Rattraper la langue
Publié le 11/10/2015

Valérie Mréjen : "Ma bio version condensée tourne depuis un moment, j'hésite souvent à la renouveler"


Communiqué #3

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Autres épisodes :

Comment expliquer son travail d’artiste ? Que dire quand on vous demande de quoi ça parle ? C’est quel genre de vidéos ? Sur quel thème ? Comment essayer de donner une idée des thématiques présentes et de la forme, en quelques phrases ? Comment parler d’une nouvelle série d’œuvres dans un communiqué de presse ?

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Place aux poètes, aux créolisants, aux corsaires du langage, place aux passeurs et aux décrypteurs de paroles, place aux cracheurs d'avenir.
Pauvre langue. Réduite en « éléments de langage ». Qui nous parle de plus en plus petit. Pasteurisée, simplifiée, désertifiée par les stratèges en communication. Confisquée par les adeptes du pugilat médiatique, de la harangue haineuse et du bashing. Nos paroles, nos pensées, les mots avec lesquels nous rêvons n'ont jamais été si convoités. Le langage est notre bien le plus précieux. Alors rattrapons ce qui nous échappe peu à peu. Ce langage qui nous façonne. Et qui façonne le monde. Toutes nos infinies façons de dire.

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Le 26 mars 2015 à 10:31

Quelques un-e-s

Bruno qui m’a conseillé à un vague repas de famille il y a 15 ans dans quelle école aller et ignore à ce jour la portée de sa phrase.Didier B. qui n’a jamais répondu au mail où je le remerciais de ne pas m’avoir laissé le choix.Claude qui un matin de juin 2001 m’a dit Bienvenue – malgré mon regard par en-dessous. Avant de me démolir longuement pour ce même regard – m’obligeant ainsi à relever la tête.Alain M. qui nous a suggéré d’écrire ce qu’on voulait défendre personnellement – à un âge où jamais un prof ne me l’avait demandé.Anahita qui me disait "engagement" et je hochais la tête – bien avant de comprendre de quoi il retournait.G.D qui m’a donné le numéro de portable de G.P et comme un sésame m’a encouragé à appeler.Manon qui a essuyé mes plâtres.Gilles qui un après-midi dans un parc a pointé du doigt mes facilités / mes contre-sens / mes approximations – et veille depuis à ce que je n’y retombe pas.Pierre un jeudi qui m’a laissé ce message que j’ai pris pour une blague – puis pour une erreur – puis pour un malentendu.Nicolas qui m’a juste dit "c’est très bien" et soudain il m’a semblé que le ciel s’ouvrait pour m’adouber.Jean-Louis qui répète "scandale" et derrière il y a toute l’histoire de l’humanité.Laurent qui en 97 portait des salopettes vertes et citait des noms que je ne connaissais pas / qui 16 ans de silence plus tard avait la même voix au téléphone.   Paulette qui est née en 1914 et répète encore "j’ai toujours été heureuse et je touche du bois."Fabrice qui aimait débattre de tout tout tout – avant de disparaître sans un mot.Romain jonglant face à l’océan.Kamel qui m’a convaincue que le bout du monde ne craignait rien.Joann qui prouve que dessiner / écrire c’est pareil et m’a démontré qu’une esquisse valait souvent mieux qu’un long discours.Matthias qui même au rayon jus de fruits semble peser la gravité politique de ses actes – et un siècle de dictatures et de charniers paraît embusqué entre les Tropico.Béatriz qui écoute chaque détail des aventures des autres comme si c’était vital (pour eux ou pour elle ?)L. qui