Dominique Mutio
Publié le 06/12/2015

Terrasser Daech


Dominique Mutio est né au Pays basque en 1964.

Dessinateur depuis l'enfance, il monte à Paris en 1982 pour y étudier l'art graphique. Dessinateur de presse depuis 1988, il tente de réinterpréter avec humour et sincérité le monde chaotique qui l'entoure.

Il a publié dans de nombreux journaux et revues ( le Monde, Le monde diplomatique, Libération, La Croix, Force-ouvrière hebdo, L'Itinérant, Siné hebdo, Zélium, ...).

Ses dessins sont présents actuellement sur le site Urtikan.net (dessins d'actualité) et sur le site Delignes en ligne.com (croquis dans le métro).

 

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Le 22 février 2013 à 08:26

Prendre un billet de parterre

Expression issue d'un jeu de mots : parterre / par terre ; tomber, ramasser une gamelle ou une gadiche. La grande crainte des auteurs – contemporains - , des metteurs en scène comme des comédiens, c'est la chute, le flop, le four, le bide. On dit chuter, faire flop ou faire four, prendre un bide.   Mais il ne s'agit pas seulement d'un jeu sur les mots. Le public fréquentant le parterre fut, longtemps, particulièrement redouté. Le parterre correspondait à l'orchestre d'aujourd'hui. Ce public est turbulent ; d'autant plus que, de 1546 à 1782, il est debout. On parle du parterre debout. Ce qui s'explique par le fait que, dans les jeux de paume, premiers lieux fixs des troupes jusque-là itinérantes, les spectateurs entraient par une seule porte, placée au fond de la salle, remplissant ainsi, à mesure, un espace sans fauteuils. Il faudra attendre 1782 pour voir un parterre assis.   Le parterre debout est prêt pour la bagarre ; d'autant plus qu'il n'existe pas de vestiaire – le dépôt de cannes n'a été institué qu'en 1817 – et que l'épée au côté comme la canne à la main incitent à des réparties immédiates et, parfois, violentes.   Mais, la plupart du temps, les réparties du plaisant du parterre demeurent verbales. Un exemple suffira à en donner le ton. La comédienne Adrienne Lecouvreur (169-1730) avait pour partenaire un certain Pierre Tronchon de Beaubourg, bon comédien, mais pas gâté par la nature, ni par son nom. Quand elle a cette réplique : - Seigneur, vous changez de visage ! un plaisant du parterre n'hésite pas à répondre : Laissez le faire !

Le 17 mars 2013 à 08:51

Chronique du retour en France

A bord du vol Addis-Abeba - Paris

« Mesdames-Messieurs-bonjour, dans quelques instants nous commencerons notre descente vers Paris-Charles de Gaulle, où nous devrions atteindre notre point de stationnement d’ici une dizaine de minutes. Veuillez redresser votre siège, plier votre tablette et attacher vos ceintures en vue de notre proche atterrissage. A l’arrivée le temps est couvert et la température extérieure est de six degrés… [silence] C’est l’hiver, quoi. Il a neigé y a pas longtemps mais ça n’a pas tenu. [silence]. Dommage, c’était sympa ces batailles de boules de neige dans la rue. Mes enfants étaient tout jouasses. Hum. [silence] Je ne sais pas depuis quand vous étiez partis mais vous trouverez peut-être que ça n’a pas beaucoup changé depuis que vous avez quitté la capitale. Paris est Paris ; on y galope après le temps pour se sentir moins fragile ; les transports en commun charrient chaque jour des tonnelées de travailleurs maussades habillés de gris, de beige et de bleu marine, absorbés dans leurs téléphones et casqués pour la plupart, oublieux du monde qui les entoure au point qu’il faut les tirer par la manche pour asseoir une vieille dame ou monter une poussette dans les escaliers. Le bruit médiatique est toujours aussi assourdissant mais on s’y retrouve finalement assez vite ; les uns répètent ce que racontent les autres, Cosmo parle de fesse, l’Equipe de la Ligue 1, Le Point est à droite, Libé à gauche, le Fig à Dassault et le Canard à personne, vous ne serez pas dépaysés. Vous allez peut-être aussi retrouver l’abondance incroyable des supermarchés d’ici , les vingt marques de papier toilette entre lesquelles il faut choisir ; celui-ci rose à pois verts mais celui-là doté d’une Ouverture Facile, ce troisième Extra-Doux et ce dernier tout en haut moins onéreux mais à tête de papier de verre… Ca prend un petit moment mais on s’y fait, vous verrez. Et puis j’espère que vous avez déjà un appart où dormir parce qu’en ce moment c’est presque impossible si vous n’avez pas deux CDI, trois garants et un compte en Suisse (ou un oncle acteur en Belgique, ha ha) ; bref si vous n’avez pas de quoi acheter l’immeuble et – ah – une petite seconde, on m’appelle, je suis à vous tout de suite *bip*. *bip* excusez-moi, il fallait que je réponde, c’était les gars de la tour de contrôle qui m’appelaient. Ils me trouvent un peu trop négatif. Ils ont raison, je me suis laissé emporter. Au fond Paris vaut bien Addis Abeba, ou Hanoi, ou Oulan Bator pour autant que je sache. C’est juste que ça va peut-être vous faire bizarre de rentrer. Ce n’est pas que la ville soit si dure à vivre, non ; c’est plutôt que vous ne serez plus ailleurs. Vous verrez, ça secoue un peu. Enfin vous trouverez bien aussi de quoi vous remonter le moral, hein, je ne me fais pas de souci pour vous, attendez, je sors mon Pariscope, ah, y a Morel qui joue à la Pépinière, j’adore ses pièces ; y a plein de conférences gratuites à la BNF et des concerts en pagaille un peu partout, tiens, il y a Akalé Wubé qui joue bientôt, c’est du son éthiopien, ça ; et puis vous pouvez aller boire du thé à la menthe à la Grande Mosquée si ça ne choque pas votre orthodoxie, il est super bon, bref il y a plein de trucs à faire si vous savez prendre le temps. C’est pas rassurant, ça ? Allez Mesdames, allez Messieurs, souriez, Paris n’a pas changé mais Paris vaut le coup quand même ; il y a la place des Vosges et l’Opéra, Belleville, le Jardin des Plantes et les troquets de Pigalle, les bourdons tibétains fossilisés de la Piazza Beaubourg, le canal Saint-Martin, tous les gens mélangés, la ville humide et froide recolonisée par la vraie vie vivante et l’espoir du printemps. Mais je parle, je parle, voilà la piste qui approche et je n’ai toujours pas sorti les roues. Allez, on atterrit. Dernier virage, hop-là, désarmement des toboggans, pouf-pouf, voilà, le contrôle au frontières vous attend avec le sourire. Enfin, peut-être. Allez, Mesdames-Messieurs, bonne journée, n’oubliez pas que le monde est vaste et qu’il fait plutôt bon y vivre. Bon séjour à Paris, bonne route à vous,  A bientôt. »

