Louise Dumas
Publié le 18/10/2015

Le Parisien #8


Natation

Louise Dumas fait le grand écart entre commandes d'illustrations pour des agences de communication et collaborations artistiques pour la scène. Une seule obsession : la ligne.

http://louisedumas.fr/

 

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Le 8 avril 2011 à 09:14

Vacances en France

Mauvaises rencontres

« Pourtant, qui le croirait ? Un voyage au Morvan offre quelque danger. Des bandes parcourent les routes, composées d'individus d'aspect débonnaire, mais animés au fond de très mauvaises intentions, et qui ne craignent pas d'arrêter le voyageur isolé aussi bien que ceux qui circulent en nombre. Nous n'avons pas ouï dire qu'elles aient dévalisé personne ou pillé les diligences ; mais leur aspect farouche et provocant pourrait déterminer chez le voyageur novice quelque terreur. » Il s'agit de compagnies d'oies, dont le Morvan semble avoir le privilège ; oies puissantes, bien membrées, ayant fort mauvais caractère et portant haut la tête. Ces animaux féroces parcourent en liberté bois, prés et sentiers, et se figurent évidemment que les routes sont faites pour leur circulation exclusive. Dès qu'un bipède non pourvu de plumes et portant nez au lieu de bec se permet d'y mettre le pied, ils s'avancent en bataillon serré, ouvrant à outrance leurs larges becs et crachant à la face de l'intrus tout le catéchisme poissard de leur race. Il y en a toujours une qui est le chef de la bande et marche bravement à l'ennemi, devant toutes les autres, dégoisant un répertoire d'injures et de menaces du plus haut comique. » […] » Du reste, il ne faudrait pas entreprendre une lutte corps à corps avec ces bêtes guerrières. D'un coup de bec elles coupent fort proprement un doigt. Je comprends maintenant pourquoi l'on dit que certains jugements ont "force de l'oie". »(Jean Bertot, Août 1893 : la France en bicyclette : étapes d'un touriste de Paris à Grenoble et Marseille)

Le 22 décembre 2015 à 07:32
Le 22 septembre 2010 à 19:20

Desarthe Vs Despentes : c'est la première qui gagne

Des tuyaux pour ne pas perdre son temps dans le grand fatras de la rentrée littéraire

Amateurs de littérature, friands des nouveautés de la rentrée littéraire, ne perdez pas votre temps avec le nouveau Despentes, dont toute la presse parle — c’est un peu le même phénomène qu’avec Houellebecq, on attend du shocking, mais il n’y en a guère —, un livre qui se lit sans véritable déplaisir, certes, mais sans aucun intérêt non plus. Non, lisez plutôt un outsider, un livre passé complètement inaperçu et c’est très injuste, le nouveau roman d’Agnès  Desarthe, Dans la nuit brune. Dans ce livre qui enchante, qui émeut, qui remue, il est aussi, comme chez Despentes, question de la disparition d’un adolescent. Définitive, celle-ci, dans un accident de moto. Ce tout jeune homme, c’était un garçon idéal, à qui, sans le savoir, le père de son amoureuse était très attaché. Car cette mort violente plonge Jérôme, terne agent immobilier de la petite province française, dans un tourbillon de sentiments, de bouleversements conduisant loin, bien loin, « dans la nuit brune ». On y croise une jeune veuve éplorée, une Anglaise complètement jetée, un ancien flic homosexuel, et surtout, surtout, Jérôme, qui garde enfouie en lui l’empreinte de son passé d’enfant sauvage… Ça a l’air fouillis, comme ça, ça pourrait même être ridicule ; avec les mêmes ingrédients, quiconque d’autre qu’Agnès Desarthe aurait pu faire une affreuse et chichiteuse mélasse. Mais ce livre, je vous le dis, est un enchantement, dans le sens premier du terme. Ne boudons pas le petit Poucet qui sommeille en nous.  Dans la nuit brune, Agnès  Desarthe, Editions de l’Olivier

Le 16 avril 2011 à 01:07

Raymond Borde (1926-2006)