s’étonne qu’on ne soit parfois pas d’accord elle et moi alors qu’on se ressemble tant.Et S. qui – à 22 mois – semble le seul à remarquer combien on se ressemble L. et moi.Sylvie qui écrase les mégots pied nu / qui a vu et vécu trop de corps humiliés pour minauder – mais s’adapte à ceux qui n’en sont pas encore là.Jules qui crâne d’être pris en exemple et me remet à ma place du haut de ses 11 ans et de son fauteuil.Inès qui ne comprend pas comment deux personnes différentes peuvent s’appeler pareil.Solenn qui met tous ses démons par écrit pour qu’ils lui foutent la paix le reste du temps.Albert m’obligeant à m’arrêter sur certaines phrases pour soupirer d’admiration.Laurence qui hérisse les poils de toute l’audience en deux lignes de tragédie et se relève l’air de rien et de défi.Philippe me promettant que je ne risquais rien en allant au bout de ce que j’entamais.  Nancy racontant les histoires de Zelda ou Simone / qui depuis des années me souffle des pistes pour me faire mes propres idées – et ainsi la contredire.David qui discute avec les chiens errants et archive soigneusement sa mémoire dans des cartons – terrifié d’oublier un bout de passé. Hervé parlant de religion d’une façon qui donne envie d’écrire des cartes postales d’amour à sa grand-mère.Simon tonitruant – racontant l’enfant revanchard et le jeune homme terrorisé qu’il a été – jusqu’à laisser entrevoir qu’il est aujourd’hui les trois – cohabitant dans un corps de 65 ans.Valentine qui hésite entre planter des tomates et créer une épopée "mais finalement c’est la même chose."Robert qui s’est muré dans sa tour de vieillesse bien longtemps avant sa mort – empêchant quiconque de le faire douter.Marc-Antoine qui s’appuie sur ses peurs et ses carnets impeccables pour déposer l’émotion à fleur de mots.Joëlle qui s’est sevrée de toutes les addictions sans rien que sa volonté – sauf de son ex-mari : pour ça elle a demandé à Shiva. Et ça a marché.François qui écrit juste "rires" – rien d’autre et sans ponctuation – et on ne sait si c’est un début ou une fin de discussion.  Nadine qui allie les macarons Ladurée et les convictions de vraie gauche d’une manière qui fait rêver d’avoir son âge et son aplomb.Blanche qui – à 30 ans – estime avoir assez fait le vide dans son existence pour se mettre désormais à écrire (son enfance).Franck qui refuse de croire que ce qu’il dit n’est pas une banalité.Fabio qui pourrait tout perdre – tant qu’il lui reste ses mains pour s’exprimer.Jonathan qui pourrait tout perdre – tant qu’il lui reste son cerveau pour l’appréhender.Paula qui a mis un jour devant elle assez de médicaments pour en mourir et choisi de ne pas les prendre.Sarah qui ne se préoccupe jamais du résultat puisqu’au moment de l’atteindre elle aura déjà résolu ses questions dans son coin depuis belle lurette.Christian qui a commencé la rédaction de son journal le jour de son premier cancer et entre deux bouffées de clopes montre les cicatrices sur ses tatouages – ou l’inverse.Renate qui n’est jamais devenu institutrice parce qu’elle avait 9 ans en 1940.J. qui semble avoir une vie sans problème – tant qu’on ne remarque pas l’état de ses mains.S. qui a réussi à faire un enfant qui s’endort comme elle elle vit : en colère et le poing en l’air. Tchiang qui a oublié pourquoi ce surnom et que la vie a marqué au point qu’il n’est absolument pas croyable que F. et lui aient le même âge – et pourtant.Ad lib. 19 mars 2015

