Special Guest
Publié le 26/10/2015

Patrice Thibaud : Je suis sensible à l'élégance du sport


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Autres épisodes :

Admiratif des bénévoles

Dans Fair-Play, Patrice Thibaud retrace l'évolution de la pratique sportive, des débuts marqués par le fair-play et l'élégance à l'époque actuelle gangrénée par l'argent, la triche et le dopage. Mais même s'il s'interroge sur cet univers désormais influencé par le business, il ne considère pas pour autant que le fair-play aurait totalement disparu : il le retrouve notamment dans le travail bénévole des éducateurs.

Mais comment fait-il pour créer toutes ces histoires avec son corps ? Quelle est sa méthode de travail ? Il vous raconte tout, en insistant sur la place majeure qu'il réserve à la musique et à l'improvisation.

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Patrice Thibaud

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Le 29 janvier 2020 à 16:20

Participez à un procès contre l'argent !

"Trials of money", performance participative de Christophe Meierhans

Après avoir présenté un projet de constitution citoyenne basée sur le tirage au sort - c'était lors du premier festival "Nos disques sont rayés", l'artiste européen Christophe Meierhans revient au Rond-Point le vendredi 14 février avec Trials of Money, une performance participative où vous serez les jurés d'un procès intenté contre... l'argent ! Peut-on tenir l’argent que nous utilisons tous les jours pour responsable de la situation difficile dans laquelle les humains se trouvent aujourd’hui ?Nous sommes à la fois au théâtre et au tribunal. Programmée dans de nombreux pays, cette performance interactive va faire le procès de l’argent. S’il est bien vrai que « l’argent gouverne le monde », ne serions- nous pas alors en droit de lui demander de rendre des comptes pour ce qui est arrivé à notre monde sous sa gouvernance ? Trials of Money va le faire avec tout le sérieux d’une cour de justice. Christophe Meierhans a élaboré cette nouvelle performance à partir d’interviews de banquiers, juristes, personnes en situation d’extrême précarité, psychothérapeutes, économistes, philanthropes, travailleurs sociaux du surendettement, représentants de nations indigènes et activistes monétaires : il interprète neuf personnages qui se tiennent à la disposition des spectateurs en tant que témoins et répondent à leurs questions. Le dessinateur Luca Mattei, tel un chroniqueur judiciaire, « croque » les témoins. > le programme complet du festival

