Pierre La Police
Publié le 19/10/2015

Transgresser les règles


Dessin initialement publié dans Air France Magazine

Dessinateur culte, hors-la-loi et iconoclaste, Pierre La Police dissémine ses images dans les médias, presse et télévision depuis la fin des années 80. Il expose régulièrement son travail dans des galeries et institutions en France et à l’étranger et il est l’auteur d’une vingtaine de livres (éditions Cornélius, éditions Item…).

Son site : http://www.pierrelapolice.com/

 

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Le 19 octobre 2010 à 22:58

"Oui, j'ai fait le plein de ma voiture avec difficulté."

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, RMC, 18 octobre 2010

Malvenu cet aveu de Roselyne Bachelot, alors que ses collègues s’évertuaient à rassurer les Français victimes d’une « perception de rareté ». Mais comme tout un chacun, elle se doutait que cette grève dans les raffineries finirait par tourner vinaigre. Alors elle a obéi au principe de précaution. A moins qu’elle n’ait voulu mettre un terme au martyrologue attaché à son parcours ministériel. Pendant la Coupe du monde de football, c’est elle qui avait été désignée volontaire pour aller « débloquer » l’équipe de France en pleine insurrection sociale. Deux jours plus tard,  les « Bleus » se faisaient piteusement sortir de la compétititon par l’Afrique du Sud. Pas de chance pour Roselyne toujours ministre au mauvais moment. L’épidémie de grippe A, fin 2009, c’était déjà pour elle. Et elle a dû se faire piquer devant les caméras pour convaincre les Français des bienfaits civiques du vaccin. Pour rien. La pandémie s’est éteinte aussi vite qu’ont été asséchées les cuves, le week-end dernier. Déjà, en 2003, la canicule lui était tombée dessus. Encore heureux pas comme ministre de la Santé, mais de l’Ecologie. Faute de « Grenelle de l’environnement », elle a conseillé aux automobilistes de garer leur voiture à l’ombre. Histoire de ne pas trop tirer ensuite sur la clim’, prodigue en gaz à effets de serre. Bien sûr on s’est payé sa tête. Trop injuste. On ne l’y reprendrait donc plus, puisque la bagnole c’est chacun pour sa fiole.

Le 25 août 2010 à 09:40

Bas de soie, crampons et boa - Chamoniarde 2/3

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition.

Je pars avec une tenue sportive, longuement étudiée, préparée, réfléchie et surtout pesée : 1 - une chemise-pantalon en flanelle anglaise pour mettre sur la peau. 2 - une chemise d’homme allant par-dessus. 3 - une cravate foulard. 4 - deux paires de bas de soie. 5 - deux paires de bas de laine très épais. 6 - deux paires de souliers à crampons imperméables et d’inégales grandeurs. 7 - une paire de pantalons larges à cordage en haut et à guêtres en bas rentrant dans le soulier. Ce pantalon est en étoffe de laine écossaise doublée d’un drap de molleton chaud et moelleux. 8 - une ample blouse de même étoffe et de même doublure dont les plis arrêtés devant et derrière matelassent la poitrine et le dos. 9 - une ceinture de cuir, disposée de manière à serrer plus ou moins le bas de la taille. 10 - une paire de gants fourrés intérieurement. 11 - une paire de gants fourrés extérieurement assez larges pour aller sur les autres, avec une épaisse fourrure en bracelet pour intercepter l’air. 12 - un boa. 13 - un bonnet juste en étoffe, pareille à la blouse, doublé de même et garni en fourrure noire, avec voile vert cousu sur le bord. 14 - un grand chapeau de paille de Chamonix doublé d’étoffe verte et garni de quatre attaches pour pouvoir le fixer solidement. 15 - un masque de velours noir. 16 – un grand bâton ferré. 17 – un tartan. 18 – une pelisse doublée de fourrure pour la nuit et les heures les plus froides de la journée.  Et un petit miroir, il faut bien emporter quelque chose de féminin.   Henriette d’Angeville, deuxième femme au sommet Mont-Blanc, 4 septembre 1838.

