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Publié le 10/09/2015

Jean-Claude Carrière : "La nouveauté, c'est vieux comme le monde"


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La nouveauté est souvent la réalisation d'un rêve très ancien

"Rien de nouveau sous le soleil", "tout nouveau, tout beau", "on n'arrête pas le progrès" autant de dictons et de proverbes parmi lesquels le scénariste et écrivain Jean-Claude Carrière refuse de trancher. Qu'est ce que la nouveauté ? Faut-il nécessairement accepter tout ce qui est nouveau ou faut-il s'opposer au progrès ? Et si la vraie question était ailleurs dans la recherche d'une position médiane faite d'adaptation, de souplesse d'esprit et d'ouverture au monde ?

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Jean-Claude Carrière

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Le 17 juillet 2014 à 09:23

François Jarrige : "Les changements techniques ne sont pas nécessairement synonymes de progrès social"

Rage contre la machine ? #1

François Jarrige est historien, enseignant-chercheur à l'université de Bourgogne. Il s’intéresse à l’histoire des mondes du travail, des techniques et aux controverses qui ont accompagné l’industrialisation. Il a notamment publié Au temps des « tueuses de bras » (2009) et Face au monstre mécanique (2009). Son dernier ouvrage Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences est sorti en février aux éditions La Découverte. Première partie de l'entretien qu'il a accordé à ventscontraires.net   Dans le monde du travail, l'innovation technique a-t-elle toujours été perçue comme une menace ? Non, les situations ont été extrêmement diverses et contrastées, et tout dépend évidemment de ce qu'on appelle "innovation technique". Une innovation en vue d’améliorer la sécurité ou l'efficacité du travail, ou pour permettre d’améliorer la qualité du produit fabriqué, n’a évidemment pas le même sens pour le travailleur que celles qui visent à son élimination, à la réduction de son autonomie, ou qui introduisent de nouvelles contraintes au nom de l’amélioration de la productivité. Par ailleurs, opposer d’un côté l’innovation technique et de l’autre le monde du travail implique que les deux sont séparés. Or, ce n’est pas nécessairement le cas. Avant les « révolutions industrielles » du XIXe siècle, les artisans et ouvriers étaient les principaux acteurs du changement technique. C’est surtout à partir du XIXe siècle qu’apparaît la séparation croissante entre le travail, sa gestion et son contrôle, l’ouvrier devenant celui qui applique des procédés élaborés ailleurs par les figures nouvelles de l’ingénieur et du technicien de laboratoire. L'opposition réactionnaires-progressistes est-elle un bon prisme pour analyser le rejet ou l'adhésion à la technique ? A mon avis non, cette opposition fait plutôt obstacle à la compréhension et à l’analyse. Est réactionnaire celui qui réagit et s’oppose, progressiste celui qui croit en un progrès linéaire, ce sont des notions à la fois trop floues et trop surchargées d’idéologies, d’autant qu’il s’agit de catégories essentiellement politiques servant à distinguer depuis le XIXe siècle ceux qui sont favorables à des réformes politiques et ceux qui y sont hostiles. Transférer ces notions au domaine des techniques vise à mon avis à empêcher toute discussion en délégitimant les positions critiques. Dans la réflexion sur la technique, la ligne de fracture ne passe pas entre les réactionnaires et les progressistes, mais entre ceux qui prétendent que les techniques sont des outils neutres, que le progrès technique est un dogme non questionnable, et ceux qui y détectent des instruments de pouvoir et de domination qui, à cet égard, méritent être critiqués. Dans la mesure où certaines techniques peuvent accentuer les inégalités, les ravages environnementaux, la domestication des hommes, s’y opposer peut parfaitement s’accorder avec ce qu’on appelle une position progressiste. Les changements techniques ne sont pas nécessairement synonymes de progrès social ou moral et on peut très bien s’opposer à une trajectoire technique au nom d’une certaine conception du progrès social. Pouvez-nous parler de quelques révoltes ouvrières contre l'industrialisation ? Au cours de la longue histoire du capitalisme industriel, de nombreux acteurs ont protesté et tenté de freiner des transformations techniques qu’ils percevaient comme néfastes. Dans le monde du travail, il arrivait fréquemment au début de l’ère industrielle que des artisans s’opposent à des innovations jugées dangereuses. A la fin du XVIIIe siècle, en Angleterre comme en France, des ouvriers du textile dénoncent ainsi les nouvelles mécaniques, ils pétitionnent pour exiger leur interdiction, défilent pour dénoncer leurs effets, et se soulèvent parfois pour les détruire. Dans les années 1790, des attroupements de fileuses « croyant voir leur ruine dans [l’]établissement des mécaniques » se rebellent à Rouen, mais aussi à Troyes ou Cholet. En Angleterre, ce type de protestations atteint une ampleur particulièrement spectaculaire lors des célèbres émeutes dites du Luddisme en 1811 et 1812. L’Europe est alors déchirée par les guerres napoléoniennes, l’Angleterre est en crise. La hausse du prix des grains, le manque d’ouvrage et l’avènement des nouveaux procédés techniques de production conjuguent leurs effets pour accroître la misère. Des milliers de travailleurs britanniques choisissent alors de détruire les machines qu’ils rendent responsables de leur situation difficile. Nommées Luddisme à partir d’un personnage mythique Ned Ludd, qui aurait brisé le métier de son maître à la fin du XVIIIe siècle, ces émeutes dispersées de grande ampleur au cours desquels des ouvriers du textile attaquent les usines et détruisent de nombreuses machines effraient les élites anglaises et acquièrent un écho considérable jusqu’à faire du mot « luddisme » un terme générique pour décrire l’hostilité populaire à l’égard de la mécanisation.