Le 8 décembre 2015 à 10:14

Rire avec le pire

On m’a souvent demandé comment il était possible de faire rire le public avec ce qui s’est passé le vendredi 13 novembre, faire rire avec le pire. Comment est-ce possible ?  Quelques jours après les attentats, j’étais encore comme tout le monde, sidéré, débordé par l’émotion, prostré, impuissant. Et je suis remonté sur scène, sans peur, enfin… sans la montrer, mais avec une vraie appréhension : comment parler de ces événements tragiques, moi le bouffon ? Il n’était pas question que j’évite le sujet, que je sois terrorisé, pas question de leur laisser penser qu’ils avaient gagné. Pas question que je lâche un centimètre de liberté. Et pas question de rester paralysé, désarmé, devant l’horreur. Il fallait que tout cela sorte, que j’évacue, que l’action gagne sur la dépression. Dans ces cas-là, on se pose beaucoup de questions, sur son rôle, sur son métier, sur les limites de son métier. On dépasse le cadre classique de l’humour, on rentre dans le registre de la thérapie de groupe, on n’est plus un clown, mais une sorte de médecin sans diplôme. Le rire devient profondément humain devant l’inhumain, il nous aide à crever l’abcès, à prendre des distances, évacuer la psychose, éreinter la barbarie.       J’avais préparé ma revue de presse, qui consiste en quelques notes et beaucoup d’improvisation, mais je ne voulais pas l’imposer. Alors j’en avais prévu une deuxième, sur d’autre sujet, au cas où… le public ne soit pas encore prêt, n’ait pas envie, ne supporte pas, que mes paroles paraissent déplacées, et surtout irrespectueuses envers les victimes. J’ai été le premier surpris. À peine avais-je évoqué les attentats, que la salle s’est mise à applaudir,  comme pour me dire : Vas-y ! Fais-le ! Parle ! Pour nous, pour les victimes, contre ces salopards, contre la folie. Essaye de mettre des mots sur l’incompréhensible, nous sommes avec toi. Dans ces cas-là, le public nous porte et c’est lui qui fixe les limites,   ses explosions de rire répondent aux explosions de ceinture. Ce rire incontrôlable qui vient des entrailles, qui libère, qui aide à crever l’abcès. Ce rire qui nous fait passer de celui qui subit, à celui qui réagit. Dérisoire certes, mais jubilatoire. Noir peut-être, mais salvateur.  C’est un exercice impossible que de retransmettre par écrit ce moment, le public est déjà dans la salle avec moi depuis une heure, nous sommes complices, il s’est déjà détendu. L’ambiance et l’énergie qui règnent dans le théâtre sont  très difficiles à faire transpirer à travers des mots, d’autant plus que je ne suis ni Proust, ni Dostoïevski.   Je vais juste vous faire partager quelques extraits, les moins violents, les moins crus, vous donner une idée de la façon dont on peut aborder un sujet pareil. Pas simple… L’important au départ c’est de se moquer de soi, de sa propre psychose, de raconter… «  Qu’une chaise métallique qui tombe à la terrasse d’un café à côté de vous, vous fait sursauter et presque planquer sous la table (ce qui m’est effectivement arrivé). Montrer à quel point cette peur, même si elle est humaine, peut être ridicule. De s’apercevoir avec une certaine lucidité qu’à partir de maintenant, quand on va boire un verre où manger un bout et qu’on sort fumer une cigarette, on se retrouve en première ligne. La bonne nouvelle, c’est que, si ça continue, les fumeurs mourront d’autre chose que du cancer. » … On désacralise, on parle de la mort, sans retenue, sans tabou. Et puis, on annonce une autre bonne nouvelle… « Il faut toujours voir le côté positif des événements, grâce aux attentats, les ventes de drapeaux français ont augmenté de 400%. Le drapeau national est devenu une valeur sûre, qui devrait être cotée en bourse, comme une autre valeur sûre et également nationale, le chômage. Ce drapeau français pris en otage par un  parti d’extrême droite, vient d’être libéré et restitué à ses propriétaires. Notre président ayant demandé gentiment à ce que tous les citoyens l’accrochent à leur fenêtre, comme il a demandé le 11 janvier au peuple de France de descendre dans la rue, tellement il était mécontent de sa propre politique. » … On fait diversion… Et on revient sur le sujet… « Sans vouloir vous affoler, à l’heure où je vous parle, vous savez qu’un des terroristes est encore dans la nature ? Un écolo surement… Visiblement, celui-là a eu peur de se faire sauter au dernier moment. Si même les terroristes ont peur, dans quel monde on vit ! Cet assassin a maintenant le choix entre se faire tuer par l’État Islamique, qui n’aime pas les martyrs vivants, ou la police, qui n’aime que les martyrs morts. Si vous le croisez, conseillez-lui le suicide, au moins une fois dans sa vie, il aura décidé par lui-même.         … L’essentiel, c’est de rester groupés, ensemble, unis. Certes, en janvier l’union nationale avait duré 4 jours, les gens étaient descendus dans la rue par millions, là elle a duré 4 heures et il est interdit de se regrouper. Bon… Certes, nos politiques ont rapidement montré le contre exemple dans la surenchère, la palme de la connerie revenant à un homme politique dont je tairais le nom, par égard pour sa famille, et qui a suggéré, dans un moment de génie de  « Rétablir la peine de mort pour les kamikazes ». Mais nous sommes en période de campagne électorale, je le rappelle pour les abstentionnistes qui auraient oublié qu’ils n’iraient pas voter. Et le débat doit continuer à exister, pas facile, pour les candidats et les partis, de continuer à se faire la guéguerre, pendant qu’on est en guerre, dans un pays en crise. À part, évidemment pour les surfeurs du FN. Plus la vague est sale et boueuse, plus elle pue, plus ils s’éclatent. S’ils pouvaient se mettre au pétard, ça les détendrait et ça nous ferait des vacances. … Mais allez ! Restons groupés. Même si… C’est vrai, il y a cette polémique à propos des services de sécurité… La polémique en France, c’est un sport national. Un événement égal une polémique. Un accident de bus dans le sud ouest, polémique. Pourquoi le camion était-il arrêté sur la route, pourquoi le bus arrivait-il en face, pourquoi y avait un virage, pourquoi le virage existe, pourquoi les véhicules utilisent de l’essence, pourquoi l’essence brûle ?   Des orages violents sur la côte d’Azur, 20 morts, polémique. N’a-t-on pas trop construit sur la Côte d’Azur ? On a envie de dire, regardez ! Non, pas par là, c’est la mer, de l’autre côté. Pour les attentats, pareil, polémique. N’y aurait-t-il pas des failles dans le système de surveillance des terroristes potentiels ? Je ne suis pas un spécialiste, mais après une seconde et demie de réflexion intense, j’aurais tendance à penser que : sûrement… C’est étonnant, de voir comment une réalité devient une polémique et une polémique créée un polémique qui elle-même fait polémiquer.   Mais, bonne nouvelle, il faut toujours rester optimiste, tout cela prouve que nous sommes dans une véritable démocratie, puisque même les terroristes peuvent s‘exprimer. » … À cet instant, je dois l’avouer, certaines personnes rient jaune dans la salle, d’autres s’esclaffent franchement et se demandent aussitôt, après avoir regardé leur voisin : mais comment ai-je pu rire ? Mais nous sommes ensemble, nous résistons, nous désacralisons, nous sommes vivants.     Là, il ne faut pas désarmer, mais insister. … « C’est vrai, nous avons un problème avec les fiches S. La police connaissait les noms des terroristes avant, c’est un début… À la limite, on préférerait qu’ils ne les connaissent pas, mais qu’ils les arrêtent avant, ce qui paraît compliqué également. D’autant qu’il y a des milliers de S en France : 10.500. Non, pas de panique ! Restez dans la salle, on a bloqué les issues. Personne ne peut entrer, bon, sortir non plus… Espérons qu’il n’y ait pas le feu. Pas de panique ! Même si le premier ministre a avoué qu’il y en avait en réalité 20.000… Restons calme !  Et voyons le bon côté des choses, en une semaine, il y en a une quinzaine de moins ! Il n’en reste plus que 10 485 ! On avance… » … « Et puis rassurez-vous, heureusement, des idées de génie ont vu le jour, comme celle des portiques de sécurité. C’est très rassurant, et surtout ça relance l’industrie des portiques, en temps de crise, c’est un plus.   Vous me direz, c’est mieux que de ne rien faire. Alors que faire ? Mettre des flics et des militaires partout ?  Selon le principe de l’entonnoir…Vous ne connaissez pas le principe de l’entonnoir, je vous explique. Alors… Là où il y a des flics et des militaires, les terroristes ne vont pas, par exemple les aéroports et les gares. Donc, ils vont ailleurs… Donc, il faut mettre des flics et des militaires ailleurs aussi… Jusqu’au moment où il ne restera qu’un seul et dernier endroit où il n’y a pas de flics et de militaires, et on est sûr que c’est là que les terroristes vont aller ! Donc c’est là, qu’il faut en mettre le plus. Des questions ? » … « En attendant, dormons tranquille, l’état d’urgence va durer 3 mois… renouvelable. M’est avis qu’on va en prendre pour un bail. La question fondamentale, maintenant : pendant combien de temps va-t-on appliquer le programme du FN ? Avant qu’ils ne soient élus… » … « Vous voulez une autre polémique ? J’en ai plein en rayon. Sommes nous réellement en guerre, comme le disent nos dirigeants ?  