Le 29 octobre 2015 à 08:08

Septuple Saut

J'ai très envie que les prochains JO, ou les suivants, en 2024 ou 2048 ou 2096, je m'emmêle un peu les pinceaux dans les dates, se tiennent chez nous, en France, à Paris ! M'est avis que mes chances en seraient plus fortes d'être sélectionné dans l'équipe nationale. Quant à la spécialité, moins polyvalent qu'un Jesse Owens, je crois que je choisirai le ... voyons, le, voilà, le, c'est ça, le, mais oui, le, très bien, le, parfaitement, le, c'est dit : septuple saut !!!!!!! Le septuple saut en longueur, et si je suis le tout premier à m'illustrer dans cet art, je n'irai pas m'en plaindre, ravi et plus que ravi d'avoir établi ce record olympique-là, qu'il appartiendra aux générations futures, s'il y en a, d'améliorer, voire de pulvériser. Je promets à mes challengers que je suivrai leurs tentatives devant mon poste de télé, les applaudissant s'ils le méritent, nullement jaloux des compétiteurs qui m'auront dépossédé de mon titre olympique de Septuple Sauteur, pourvu que tout en les regardant, les admirant et les ovationnant, je puisse machinalement tripoter, comme un dévot son chapelet, ma médaille d'or accrochée à mon cou ou discrètement rangée dans ma poche où je m'imagine qu'avec mes doigts qui passent, qui repassent, astiquée de la sorte, pas que durant les JO, mais tous les jours, tous les jours, elle va continuer de luire, dans l'ombre de la poche de mon pantalon, quitte à lentement s'user, comme moi, et nous vieillirons ensemble, ma médaille d'or et moi.

Le 12 juillet 2015 à 08:15

L'épouse, fée de la famille

Quelques perles tirées d'un Manuel scolaire d'Économie Domestique pour filles dans des écoles catholiques en 1960

FAITES EN SORTE QUE LE SOUPER SOIT PRÊT Préparez les choses à l'avance, le soir précédent s'il le faut, afin qu'un délicieux repas l'attende à son retour du travail. C'est une façon de lui faire savoir que vous avez pensé à lui et vous souciez de ses besoins. La plupart des hommes ont faim lorsqu'ils rentrent à la maison et la perspective d'un bon repas (particulièrement leur plat favori) fait partie de la chaleur nécessaire d'un accueil. SOYEZ PRÊTE Prenez quinze minutes pour vous reposer afin d'être détendue lorsqu'il rentre. Retouchez votre maquillage, mettez un ruban dans vos cheveux et soyez fraîche et avenante. Il a passé la journée en compagnie de gens surchargés de soucis et de travail. Soyez enjouée et un peu plus intéressante que ces derniers. Sa dure journée a besoin d'être égayée et c'est un de vos devoirs de faire en sorte qu'elle le soit. PENDANT LES MOIS LES PLUS FROIDS DE L'ANNÉE il vous faudra préparer et allumer un feu dans la cheminée, auprès duquel il puisse se détendre. Votre mari aura le sentiment d'avoir atteint un havre de repos et d'ordre et cela vous rendra également heureuse. En définitive veiller à son confort vous procurera une immense satisfaction personnelle. RÉDUISEZ TOUS LES BRUITS AU MINIMUM Au moment de son arrivée, éliminez tout bruit de machine à laver, séchoir à linge ou aspirateur. Essayez d'encourager les enfants à être calmes. Soyez heureuse de le voir. Accueillez-le avec un chaleureux sourire et montrez de la sincérité dans votre désir de lui plaire. ÉCOUTEZ-LE Il se peut que vous ayez une douzaine de choses importantes à lui dire, mais son arrivée à la maison n'est pas le moment opportun. Laissez-le parler d'abord, souvenez-vous que ses sujets de conversation sont plus importants que les vôtres. Faites en sorte que la soirée lui appartienne. NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS S'IL RENTRE TARD À LA MAISON Ou sort pour diner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d'ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.