Les cracks méconnus du rire de résistance

Beaucoup de cinéphiles ignorent que le fameux conservateur de la Cinémathèque de Toulouse Raymond Borde, éminence grise de la revue Positif première cuvée, coauteur de brillants ouvrages sur le néoréalisme italien et le film noir américain, et ressusciteur d’un des principaux acteurs-réalisateurs de l’âge d’or du slapstick muet qui était totalement passé à l’oubli, le très siphonné comique US Charley Bowers, alias Bricolo, que l’abîme d’érudition cinématographique Borde fut aussi un des pamphlétaires burlesques les plus scabreux que la France ait connus. En témoigne son féroce brûlot L’Extricable lancé intrépidement à la mer par Éric Losfeld en 1964 et réédité presque en catimini par sa fille Joëlle trente-deux ans plus tard.Le moins qu’on puisse dire effectivement, c’est que, rappelant les outrageants crachats loufoques anarcho-surréalistes sur les conventions et les institutions du Benjamin Péret de Je ne mange pas de ce pain-là – « J’ai failli incendier le ministère de la Marine. Comme un kiosque à journaux. Dommage que les pissotières ne brûlent pas. » –, le réquisitoire de Raymond Borde contre « l’armée et les valeurs capitalistes, la croyance en Dieu, à la bêtise familiale, aux chienneries moralisatrices » dépasse vraiment toute mesure.« La patrie est un torche-cul. », « Dissolution immédiate de l’armée ! », « Tout ce qui ressemble au bonheur passe par l’oisiveté dont le sens populaire fait avec à-propos la mère de tous les vices. », « Cassez la gueule aux chronométreurs ! »Ou alors « Aujourd’hui, je propose que les municipalités donnent vingt francs par tête de touriste abattu. À condition de se poster aux bons endroits, le touriste est plus facile à exterminer que la vipère. Je conseille le fusil, mais la grenade lancée dans le pare-brise, en haut d’une côte, a le double avantage d’aller vite en besogne et de bloquer la circulation des autres touristes. D’ailleurs, on repère l’animal en question avec la plus extrême simplicité. Il se déplace en voiture, s’agglutine à d’autres voitures et reste en bande. Il porte en lui le besoin de la foule. Il s’interne volontairement dans les routes nationales qui sont des camps de concentration mobiles, ou dans les campings qui sont des concentrations fixes. »Certes, les appels de Borde à la chasse aux touristes, ses hymnes à la paresse crasse, ses mots de désordre gratinés – « Mettons en panique la surface des choses ! » – réjouissent bien de mauvais esprits. Mais ce n’est pas du tout le cas de ses exhortations au cochonnage des icônes – « Que les monuments aux morts servent d’urinoirs ! » – et à la masturbation collective en plein Paris (« Que les 3000 manifestants s’accroupissant sur la chaussée du boulevard Saint-Germain se débraguettent et se masturbent ! »). Ni de ses diatribes paroxystiques contre les mères de famille qui continuent de choquer à peu près tout le monde. (« Athée ou poujadiste, curé ou vieux noceur, inspecteur des finances ou truand aux Assises, tout le monde respecte au moins cela : la pure figure de la mère. »)« Je demande que l’on en finisse avec la poésie florale de la naissance. Du calendrier des postes aux allocations familiales, tout exalte la maternité. Elle fait tellement partie du décor quotidien que l’on a peine à discerner ce qui se cache d’interdits derrière ces landaus, ces jacinthes, ces langes. Un bouquet de marmots et une femme enceinte, quel plus joli tableau dans les rues de nos villes ? Ça ne se discute pas. C’est le fruit conjugué de la morale chrétienne et du patriotisme. » Pourtant, pourtant, « la pornographie commence avec la grossesse. Avant, tout est merveilleux : baiser, branler, sucer, rêver. Après, tout est sale. Un ignoble cancer dévore le ventre de la femme. L’être aimé se dégrade, il s’alourdit comme une vache, suinte les eaux, fait un gosse comme on fait un pot, et il atteint les limites de l’horreur : il devient une mère ! »