On est en guerre contre un état, donc dire qu’on est en guerre contre l’Etat Islamique, c’est reconnaître que l’Etat Islamique est un état. Alors sommes nous en guerre ? Et si oui, contre qui ? Cochez la bonne case.   … « Et d’ailleurs qui sont ces barbares ? Des fanatiques ? Je vous rappelle au passage la définition du fanatique : un héros qui pour le triomphe de ses idées est prêt à faire le sacrifice de VOTRE vie. Des kamikazes ? La racine du mot est japonaise, comme vous le savez et signifie, comme vous ne le savez peut-être pas : «  vent divin ». Or ceux dont il s’agit, ne sont que des pets foireux… Qui sont ces djihadistes qui quittent la France ? Pourquoi cette fuite de cerveaux ? Que se passe-t-il dans leur tête ? Rien… Ou trop. Essayons de comprendre l’incompréhensible. Revenons en arrière. En janvier, les frères « Poichiches » se gourent d’adresse avant d’aller chez Charlie, perdent une chaussure avant de s’enfuir, oublient leur carte d’identité dans leur voiture… Lors de l’attentat déjoué de Villejuif, le terroriste se tire une balle dans le pied en montant dans sa voiture. À Saint Quentin Fallavier, le mec fait tomber une palette avec du matériel informatique, son patron l’engueule, il devient terroriste (Air France et les deux chippendales à côté ce sont des amateurs). Puis il lance sa voiture contre une citerne et il n’arrive même pas à se tuer… Dans le Thalys Amsterdam Paris, le mec s’enferme dans les toilettes après avoir trouvé une kalachnikov dans un parc à Bruxelles, sort, et hurle, les yeux en orbite : «  Y’a plus de papier » ! En novembre, on est passé à une autre catégorie… Même si les 3 du Stade de France sont arrivés en retard au match… avec des billets dans la poche… mais il faut lire… On peut faire un premier constat : c’est sûr, les cerveaux c’est pas eux. » … « En Tunisie, maintenant… Nous ne sommes pas  les seuls à subir des violences, d’autres pays vivent sous la terreur depuis des années… mais c’est loin. A Sousse, donc, un jeune étudiant, propre sur lui, arrive par la mer, en Zodiac, sur la plage de l’hôtel, plante son parasol, sort une kalachnikov et massacre 38 personnes en chantant « A ga dou dou dou, pousse ta banane et moule café ! » Et c’est ensuite, après un contrôle anti-dopage, qu’on s’aperçoit que le mec est chargé comme une mule, avec du Captagon. On peut donc en conclure que Dieu ne leur suffit pas. Entre parenthèse et entre nous, ces assassins feraient mieux de picoler pour se désinhiber, au moins ils viseraient  à côté. Pour ça, il faudrait changer le livre sacré et ça…   À noter que chez nous, pays laïc, on a le choix entre Dieu et les anxiolytiques. Chez les fous de Dieu, c’est visiblement les deux… la foi a des limite. »  … « À ce propos, fin octobre 2015, un prince saoudien a été arrêté au Liban, avec deux tonnes de Captagon dans son avion. Était-ce pour sa consommation personnelle ? L’Arabie Saoudite et le Qatar… nos amis, nos alliés… qui financent le terrorisme, paraît-il… Enfin… Pour être plus précis, ce sont des grandes familles Saoudiennes ou Qatari qui financent le terrorisme, nuance. Et qui dirigent l’Arabie Saoudite et le Qatar ? Les grandes familles. Des questions ? La France leur vend des armes, l’avantage c’est que le jour où on va se les reprendre sur la gueule, au moins on mourra français. DAESCH, c’est 2 milliards de budget annuel, qui proviennent de trafic d’armes,  de contrebande de pétrole, de kidnapping, donc de l’argent des rançons… Que nous ne payons jamais, je vous le rappelle ! Et… des joyeux donateurs ! Est-ce que Dieu est au courant de tout ça ? Tout ça transite par des comptes off shore. Malgré des dehors rustres, voire primaires, et des idées d’un autre âge, le terroriste est branché … Quand ça l’arrange. … Il pense que son sacrifice va lui rapporter 72 vierges au paradis. Mais quel paradis ? Fiscal ? Dans celui-là, il risque d’être déçu, il y a une majorité de putes. A ce propos une idée me vient à l’esprit… Au lieu d’attendre que ces fous méritent