Pétula Fox
Publié le 01/11/2015

Café des Sports


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Animations, illustrations, et aussi, explorations de lieux périphériques insolites, créations de carnets de voyages entre réalité et imaginaire.

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Le 16 février 2013 à 08:11
Le 14 février 2014 à 07:52

La Saint Valentin

Chère Mademoiselle Joséphine, c'est aujourd'hui la Saint Valentin, ce n'est pas ma fête car je m'appelle Gontran mais j'aimerais tant que vous daigniez m'adresser un sourire, un vrai, d'enthousiasme et non pas le rictus de politesse que vous faites en soulevant ma chemise, seringue à la main, en dégageant mes fesses et en disant : Allez, du courage ! Du courage, j'en ai plus que vous ne croyez, je traverserais des océans pour vous mais ce serait idiot vu que vous êtes tout près de moi. Mademoiselle Joséphine, je sais que ce soir votre amoureux va vous inviter au resto ivoirien en bas de chez vous ; de ma chambre j'entends tout ; et qu'après il vous bossera. Je suppose que c'est une expression de chez vous qui veut bien dire ce que je redoute vu les gloussements que ce projet a engendrés auprès de vos collègues. La Saint Valentin, c'est dégueulasse ! C'est de la discrimination négative. Déjà qu'on est malheureux d'être tout seul, puis d'être malade, en plus il faut supporter la pression de tous les médias au sujet cette fête commerciale qui fait vendre des fleurs, des strings et des bijoux. Obligation d'être joyeux, d'être gentil, d'être généreux (qu'est-ce qu'il t'a offert ton jules ?) et de bander. Finalement non, ne me souriez pas, vous me faites pitié avec votre petite histoire d'amour à deux balles qui va se terminer en queue de boudin avec un polichinelle dans le tiroir et un bouquet d'hématomes sur votre corps ! Sans rancune, bien à vous ! Gontran de la chambre 6.

Le 3 janvier 2015 à 09:34
Le 4 juillet 2014 à 08:36

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Est-il sain de faire de l'humour noir?

NON. Faire de l’humour noir est vraiment le signe d’un dérangement mental. Est-il besoin de se moquer des pauvres, de la maladie ou de la mort ? D’abord, c’est toujours la mort qui gagne. C’est plutôt elle qui devrait rigoler, hein ? Cela explique pourquoi les employés des pompes funèbres font toujours la gueule : à force de porter des cercueils matin et soir et de voir des familles éplorées, ils ont compris que, eux aussi, malgré leurs chouettes costumes un peu long aux manches, ils allaient y passer un de ces jours. Passons sur la maladie, qui n’a rien de risible, sauf quand il s’agit de la maladie du voisin, un vieux con celui-là, plus sourd qu’un pot de chambre et affligé d’hémorroïdes (avec deux « r » comme me le rappelle mon ordinateur). Venons-en aux pauvres. On rigole rarement en compagnie des pauvres et autres traine-savates, à moins de s’appeler Saint-Vincent de Paul, mais le nom est déjà déposé au bureau des brevets. Et puis, osons le dire, les pauvres sont pudiques : s’ils ouvrent trop la bouche, on voit leurs dents cariées. A l’inverse, on peut toujours rire des riches, ça fait du bien et ça ne coûte rien. Surtout quand on est pauvre, malade et pas très loin de passer l’arme à gauche. Là, on se dit qu’on a de la chance quand même de se moquer de ceux qui ne pourront rien pour nous. On se sent plus riche, en somme. Et on se dit que, malgré leurs dents en or et leurs comptes en Suisse, ils finiront comme nous dans une petite boite vernissée où le réseau 4G n’est pas nécessaire pour tutoyer Dieu.

Le 27 février 2012 à 07:58

Mauvaise réputation

Il s’était appliqué pour que ce soit bien propre. Ça lui avait pris du temps, mais il était content de lui. Il avait choisi une belle malle en cuir. Ce qui l’ennuyait, c’était le risque à la douane. Qu’on la bloque pour contrefaçon. On n’est jamais assuré de ce qu’on trouve dans le souk de Marrakech.   A l’intérieur, pour ne pas salir – la malle pourrait toujours resservir – il l’avait capitonnée de polyane. Il avait rajouté un pot-pourri, le nom ne saurait être plus adapté, pour diffuser une odeur agréable. Le transport pouvait être long.   Elle était si jolie ce matin, quand il s’était réveillé. Elle dormait encore, la peau nacrée de son bras tranchant avec le doré de la sienne. Un sourire fermait ses lèvres. Elle n’avait jamais été aussi belle, elle ne pourrait jamais plus l’être autant. C’est cette image qu’il voulait conserver. L’ennui quand il lui avait tranché la gorge, c’est que ça laissait une trace sur son cou. Mais il avait attendu qu’elle se vide de tout son sang. Il l’avait bien lavée, essuyée. Et il lui avait attaché un foulard de soie pour dissimuler la plaie. On ne voyait presque rien. Il l’avait couchée dans la malle, repliant les bras et les jambes pour qu’elle soit à son aise. On fait une mauvaise réputation aux gendres.  Sa belle-mère pourrait le remercier, il avait simplement chercher à la satisfaire. C’est elle qui avait demandé, juste avant le départ pour le voyages de noces. « Bon voyage les enfants. Et surtout, envoyez-moi des souvenirs. »

Le 27 avril 2012 à 08:22
Le 10 septembre 2011 à 10:36
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