Michel Zinger
Publié le 09/11/2015

Mondes Parallèles


Paris-Plage

Après une enfance heureuse, tout juste perturbée par le fait que mes parents pensaient que je n’étais pas vraiment leur fils, je n’ai pas su trop quoi faire de l’avenir. Mes études furent bordeliques et décousues, entre faculté des lettres et des sciences, beaux-arts et musique, le tout en même temps, sans être doué pour quoi que ce soit et sans jamais aboutir à quelque chose. Un jour, alors que je cherchais un chemin que jamais je ne trouvai, je frappai par hasard à la porte d’une école renommée qui, ayant apprécié mon sens de la repartie, eut la bonté de m’accueillir, de m’enseigner des choses et de me donner de quoi occuper mon temps pour la vie avant que je ne réalise que ce temps n’existait pas.

 

Partager ce billet :

Tous les billets du dossier

À voir aussi

Le 16 avril 2012 à 08:28

Chronique rurale

Huitième jour : l'enterrement de ma mère.

> Premier épisode                    > Episode suivant   Ce matin au petit jour, j’ai enterré maman sur la plage. Je l’ai récupérée après que la poule l’ait traînée toute la nuit et lui ait bouffée consciencieusement toutes les parties les plus grasses. Elle ne lui a laissé que les os et les poils. Beurk. J’ai dit une prière en espérant que quelqu’un l’entende, même si j’ai renoncé depuis longtemps à l’idée d’un Dieu « utilitaire ». J’ai l’impression en effet que la présence du Créateur est toute relative, c’est une sorte d’absence finalement. Ca ne me gêne pas outre mesure, d’ailleurs, puisque j’ai bien compris que vivre seul était précisément le principe de la condition humaine. Dieu nous propose de faire avec. Croire en Dieu est donc un acte purement gratuit, un des derniers encore possibles sur cette Terre. De cela je l’en remercie. Il faudra que j’en touche deux mots au Curé.   Après avoir sauté sur le sable à pieds joints pour bien tasser, j’ai quitté le corps de ma mère vers 9h30, et me suis dirigé vers le Nord. C’est ici que vous me retrouvez. Un vent saharien et radioactif me balaie gentiment la frange. Je croise un restaurant routier dont le toit, soufflé par l’explosion, a été entièrement recouvert de  cadavres d’ouvriers polonais employés par un sous-traitant de Bouygues sur l’ex-chantier de l’EPR, avant l’accident. Je les salue amicalement. Pas de réponse des polaks, belle mentalité !   Un peu plus loin, un peu plus tard. Dans une zone hyper- radioactive - comme l’est maintenant cette partie sinistrée de la Manche -, la sensation du temps est décidément très étrange. Je confirme même une nouvelle fois que je suis le témoin –et la victime- d’une véritable accélération du temps, une sorte de micro-climat spatio-temporel, encore un truc pas prévu par Einstein… Si je dis ça, c’est que mon ventre ne cesse de s’arrondir davantage, une journée semble être à minima l’équivalent d’un mois, et ce que je dois bien désigner comme mon utérus - malgré les doutes persistants sur ma féminité - est sujet à des contractions de plus en plus fréquentes. Je  suppose que j’approche du 7ème mois de grossesse. Je culpabilise un peu de n’avoir pas prévenu le Père et Nadine. Il me suffit pourtant de fermer un instant les yeux, et je les visualise tous les deux : l’un debout en chaire, éclairant les foules béates de la Maison de Retraite par ses enseignements contemplatifs ; l’autre assise en caisse n°4, éclairant pareillement la clientèle par l’évangile de ses deux seins fièrement dressés, son badge d’hôtesse ornant le droit tel un sermon sur la montagne.

Le 4 novembre 2015 à 14:02

Les scientifiques proposent de placer la banquise dans une glacière géante en attendant de trouver une solution