leurs 72 vierges au paradis, si on leur en offrait 72 tout de suite, ça les calmerait. Je sais, ils sont très nombreux, 20 000 fiches « S » en France, et nos vierges de plus en plus rares… Mais mesdames, mesdemoiselles,  pensez-y, votre sacrifice,  c’est pour sauver la nation, le monde ! » … « Continuons… Que se passe-t-il dans la tête de ces grands malades ? Si on fait une synthèse, priez pour nous, on s’aperçoit que ces faux êtres humains ont souvent des tensions dans leur couple et qu’ils sont traumatisés par la mort du père. Bon… Si tous ceux qui répondent à ces critères passaient à l’acte, la France serait Andorre en deux mois. Donc, il faut chercher ailleurs… D’après les psy, le lavage de cerveau ne suffit pas, la drogue non plus. Ces gens s’emmerdent, s’ennuient à mourir, leur vie n’a aucun sens, la religion est très loin, c’est un prétexte, la goutte d’eau qui fait déborder leur folie… Ils sont en manque affectif, ce qui veut dire qu’ils ne baisent pas. Ils sont immatures intellectuellement, ce qui veut dire cons des bites. On ajoute une pincée de troubles psychiatriques, une cuillère de parano, une louche de séjours en prison… Vous remuez et vous obtenez le portrait robot du robot tueur.   De plus, le terroriste, toujours d’après les psys, se « déteste lui même, mais ne le sait pas. » Aidons-les à se haïr ! Avant qu’ils ne nous détestent. Si vous connaissez, dans votre entourage, quelqu’un qui répond à ces critères, poussez le dans l’escalier. » … « Que faire ? Traiter le mal à la racine ? Convoquer Georges Bush et Tony Blair devant un tribunal ? Encore plus dur que d’éradiquer le terrorisme. Faut-il intervenir militairement au sol en Syrie ? Ou laisser faire les Américains comme dans le Thalys ? Laisser faire les Russes s’occuper de la dèche ? Poutine a le sens du dialogue. On a le choix entre Bachar el Assad et la dèche, entre le boucher de Damas et les charcutiers de l’EI, le tout même pas hallal. Compliqué… Aux dernières nouvelles, Bachar ne serait plus l’ennemi numéro un, il a perdu la pôle position au détriment de l’EI. La nouvelle tactique serait : on s’occupe d’abord des charcutiers et ensuite du boucher, c’est le marché. Comme en quarante avec Staline… On s’occupe d’abord d’Hitler et ensuite de Staline. Bon… y’a eu des failles… On laisse faire les arabes entre eux ? Ceux qui financent et ceux qui tuent vont se retrouver face à face. Imaginez le merdier avec toutes les tendances, les courants, les mouvements, pire que chez les écolos ! Mais eux au moins, ils sont drôles. » … « Restons désespérément optimistes, le terrorisme, c’est comme la dette grec. Tout le monde sait pertinemment que les grecs ne rembourseront jamais, reste à savoir quand. Pour le terrorisme, c’est pareil, on sait très bien qu’ils ne gagneront jamais, reste à savoir quand.  Et souvenez-vous, un fasciste, car ce sont avant tout des fascistes, les livres d’histoires le prouvent, c’est quelqu’un qui perd la guerre. »   Voilà… Et puis à la fin on craque, on verse une larme, ça aussi il faut que ça sorte. Mais, on a le sentiment, à raison ou à tort, d’être plus fort qu’eux, d’être utile, de servir à quelque chose, avec ses petits bras, sa petite voix et son petit stylo. À la fin du spectacle, les gens viennent vous voir, vous serrent dans les bras et vous disent tout simplement merci. On ne se connaît pas, mais on s’embrasse, on est vivant et on a même pas peur. Encore et toujours, on a besoin du rire pour démonter les chimères des idéologies totalitaires et nauséabondes. Non pas seulement parce que le rire libère, mais aussi parce qu’il nous ouvre les yeux sur le monde tel qu’il est et non pas tel que les fanatiques voudraient qu’ils soient. Et vous savez le plus drôle, c’est qu’on n’est même pas obligé d’en rire. On est libre, tout simplement, et on compte bien le rester. Et vous savez quoi ? J’espère bien que bientôt, je ne parlerai plus de tout ça, d’ici là, la COP 21 aura sauvé le monde. Je le dis sans aucune pudeur, j’ai besoin de vous, de vos rires, de votre énergie, j’ai besoin de cette communion, j’ai besoin de votre soutien, pour que continue à vivre cette liberté. Venir au spectacle est devenu un acte de résistance, assister à un spectacle d’humour, un acte quasi politique. Le monde est absurde, le monde est devenu fou, je sais… Mais nous en faisons parti.    Pour tout ceux qui sont morts, en janvier, en novembre, on ne lâchera rien. Debout ! Et hop !

