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Publié le 29/10/2015

Vikash Dhorasoo : "Dans mon monde, Nadine Morano n'existe pas"


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"On ne m'a pas appris à être un bon Français"

Après les déclarations de Nadine Morano sur la France "pays de race blanche", nous avons interrogé Vikash Dhorasoo sur ce que représente le fait d'être un joueur d'origine étrangère et de couleur en équipe nationale. Pour lui, cette question du nationalisme ne se pose pas et n'est un sujet que pour ceux qui souhaitent susciter des clivages et des stigmatisations. A la suite de Michel Serres, il préfère, au contraire, voir dans le football un extraordinaire moyen de créer du dialogue et du lien.

Le Rond-Point est un rond-point où beaucoup de gens se croisent, se rencontrent, se mélangent, forment des molécules, de nouveaux matériaux, des tissus à motifs inédits. En voilà quelques uns, attrapés par le bras par la rédaction de ventscontraires.net, ils viennent faire un tour avec nous. 

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Vikash Dhorasoo

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Le 2 octobre 2015 à 08:49
Le 12 avril 2010

Guérison

Pièce brève de Jean-Michel Ribes

Ils discutent en marchant.-    Le mot théâtre vous donne-t-il envie d’aller au théâtre ?-    Ce sont plutôt des amis.-    Qui vous donnent envie ?-    Disons qui m’y entraînent.-    Jamais le mot ?-    Le mot théâtre ?-    Oui.-    Rarement.-    Comme moi. A mon avis, il est foutu.-    Le mot théâtre ?-    Oui, peut-être même est-il mort sans qu’on s’en soit aperçu.-    On en aurait parlé dans les journaux ou à la télé.-    Il n’y a pas de théâtre à la télévision.-    Non, mais il y a des nouvelles, et le décès d’un mot comme théâtre aurait fait des vagues, quand même.-    Vous avez peut-être raison.-    Il est toujours là c’est sûr.-    Pas en grande forme en tout cas.-    Possible.-    Amoindri.-    Probablement.-    Je me demande s’il n’est pas temps qu’on lui rajoute des lettres.-    Des lettres ?-    Oui. Un « e », un « o », un « p » ou mieux un « t », le « t » renforce bien le mot, ça le structure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si « structure » en a deux. Vous imaginez « structure » sans « t » : « srucure ».-    C’est vrai ça ne donne pas très envie de se construire.-    Pour le moins.-    J’ignorais totalement l’importance de la lettre « T » pour le soutien du mot, pour son dynamisme.-    Elle est essentielle. Regardez, pour la prévention du danger, on en a mis trois : ATTENTION ! que serait ce mot alarme sans ses trois « T » : (il crie)« A-en-ion  l’immeuble s’écroule ! » personne ne bougerait.