Le 6 décembre 2014 à 08:30

Les lectures - 2012

C'est Noël tant pis - Journal de bord, carnet de route d'une création #7

La pièce Moi aussi je suis Catherine Deneuve est traduite et jouée en japonais, en italien, en bulgare, en anglais. Le metteur en scène Valéry Warnotte la dirige avec la troupe du Trap Door aux États-Unis, il m’emmène voir la bande jouer et chanter sa version de la pièce à Chicago, puis à Washington, déstructuration du rapport scène salle, jeu cabaret, déglingué, drôle et tragique, très belle performance. Valéry évolue dans le théâtre public, associé à plusieurs lieux, le Havre, Mulhouse, mais il veut monter un projet dans le théâtre privé parisien qu’il connaît mal. Par curiosité, par goût des contradictions. Il lit C’est Noël, s’en empare, propose le rôle de la mère à Anny Duperey, qui trouve la pièce trop éclatée, explosée. Avec Valéry, nous convainquons Edy Saiovici de nous accueillir dans son théâtre Tristan Bernard ou chez lui, boulevard de Clichy. Qu’il entende la pièce dans une distribution que j’établis alors, presque par évidences. Je veux retravailler avec Bernard Alane, le rôle est réécrit pour lui. Silvie Laguna, au moment des Couteaux dans le dos, m’avait écrit une lettre magnifique, je l’avais rencontrée, aimée, tout de suite. Nous avions approché ensemble les rôles de Sur les cendres en avant et de Perdues dans Stockholm, c’est comme ça. Ça naît, un désir fou de faire un truc ou un machin, de travailler. Ça se fait ou pas, ça marche ou non. Chloé Olivères et moi travaillons depuis longtemps ensemble. Des élèves du Conservatoire national, elle avait été la seule à répondre à ma proposition de rencontrer les sociétaires honoraires de la Comédie-Française auxquels je rendais hommage sur le plateau du Vieux-Colombier. Jean Piat, François Seigner, Catherine Salviat, Geneviève Casile, Gisèle Casadesus, Jacques Seyres ou Roland Bertin. Chloé aura participé à tous les événements menés, puis j’écrirai pour elle Sortir de sa mère et La Chair des tristes culs que nous jouerons ensemble, avec Brice et Tiphaine Gentilleau. Puis Demain dès l’aube, qu’elle jouera plus tard, au printemps 2014, avec Evelyne Istria, toutes deux dirigées par Noémie Rosenblatt, presque trente ans après Électre. Chloé va de soi, avec Brice, devenu le comédien avec qui je veux travailler toujours, on peut dire ça, comme ça, sans peur, sans pudeur, entre autres et profondément. Et par amour. J’ai rencontré Renaud Triffault à la Comédie-Française, où il était élève comédien, sorti d’une école nationale pour venir habiter le grand plateau de silhouettes, de figurations, ou de rôles petit à petit d’importance. Ensemble, nous avons mené l’aventure des « Petites Formes », je l’ai dirigé sur le plateau de la salle Richelieu dans les dix textes commandés à des auteurs vivants, une formidable aventure. Envie immédiate de poursuivre avec lui quelque chose. Ainsi, la distribution s’établit, se solidifie, par rencontres, complicités ou non, par lectures, par concordances des voix et des corps dans l’espace, des écoles de jeux, si différentes. Toutes ici réunies, les grandes écoles, les cours Florent, la Comédie-Française, le Boulevard, le public et le privé, l’indépendant et la voix royale. Nouvelles donnes, nouvelles affaires, nouveaux éclats Valéry Warnotte prend les rendez-vous, une