Micaël
Publié le 02/11/2015

Le grand jeu


Micaël naît à Paris en 1982. Après avoir passé 20 ans à Buenos Aires, il revient à Paris, la ville où il vit et travaille actuellement. Droitier sur le terrain de foot et gaucher pour le dessin, il décide sa vocation à l’âge de 5 ans, lorsque sa maîtresse remarque qu’il est le seul de la classe capable de dessiner des visages de trois-quarts. Ses deux ouvrages en France "Un Argentin à Paris" et "L'Air du Temps" ont été publiés dans la collection Les Cahiers Dessinés.

 

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Le 13 mai 2011 à 08:32

« Je suis un mariniste »

Gilbert Collard, Valeurs actuelles, 12 mai 2011

Pour emprunter à Jacques Lanzmann :  il y en a qui contestent, qui revendiquent et qui protestent, l’avocat Gilbert Collard, lui, retourne sa robe, toujours du côté des projos. Cet opportuniste est aux prétoires ce que Michaël Vendetta est à la téléréalité : celui qui pète dans la soie pour que ses honoraires aient une odeur. Le radicalisme valoisien n’avait pas suffi à l’auréoler d’un destin politique. Par deux fois les électeurs de Vichy lui ont préféré le maire sortant Claude Malhuret et son humanitarisme aronien, garant de la réhabilitation historique de cette ville d’eaux. Ils savent désormais à quoi ils ont échappé. Un avocat « mariniste » en premier magistrat de Vichy, cela aurait fait jaser. Même si « lepéniste » était autrement connoté pétainiste, « mariniste » ça sonne cagoulard davantage que communard. Ce fameux suffixe adjectival « iste » déclinant le « isme» qui renvoie à un système de pensée (gaullisme, mitterrandisme, mendésisme – et même sakozysme, mais là c’est pour l’euphonie…), prend un tour étriqué avec la dame frontiste. Dehors les étrangers, on ferme les frontières et la République sera bien gardée : cela fait plus rabattage de voix que doctrine élaborée. Collard veut que l’on gobe une adhésion de raison, au lieu et place d’une filiation populiste. Le suffixe « ien » aurait été plus approprié. Mais « marinien » fonctionne mal. Ça navigue quelque part entre « Mars » et « rien. »  En revanche « collardien » ça s’entend mieux que « collardiste », non ?        

Le 11 janvier 2012 à 16:08

"C'est indigne de reprocher à Nicolas Sarkozy d'aller dans une brasserie populaire !"

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice, RFI, mardi 10 janvier 2012

C’est vrai, quoi ! Pour s’être fait une « cantoche » au Fouquet’s des Champs-Elysées, Nicolas Sarkozy serait taxé  pour l’éternité de goûts somptuaires. On reconnaît bien là ce mépris du peuple animant les empoisonneurs de l’esprit public. Les classes laborieuses  n’auraient pas le droit d’accéder à un lieu où le menu s’affiche à 78 euros minimum ( sans les vins) ? A eux seulement, les bouis-bouis avec plat du jour à 10 euros, pain compris ? On nage dans  l’ostracisme social. Et dans la mauvaise foi. De celle qui voudrait nous faire prendre un pédalo loué à Malte pour le yacht d’un milliardaire, ou la touchante rencontre d’un président esseulé et d’une immigrée italienne, intermittente du spectacle avec un enfant à charge, pour une romance jet-set. Et pendant qu’on y est, voilà le « bouclier fiscal » stigmatisé encore comme une mesure pour les riches,  par ceux qui n’ont pas idée de ce qu’est le sort d’un agriculteur smicard propriétaire de quelques hectares à l’Ile de Ré. Ne parlons même pas de ces familles méritantes qui peinent à entretenir le château des ancêtres, et dont les colonnes infernales du candidat Hollande sont résolues maintenant à sucrer le quotient familial. Qui dira ce qu’il en coûtera d’une augmentation de la TVA sur la vente des Rolex ? Bien plus qu’un point sur le prix de la baguette. Et pourquoi pas, demain, imposer à tous un salaire de "minable" à 5000 euros par mois ? Ça nous pend au nez. Debout les gavés de la terre !

Le 2 mars 2012 à 18:49

« Moi je n'ai pas 40 hectares, OK ? OK ? »

Nicolas Sarkozy, Itxassous, jeudi 1er mars 2012.