Le 11 octobre 2015 à 08:07
Le 23 octobre 2012 à 15:57

Le problème avec la déchéance de Lance Armstrong

Le problème avec la déchéance de Lance Armstrong c’est qu’elle risque fort de mettre financièrement dans la dèche de nombreux parents à travers le monde, car il n’est un secret pour personne que le célèbre cycliste américain, en héros international de la pédale avait suscité nombre de vocations pour la bicyclette, passion transmise dès le berceau aux jeunes générations auxquelles les exploits du Texan étaient racontés avec ardeur telles de fantastiques épopées, et que quiconque a récemment mis les pieds dans un Carrefour au rayon matériel scolaire a pu constater que l’Enfant, aujourd’hui, éprouve visiblement la nécessité d’être matériellement équipé de façon à rendre hommage à ses divers héros, et que par conséquent des centaines de familles à travers le monde vont devoir se priver dans le but de racheter ce weekend au petit dernier archifan du cycliste un cartable Dopera l'exploratrice, un exemplaire de Oui-Oui et la piqûre magique, un autre d’Harry Potter et le Cycliste de sang-mêlé, des caddies entiers de tubes de bonbons Mythos et de pastilles Triche-tac à seulement deux calories sans compter une paire de baskets La Coke sportif chez Décathlon, sauf que Décathlon, comme nom c’était bien beau mais après résultats de test anti-dopage, ça va peut-être être obligé de se rebaptiser “Biathlon” du coup, voire “Microathlon”, “Minigolf” ou même “Parcours de santé du dimanche pour senior dans la forêt de St-Cucufa” et ça, il faut bien avouer que comme nom c’est quand même vachement moins pratique à taper dans le GPS. C’est ça le problème avec la déchéance de Lance Armstrong.

Le 7 octobre 2015 à 10:33
Le 23 octobre 2015 à 09:36
Le 20 octobre 2015 à 08:59
Le 13 octobre 2015 à 07:38

La NASA affirme qu'il existe d'autres formes de sport que le foot dans l'univers

L’une des équipes scientifiques de l’agence américaine vient de publier plusieurs clichés satellitaires qui montrent avec plus ou moins de clarté l’existence de sports encore inconnus jusque là. Certains se joueraient même sans ballon. Une affirmation qui divise tant la communauté scientifique que les experts du sport. Une découverte majeure C’est le directeur de la NASA, Charles Bolden, qui a en personne annoncé la nouvelle : « Cela a été difficile à vérifier car depuis quasi 1 mois ces autres formes de sport sont physiquement éclipsées par ce que l’on appelle la planète foot. Mais les images de Hubble, notre télescope spatial, sont très claires. Il y a quelque part dans l’univers, et même sur Terre, des formes de vies sportives en dehors du ballon rond. » Les prises de vue de la NASA dévoilent le visage de nombreuses disciplines encore inconnues : « Nous avons la preuve d’une forme de jeu avec un ballon ovale. Il y aurait aussi un sport qui consisterait à enrober ses poings avec de gros gants et à les lancer dans le visage d’une personne en face. Enfin, nous avons la preuve quasi irréfutable d’un genre de course sur des véhicules à deux roues, le tout autour de la France. » Cette annonce de l’agence spatiale ne convainc pas les astronomes les plus sérieux comme Igor Bogdanov, le célèbre scientifique : « C’est difficile de concevoir intellectuellement des sports qui seraient fondamentalement différents du foot. On l’a bien vu à la télé depuis des semaines. Pour l’instant nous avons seulement la certitude que le foot existe. Pour le reste, c’est pour moi encore au stade d’hypothèse » nous confie-t-il avant de recoller son menton. Même scepticisme chez Omar da Fonseca, ancien footballeur argentin et consultant pour le Mondial sur BeIN Sports : « Allons! Un peu de sérieux…D’autres sports que le foot ? Pourquoi d’autres formes d’attaquant que Messi dans l’univers pendant qu’on y est ?! » Envoyer une sonde

 La prochaine étape pour la NASA pourrait bien être l’envoi d’un robot-sonde de type Curiosity dans un stade dit « d’athlétisme ». Le but : vérifier physiquement l’existence d’un ensemble de sports dont l’essence consiste à courir le plus vite possible autour d’une piste de plusieurs centaines de mètres. Une sonde qui pourrait bien être envoyée dès l’horizon 2015.