-    C’est fou, on ne réalise pas que le T peut nous sauver la vie.-    Très souvent.-    Ce qui m’inquiète tout à coup c’est qu’il n’y en a pas dans « médecin ».-    C’est pour ça que moi j’appelle toujours un docteur. Au moins il y en a un.-    Les bons devraient en avoir deux.-    Doctteur.-    Oui, ou docteurt. Vous avez un rhume, vous consultez un docteur, pour une angine de poitrine, vous  courrez chez un docteurt.-    Ce serait beaucoup plus simple c’est vrai.-    Plus juste surtout. Et quand à ceux qui ne guérissent jamais personne on leur enlèverait leur « t » au bout de six morts par exemple. Qui alors irait se faire soigner chez un « doceur » !?-    Personne bien sûr.-    Je pense qu’il faudrait organiser une réévaluation des performances de l’ensemble des praticiens suivie d’une répartition de la lettre « t » aux vues de leurs résultats.-    Cela permettrait sûrement  de rééquilibrer le budget de la santé.-    Ne vaudrait-il pas mieux dire « avec t » ?-    Que santé ?-    Oui.-    Non, santé convient parfaitement pour désigner la bonne forme, un mot sans « t » est un mot qui va bien, regardez plaisir, paradis, rebond, envol, cognac.-    Crevette, escargot et lansquenet ne vont pas mal non plus.-    Enlevez leur donc le « t » et vous verrez leur mine.-    Vous avez raison.-    Le « t » est un renfort, une vitamine, parfois une prothèse.-    Mais j’y pense tout d’un coup, le mot théâtre en a déjà deux !-    Vous vous rendez compte ce qu’il porte ?-    Quoi de plus ?-    Deux mille cinq ans de tragédies, farces, drames et comédies ! d’Eschyle à Becket !     Toute l’angoisse et l’ironie du monde qu’il doit dire avec seulement sept petites lettres !-    Mon Dieu ! vite, rajoutons-lui un T.-    A mon avis deux est un minimum.-    Deux ! ça ferait quatre !?-    Pensez à l’avenir.-    Ça va continuer encre longtemps le théâtre ?-    J’en ai peur.-    Bon va pour quatre. Ce qui donne ?-    Thétatret.-    Thétatret ?-    Oui. Alors ? -    pas mal.-    Si je vous proposais d’aller au thétatret ce soir…-    Je ne dirai pas non, une soirée au thétatret, ça donne envie !-    Je crois que nous l’avons sauvé !Un temps-    Dites moi ?-    Oui.-    Le mot apéritif vous donne-t-il envie de boire un apéritif ?-    Toujours.-    Moi aussi. Je vous invite à boire un verre au bar du thetatret, ça vous dit ?-    J’adore les théatrets qui ont un bar ! Extrait de Multilogues suivi de Si Dieu le veut, © Actes Sud, 2006.http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782742760701