Le 23 mai 2013 à 13:25

Enki Bilal : on est entré dans un nouveau monde

La science fiction, c'est maintenant

Enki Bilal, en ombre chinoise devant l'écran où viennent de défiler des extraits de sa cinématographie. Il a commenté en direct, raconté d'où ses idées plastiques, ses trouvailles futuristes sont venues, les fulgurances, les enjeux entrevus dans son œuvre bien avant que la marée technologique vienne bousculer nos société déjà anciennes. Et si la dépression contemporaine venait du fait que nous ne savons pas encore voir que nous sommes déjà entrés dans un monde nouveau ? A l'issue de cette performance inédite qu'il n'avait encore jamais tentée, Bilal répond aux questions du public du Rond-Point : faut-il imaginer le pire ? la nature va-t-elle se venger des humains ? les nouveaux arrivants (les jeunes) seront-ils capables de réhumaniser notre monde atomisé par une solitude connectée ? Il parle des anciens totalitarismes qui ont cédé la place à la globalisation, mot rond qui cache un totalitarisme financier féroce auquel ne s'oppose guère que l'islamisme radical - perspective joyeuse. Alors, faut-il être optimiste, pessimiste ? "La réalité d'aujourd'hui est la science-fiction d'hier. Nous-nous sommes habitués avec une arrogance tout à fait humaine aux choses les plus vertigineuses. Sommes-nous conscients du basculement radical dans un siècle où tout est possible, où une nouvelle science-fiction pose ses nouveaux codes ? Pas sûr. La régression guette, jusqu'à nos politiques englués encore dans le siècle passé. Notre relation au futur est toujours immature... Militons pour un peu plus d'imaginaire et déverrouillons tout ça !" Enregistré le 14 février 2013 dans la salle Topor du Théâtre du Rond-Point En partenariat avec Cinaps TV et Rue 89

Le 8 septembre 2015 à 09:02

Jean-Michel Besnier : "Le transhumanisme n'est pas un progrès, c'est une rupture"

C'est après avoir lu son livre Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? (Hachette 2009) que nous avons désiré rencontrer le philosophe Jean-Michel Besnier. D'abord spécialiste de Georges Bataille, il s'intéresse vite aux sciences cognitives et à l'intelligence artificielle. Une coopération exaltante avec des chercheurs qui l'amènent à faire la critique des ambitions des transhumanistes, ce mouvement très actif aux USA et fortement financé qui annonce, avec le futurologue Ray Kurzweil, l'homme modifié et l'immortalité pour les prochaines décennies. "Il s'agit d'une prise de pouvoir scientiste sur d'anciennes questions philosophiques, les rapports entre l'âme et le corps par exemple. Les transhumanistes rêvent de réaliser toutes les ambitions de l'espèce humaine. Il ne s'agit pas d'un "progrès de l'esprit humain" au sens où l'entendait Condorcet en 1793. Leur référence est plus à chercher du côté de la Renaissance : ils attendent non pas un progrès, mais une rupture avec tous les modèles précédents. Les renaissants n'annoncent pas un modèle d'humanité qui ferait l'objet des efforts des hommes. Mais une régénérescence, une revitalisation. On n'est pas dans une vision progressiste, on est dans l'attente d'une rupture. Ray Kurzweil lui a donné un nom : la Singularité. L'humanité serait à la veille d'être submergée par quelque chose qui fera rupture." Agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques, Jean-Michel Besnier est professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne (Paris IV), où il a créé et dirigé le Master « conseil éditorial et gestion des connaissances numérisées » de 2001 à 2013 et où il dirige actuellement l’EA 3559 « Rationalités contemporaines ». Il est membre du conseil scientifique de l’IHEST, du Directoire du MURS (Mouvement universel pour la responsabilité scientifique) et de la commission Littérature scientifique et technique du CNL. Parmi ses ouvrages :Demain les posthumains : Le futur a-t-il encore besoin de nous ? Hachette 2009L'homme simplifié : Le syndrome de la touche étoile, Fayard 2012

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