C'est la réplique (agri) culte du Président-candidat à un couple de paysans basques qui avait osé l'interpeller : « On n'a pas le même salaire. » Comment qu'il leur a rivé le clou, Nicolas Sarkozy, à  ces croquants qui se la pétaient damnés de la terre. Ils avaient omis de dire qu'ils possédaient  du bien. Et 40 hectares, ce n'est pas une paille. Savent-ils seulement, ces intempestifs ce qu'il en coûterait de posséder autant de terres cultivables dans les Hauts-de-seine ? Bon, c'est vrai que 40 hectares au Pays basque ça ne va chercher que dans les  200 000 neu-neu (5000 euros l'hectare de valeur vénale moyenne selon le J.O de 2009.) Pour ce prix là t'achètes à peine une chambre de bonne à Neuilly-sur-Seine. Pour dix fois plus t'aurais bien pu acquérir l'appartement de Nicolas et Cécilia, il y  a cinq ans, sur l'Ile de la Jatte. Mais justement ils divorçaient. Il a fallu partager, et avec cinq ayants droits il te reste quoi ? Il faut une mauvaise foi de socialiste pour voir le pognon dans l'oeil du voisin, mais pas le lingot dans le sien. La vérité, c'est que les « services » secrets hollandais n'avaient pas seulement déguisé des militants du PS en « abertzale » forcenés ce jeudi 1er mars dans le vieux quartier de Bayonne, que Nicolas Sarkoy était venu reconquérir comme « un territoire de la République ? » Ils avaient aussi travesti deux agents en paysans insolents. Demain, on vous le jure, ce sont des stations d'épuration qu?ils vont installer dans les campagnes.Illustration : d'après l'Ile de la Grande Jatte de Georges-Pierre Seurat

Le 17 septembre 2013 à 08:51

La Russie veut bannir l'usage du signe « coeur avec les mains »

Moscou – Dans sa lutte tous azimuts contre les signes extérieurs de ce que le pouvoir en place qualifie de « propagande homosexuelle », plusieurs députés de la Douma ont proposé de bannir le signe « cœur avec les mains ». En effet, ils estiment ce geste dégradant et lié à une forme de propagande homosexuelle cachée. Faire un cœur avec ses mains pourra bientôt être passible d’amende et de prison à Moscou et dans le reste de la Russie. Ce signe des mains, au demeurant inoffensif et plutôt symbole de bonheur et d’amour partagé, est dans le collimateur des députés russes qui l’assimilent à une forme de propagande clandestine en faveur de l’homosexualité. Or, depuis peu, une loi très sévère interdit toute forme de publicité qualifiée d’homosexuelle. « C’est un geste dégradant, qui est clairement rattaché à la culture gay et homosexuelle notoire en Occident » a déclaré Leonid Breshiev, un des signataires de la loi qui veut bannir ce signe de Russie. « Personne ne fait ce genre de signes avec les mains de manière innocente, c’est dégradant, puéril et franchement un peu gay » ont pour leur part souligné plusieurs conseillers municipaux de la ville de Moscou, à l’origine de la proposition de loi. « C’est tellement ridicule, il y a une forme de dégradation de la personne humaine. Vous faites un cœur avec les mains et vous souriez bêtement et stupidement. ». Mais pour certains, cette loi est dirigée expressément contre les opposants aux récentes lois visant la communauté homosexuelle. Selon Antojn Armyanski, responsable local d’une antenne LGBT, ceci vise les manifestants qui protestent contre la loi : « Parfois nous faisons ce type de signes face aux policiers, pour leur dire que nous sommes non violents » Et de préciser «  Désormais dès que nous ferons ce signe, la police aura donc le droit de nous arrêter » s’inquiète-t-il, affirmant réfléchir à d’autres formes de protestation silencieuse. Mais d’autres députés russes souhaitent ne pas en rester là et demandent le bannissement des dessins de coeurs transpercés de flèches jugés trop violents pour les enfants. Le Gorafi

