Etienne Lécroart
Publié le 19/11/2015

Jean-Marc


Je m'appelle Etienne Lécroart.

Je fais des dessins d'humour dont tout le monde se tape et des bandes dessinées que personne n'entrave. 

J'ai quand même réussi à être membre de l'Oubapo et de l'Oulipo. On se demande bien comment.

Je ne comprends pas trop ce que je fiche ici. Et pour pas un rond.

http://e.lecroart.free.fr/

 

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Le 3 juin 2010 à 17:40

Le froid pour tous

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Haussmann est préoccupé par la disparition du froid. Il vient d’écrire à Napoléon : « il faut accepter la cherté des loyers et des vivres comme un auxiliaire utile pour défendre Paris contre l'invasion des ouvriers de la province ». Perdu dans ses projets d’assainissement, il se rend compte que la destruction des caves souterraines a un effet immédiat : la glace recueillie en hiver n’a plus de contenant. Privés de froid intra-muros, les habitants risquent d’aller chercher la fraîcheur de banlieue.Charles Tellier, chercheur de laboratoire farfelu, vient quémander quelques attentions au Paris éventré. Haussmann renvoie toutes ses idées mais il est touché par sa singularité et lui glisse à l’oreille : fabriquez-nous du froid !Charles Tellier s’aventure du côté de Faraday, de l’éther, et de l’ammoniac. Il construit une machine à froid dans la fabrique du maître-chocolatier Meunier. En travaillant sur la compression de gaz liquéfié, les désirs de Charles Tellier deviennent grands, très grands. Il veut le froid pour tous et partout.A ses frais, il transforme les cales d’un vieux voilier. Le 20 septembre 1876, le Frigorifique part de Rouen. Le 25 décembre, il arrive à Buenos Aires. Il prouve que l’on peut traverser l’Atlantique avec trente tonnes de viande fraîche à bord. La chaîne industrielle du froid, ainsi inaugurée, bouleversera la frileuse Europe.Poussé par la recherche absolue des basses températures, Charles Tellier va mourir dans le plus grand dénuement. Peu avant son dernier jour, il dira à un de ses proches : « Le convoi des pauvres m'attend, mais ce sort final des travailleurs ne m'effraie pas... ».

Le 13 juin 2012 à 09:52

Au plus offrant

Le football est un business, c'est bien connu. Les plus grandes stars se monnaient des millions et la valeur d'un club ne se mesure aujourd'hui plus seulement sur le terrain mais également en bourse. Forts du constat que tout s'achète et tout se vend, quelques supporters belges – dont l'équipe nationale ne participe pas à l'Euro 2012 – ont décidé de louer leurs services et soutiendront finalement le voisin néerlandais qui vient d'entamer difficilement la compétition. Ce mercenariat d'un nouveau genre se fera – rassurez-vous – au profit de l'Unicef mais il ouvre de séduisantes perspectives aux amateurs de profits et de compétitions en tout genre. Imaginez un électeur français dont le champion ne serait pas qualifié pour le second tour des législatives. Plutôt que d'appliquer docilement les consignes de vote de son parti, l'électeur dépité pourrait proposer son vote au candidat le plus généreux. J'entends d'ici les plus pragmatiques rétorquer que l'achat de vote n'est pas une nouveauté et que le clientélisme sévit déjà dans de nombreuses régions mais il s'agirait ici de développer et de systématiser le principe. Ainsi, au lieu de déplorer une abstention massive, on pourrait instaurer un marché global où se croiseraient abstentionnistes cupides et partisans fortunés. A l'instar du marché du carbone, où les pays sous-développés vendent leur droit de polluer, on créerait un marché ou les sous-votants cèderaient leur droit de vote aux plus offrants. Ceci ne serait peut-être pas très démocratique mais avouez que ça aurait de l'allure.

Le 4 juillet 2010 à 17:19

La femme la plus profonde du monde

Tant qu'il y aura du froid, recherche extime sur une sensation en voie de disparition

Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde est froide. Brigitte Lenoir s’entraîne. À la profondeur, au froid, aux mélanges de nitrox, de trimix et d’héliox, des mélanges réservés aux nageurs de combat. Elle plonge. Elle plonge des années durant. Des années de profondeur et de froid, des années à -110 mètres, à -120 mètres dans l’eau à quatre degrés du lac Léman. Le 10 avril 2010, elle bat un premier record : -154 mètres à Saint-Gingolph, en eau froide et douce. Dix jours plus tard, le 20 avril 2010, le record est pulvérisé par Sofia Ponce, au Venezuela : -190 mètres en autonomie complète, en eau chaude et salée, grâce aux mélanges minutieux de trimix 7/67, de trimix 10/50, de nitrox 32, de nitrox 50 et de nitrox 80. Alors Brigitte Lenoir s’entraîne, se prépare, se concentre. Ce sera au large de Dahab, en Égypte. Le 15 mai 2010, Elle atteint -200 mètres et remonte. Pallier, par pallier. Elle a dépassé Sofia Ponce de dix mètres, elle est tranquille, elle peut remonter calmement. Elle détient le record de profondeur féminine en eau salée. Mais chaude. À -147 mètres, son recycleur reste bloqué en position oxygène, un gaz bien trop simple pour des poumons mortels. Hyperoxie, perte de connaissance et convulsions. Personne ne pourra rien faire. Son corps restera dans la noirceur de la mer rouge. Depuis le 15 mai 2010, Brigitte Lenoir, la femme la plus profonde du monde, est froide.

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