Pixel Vengeur
Publié le 10/11/2015

Ça se réchauffe même méchamment


Pixel Vengeur fait ses premières armes en bande dessinées dans les années 80 dans des journaux tel que Viper, le Petit Psikopat Illustré et Rigolo. Puis il devient graphiste en jeux vidéo et découvre l’ordinateur. Il  recommence à apparaître en tant qu’illustrateur dans différents mensuels, puis par revenir définitivement en 2000 à la bande dessinée.

Il travaille aujourd'hui régulièrement pour Fluide Glacial, le Psikopat et Spirou. 

 

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Le 8 juillet 2012 à 09:04
Le 4 avril 2012 à 10:33

"Le torrent révolutionnaire des Français est sorti de son lit"

Jean-Luc Mélenchon, meeting à Vierzon, mardi 3 avril 2012

Filer la métaphore, c’est prendre le risque de faire des nœuds à sa pensée. Que nous dit-il cet homme de « conviction » (Sarkozy dixit), qu’est le candidat du Front de gauche ? Le peuple possède une force hydraulique désormais activée par la turbine mélenchonienne. Soit. C’est au moins une énergie renouvelable. Pour les megawatts, on évaluera le  22 avril. Mais n’empêche qu’il nous suggère aussi, cet homme à « l’identité forte » (NKM dixit), que par le passé le « torrent » était resté dans son « lit. ». Ou bien il roupillait, ou alors, bordé par les soins de la Réaction, il se tenait allongé dans une position inoffensive. Pas terrible, le sous-texte. C’est que depuis Karl Marx qui a vu les Communards monter « à l’assaut du ciel », l’imaginaire révolutionnaire peine à retrouver une telle hauteur. On serait plutôt dans le mimétisme : 1917 en Russie s’inspirait, précisément, de 1848  en France, tandis que par un plaisant retour des choses Mai 68 plagiait octobre 1917, dans ses déclinaisons lénino-trotsko-maoïstes. Et Jean-Luc Mélenchon, cet homme « sincère » (Morano dixit), il se la joue comment la Révolution ? Dans le style, on voit bien qu’il emprunte au tonitruant Marchais des années 70. Pour le fond ce serait plutôt entre Thorez et Chavez. Deux grands défenseurs de l’énergie nationale. Le charbon pour l’un, le pétrole pour l’autre. Mélenchon c’est peut-être la Révolution accédant enfin à l’âge de l’électricité. Un vrai bond en avant.

Le 8 février 2012 à 10:08

"Le problème d'image d'Eva Joly ne vient pas que de son accent, c'est aussi physique. "

Nadine Morano, Le Parisien/Aujourd'hui, mercredi 8 février 2012.

Le problème d’image de la ministre de  l’Apprentissage et de la Formation professionnelle, ce n’est pas son physique mais l’accent vulgaire qu’elle imprime à ses propos publics.  Sous la Révolution elle aurait été Tricoteuse commentant les  têtes qui tombent dans la sciure,  sous la présidence Sarkozy elle est une sorte de Rabouilleuse, celle dont Balzac raconte qu’elle salissait l’eau pour mieux pêcher l’écrevisse. Dans son interview au Parisien elle fait carton plein en ironisant sur la chirurgie esthétique qu’elle croit déceler sur le visage de Ségolène Royal et le régime alimentaire qu’elle voit poindre derrière la ligne retrouvée de François Hollande. Bref elle y va fort, la Morano. Mais, elle, sa forme elle l’entretient sans faire appel à la médecine. Quand elle est pressée, elle cravache son escorte policière motorisée, au point que celle-ci, empruntant un couloir d’autobus parisien à contre-sens, renverse un  piéton qui sombre – quelques heures – dans le coma. Elle confesse par mégarde sur Twitter qu’elle «  bulle dans un spa avec des copines » alors que les Français pèlent de froid et que ses collègues font des heures sup’ (non rémunérées) au service du Président-candidat. Nadine Morano est une bonne cliente pour les médias. Avec elle le show est garanti et le buzz assuré (la preuve…) Une suggestion pour ses affiches de campagne législative : « Nadine Morano, celle qui ose tout. »

Le 10 août 2012 à 09:07

Racolage. De la Suisse, naturellement.