Le 14 octobre 2010 à 23:28

Martial Cherrier

Les bodybuilders sont des papillons

Il a grandi dans une boulangerie près de la mer, là-bas, en Normandie. Mais c'est son propre corps qu'il a choisi de pétrir et de sculpter : "Il faut aller au-delà de la douleur, quand les muscles brûlent, c'est signe que les cellules sont détruites. Les tissus pourront se reconstruire en gagnant du terrain." Et gonfler comme des pains au four. Plus des piqûres d'hormones de croissance, de stéroïdes et des litres de granules de créatine et autres kétoglutarates à croquer chaque jour…Tout culturiste est un adepte de la métamorphose, un culturel off limits qui soumet son corps à son esprit pour en faire "un corps auto-engendré, avec ses modes de fabrication, un objet artistique revendiqué, un médium osmotique en communication avec l’ensemble du corps social. Ainsi je suis à la fois sujet, objet, substance, matériau et même cadre de mon art."Cherrier sera sacré champion de Los Angeles en 1994, puis champion de France IFBB en 1997. Mais les exhibitions internationales ne lui suffisent pas. Il s'expose dans l'espace plus feutré des galeries d'art. Epinglé nu sous verre, son corps d'insecte Hulk affublé d'ailes de papillons découpées directement dans les emballages des produits qu'il s'est injecté tout au long de sa carrière de body builder de haut vol...Au fait,  venez le rencontrer jeudi prochain : il donne  une conférence performance à l'Université Monstrueuse du Rond-Point ! (voir lien ci-dessous)  

Le 6 octobre 2015 à 08:00

Va y avoir du sport !

A 13 ans j'ai trouvé quel serait mon sport, celui où j'allais cartonner, celui dont je serai le grand styliste. Le fondateur. C'était à la piscine municipale, je tremblais au sommet du plongeoir de 10 mètres, déchiré entre la peur de me jeter vers le timbre poste liquide au-dessous de moi et l'humiliation de redescendre à pied par les escaliers en béton. J'y suis resté une heure, je grelottais sur place. Je tergiversais. Puis je décidai de m'entraîner méthodiquement, à chaque cours de gym : devant le ballon je tergiversais ; sur le cheval d'arçons je tergiversais ; agrippé au bas de la corde je tergiversais ; plutôt que faire des pompes je tergiversais. Et je rêvais qu'un jour, grâce à moi, après le curling, la natation synchronisée et le baby foot, la tergiversation sportive fasse enfin son entrée parmi les disciplines olympiques. Tous les records ont été atteints au siècle dernier, et si l'on parvient à réduire le dopage il est à craindre qu'ils resteront à jamais inégalés. Alors place aux sports de lenteur. Attention tergiverser ne se résume pas à ne rien faire. C'est une suspension habitée, bruissante de mouvements contradictoires, d'intentions complexes subtilement agencées pour organiser un jeu de jambes fulgurant, microscopique et tragique. Homme de son temps, l'athlète tergiversateur – nouvel Hamlet zen en survêtement couvert de poches dans lesquelles il se met soudain à fouiller de manière si caractéristique – s'imposera peu à peu dans toutes les disciplines, à commencer par la boxe, je vous le dis. La tergiversation sportive renouvellera l'idéal olympique. Aujourd'hui, contre quoi lutterait le baron Pierre de Coubertin ? Contre l'oisiveté des cœurs. Contre nos sociétés qui doutent. Contre nos responsables politiques aussi indécis les uns que les autres. Contre les individus repliés eux-mêmes. Contre la peur de se mettre en mouvement. Seule une tergiversation sportive de haut niveau pourra nous en libérer. Alors chaque jour je me perfectionne face au miroir. Ou dans ma baignoire. Ou sous mes draps les yeux fermés. Je ne sais pas ce qui est le mieux. Qu'est-ce que vous en pensez ? J'hésite. Mais une chose est sûre :va y avoir du sport.

Le 16 octobre 2015 à 10:41

Massimo Furlan : "Une performance physique terrible, un véritable cauchemar"

Enfant il rejouait les matches du championnat italien dans sa chambre, rivé à un transistor grandes ondes pas toujours fiable. Son lien avec son pays d'origine. S'en souvenant en 2002, il décide une folie : rejouer seul, dans un vrai stade et en temps réel, un match mythique de l'histoire du foot. Il commence dans sa ville au stade de la Pontaise, à Lausanne. L'artiste Massimo Furlan endosse les couleurs de l’Italie pour une performance hors norme : il est le joueur numéro 23, il remet en action seul sur la pelouse la finale Italie-Allemagne du championnat du monde 1982, qui se termina sur la victoire de l’Italie. Seul et sans ballon, il revit la totalité de ce match, dans toute sa dramaturgie. Avec le récit en direct de Jean-Jacques Tillmann, ancien commentateur de la télévision suisse romande, et sous les yeux d’un public qui revit le match avec lui, endossant le rôle des supporters. Puis il enchaîne au Parc des Princes en revêtant le numéro 10, celui de Platini lors de la demi-finale homérique entre la France et l'Allemagne, sous le regard de Michel Hidalgo. Jusqu'à aujourd'hui, il s'entraîne plusieurs mois comme un sportif pour traverser ainsi de grandes parties restées dans la mémoire collective, avec la complicité de commentateurs sportifs et d'entraîneurs de l'époque, comme à Marseille, Vienne, Hambourg, Varsovie, Porto, Séoul... > l'actualité de Massimo Furlan