Le 10 juin 2013 à 08:22

Le jardinage est un sport de combat

Le jardinage est un sport de combat. Je pense que les copains qui viennent le dimanche au barbecue ne s'en rendent pas bien compte. Entre l'hostilité des végétaux qui poussent quoi qu'il arrive, la prédation des volatiles et l'envahissement sourd des insectes grouillants, le jardinier est seul face aux éléments. Souvent même, sa femme bien trop affairée au pavillon douillet n'en a pas conscience non plus. Il y a le gazon bien sûr, le plus visible d'entre tous. Celui-là même pour lequel il faut s’acquitter de la corvée de tondeuse hebdomadaire afin de ne pas courir le risque de la double peine le week-end suivant. Trop long à la première tonte de la saison, il ordonne des pauses à la machine à chaque aller-retour. Vous savez, cette pause où vous lâchez le levier de sécurité pour arrêter la lame, levez le panier et videz la charge pesante dans le composteur... puis où vous vous cassez le dos courbé sur le lanceur à ficelle pour redonner vie aux pétarades puantes et fumantes du moteur. Ce gazon souvent trop humide et qui colle à la lame que vous avez affûtée dans le secret de vos soirées d'hiver. Ce gazon où prolifère le pissenlit, honte du jardinier. Elle ignore tout du pissenlit, la copine de la ville qui vient au barbecue. Sait-elle seulement la chasse que je vous lui faites, armé de votre binette, au pissenlit ? Pour elle, en salade. Pour vous, nourriture de lapins. Pour elle, souffler mièvrement sur les aigrettes dans la brise du printemps est un jeu. Pour vous, une contamination mortelle avec l'intention de semer le déshonneur sur vos plate-bandes. Et puis il y a les haies bien plus encore, qui obligent à un exercice harassant autant que dangereux où les lames croisées du sécateur électrique frôlent alternativement le visage du tâcheron en équilibre sur l'escabeau et le fil d'alimentation entortillé dans la végétation. Et les tailles qui jonchent les alentours après la coupe, et qu'il faut rateler, saisir à bras le corps en se griffant les avant-bras, charger dans le coffre du break, porter à la déchetterie où les retraités écolos du samedi pullulent hagards et oisifs. Ce stockage temporaire des tailles de haies dans votre véhicule, occasion unique pour toutes sortes d’arachnides de le coloniser durablement... Il serait illusoire de croire que le potager offre une compensation à ces besognes par quelques largesses du côté du comestible. L'espace est contraint par le cadastre imaginaire de Madame, globalement assez soucieuse que votre carré de culture ne s'étende pas trop. Aussi, dans le soucis de préserver la paix du ménage, osez-vous tout au plus un coup de bêche supplémentaire chaque année afin d'étendre votre parcelle. La joie atavique que vous procure le travail de la terre, la fierté des ongles noircis par la glèbe ne doivent pas pour autant vous emporter : un ou deux repas de petits pois par an, quelques tomates et puis c'est tout. Un plan de courgettes ? N'y pensez même pas ! Trop gourmand en place ! Les fourmis, les étourneaux, l'envahissement du trèfle, les épines des ronces scélérates ; le jardinier est un être en éveil, toujours prêt au combat toujours plein d'abnégation face aux ampoules du manche de l'outil. Mais plus que tous les autres combats, c'est l'indifférence des copains urbains à tous ces efforts, et qui jouissent du barbecue en devisant de leurs lectures du samedi qui lui fait le plus de mal.

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