« Plus racoleur, ton prochain texte », m'a susurré une sculpturale rousse, alors que j'étais occupé à gagner de l'argent sans rien faire. Avant de s'éclipser pour son prochain rendez-vous, l'assemblée générale ordinaire du Complot Mondial dont elle était, semble-t-il, trésorière (à l'ordre du jour ils avaient : l'affaire DSK, le choix du vainqueur de la prochaine coupe du monde de foot et l'organisation de leur super loto annuel), elle a ajouté, mutine : « Et si tu es sage, je te promets une belle récompense... » Facile, me dis-je. La recette, tout le monde la connaît : Un peu de sexe, un peu d'argent, un peu de violence gratuite, un peu de bébés animaux, un peu de dendrochronologie. Oui mais dans l'art de bien racoler, je le confesse, le difficile est de bien savoir jouer des fesses : on ne tortille pas son popotin de la même manière pour un blogueur, un Facebookien, un lecteur de Vents contraires. Sur Twitter, par exemple, en moins de 24 heures, le trending topic (topic trendant, ndt) du moment est passé de petit bateau à philo et de santé service à Bill Kaulitz (mais si, le chanteur de Tokio Hotel)(mais si, ils étaient allemands, ils chantaient, ils avaient des cheveux). Décontenancé, j'ai décidé de décevoir ma mystérieuse indic : « Désolé, mais le racolage, c'est pas mon genre, en Suisse, nous sommes tous honnêtes et modestes comme notre chef, Roger Federer. » « Mais tant mieux ! », me répondit-elle alors, « c'était un test pour éprouver ta morale. Voici ta récompense : clique ici pour savoir qui consulte le plus ton profil Facebook. Cela marche vraiment. »

Le 4 juin 2011 à 08:45

Entre adultes consentants

Jadis, la femme devait se plier au devoir conjugal : je passe sur la notion d’agrément ! Ce fut l'époque de la fameuse migraine des femmes. Vint la libération sexuelle. Et madame découvrit que c'était rudement chouette de prêter son corps à un artiste qui savait en jouer. La libération s'intensifia, porno à la télé, puis sur le web et découverte d'un autre type de sexualité, tendance lourde : l'éjac faciale, la tournante, le gang bang et autres facéties. Celles qui  critiquaient ces blagues ou ces jeux étaient exclues du groupe ou traitées de mal baisées réacs. En même temps, la lutte contre le sexisme se poursuivait aux USA où une sécu fut mise en place pour éviter tout malentendu : le monsieur faisait signer à sa partenaire un papier l’autorisant à des relations sexuelles librement consenties. Quel romantisme ! Aujourd'hui, le petit monde politico-médiatique fait mine de découvrir que les Français sont machos. Je n'ai plus l'âge d'être harcelée mais je pense que quand les dirigeants (au sens large) se décideront à admettre que les femmes ne sont pas qu'un cul, un pied, une bonniche/potiche mais qu'elles ont un cerveau adapté à mettre au service de tous, quand les problèmes de parité seront enfin réglés, les pratiques sexuelles de domination seront forcément moins lourdingues, moins violentes et donc moins criminelles. La France étant en 46ème position en terme de parité (octobre 2010), arrêtons de dire que ce pays est très respectueux des droits des femmes, merde, quoi  !