Le 6 octobre 2014 à 09:53

13,7 Milliards d'années de solitude

« Au fond Dieu n’aurait voulu être qu’une déité parmi d’autres »chantent les Residents sur God Song. Nous en sommes tous là. A l’instar du démiurge, nous sommes devenus ces individus singuliers qui aimeraient découvrir un ou plusieurs autres de la même espèce pour partager les choses de la vie. A l’instar du démiurge, nous sommes sombres, plein de pièges et d’intentions masqués. Nous n’aimons pas tellement les autres, mais si, par miracle, nous les aimions, nous voudrions être tout pour eux, ce qui semble un peu plus difficile chaque jour. Nous nous approfondissons de toutes nos rencontres et ruptures successives. Notre caractère nous isole, nous complexifie et nous rend, à nous-mêmes, énigmatiques. A l’instar du démiurge, nous ne sommes pas seulement devenus étrangers aux autres mais à nous-mêmes : de vrais sphinx. A l’instar du démiurge, nous avons découvert la solitude. Pas forcément la solitude morale proprement dite – les hommes et les femmes d’autrefois, fruits de mariages arrangés et membres de familles hasardeuses, étaient, à leur manière, bien aussi seuls que nous. Nous avons découvert l’esseulement concret, la carence affective, le fait de s’endormir seuls presque tous les soirs. A l’instar du démiurge, nous vivons seuls, nous vieillissons seuls, et nous mourrons seuls. Nous avons découvert le célibat. Mais le plus seul de tous, c’est encore notre Univers. Seul avec ses 13,7 milliards d’années d’existence depuis la première lumière émise par le Big Bang. Seul avec ses 100 milliards d’années-lumière de diamètre et ses 7x1022 étoiles. Seul avec ses 25% de matière noire, ses 70% d’énergie noire. Seul à être fini sans pour autant posséder de frontières spatiales. Seul à se refermer sur lui-même comme un hérisson – tant et si bien qu’il ressemble désormais à Spiny Norman, le gigantesque Erinaceus qui poursuit Dinsdale dans un épisode fameux du Monty Python’s Flying Circus. Seul avec toutes ces dimensions que personne n’est capable de percevoir – plus complexe encore que Shakespeare, Finnegans Wake et Laura Palmer réunis ! Seul à être viscéralement, définitivement seul. Et si mélancolique que tout y est fait pour mourir inexorablement. L’Univers a planifié son suicide – et nous n’y pouvons rien. Nous n’avons pas beaucoup de réalité pour lui. Nous n’avons pas plus de réalité que des petits « J’aime » sur son Wall pachydermique de super-starlette des réseaux stellaires. L’Univers a planifié son suicide comme un crime parfait. Si nous survivons au réchauffement climatique et à la guerre civile mondiale, la mort thermique de l’Univers nous pend au nez. Le Soleil a posé sa démission à 7 milliards d’années maximum, et, dans 20 milliards d’années, aucun astre n’aura assez de combustible pour continuer à parader dans le tric-trac du ciel. Ce sera un univers d’étoiles éteintes, comme un réseau social définitivement déserté… Et les scénarios des physiciens ne diffèrent que sur le modus operandi du suicide planifié de Monsieur : Un Big Crunch, si l’expansion se ralentit et s’inverse ; un Big Chill si les astres éteints s’agglutinent en trous noirs, et l’Univers se dissout en un bain de photons froids ; un Big Rip si l’Univers continue son expansion pour exploser, laissant la matière qui le compose se déchirer par dilatation dans l’espace. Rip, Chill & Crunch sont les Pieds Nickelés qui tiennent entre leurs mains le dernier tour de cochon de notre Very Big Boss. Les réseaux sociaux ont transformé notre monde affectif en galaxie. Tous nos amis Facebook, ce sont de petites lumières dans la nuit. Il y a qui s’éteignent, d’autres qui s’allument, mais tous nous menacent d’une extinction progressive de nos derniers remparts contre la solitude. Mark Zuckerberg, glacial prophète de notre apocalypse intime, nous a transformé en frères Ubu de l’amitié – tyrans boulimiques d’un cosmos de stimulations affectives de faible intensité, où le nombre compense la distance, et où la rareté fait la préciosité. Un « like » de la femme qu’on aime, c’est une lueur lointaine venue de la planète Mars ; un ancien amour qui nous bloque, et c’est un trou noir ou une déflagration. C’est pareil pour l’Univers. Nous n’avons pas plus de réalité pour lui que les petits « J’aime » sur notre Wall, mais nous n’en avons pas moins. Dans notre cœur, nous avons la force de le constituer. Dans notre cœur, nous avons les armes pour le convaincre de notre réalité. Et il craint notre mépris plus encore que nous ne redoutons son indifférence. Embrasse-nous, idiot ! Ce sont les derviches tourneurs qui peuvent nous apprendre comment amadouer l’Univers. En imitant la danse des planètes, les disciples de Rûmî abandonnent leur égo et tournoient à l’unisson avec les planètes comme si chaque âme pouvait atteindre la mélodie du Grand Tout. Ils font le pari que le tourbillon dansé de quelques êtres suffit à atténuer le chagrin du grand solitaire, comme un seul sourire peut parfois sauver une journée. Nous devrions tout apprendre à faire comme des soufis : écrire, aimer, travailler, vivre. Nous ne sommes pas seulement étrangers, mais reliés à la totalité de l’Univers. Nous ne sommes pas seulement seuls, mais mariés à tous les êtres. Nous ne sommes pas seulement singuliers, mais nous pouvons continuer à danser.  