Le 30 septembre 2014 à 08:49

Il ne se souvient plus de ce qu'il était venu faire dans cette pièce

Melun – Étrange histoire que celle de ce jeune homme qui s’est retrouvé seul chez lui, dans l’impossibilité de se souvenir pourquoi il venait de se lever de son canapé pour aller dans sa cuisine. Une histoire toujours inexpliquée au moment où nous écrivons cet article, mais qui heureusement se termine bien. Reportage Le trou noir Il est 16h38 quand Giovanni, étudiant en lettres décide d’arrêter son activité pour se rendre dans sa cuisine. Problème : une fois qu’il pénètre dans la pièce, il ne souvient plus du tout pourquoi il y est venu. De terribles minutes pendant lesquelles « Gio » comme le surnomment ses amis, est pris au dépourvu et ne sait pas comment réagir. « Je me suis retrouvé comme paralysé. Ça faisait comme un trou noir dans ma tête, mais tout petit » confie-t-il lors d’un point presse improvisé dans son salon. Le jeune homme va alors utiliser une technique, celle de revenir sur ses pas et de refaire exactement ses mouvements. Sans succès. Il s’inquiète, commence à respirer de plus en plus vite. Soudain, tout lui revient, comme une fulgurance. Il cherchait ses lunettes. Machinalement, il passe la main dans ses cheveux, pour justement les y trouver. Tout est bien qui finit bien. Mais l’instant de panique intérieure aura cependant duré plus de 3 minutes 12. Giovanni affirme ne plus courir aujourd’hui derrière sa mémoire perdue. « Parfois, je me dis que je suis pas loin d’être passé à coté de quelque chose » dit le jeune homme, expliquant qu’il aurait pu ne pas réaliser une action qui aurait pu influencer le reste sa vie. Mais le jeune homme promet qu’on ne l’y reprendra plus. « Depuis cet incident, je note chaque chose que je m’apprête à faire juste avant de les faire » ajoute-t-il en nous montrant un petit carnet qu’il garde toujours sur lui.

Le 2 juillet 2013 à 09:45

Un néo-nazi essaie difficilement de cacher à ses camarades sa passion pour le cachemire

Appartenir à un groupe, à une communauté, n’est parfois pas aisé. Et Thierry (le prénom a été modifié) en sait quelque chose. Depuis plusieurs années déjà, il fait partie d’un groupuscule néo-nazi. Il est fier d’y appartenir et se sent en adéquation avec les idées de ses camarades. Mais depuis la mi-janvier, l’activiste d’extrême droite vit une véritable déchirure tant psychologique que morale puisqu’il livre en secret un véritable culte au cachemire, textile doux s’il en est. « Les autres ne comprendraient pas » C’est dans un hôtel à 30 kilomètres d’où il vit que Pascal (son prénom a été de nouveau changé) a décidé de nous recevoir. Aujourd’hui il se dit rongé par la culpabilité. Celle de vouer une passion au cachemire qu’il ne peut exprimer au grand jour, sous peine de représailles de ses camarades néo-nazis : « Si jamais ils venaient à découvrir cet aspect de ma vie, je serais tout simplement un homme mort. Porter du cachemire ou même simplement aimer ça est totalement mal vu chez nous. Si je ramenais un pull de ce type à l’une de nos réunions, je pense qu’ils me traiteraient tout de suite de tous les noms avant de me lyncher. » Et pourtant, cette attirance pour ce doux textile ne l’empêche pas pour autant de rester un raciste convaincu : « Ce goût qui est le mien n’entrave en rien mes idées. Je pense toujours que la race blanche est destinée à diriger le monde car nous sommes de loin supérieurs. Je veux dire : j’aime le cachemire mais je suis un nazi ! Si seulement mes amis pouvaient comprendre ça… » Antoine Roche est sociologue spécialisé dans la recherche sur ces groupes identitaires se revendiquant du nazisme. Il a notamment travaillé sur l’importance du code vestimentaire dans ce milieu et pour lui, le dilemme de Thierry est tout à fait logique : « Les mouvements néo-nazi ont historiquement une aversion pour les matières douces comme le cachemire. Ils se dirigent plutôt vers des vêtements comme des pantalons de treillis en coton lourd ou des bombers  100% Polyester. On est donc très loin des caractéristiques physiques du cachemire ou même de la laine. » Le cachemire est donc implicitement banni de toutes les organisations extrémistes de ce genre comme le souligne Antoine Roche : « Ce type de textile qui revêt une douceur incontestable est très vite assimilé chez ce type d’individus à l’idée d’absence de virilité, de radicalité. Les néo-nazis ont cette représentation sociale très forte qui est qu’un « bon » membre de leur communauté doit exprimer une certaine forme de dureté. Dureté dans les idées, dureté dans les actions mais aussi dureté dans les vêtements. Tout agent du groupe social qui enfreint cette loi se voit instantanément stigmatisé. » Des camarades en colère Contactés par la Rédaction, les amis néo-nazis de Pascal se disent « abasourdis par une telle révélation » en apprenant sa passion pour le cachemire. Et chez eux, la colère semble proportionnelle au sentiment de trahison : « Écoutez, on ignorait tout ça jusqu’à aujourd’hui. Je crois que pour l’instant on va réfléchir à une sanction mais je peux d’ores et déjà vous garantir que ça risque de très mal se passer pour lui. » Le Gorafi Photo :iStock  

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