Le 1 mai 2014 à 08:33

La famille nous casse les urnes

Tel père, tel maire : longtemps ce fut le devise bien peu républicaine qui régentait nombre de successions politiques. Mais le patrimoine n’est plus à la fête en politique. Ou à la condition de demeurer au sein d’une PME partisane à marque renommée et marché captif. La maison Le Pen est à ce titre unique en son genre. Tout est sous contrôle, des finances aux investitures, le fondateur est parvenu à imposer une de ses trois filles à des collaborateurs rétifs comme continuatrice de l’entreprise familiale. Le patriarche cède peu à peu la place à une matriarche. Pas d’actionnaires, même minoritaires, c’était déjà vrai quand un certain Mégret prétendant moderniser l’affaire s’était fait licencier pour ingérence familiale. A rebours d’un point de vue souvent avancé, la pire menace qui pèse aujourd’hui sur la société « Le Pen et fille » ce n’est pas le développement d’un front républicain mais l’expansion du front national lui-même qui ferait exploser un mode de gestion artisanal et endogène. Parvenu à un certain stade de croissance, le parti politique n’appartient plus à une seule famille mais à une foultitude d’actionnaires où le pouvoir se répartit entre besogneux qui font tourner l’usine et ambitieux qui se hissent au sommet pour en cueillir les dividendes électoraux. Certes le piston familial demeure la voie d’accès privilégiée pour incorporer le système ; à cet égard le « capital professionnel » n’est pas plus ni moins consanguin que dans le notariat, le journalisme, les acteurs ou… le RSA. Mais quoi de mieux qu’un héritage électif local pour entrer dans la carrière en flattant l’égo des ainés qui la quittent et rassurer les électeurs qui la votent ? Les Médecin à Nice, Abelin à Chatellerault, Debré à Amboise, Alduy à Perpignan, Giscard à Chamalières, Ceccaldi-Raynaud à Putaux et autres Zuccarelli et Giacobbi en Corse, ont connu la belle époque des placements de père de famille. C’était du temps d’avant. En ces jours nouveaux que l’on dit de néo-libéralisme, la loi du marché entraine des concurrences féroces et les jours de ce type de PME locales sont comptés. Jean Tiberi qui cultivait avec ardeur les vertus du clan familial, a dû se résigner à voir son rejeton Dominique écarté du siège paternel de la maire du 5ème arrondissement de Paris, par la volonté de Nathalie Kosciusko-Morizet, héritière autrement « coiffée » , du fait d’un nom de famille fleurant bon la noblesse gaulliste. Un patronyme n’est donc plus forcément un sésame irrésistible. A Bastia, un Zuccarelli, troisième du nom, s’est fait souffler la mairie familiale par Gilles Siméoni, pas tout à fait surgi inopinément du maquis, puisqu’il est le fils d’Edmond Siméoni, mentor des autonomistes corses. Une dynastie chasse l’autre ? Pourtant il n’est pas toujours simple d’être « fils de.. » La comparaison avec l’ascendant peut être cruelle. De Gaulle et Mitterrand ont complexé leurs progénitures. Encore qu’un blason familial puisse servir à des fins détournées. Frédéric Mitterrand, neveu baroque de François, ci-devant président de la République, n’aurait probablement pas été promu ministre, s’il s’était appelé Frédéric Lampion, nonobstant ses qualités d’homme de lettres et fin diseur. On gardera pour la bonne bouche, le maire sortant de Propriano en Corse, condamné à un an d’inéligibilité pour des bricoles comptables, qui eut l’idée de propulser son épouse candidate le temps qu’elle lui chauffe le siège. Il aurait pu présenter aussi un âne si des lois imbéciles ne rendaient la gente animale impropre à l’élection, le débat citoyen n’en serait pas sorti moins grandi que lors de l’interview télévisée de la candidate du devoir conjugal qui n’eut de cesse d’ânonner un texte écrit par avance sans avoir l’air d’en comprendre un traitre mot. Elle fut la risée du web, avant d’être plébiscitée dès le premier tour à 70% par les électeurs proprianais. Le célibat comme ultime garant de la vertu républicaine ?

