Pierre La Police
Publié le 06/10/2015

No sport !


Dessin initialement publié dans Air France Magazine

Dessinateur culte, hors-la-loi et iconoclaste, Pierre La Police dissémine ses images dans les médias, presse et télévision depuis la fin des années 80. Il expose régulièrement son travail dans des galeries et institutions en France et à l’étranger et il est l’auteur d’une vingtaine de livres (éditions Cornélius, éditions Item…).

Son site : http://www.pierrelapolice.com/

 

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Le 20 septembre 2014 à 08:38

Conseil d'orientation

Pousse bouton. Thaumaturge. Gratte copie. Répondeur automatique. Promeneur de chien. Torche marmot. Panse plaie. Mange merde. Gardien du non. Vigile pirate. Voleur d'enfant. Arracheur de dent(s). Souillure de drap. Déclencheur d'alerte. Veilleur de nuit. Veilleur de jour. Souteneur de thèse. Comburant. Procédurier. Rouleur de gras. Agent d'ambiance. Pisse-vinaigre. Plagiste. Masturbateur. Petite mainterchangeable. Animal de foire. Pousse caddie. Mégère de moins de cinquante ans. Huissier de justice. Commis fier de police. Arab'du coin. Lampiste. Esthéticienne trépaneuse. Président d'association loi 1901. Garde chiourme. Délateur officiel. Montreur d'ours. Dresseur d'enfant. Rat d'hôtel. Déclencheur d'achat. Traîne savate. Thanatopracteur. Écrivain pudique. Masseuse thaïlandaise. Gendarmette. Colleuse d'ongles. Paysagiste péagiste. Conseiller technique. Blanchisseur de dents. Amaigrisseur de gros. Faux prophète. Peintre au mètre. Marabout. Grue de chantier. Assistant d'assisté. Stagiaire perpétuel. Père Noël en décembre. Plongeur en bassin de vingt cinq mètres. Importateur. Escort girl. Ventre mou. Chefaillon. Dresseur de rat. Empêcheur de tourner rond ou mal. Molosoïde. Truquiste. Tueur sans gages. Équarrisseur de chèvres. Obsédé sexuel. Graveur de plaque. Pion à vie. Designer de god. Opérateur tertiaire. Improductif réel. Panel qualitatif. Chef de produit. Presse purée. Journaliste. Tire jus. Chasseur de pétouille(s). Contrôleur. Racoleur de pigeons. Cible. Colleur d'affiche. Accordeur de piano. Témoins de Jéhovah. Technicien de surface. Saucier. Nez. Trafiquant de drogue. Bignole. Vendeur de sang. Faussaire. Moucheuse de frère et de chandelle. Avocat pas d'affaire. Banque du sperme. Mickey dans un attrape couillon clôturé. Dame pipi. Vendeur d'armes. Evêque. Trafiqueur d'influence. Coiffeuse. Dresseur de blanc bec. Bourrique. Bouc émissaire. Footballeur. Plombier. Fleuriste. Caissier. Mécaniqu'auto. Habilleuse. Gogo danseur. Pas clerc de notaire. Ambassadrice Avon. Rabbin. Videuse de truite. Réducteur de tête. Gentil Organisateur. Traiteur de déchet. Casseur. Chair à canon. Charcutier traiteur. Ténor ou Soprano. Joconde pour touriste. Coach. Siffleuse de flûte. Doublure. Employé de banque. Guide touristique. Chauffeur livreur. Pâtissier. Sans domicile fixe. Tirailleur. Pistachier. Gourou. Nageuse. Enfant de la balle. Balle d'enfant. Parent terrible. Enfant terreur. Catcheur. Mère Théresa. Inséminateur bovin. Opticien. Inspecteur des travaux finis. Pousse bouchon. Faire valoir. Pécheresse. Hooligan. Croupier. Gratte papier. Mâche buvard. Torche nez. Penseur de Rodin. Gardien de cimetière. Cimetière de gardien. Pirate informatique. Moniteur. Monte en l'air. Joueur de poker. Fumeuse invétérée. Gratte pied. Pianiste de bar. Masseur thaïlandais. Bison futé. Porte clés. Gnafron de Guignol. Guignol soi-même. Harangueur de rue. Faux cul. Guide touristique bilingue. Objet sexuel. Faux témoin. Veilleur de jour. Traîne con. Sage femme. Plaideur. Mère Noël de strip-tease en boîte. Thermomètre. Pousse-pousse. Recordman de quelconque. Aquarelliste. Moine copiste. Animateur sociocu. Répondeur téléphonique. Cableur. Pète couille. Pense bête. Pèse lettre. Mange poussière. Gardien de musée. Muse de gardien. Voleur de sac. Arrache cœur. Tripier volailler. Croque mort. Tumeur. Déclencheur d'alerte. Night. Veilleur de mort. Souteneur de thèse. Combustible. Procédurier. Proctologue. Procureur. Agent d'accueil. Vinaigrier. Proviseur. Plaquiste. Chauffeur de pied. Fort des Halles. Pousse-crotte dit aussi Bousier. Harpie. Rabibocheur de couple. Lusophone. Laborantin. Assistante sociale. Garde barrière. Dernier rempart Regarde derrière. Délateur officieux. Montreur de z'gueg. Hardeur. Tenancier. Producteur. Reproducteur. Choufeur. Photocopieur. Homme de paille. Copieur. Ramasse copie. Presse bouton. Dresseur de fauves. Gaveur d'oie. Cornac. Cuisto. Eleveur. Masseur thaïlandais. Colleuse d'ongles. Chef de rayon. Gastro-entérologue. Blanchisseur d'argent. Obèse. Égoutier. Staffeur. Grue. Assistant stagiaire. Stagiaire. Guide touristique trilingue. Imam. Plongeur. Explorateur. Escort boy. Dresseur de foule(s). Sondeur. Flic. Cryptozoologue. Créateur de rumeurs. Irresponsable de service. Média planeur. Attaché de fesse. Tic et Tac pour cochon de payant. Plaquiste. Vénus de Milo. Compteur. Tailleur de pierre. Bonze. Conducteur de grue. Mécanicien naviguant. Bagagiste. Éclusier. Clitoridienne. Cadreur. Exécuteur testamentaire. Censeur. Pigeon. Potiche. Prêcheur. Hôtesse de l'air. Pêcheur au gros. Schizophrène. Maton. Réveil matin. Balayeur de rue. Intermittent. Mi temps. Mitron. Quart de temps. Trafiquant d'organes. Coq de combat. Pigeon voyageur. Conseiller d'orientation. Voilà ton avenir.