Le 21 mars 2015 à 09:39

Comme un poisson dans l'autre

On dit, en musique, qu’il y a deux voies pour la jouer. Apollon ou Dionysos. Il semble que j’ai choisi l’autre… J’habite le temps à Nay, piémont pyrénéen. A côté de Lourdes.8 Mars 2015. Je suis à Tokyo, Japon depuis cinq jours. J’essaye de faire comprendre ce que je veux au monsieur en face de moi qui ne parle ni l’anglais. Comme moi.J’ai pour habitude de dire « My english is titanic » Glou, glou glou.. Ah ah ah.. Bon. Oui je suis au Japon avec ma Dada et Tomoko. On devise sur l’écriture et la cuisine et soudain :  « Flash back »… Fin des années quatre vingt.  Grand festival de jazz en Suisse.C’est ma première apparition officielle avec la  Compagnie Lubat  dé Gasconha.Nous passons en première partie d’une troupe de musique traditionnelle japonaise.« Les tambours Kodo ». Impressionnante de bout en bout. La geste, le son, la discipline.  Des tambours immenses frappés par des hommes mi danseurs mi athlètes équipés de bâtons comme des gourdins. Enorme. Arts marteaux. Plus tard un groupe d’une douzaine de percussionnistes assis tailleurs en un côte à côte rectangulaire. Façon jardin japonais. Zen et nez.  Phrasés vertigineux, silences abyssaux. Réglé comme une horloge. Aucun chef d’orchestre pour faire jouer la partition d’une précision diabolique. Je me souviens leur avoir demandé en anglogascofrançais, gestuelle à l’appui, comment tout ça était possible. Un des leurs m’a alors raconté (je ne sais si c’est vrai – m’en fous) que chaque matin ils parcouraient ensemble un même trajet avec obstacles et que ces obstacles représentaient leur phrases rythmiques. Entre les deux, continuum et silence !Nous, avec la Cie, nous préparions nos concerts avec Dionysos dans les loges et sur scène avec l’autre. Maquillage à l’emporte pièce pour prendre le maquis.  L’art de la conversation. Barricade de l’improvisation.  Pas de thèmes en commun. Ni chansons. Rien. « Free ! » Un de mes premiers chaos collectif. Trouille, état de guerre intérieur. Oreilles incandescentes. Instinct de survie. Sortie de scène. Haie d’honneur des Japonais. Tout de même, sale impression d’après « match »… Mais voilà que quelques heures plus tard j’entends sur la radio suisse ce concert mémorable fraîchement enregistré. Et  je m’entends jouer, parmi les autres, d’un tout autre sentiment que ce que j’avais senti ou ouï sur scène. Certes des moments « dur à cuire », mais aussi du neuf et de la vie par dessus tout. Pour ma part j’entendais un autre moi que je ne connaissais pas…  Je ne sais depuis, s’il faut écrire « jeu » ou « je » est un autre… Trente ans plus tard, sur la scène de la cave poésie de Toulouse dirigée par le génial René Gouzenne aujourd’hui disparu, un homme de théâtre improvise à partir des propositions du public. Après quelques propositions de mes voisins, je lance « altérité ». L’acteur me répond : « Vous pouvez préciser ? ».Silence. «  Vous êtes cruel. » Silence.« Bon, très bien... je ferais altruisme… » Micro déception de votre narrateur. Pas facile de s’altérer. J’aurais aimé plus d’audace quitte à la perdition. Mais il s’agit des mots, du sens et pas des sons. Et les mots dits sont de mille malentendus, sens de mille maux, émaux. Oh ! Ghérasim Luca. Oh Bernard Heidsiek. Oh ! les autres. Tant d’autres ! Je cherche parmi les uns et les autres, les champs et contre champs de la voc’alchimie..   Comme un poisson dans l’OH ! d’ici ou là.

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