Le 25 juillet 2013 à 09:25

Mollo ! Mollo

Carnet de voyage. C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Amilcar. Non... c'était à Ürgrübn en Cappadoce, dans la love valley. Après une soirée dansante et arrosée dans un restaurant-grotte, nous n'avons pas envie de rentrer à l'hôtel. Alors, nous prenons le parti de faire comprendre au chauffeur turc du bus de rouler au pas. Nous cherchons des mots dans des langues différentes jusqu'à ce que, en désespoir de cause et, surtout, en manière de plaisanterie, je lance « Mollo ! Mollo ! ». Compréhension et exécution immédiate. Cette injonction est courante dans le vocabulaire familier des machinistes. Elle signifie : aller doucement à la manœuvre. Par exemple : charger à l'amoureuse. Autrement dit, faire descendre lentement le rideau, afin qu'il ne se fasse pas voler la poussière. En revanche, il s'agit de l'appuyer (de le monter), il ne faut pas lui faire faire l'avion. Si le mot mollo est, selon les dictionnaires, apparu tardivement dans le vocabulaire du spectacle vivant – en 1933 -, il est courant, depuis longtemps, dans celui de la marine. Il vient du verbe mollir, utilisé en météorologie marine pour dire que le vent tombe. Or, théâtre et marine sont intimement liés. Les théâtre à l'italienne, à leurs débuts, ont engagé des marins, puisque ce type de théâtre nécessitait des compétences de la marine à voile. Les marins ont apporté leurs superstitions sur les planches en faisant de l'emploi de l'emploi du mot « corde » un interdit ; c'est dire le fatal si le mot « corde » échappe à un machiniste. Sur un bateau, aussi, d'autres mots comme bout (en prononçant le « t »), filin, ganse lui sont substitués. Non seulement par mesure de précision, mais aussi parce que le seul lien qui continue à s'appeler « corde » sur un bateau est celui de la cloche avec laquelle on salue les morts. Les suicides par pendaison qui eurent lieu ensuite sur une scène vinrent renforcer l'interdit. Sur un bateau, on ne mange pas de lapin : il ronge le chanvre des cordages. Un autre exemple de proximité entre la marine et le théâtre : la gamelle. Il s'agit d'une sorte de projecteur mobile placé sur un pied orientable, destiné à éclairer une partie du décor, et non pas les comédiens. Sur un bateau, la gamelle est la soupière pour chaque plat des matelots, composé de sept hommes. N'avoir ni quart ni gamelle, c'est n'avoir rien à faire à bord. A la Comédie-Française, une expression était utilisée dans les années 1970 : chercher la gamelle au frigo, chercher un projecteur dans l'une des réserves du théâtre, endroit non chauffé, où il faisait frigo... Sur un navire comme sur les planches, marins et comédiens sont embarqués sur le même bateau.

Le 19 juin 2011 à 07:41

Léviathan porte ma raison qu'à la fin je me casse

Monumenta 2011

Lorsque j’ai proposé à mon ami une « interpénétration de nos matières pulvérulentes dans la perspective d'une médiation décomplexante », il a un peu hésité. Je dois l’admettre, le dossier de presse de l’exposition Monumenta 2011 m’avait moi-même laissée quelque peu perplexe, d’autant que je n’ai pas trouvé tous les mots dans mon Petit Larousse illustré. J’ai essayé de lui retranscrire au mieux ce qu’il y était dit de la complexité intrinsèque des palpitations esthétiques de l'oeuvre d'Anish Kapoor dans son ensemble, mais il a tout de même fallu que je me résigne à être plus vulgaire : « on va au Grand Palais voir Anish Kapoor dans le cadre de Monumenta, on aura chaud et un clarinettiste ambianceur nous empêchera de nous entendre correctement pendant 32 des 35 minutes qu'on aura passées à faire la queue, on aura une conversation entraînant un quiproquo qui nous conduira presque à une dispute, ça va être chouette, tu vas adorer ». Finalement, on a réussi à entrer. Et on a refait la queue pour entrer dans l'oeuvre. C'était fou. Je veux dire, toutes ces files d'attente, quel est le but exactement ? Non parce que moi, ça me fait certes piaffer d'impatience, mais d'impatience d'en sortir, d'en finir avec tout ça, alors quoi, ils le font exprès pour pourrir mes dimanches, c'est ça ? Le pire, c'est qu'il a fallu refaire la queue pour en sortir. Deux fois. Est-ce que ça fait partie du dessein du Ministère de la Culture, complotant avec Anish Kapoor ? On m'espionne, c'est certain. On observe mon comportement. On analyse mon animalité. On me plonge dans des viscères délirantes tout droit sorties de l'imagination machiavélique de cet artiste indo-britannique  pour faire resurgir en moi un sentiment de crainte, de dévotion soumise au corps originel, d'oppression organique dont j'ai un mal fou à me défaire depuis 21 ans. Ou 31. Peu importe. J'ai déambulé, presque ivre, à l'extérieur, sous la charpente métallique du Grand Palais, autour de ces grosses sphères anatomiques, me cognant l'esprit contre ces masses qui m'ont rappelé les heures les plus sombres de mon passé médical. Après, on a mangé un sorbet à la framboise en observant les mouettes du jardin des Tuileries.

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