Une équipe de chercheurs norvégiens vient de dévoiler les plans d’une glacière géante destinée à recueillir provisoirement la banquise menacée de fonte. Le dispositif aux dimensions pharaoniques pourrait être mis en service d’ici la fin de l’année. Reportage. Le chantier qui devrait débuter dès le mois prochain va voir l’installation dans l’océan Arctique d’une plate-forme de plus de 100 000 hectares pour accueillir la glacière géante. « Cela représente plus de 52 millions de terrains de curling » se targuait Erik Sorensen, qui pilote le projet depuis le début. Le chercheur précise que si le projet prévoit de sauver environ 200 milliards de mètres cubes de glace, il n’offre aucune résolution durable au problème du réchauffement climatique. « Nous agissons juste sur un symptôme, mais le mal reste toujours là. Il est donc toujours urgent d’agir et de continuer à trouver d’autres solutions » rappelle le scientifique en précisant que le chantier démesuré risquait d’augmenter de 0,2 degrés les températures dans la zone. De nombreux pays voisins ont salué l’initiative des chercheurs norvégiens, certains annonçant qu’ils étaient prêts à apporter leur contribution au projet. Les Suédois devrait suivre avec un dispositif complémentaire au Norvégien. Trois millions de ventilateurs devraient être installés dans l’Arctique, dès que la construction de la centrale nucléaire qui les fera fonctionner sera achevée.

Le 3 septembre 2013 à 10:37

Bilan de l'été : encore des dizaines de morceaux de musique massacrés à la guitare sur les plages en France

Le ministère de la culture vient de publier son traditionnel bilan des morceaux de musique les plus massacrés à la guitare cet été sur les plages. Les chiffres stables par rapport à l’été 2012 restent toujours préoccupants. L’indétrônable No Woman No Cry Le standard de Bob Marley reste cette année le morceau qui a été le plus malmené sur le littoral français cet été, suivi de près par Come as you are de Nirvana et par Wonderwall de Oasis. La référence reggae a été reprise 10906 fois, dont 406 fois par la même personne, un étrange homme blanc portant des dreadlocks aperçu torse nu sur les plages du pays basque. Dans un classement qui ne connaît pas de grands bouleversements, la plus forte progression est effectuée par la chanson Over the Rainbow qui fait un bon de douze places. Le chiffre très préoccupant l’est d’autant plus avec le succès et l’arrivée massive de ukulélés constatés sur les plages, entraînant ainsi l’arrivée de nouveaux standards usant pour les oreilles. On notera un petit recul de certains morceaux vieillissants tels que Hôtel California et Stairway to heaven qui subissent de plein fouet la concurrence des titres de Christophe Maé et de Zaz, illustrant quand même la terrible augmentation du niveau sonore vocal que l’on observe depuis plusieurs années. La bonne nouvelle nous vient du coté des chansons de Gérald de Palmas. En effet, pour la cinquième année consécutive, aucun morceau du chanteur n’a été entendu sur les plages cet été. Des vacanciers qui se mobilisent Interrogés sur les plages, les touristes ne cachent pas leur désarroi. « On n’en peut plus, ce sont toujours les même qui doivent subir le comportement d’une minorité de kékés en bermudas. » déclare Claire, une parisienne venue passer trois semaines de vacances sur la côte d’Azur. La jeune femme avoue ne plus fréquenter que des plages privées ou interdisant leur accès aux personnes accompagnées d’un instrument de musique, et vouloir s’engager au sein de l’association l’Oreille Cassée, qui lutte pour la préservation sonore du littoral en France. Jacques Maroc, président de l’Association nous explique : « Il il y a toujours trop peu de prévention auprès des jeunes. Aujourd’hui, quatre accords suffisent pour jouer toute la discographie de Christophe Maé, c’est une bombe à retardement pour nos oreilles qu’on laisse dans les mains de nos enfants. Et on a aussi besoin que les pouvoirs publics puissent donner aux municipalités de vrais moyens d’action et de répression pour sanctionner les coupables». Aurélie Fillippetti a annoncé lors d’un point presse que « les bons chiffres de cette année ne faisait pas baisser la vigilance du gouvernement sur le problème ». La ministre de la culture a en outre précisé que l’opération de distribution de bouchons pour les oreilles sur toutes les plages du littoral français serait reconduite à l’été 2014. L’opposition dénonce une mesure trop laxiste en rappelant le tragique fait divers qui a vu un homme se faire lyncher par des touristes excédés après avoir entonné Imagine de John Lennon sur une plage de la Baule fin juillet. Le Gorafi  Photo:quavondo / UntitledImages /iStock  

Le 11 novembre 2015 à 08:38
Le 29 novembre 2013 à 09:44
Le 29 septembre 2015 à 08:30

Les pigeons parisiens évoluent avec leur environnement et deviennent de plus en plus arrogants