Le 19 février 2014 à 14:35

Ne pas redescendre

Une fois de plus lamentablement affalé sur le sofa du salon de mon douillet chalet d'Aspen (dans le Colorado, bingo, ouais !), je tripotais machinalement mon smartphone, à la recherche de l'application la plus encline à m'apporter quelque réconfort. Je tombai alors sur ces mots : « 6, 16 m pour Renaud Lavillenie ». Je dus réfléchir : « 6, 16 m, 7 x 4 = 28, je retiens 1, heu... » quand enfin, je compris ! « Doux Jésus ! Il a battu le record du Monde ! LE. RE. CORD. DU. MONDE. » Ni une ni deux, je me jetai sur la télécommande de mon téléviseur sud-coréen, lui intimant de me guider vers une chaîne d'information en continu, quelle qu'elle soit. Ce fut celle dont l'habillage est si laid, filiale de cette grosse chaîne vendeuse de « temps de cerveau disponible à Coca-cola ». Coup d'chance, ils remontraient justement l'exploit : la course, le saut, le public qui se lève et comme le héros du jour, n'y croit pas. Puis, tout le monde l’a vu, ce plan honteusement voyeuriste sur la loge où Sergueï Bubka, visiblement pris de sentiments confus, doit subir les gesticulations de son voisin, qui insiste, et retourne le couteau dans la plaie, car il n'en revient pas de l'écart entre la barre et le corps frêle mais musclé de Renaud Lavillenie... Sergueï, lucide, sait qu'il doit rester digne, on l'attend plus bas. Il vient d'être dépossédé d'un record vieux de 21 ans, mais il a franchement l'air heureux pour Renaud (on ne s'empêchera pas d'imaginer qu'il n'a pu réprimer un « PETIT CON ! » pile au moment des faits, mais puisse-t-il, cela dit, ne pas nous faire « une Michel Platini »...).  Faire une Michel Platini : En vouloir éternellement – au point d'être jaloux (parce que c'est scandaleux, quoi !) – à un certain Zinédine Z. et ses amis d'avoir remporté la Coupe du monde de football (la vraie, en or, tout ça), alors que lui, eh ben pas du tout. (Et bien sûr, assurer, dès lors qu'il y est fait allusion, que non, trois fois non enfin, voyons !)  Face à mon écran, je n'bouge plus, béat. J'en avais déjà parlé ailleurs, mais décidément, en voilà un mec brillant, et même mieux – je n'sais si c'est parce que je suis, pour ce qui est de l'écriture,  assez navrant en ce moment, mais je n'trouve pas de mots pour décrire ce type et son exploit (peut-être bien qu'il n'en existe pas). Pendant ce temps-là, le petit gars n'en oublie pas l'essentiel : il a passé 6, 16 m au premier essai, trois nouveaux sauts lui sont donc offerts. Alors bon, record du Monde ou pas, on ne l'empêchera pas, comme chez lui, dans son jardin, de multiplier, inlassablement, les sauts insensés vers les cieux. Si une perche récalcitrante n'en avait décidé autrement, peut-être y serait-il encore... Mais il fallait bien que Renaud fasse une pause, ne serait-ce que pour la cérémonie, les photos avec Sergueï, son sponsor en forme de virgule, tout ça... Les téléspectateurs, le public de Donetsk – peut-être certains d'entre eux étaient-ils là lors d'un des nombreux records du Monde de Bubka, là-bas, pile au même endroit –, tous mesurent la chance qu'ils ont d'assister à ce truc-là. Même moi ! Je préfère ne pas trop penser à la suite, aux « impératifs économiques » (sic...), mais je m'souviens juste que la dernière fois que j'ai regardé la chaîne d'info orange et bleue, c'était pour une sorte de grand raout organisé par une marque de boisson prompte à rendre brin énervé, où un mec descendu de l'espace à pied, avait atterri à peine essoufflé. Renaud Lavillenie, c'est marrant, a fait le chemin inverse - je crois que lui, par contre, n'est pas prêt de redescendre...