Le 7 juin 2012 à 14:51

L'important, c'est les trois points

Le sport, tout le monde le sait, on l'a suffisamment répété à la télé, est une magnifique école de vie. Le magnifique enchaînement service volée Euro – Jeux olympiques qui nous attend, par exemple, va nous apprendre beaucoup de choses.   Je ne parle pas seulement de la légendaire mauvaise foi, utile au moment d'affirmer « Pas du tout, monsieur le juge, il n'y a pas du tout faute, je suis victime d'un complot ». Moi-même, l'autre jour, j'ai demandé si je pouvais rentrer plus tôt car j'étais un peu malade, puis je me suis roulé par terre en me tenant le tibia, il m'a demandé « Mais c'est pas une angine que tu avais ? » et j'ai fini un truc que j'avais à finir.   Mais le sport a encore beaucoup plus à nous apprendre. L'existence d'un pays nommé St Kitts-et-Nevis, par exemple. Ce n'est pas super utile au quotidien, mais on sait jamais, une finale impromptue de « Questions pour un champion » est si vite arrivée... D'ailleurs, il est amusant de constater que la plupart des St Kittsois-et-Nevissou sont spécialistes du sprint : leur participation aux Jeux olympiques est plus courte que le temps qu'il faut pour prononcer le nom de leur pays.   Le sport est également riche source d'inspiration à l'heure de choisir un prénom : Jo-Wilfried, Usain Przemyslaw ou Mannschaft, avoue que ça claque plus qu'Ethan et Léa. De même pour les surnoms : L'aigle de Vizille, la loco de Waco, le taureau du Bosphore, le Kid de Las Vegas, le Normal de Tulle, la Jument de Michao, ça change un peu de roudoudou ou chouquinet.   Songez-y avant de céder à la facilité et de préférer participer aux championnats du quartier d'enfumage de voisins catégorie plus de 60 kilos de merguez plutôt que de suivre la rediffusion de plongeon synchronisé en solo sur une chaîne du câble.

