impuissant, tout au contraire. Papa Seaver sait ce que chacun devrait faire pour que tout aille bien. Mais voila Papa Seaver préfère que chacun se forge sa propre expérience et en tire les conséquences (enfin, là, souvent, il doit quand même un peu expliquer, parce que hormis Carol l’intello, les deux autres s’en foutent assez des conséquences). Bref, Papa Seaver laisse chaque individualité s’exprimer, il n’est là que pour maintenir la cohérence du groupe.      La structure de la série est simple :   - Ben, Carol, Mike ou Maman Maggie (plus rarement quand même) vont chacun être confrontés à un problème dans l’épisode (quelques thèmes graves seront abordés mais, dans l’ensemble, ça reste léger).   - Papa Seaver observe de loin sa marmaille faire son chemin, voit qu’ils/elles vont se planter.   - Ils/elles se plantent et Papa Seaver fait un hug et on passe à l’épisode suivant…   Les problèmes de la famille Seaver sont toujours internes. C’est bien simple,  le monde extérieur n’existe pas ! Et lorsque de temps en temps l’extérieur réussit péniblement à faire une percée, c’est sous l’identité de Luke Brower (interprété par un jeune Leonardo Dicaprio encore loin du loup). Luke est un enfant des rues, élevé par de violents alcooliques. Diantre, voila un challenge pour un psychiatre ! Solution : l’assimilation. Oui, pour soigner le p’tit Luke, un peu tout fracassé, les Seaver l’adoptent. On est d’ailleurs en 1988, date à laquelle quelque part dans un monastère thaïlandais, notre vagabond qui s’est mis au zen, décide de partir en Afghanistan dézinguer du russe qui emmerde de pauvres montagnards. C’est toujours pas sa guerre mais il est généreux le vagabond.      Un puits de sagesse auquel personne ne vient s'abreuver Pour les Seaver, c’est simple : la famille n’est pas le problème mais la solution. Papa Seaver donc père progressiste et non interventionniste accepte de huguer tout  le monde, il suffit de faire partie de la famille et tout le monde peut être de la famille si il en émet le désir.   Notons d’ailleurs que le hug garde sa fonction d’unir le groupe ici encore, sauf qu’il n’est pas une sorte de rituel mystique, simplement la façon dont Papa Seaver signifie à l’autre « tu t’es planté, t’as besoin de moi et je suis là ».   Bref, Papa Seaver, reste encore le ciment de la structure familiale, il est encore le puits de sagesse qu’était Papa Ingalls. Seulement plus personne ne veut venir s’y abreuver et ça, Papa Seaver l’a bien compris et ne compte forcer personne. Il est une sentinelle inébranlable et pétrie de bons sentiments et d’indulgence.     Et puis là, débutent les années 90 : Clinton est élu président, notre vagabond bodybuildé disparait soudainement (une légère déprime sans doute liée à ce nouveau président). Papa Seaver s’accroche, il a une nouvelle petite fille, mais bon c’est les années 90 : Kurt Cobain se fait exploser, le monde découvre que Bill aime à savourer son havane à sa façon. Les premières grandes vagues « complotistes » émergent (la guerre dans les Balkans c’est pour nous faire oublier l’histoire du cigare assureront certains).   Bref, Papa Seaver est totalement dépassé et disparait. Remplacé quatre ans plus tard par Papa Soprano. (A suivre) > Première partie : Les années 70, Papa Ingalls et le Hug

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