Le 20 janvier 2017 à 11:34

Nos disques sont rayés : quinze jours sur les blocages français

À quoi bon « résister » si on connaît la fin ? (…)Nos disques sont rayés. Mais demain, peut-être trouverons-nous des réponses.Mehdi Meklat et Badroudine Said AbdallahBondy Blog 7 décembre 2015 Conférences performances avec Mediapart, le Bondy Blog, Edgar Morin, Jean-Pierre Filiu, William Bourdon, François Ruffin, Frédéric Lordon, La Rumeur, Kader Aoun, Pascal Blanchard, Emma la clown & Françoise Dolto, l’ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine), Gérard Mordillat, Christophe Meierhans - conception Jean-Daniel Magnin et Jean-Michel Ribes Dès le 1er février, retrouvez chaque jour sur ventscontraires les podcasts et vidéo des 14 conférences-performances "Nos disques sont rayés". Un festival de mutineries, de rires et de réflexions pour s’élever au-dessus des blocages français – qu’ils soient politiques ou sociétaux, avec la montée des craintes et des extrémismes qui les accompagne. Passé colonial mal digéré, apartheid dénoncé mais non réparé, crise de la représentativité, pouvoir régalien exorbitant du chef, corruptions, inégalités, évasion fiscale, emprise des lobbies sur la nature et notre santé sont bien sûr au menu. Notre système politique se mord-il la queue ou peut-il se réformer ? Comment mettre fin à la rengaine des vœux pieux, des discours éventés, du manège des mini-hommes providentiels de plus en plus dévalués à nos yeux, du cercle vicieux dans lequel la Ve République s’est enfermée ? Pourquoi recommence-t-on encore et encore ce qui ne marche plus ? Comment sortir d'une situation bloquée ? Suffit-il de s'indigner ? Va-t-on enfin élargir le paysage ? Quinze jours de cartes blanches, conférences, concert, performances pour rencontrer ceux qu'on maintient en lisière ou qu’on regarde avec méfiance : penseurs dérangeants, hip hopers, stand-upers, spectacles qui fracturent le champ politique par le rire – et des rédactions ne dépendant que de leurs lecteurs et d’elles-mêmes, bienvenue à Fakir, le Bondy Blog et en ouverture Mediapart, invité dans la grande salle du Rond-Point pour une soirée pirate diffusée en direct sur son site. Festival Nos disques sont rayés, quinze jours sur les blocages français, du 23 janvier au 11 févrierCaptation vidéo : Larissa Pignatari, Léo Scalco

Le 6 mars 2015 à 14:52

Oh l'autre, il respecte tout le monde

C’est vrai, je respecte tout le monde. Je respecte les Amish parce qu’après tout, je suis d’accord avec eux, ça a été trop vite, on a perdu des choses du passé, ce qui explique la montée du FN, si la France était Amish, y’aurait pas Marine le Pen. Je respecte le fait que le prophète soit hétérosexuel, même si j’ai des amis musulmans qui couchent avec des garçons. Je respecte le fait que François Hollande n’aime pas la Culture, ça permet de rêver à Juppé en Malraux. Je respecte monsieur Poutine et monsieur Assad qui se respectent mutuellement. Je respecte mon marchand de journaux qui refuse de vendre une pile de téléphone à un Arabe parce qu’il ne parle qu’anglais (même si je traduis). Je respecte l’extrémiste qui a tué Rabin, il faut se mettre à sa place, la paix ça lui aurait gâché le boulot. Je respecte Marine Le Pen qui ne dit pas que des conneries, sauf en économie, en culture, en immigration, en religion, en politique, en botanique elle est pas mal. En échange, je veux juste que ces gens me respectent, parce que, comme matière, j’ai choisi de faire droits de l’homme et siècle des lumières. Pour moi, une des plus belles dates, c’est le 9 décembre 1905. L’autre, on le respecte, à condition qu’il nous fasse pas chier. C’est vrai, quoi, le respect, ça devrait être une activité à plein temps. Moi, le respect, j’en crêve quand l’autre me marche dessus. Mais je continue. J’ai pas trop le choix. Ma femme me dit que je suis un démocrate. Et moi, je respecte beaucoup l’opinion de ma femme parce que je l’aime et j’irais jamais dire du mal de quelqu’un que je respecte et qui pourrait me buter. Ce serait un manque de respect envers notre amour. Non ?

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