Le 24 octobre 2015 à 08:40
Le 24 janvier 2013 à 10:51

Un papa, une maman, trois possibilités

Je dis pas ça pour râler mais au début, le mariage pour tous, j'étais plutôt contre : je suis un farouche partisan du mariage pour personne. Je veux dire, je n'ai rien contre les buffets de dessert et les oncles saouls, mais si ça implique de sacrifier à des traditions archaïques et patriarcales, autant aller directement au stand de tir. Seulement, il paraît que c'est pas ça, la contre-proposition. Je dis pas ça pour râler, mais en revanche, l'adoption pour tous, au début, j'étais plutôt pour, même si j'ai mal saisi le glissement sémantique qui fait invariablement passer à l'un quand on parle de l'autre et inversement. Mais comme je suis un garçon instruit, j'ai quand même lu les arguments des opposants, pour pouvoir me moquer. Il ne faut jamais faire ça. J'ai failli changer d'avis. A cause de cet argument si pertinent : oui mais après, à l'école, les autres enfants se moqueront. Car c'est bien connu, les enfants dont on se moque finissent très mal, il paraît que certains sont même chroniqueurs pour Ventscontraires, la revue participative du théâtre du rond-point, terrible repaire de gauchistes et, pire, d'artistes, c'est dire s'il y a danger. Donc, oui, aujourd'hui, je le clame, supprimons la moquerie, ce si terrible fléau. Et pour cela, la solution la plus évidente est évidemment de supprimer toutes les possibilités de se moquer. Commençons par prohiber la rousseur. Et dans la foulée, interdisons aux gens d'être petits (quelle idée saugrenue!), grands, gros, maigres ou suisses allemands. Plus jamais de Bouboule qui va toujours au but quand on fait du foot, plus jamais ! Et combien de temps devrons-nous encore tolérer les premiers de classe, ces gens si quolibetogènes ? Puis nous nous attaquerons aux défauts de prononciation. A la maladresse et à la nullité en sport. Puis, enfin, nous fermerons nos écoles à tous ceux qui aiment les épinards.

Le 1 octobre 2011 à 09:30

Troisième mi-temps

Une virgule ovale, par Larpenteur, trois-quart aile depuis 1971

Peut-on parler de sport ici ? Je ne sais pas, mais je le pense. Surtout lorsqu’on sait combien les footballeurs peuvent être bon comédiens…Et le sport du moment, surtout au bout du monde, c’est le rugby, qui vient d’Angleterre, comme tous les sports, sauf le sumo, qui vient des problèmes d’obésité. Ça ressemble au football. Mais en fait non. Le foot est très violent : au moindre contact entre deux joueurs, l’attaquant vole dans les airs, retombe le nez dans l’herbe en se tenant le genou gauche, roule sur des dizaines de mètres, emporté par la violence du choc, et pleure en appelant sa mère. Un docteur vient avec du déodorant, et vaporise sur le genou du numéro 9, pour que ça ne sente plus le gazon mouillé, mais les cocotiers un matin de printemps. Les joueurs de rugby sont plus solides. Il faut se mettre à XV (ou XIII) pour en faire tomber un. Et si cela arrive, personne ne lui amène du déodorant. Du coup, les rugbymen sentent mauvais des genoux. Ils ont un cerveau, et pour ne pas le perdre pendant le match, ils se mettent du scotch autour de la tête, ça tient mieux que le gel. Par contre, les footballeurs se coiffent avec du gel, et mettent du scotch à leurs chevilles, pour ne pas perdre leurs pieds (d’où l’expression con comme ses pieds?). Le ballon est ovale (l’inventeur du rugby était très facétieux et un peu rouquin), il rebondit n’importe où et les joueurs ont de la peine à l’attraper. Ce qui engendre la mêlée, un élément essentiel de ce sport : pour empêcher le ballon de rebondir n’importe où, les joueurs s’entassent dessus. Cette phase de jeu est très délicate parce que, je le rappelle, personne n’apporte de déodorant aux rugbymen. C’est pour ça que beaucoup préfèrent avoir le nez cassé, plutôt qu’un nez qui fonctionne. Quand l’arbitre a trouvé celui qui a attrapé le ballon, il lève un bras et siffle. Alors tout le monde remet ses shorts en place, et le gagnant rend le ballon à l’arbitre, qui est content. Le but du rugby, c’est de gagner le match. Mais ce n’est pas si facile, et il faut faire des essais. Lorsqu’un joueur porte le ballon derrière la ligne, c’est un très bel essai. Pour le récompenser, on lui permet du tirer par-dessus les buts, s’il arrive à marcher en arrière en comptant ses pas. Paradoxalement, au rugby, pour faire avancer le ballon, il faut le passer en arrière. Ça s’appelle une superbe ouverture, alors qu’au foot « c’est de l’antijeu, ils font chier à toujours temporiser ces Italiens ». Au début du match, ceux qui sont habillés en noir se tapent sur les cuisses en tirant la langue à leurs adversaires, ce qui n’est pas très poli, mais ils s’en foutent car de toute façon, ce sont eux qui gagnent, et les autres qui ont des bleus… Et après le match, les joueurs posent pour des calendriers dans les vestiaires, pour savoir quand ils doivent revenir au stade. Et enfin la troisième mi-temps peut commencer…