lecture devant Edy, qui trouve que cela manque de chansons, que la scène qui se répète se répète trop, que c’est peut-être dommage. Mais Edy est d’accord. Nous recommençons, nouvelle mouture, avec chansons. Nouvelle lecture chez Edy, devant lui, qui ne bronche pas, ne bouge pas, devant Mireille, merveille de compagne, qui s’endort doucement. Edy est d’accord, mais Valéry lui fait peur, trop jeune, trop loup, trop dangereux. Il est d’accord à condition que Jean-Claude Cotillard signe la mise en scène. Il veut d’autres comédiens, qu’il connaît bien, et d’autres qu’on connaît tous. Le temps passe, le projet s’éteint, Valéry se décourage et moi aussi. On laisse un peu tomber ensemble ce truc qui bat de l’aile. Valéry abandonne, il admet que je demande à Cotillard de s’en mêler. Je me sens veule, traître et lâche. Mais je veux que je le projet existe. Pour les acteurs, déjà très engagés là-dedans aussi. Je convaincs Edy que ces acteurs-là doivent jouer la pièce et pas d’autres. On lit à nouveau, sous la direction cette fois-ci de Cotillard. Edy est d’accord, son équipe aussi, Vincent et Béatrice. Mais la scène de la répétition est toujours trop répétitive. Je réécris la répétition, j’y tiens, mais je corrige. La scène répétée sera une scène totalement décalée, plus folle encore, plus éclatée, avec nouvelles donnes, nouvelles affaires, nouveaux éclats. Nouvelle lecture, nouveaux rendez-vous chez Edy, qui est d’accord. À condition maintenant de trouver un producteur. Pour se faire, nouvelles lectures, au centre culturel d’Alfortville que Cotillard sollicite et met en scène. Au théâtre du Rond-Point, à plusieurs reprises, notamment pour un producteur qui devrait reprendre la direction ou partie du Tristan Bernard, qui pourrait mettre ses billes. Mais la pièce est compliquée, alambiquée, avec ce machin bizarre qui se répète. Et le producteur s’en va. Il n’aura dit ni bonjour ni au revoir aux comédiens, ni au metteur en scène, ni à l’auteur. La vie aussi c’est compliqué, alambiqué, avec des machins bizarres qui se répètent tout le temps. Edy ne fait plus signe pour l’instant. Cotillard se décourage et moi aussi. Entre temps, je crée ma compagnie, Les gens qui tombent, nous jouons Sortir de sa mère à Avignon puis au Rond-Point, en dyptique avec La Chair des tristes culs, avec Tiphaine Gentilleau, Chloé et Brice, et tout se passe comme on dit à merveille. Je suis convoqué par Edy chez lui, il est allongé, malade, mourant. Il veut parler production, projets, rien d’autre, surtout pas. Il veut que la pièce se joue dans son théâtre à la rentrée prochaine. Peur de l'ennui Quelques jours plus tard, à Arras, dans la cathédrale, devant un Saint-Georges et son dragon terrassé, peut-être ça ou autre chose, je reçois un texto de Jean-Michel, quelques mots, très doux, lui seul sait faire ça, pour m’annoncer qu’Edy est mort. Un peu plus tard, Cotillard doit à son tour renoncer à C’est Noël tant pis. Sa compagnie ne peut pas produire. Et Jean-Michel me demande de m’y coller moi-même. Il me dit que je sais faire, que je peux, que c’est à moi de m’y mettre. Quand il veut, quand il s’y met, il donne des ailes, ce type-là. Les acteurs ont tellement lu, ils veulent jouer maintenant. J’ai établi la distribution, je connais le lieu, je veux le faire, depuis toujours. Avec eux, Bernard, Silvie, Renaud, Chloé