Le 15 juillet 2015 à 10:22

Où (ne) sont (pas) les femmes ?

« Où sont les femmes ? », s’interrogeait un chanteur blond platine des seventies, avec ses gestes plein de charme. Oui, bon. Tout ça pour dire que la vraie question serait plutôt : où ne sont-elles pas ?   2015. France. Direction de la fonction publique de l’État : 21% de femmes. Direction de la fonction publique territoriale : 14% de femmes. Élus : 26% de femmes à l’Assemblée nationale, 22 % au Sénat, 16% de femmes occupant la fonction de maire. CAC 40 : 30% de femmes membres de CA et 11% membres des comités exécutifs ou de direction. Professions dites supérieures : 14% de femmes.   On appelle communément cela « Le plafond de verre ». Et ce serait sympa que nous parvenions à le faire exploser. T’inquiète, ça coupe pas.   L’écart de salaires entre les hommes et les femmes est de 18,8% en moyenne (et pas à notre avantage, s’il est besoin de le préciser), pendant que nous effectuons 3h52 de travail domestique contre 2h24 pour ces messieurs, en moyenne, quotidiennement. Corollaire entre les chiffres du dessus et ces dernières statistiques ? Non, tu crois ?!... « Mais Marie, arrête, vous l’avez votre égalité : vous pouvez voter depuis 70 ans {oui enfin, ça n’a pas été sans mal, sans vouloir te faire l’historique du problème…} et puis maintenant il y a la PARITÉ. » Alors oui, parlons-en de la parité. J’ai été contre pendant longtemps. Parce que j’estimais que nous n’avions qu’à nous battre et prouver nos capacités et compétences, cela se ferait tout seul. HAHAHA ! Eh oui, une folle croyance de ma candide jeunesse… Oui, moi aussi je ris beaucoup de ma naïveté.   Le fait le plus marquant à ce propos concerne les dernières élections, celles pour élire nos conseillers.ères départementaux.ales. Avec l’obligation de parité, les partis politiques ont été obligés de présenter des binômes hommes/femmes, ce qui donne un résultat de 49 % d’élues !   Youhou ! Champagne et fiesta !   Ouais. Sauf que. Suite au troisième tour – l’élection des Président(e)s des conseils départementaux – la gueule de bois a été assez violente : seulement 10 % de femmes. Elles se sont bien faites bousculer dans l’escalier : « Oh ça va les filles, vous êtes passées du deuxième sous-sol au premier étage, faudrait voir à ne pas espérer l’appartement terrasse, non plus ! »   Ben ouais, faudrait pas que l’on commence à empiéter sur des territoires dont on nous a seriné qu’ils étaient masculins, car violents, emplis de concurrence, des espaces durs où l’on ne ferait de nous qu’une bouchée : nous ne serions pas équipées pour, … Et pourtant…. si l’on me dit « Révolutions », instinctivement, Je pense aux femmes qui ont marché sur Versailles un petit matin d’octobre 1789 et qui ont ramené le Roi à Paris, Je pense à Louise Michel la Communarde, Je pense à Podemos et aux mairesses de Barcelone et de Madrid,     Alors, finalement, où sont les femmes ? Elles sont là où on ne les attend pas. Elles surprennent. Elles se mobilisent. Elles cherchent à briser leurs chaînes. Elles envahissent Internet et se confrontent avec violence aux haters. Elles investissent les champs créatifs et culturels. Elles font passer leurs messages. Elles rabâchent encore et encore, sans se lasser. Elles ont une endurance incroyable.   Elles ont surtout de moins en moins peur. Les femmes sont en train de sortir en masse de leur invisibilité, mais leur chemin est très long, car, au-delà du plafond de verre, il passe aussi par leur propre déconstruction. Alors, « La Femme, avenir de l’Homme » (« passion vieux poètes, et chanteurs morts à moustache ») ? Je ne sais pas. En revanche, les femmes à la même place que les hommes, oui, bientôt, demain, tout simplement parce que ce n’est plus possible autrement et surtout, soyez-en assurés, parce qu’on ne lâchera pas l’affaire.   (Données chiffrées : Insee, Ministère du Travail, OPFH-AN) Dessin : James

Le 12 mai 2011 à 08:00

Tout est chaos ? A côté !