Le 10 juin 2013 à 08:22

Le jardinage est un sport de combat

Le jardinage est un sport de combat. Je pense que les copains qui viennent le dimanche au barbecue ne s'en rendent pas bien compte. Entre l'hostilité des végétaux qui poussent quoi qu'il arrive, la prédation des volatiles et l'envahissement sourd des insectes grouillants, le jardinier est seul face aux éléments. Souvent même, sa femme bien trop affairée au pavillon douillet n'en a pas conscience non plus. Il y a le gazon bien sûr, le plus visible d'entre tous. Celui-là même pour lequel il faut s’acquitter de la corvée de tondeuse hebdomadaire afin de ne pas courir le risque de la double peine le week-end suivant. Trop long à la première tonte de la saison, il ordonne des pauses à la machine à chaque aller-retour. Vous savez, cette pause où vous lâchez le levier de sécurité pour arrêter la lame, levez le panier et videz la charge pesante dans le composteur... puis où vous vous cassez le dos courbé sur le lanceur à ficelle pour redonner vie aux pétarades puantes et fumantes du moteur. Ce gazon souvent trop humide et qui colle à la lame que vous avez affûtée dans le secret de vos soirées d'hiver. Ce gazon où prolifère le pissenlit, honte du jardinier. Elle ignore tout du pissenlit, la copine de la ville qui vient au barbecue. Sait-elle seulement la chasse que je vous lui faites, armé de votre binette, au pissenlit ? Pour elle, en salade. Pour vous, nourriture de lapins. Pour elle, souffler mièvrement sur les aigrettes dans la brise du printemps est un jeu. Pour vous, une contamination mortelle avec l'intention de semer le déshonneur sur vos plate-bandes. Et puis il y a les haies bien plus encore, qui obligent à un exercice harassant autant que dangereux où les lames croisées du sécateur électrique frôlent alternativement le visage du tâcheron en équilibre sur l'escabeau et le fil d'alimentation entortillé dans la végétation. Et les tailles qui jonchent les alentours après la coupe, et qu'il faut rateler, saisir à bras le corps en se griffant les avant-bras, charger dans le coffre du break, porter à la déchetterie où les retraités écolos du samedi pullulent hagards et oisifs. Ce stockage temporaire des tailles de haies dans votre véhicule, occasion unique pour toutes sortes d’arachnides de le coloniser durablement... Il serait illusoire de croire que le potager offre une compensation à ces besognes par quelques largesses du côté du comestible. L'espace est contraint par le cadastre imaginaire de Madame, globalement assez soucieuse que votre carré de culture ne s'étende pas trop. Aussi, dans le soucis de préserver la paix du ménage, osez-vous tout au plus un coup de bêche supplémentaire chaque année afin d'étendre votre parcelle. La joie atavique que vous procure le travail de la terre, la fierté des ongles noircis par la glèbe ne doivent pas pour autant vous emporter : un ou deux repas de petits pois par an, quelques tomates et puis c'est tout. Un plan de courgettes ? N'y pensez même pas ! Trop gourmand en place ! Les fourmis, les étourneaux, l'envahissement du trèfle, les épines des ronces scélérates ; le jardinier est un être en éveil, toujours prêt au combat toujours plein d'abnégation face aux ampoules du manche de l'outil. Mais plus que tous les autres combats, c'est l'indifférence des copains urbains à tous ces efforts, et qui jouissent du barbecue en devisant de leurs lectures du samedi qui lui fait le plus de mal.

Le 17 octobre 2015 à 09:07
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