et Brice. Valérie Bouchez, codirectrice m’encourage, de tout son cœur, joliment, elle me soutient et soutient le projet, chaque jour. Je suis auteur associé au Rond-Point, c’est là aussi mon boulot, là-dedans, dans l’intitulé, c’est à nous, c’est chez nous, nous devons faire les choses nous-mêmes, il répète ça souvent Jean-Michel. Je propose à l’équipe de diriger une nouvelle lecture du début de la pièce devant toute l’équipe de direction. Jean-Michel est accablé. On va trop vite, on n’y comprend rien, les enjeux sont flous, ça se délite, ça part en vrille. Mais il me fait confiance, il me parle, il accompagne le travail, l’écriture, évoque le rythme, il m’alerte sur mon goût de l’accélération, de la panique et de la précipitation. Et je crois commencer à comprendre que ma nécessité d’aller vite peut correspondre à ma peur de l’ennui, du sien, et des autres. Je travaillerai à la question du temps, des silences et des arrêts vivants, des suspensions. Il me fait confiance, il programme C’est Noël tant pis pour la saison 2014-2015. Nouvelle mouture Entre temps, j’écris pour Catherine Hiegel, éjectée du Français, le monologue des Joies de la femme sans bras, qu’elle vient lire au Rond-Point, magistrale. Je mets en scène la pièce de Stéphane Guérin, Kalashnikov, au Rond-Point toujours et aux Treize-Vents de Montpellier, avec Raphaëline Goupilleau, Cyrille Thouvenin, Yann de Monterno et Annick Le Goff. Stéphane a adopté un petit chien blanc surexcité, insupportable bestiole que ses propriétaires ne maîtrisent pas. Une peluche hyperactive. J’ajoute en hommage aux maîtres dépassés, dans la scène répétée de C’est Noël, l’affaire dite « du bichon ». C’est le récit de l’enfance de Tonio, oublié dans un chenil quand ses parents y sont venus adopter un petit chien. Son personnage maintenant repose sur cette dernière histoire, ce nouveau compte à régler. Et le temps passe. Je suis devenu auteur associé avec ma compagnie au Prisme d’Élancourt, communauté d’Agglo, puis auteur associé à DSN, scène nationale de Dieppe. Ateliers, stages et mises en scène se succèdent. Travaux intensifs d’une action culturelle qui mobilise toute la compagnie, de l’école de la Jussienne à Paris aux collèges et aux lycées d’Élancourt et Maurepas, jusqu’au château musée de Dieppe, et plus bas, au centre, à Montluçon aussi, avec une troupe d’amateurs réunie par Johanny Bert pour laquelle je compose une nouvelle grande Fête de famille. Je mets en scène Perdues dans Stockholm, avec Silvie Laguna, Juliette Coulon et Brice Hillairet, création au Prisme, puis sur l’Île de la Réunion où nous avions joué Sortir de sa mère, et enfin au Rond-Point. Les salles sont pleines, jauge explosée, c’est une fête chaque soir ce machin-là, plein de couleurs, de musiques, de courses-poursuites d’individus déclassés en quête d’un peu d’honneur, d’accomplissement personnel. On finit la saison avec ça, comblés. Les répétitions C’est Noël commenceront le 1er septembre, mais nous nous réunirons à nouveau, avant l’été, les comédiens et moi, toute l’équipe, pour réaliser la bande-annonce destinée à la présentation de saison. Nous nous réunirons à nouveau pour une dernière lecture à la table, avec coupes nouvelles, nouveaux aménagements, nouvelle mouture, et texte définitif enfin, ultime version d’une pièce qui finira bien par voir le jour.   