Je sais pas vous, mais tout est chaos   Entre la gare et le lieu où je travaille, il y a un gymnase*, dans lequel des hordes d'adolescents apprennent les équations différentielles pour pouvoir un jour présider aux destinées de la nation. Tous les jours, donc, je partage un bout de chemin avec eux et même que parfois, je traverse au rouge. Cela me permet de me tenir au courant des aspirations de la « génération Z » (au passage, si quelqu'un connaît quelqu'un au nommage de générations, j'aimerais bien leur dire deux mots), ce qui tombe super bien puisque je dois être « plus transgénérationnel ». Or, l'autre jour, alors que je tentais un dépassement hasardeux, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre un jeune homme, muant et florescent, affirmer : « J'adorais ça quand j'étais petit. » Sans être vieux jeu ou quoi que ce soit, il me semble que les jeunes d'aujourd'hui sont nostalgiques de plus en plus tôt. Je suis ouvert d'esprit, j'ai moi-même, sans aller jusqu'à la nostalgie, eu quelques accès de mélancolie pendant mon adolescence, mais je ne sais pas si c'est bien, si vite... Oh, oui, on y pensait, on en parlait entre nous, on regardait avec envie ceux qui pensaient déjà que c'était mieux avant. Mais ça se faisait différemment, de manière plus naturelle. Je comprends, ils vont sur Internet, ils voient des sites nostalgiques, ils ont envie d'essayer eux aussi mais est-ce bien raisonnable ? Sinon, l'honneur est sauf, il avait aussi une coupe de cheveux ridicule.* NDLR : En Suisse, le gymnase est un lycée.

Le 1 avril 2010

La question du nom "ventscontraires.net"

Courrier interne

Chère amie et co-rédactrice en chef,Un petit doute me traverse alors que mettons en ligne la nouvelle revue du Théâtre du Rond-Point. Le nom est-il le bon ? Le "Vents Contraires" de ventscontraires.net pourrait nous porter la guigne, non ? Comme « Coup de Jarnac », « Sables Mouvants », « Traquenard »,   « Impasse », « Peau de Banane », « Retour dans la Gueule », « Série Noire »… quoique « Série Noire »  sonne bien, mais déjà pris... « Vents contraires », c'est vrai, donne du mouvement. Mais un mouvement d’arrêt, je trouve.  Nous nous mettons en mouvement pour arrêter quelque chose.  Finalement ce sont les autres qui sont le mouvement. N’allons-nous pas être perçus comme une revue immobiliste ? Que devenons-nous, chère amie et co-rédactrice en chef ? Jean-Daniel MagninCher ami et co-rédacteur en chef,Je comprends vos doutes, mais je n’arrive pas à les partager. C’est pas simple, vous savez, de travailler avec vous. Car après tout que sont les « Vents Contraires » ? Ce sont des vents, comme leur nom l’indique.  Ça bouge, donc ! Que me contez-vous avec votre « immobilisme » ? C’est avec des remarques comme ça qu’on n’avance pas… Ce sont des vents, et comme ils sont contraires, ils emmènent là où on n’aurait pas voulu ou pensé aller. En fin de compte, c’est quand même ce que dont nous rêvons tous, d’être déviés, d'être dévoyés, non ?… En tout cas, à vous, ça vous ferait du bien, vous savez, cher ami. Un peu d’air. Du vent !Laure Albernhe

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