Charles Darwin disait « Ce n’est pas la plus intelligente des espèces qui survivra mais celle qui sera le plus apte à changer ». Et si cette espèce « hyper adaptable » était le pigeon ? Reportage. Au contraire des écologistes, Il semblerait bien que « le roi des villes » ne soit pas près de disparaître. En tout cas c’est que semble confirmer une étude de Pigeon Magazine. Selon le très sérieux hebdomadaire « Les pigeons parisiens ont muté pour s’adapter et survivre dans la jungle parisienne. Ils sont notamment devenus très arrogants. Deux à trois fois plus qu’un paon ou qu’un producteur tv pour vous donner un ordre d’idée.  » « Nous sommes les plus beaux et les meilleurs pigeons du monde » Une mutation clairement assumée par les pigeons parisiens. Michel, pigeon parisien depuis 5 ans vient confirmer la tendance « Un pigeon gentil, qui ne snobe pas, n’a aucune chance de survivre dans des univers comme la ligne une du métro ou le quartier de Saint Germain. Je pense que de toutes les façons nous sommes les plus beaux et les meilleurs pigeons du monde. » Évoluer pour survivre Cette capacité d’adaptation du pigeon en milieu urbain a été remarquée également dans d’autres villes de France. Par exemple dans la ville de Limoges ou le pigeon a évolué en fonction de son environnement. Il sécrète maintenant naturellement des antidépresseurs, essentiels pour pourvoir survivre dans la cité comme dans l’ensemble de la région Limousine.

Le 30 novembre 2015 à 11:16
Le 28 novembre 2011 à 09:03
Le 20 juillet 2011 à 09:14

Les quatre saisons

mais sans anchois, s'il vous plaît

J’aimerais m’excuser publiquement. Souffrant de procrastination tenace et d’inspiration volage, je nourris le rêve secret d’être un jour choisi comme mascotte de l’Amicale internationale du syndrôme de la page blanche. Si l’inaction devenait sport olympique, je pourrais facilement prétendre à une médaille, si je n’avais pas bêtement loupé le délai limite d’inscription. Je suis prêt à saisir n’importe quel prétexte pour ne pas m’y mettre. Avant Internet, déjà, je préférais réactualiser cent fois ma boîte aux lettres et mon quotidien préféré plutôt que de me mettre à bosser. Il est des jours où je m’ennuie tellement que j’ai l’impression d’entendre mon cerveau fondre, où je m’ennuie tellement que je regarde les étapes de plat du Tour de France en entier,… Tiens, je suis tellement accro à la procrastination que j’ai même un compte Google+, c’est dire ! Google +, ça ressemble un peu au croisement de Twitter et de Facebook, c’est-à-dire qu’on y parle essentiellement de la météo, comme sur Twitter, et du temps qu’il fait, comme sur Facebook. Et justement, c’est pour ça que j’aimerais m’excuser publiquement. L’autre jour, on m’a demandé « plus estival, ton prochain article ». Je me voyais déjà me rouler nu dans le sable fin, rire en courant, échevelé et exubérant, dans les embruns mordorés, et des glaces aussi, c'est important, les glaces, mais encore cinq minutes, il y a un coureur mexicain en échappée, il a quarante-deux secondes d’avance sur le peloton et il va aborder une côte de quatrième catégorie, ça a l’air important et... Ah ben tiens, l’été est fini, dirait-on. Quand je te disais que j'étais prêt à n'importe quoi pour remettre à plus tard !

Tous nos invités
Tous les dossiers

derniers podcasts

je m'abonne :   
Kader Aoun et des stand-uppers : "Je n'abandonnerai jamais la banlieue"
Live • 23/03/2019
Tania de Montaigne : L'Assignation
Live • 07/02/2019
Florence Aubenas au grand oral désopilant du Barreau de Paris
Live • 07/02/2019
Eric Vuillard en conversation avec Pierre Assouline
Live • 13/02/2018
Tobie Nathan : Le Parlement des dieux
Live • 13/02/2018
Tous les podcasts

ventscontraires sur Youtube

Découvrez la chaîne
La revue en ligne du Rond-Point
Auteurs maison   Vedettes etc.   Confs & Perfs   Archives   Tous les chroniqueurs
Les vidéos   Les sons   Les images   Les textes  Nous contacter   Presse
ventscontraires.net, revue en ligne, vous est proposée par le Théâtre du Rond-Point.
Site administré par
© 2014 - CC.Communication