Le 5 mai 2014 à 09:46

Famille recomposée

– Le week-end, tu vas chez ton schtroumpf ou chez ta schtroumpf ? – Ça dépend. Le plus souvent je vais chez mon schtroumpf, mais je vais chez ma schtroumpf aussi, seulement c’est plus petit – C’est plus loin aussi ? – Mais je peux aussi bien aller chez le schtroumpf de mon schtroumpf. C’est là que je vais le plus souvent en fait. Il a une grande baraque. – C’est vrai que ton schtroumpf a un nouveau schtroumpf. J’avais oublié. Ca fait longtemps qu’ils sont ensemble ? – Assez. – Et tu t’entends bien avec le schtroumpf de ton schtroumpf ? – Pas vraiment. – Tu t’entends mieux avec le schtroumpf de ta schtroumpf ? – Pas vraiment non plus. J’aimais mieux quand mon schtroumpf était avec ma schtroumpf. – C’était plus simple. – Pas vraiment parce que je n’étais pas certain que mon schtroumpf était vraiment mon schtroumpf, si tu vois ce que je veux dire. J’ai eu des doutes dès le début. – Mais tu es le schtroumpf de ta schtroumpf au moins ? – En principe. – Pourquoi « en principe » ? – Parce que je sais qu’il y a une schtroumpf porteuse dans ma schtroumpf. – Mais alors, dans ce cas, même si tout le monde croit qu’elle est ta demie schtroumpf, la Schtroumpfette n’est peut-être que ta quart de schtroumpf ? – C’est possible. Il faudrait vérifier auprès du schtroumpf de mon schtroumpf. Il doit le savoir, mais il n’en parle jamais. – Tu t’entends bien avec lui pourtant… – C’est un bon schtroumpf, mais je préfère mon vrai schtroumpf. Tout ce monde autour de son schtroumpf fait beaucoup trop de bruit. Il ne faut pas oublier qu’il a cinq schtroumpfs de son côté. – Tu as ta chambre à toi, au moins ? – J’en ai six. Bien équipées. Une dans chaque maison. – Tu partages avec ta demie schtroumpf ? – Ou avec un de mes schtroumpfs, ça dépend. – Et ça se passe bien ? – Oh oui. Ce qui est dur c’est quand mon schtroumpf s’allume avec le schtroumpf de mon schtroumpf. Ils ont du mal à se supporter. – Mais c’est pourtant son schtroumpf ! – Justement ! Ca serait trop simple. Si tu crois que les schtroumpfs s’entendent simplement parce qu’ils ont le même schtroumpf, tu rêves ! Il n’y a pas pire schtroumpf que le schtroumpf légitime. Je ne peux pas supporter le petit schtroumpf à son schtroumpf, par exemple. « Mon petit schtroumpf » par-ci, « mon schtroumpfinet » par là… Et c’est pourtant le plus gentil ! Ma demie-Schtroumpf l’adore ce schtroumpfion. – Mais toi au milieu de tout ça, tu te sens comment ? Extérieurement, ça a l’air très compliqué, mais intérieurement ? – Je me sens schtroumpf.

Le 25 juin 2010 à 16:07

Les Festivals recommandés par ventscontraires.net

Tout ceci est absolument véridique

Si, ayant suivi l'avis de Jean-Loup Chiflet, vous passez l'été replié loin des festivals et que soudain la démangeaison culturelle vous reprenait, voici un florilège de festivals triés sur le volet par la rédaction de ventscontraires.net :Enghien a son festival de la carte postale. Rouen le festival de la Brouette. Louiseville celui de la Galette. Les journées de la Harpe sont à Arles. Le festival de la Photo de Montagne est à Pralognan. Le festival de la Voix au Pays de Dieulefit. Le festival de la Parole de Dieu au Parc des Expositions de Caen. Le festival national des Robots à Mantes-la-Jolie. Et celui des Fées à Saint-Pierre-en-Vaux. Il y a festival de la 111ème Rosière de Pessac. Il y a le festival de la caricature « Les Humouroïdes » à Corcoué sur Logne. Tauxigny a le festival de la Contemplation. Condom a le festival de Bandas. Le Val d’Argent celui de la Soupe. Sans oublier le festival international de Montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.Sainte Enimie en Lozère a la BD médiévale et pseudo-médiévale. L'Université Nice Sophia Antipolis a le festival de la Quatrième dimension. Paris a son festival du Thé. L’île de Groix le festival international du Film insulaire. Le festival du Mot est à la Charité sur Loire. Les Globe-trotters à Massy. Les Jeunes Auteurs à Saint Geoirs. Le festival des Carnets à Brest. Et si rien de tout cela ne vous attire, ou si vous ne n'avez pas le cœur de sortir du bled où vous avez votre tanière, pourquoi ne pas y lancer vous-même votre propre festival ? Besoin d'une idée ? Lancez le festival le plus bref de France et du monde – il ne durerait que quelques minutes ou secondes – nommez-le "festival du B.R.E.F." (Brèves Rencontres sur l’Expression Fragmentaire), appelez sans attendre le maire du coin...

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