Le 11 août 2010 à 09:45

« Français ou voyou, il faut choisir"

Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, Europe 1, lundi 9 août 2010

Normal, c’est la guerre, faut pas se tromper de camp. En cet été 2010, le pays est devenu belligérant  avec déclaration de «  guerre nationale »  par le général Sarkozy, inspection des troupes dans les quartiers des Beaudottes à Sevran et de la Villeneuve à Grenoble par le colonel Hortefeux, charges au clairon des lieutenants Estrosi, Lefebvre ou Marleix. Il faut avoir les oreilles bouchées à la crème bronzante, pour ignorer que la guerre est non pas à nos portes, mais dans nos murs. Les forces hostiles sont assez habiles pour ne pas se présenter en lignes repérables aux frontières, mais agir de l’intérieur en ordre dispersé : braquages,  snipers, caillassages, déprédations et même quelques campements  séditieux. L’adversaire peine ainsi à être cerné car les « voyous »  ne sont pas une nationalité, une ethnie, une classe, une communauté et encore moins une grande cause. Dès lors, avec qui des négociations d’armistice ou de paix pourraient-elles  être engagées ?  Qu’on se rassure,  il n’est pas envisagé par l’état-major sarkozyste d’autre victoire qu’éradicatrice. Christian Estrosi qui a commis une biographie de Napoléon III avec un « nègre » (en situation régulière), l’écrivain Raoul Mille, a-t-il songé pourtant que le sort de la guerre pourrait basculer et que l’ancien maire de Neuilly finisse à Sedan ? Ou même que l’heure de la retraite sonne après le 7 septembre, quand la cinquième colonne syndicale défilera dans les rues ?

Le 26 mai 2014 à 09:19

Le Professeur Pascal répond à vos questions

Y-a-t-il des mots qui font du bien?

OUI. Par exemple, les mots amour, savon, choucroute garnie, vins des pays de Loire, caresse, câlin, viens dans mon lit, copains, joie, pâtisserie, service après-vente gratuit, soldes sur la lingerie fine, plombier à l'heure, sieste, Mozart, soleil, farniente, barbecue (à gaz ou pas), théâtre, ouvreuse sexy, où sont les toilettes, ma petite chérie? La liste est loin d'être close et chacun peut la compléter selon ses goûts. Ceci étant dit, les mots sont réversibles : un mot sensé faire du bien peut renvoyer à une réalité désagréable ou affligeante. Un barbecue, cela peut vous exploser à la gueule. Toutes les ouvreuses ne sont pas sexy : j'en connais qui pourrait être maître-chien. Mon plombier arrive à l'heure, mais c'est juste pour me faire un devis. Et que dire de la lingerie fine, si on n'a personne à l'offrir ? Que dire encore d'une choucroute garnie à laquelle il manque deux saucisses ? Et je ne parle même pas du savon sur lequel on glisse dans la baignoire, de l'amour de ma vie qui ne veut pas qu'on la caresse, des copains qui ont passé l'arme à gauche, de mes voisins qui préfèrent Céline Dion à Mozart et qui m'empêchent de faire la sieste, merde ! Bref, méfiez-vous des mots qui font du bien : il se pourrait qu'ils fassent très mal. La semaine prochaine, justement, nous parlerons des mots qui blessent comme redressement fiscal, hachoir à viande, Syrie, andouille, mine anti-personnel, enfoiré. Et si vous êtes bien sage, on fera un abécédaire !

Le 9 mars 2011 à 11:49

"L'héritage chrétien" de la France

La crise de foi du Président

"Il y a près de mille ans, des architectes inspirés qui ne disposaient pas d'autres moyens techniques que leur talent et que leur foi eurent l'idée folle de jeter dans le vide la nef de leur église pour l'affranchir des contraintes naturelles qui la bridaient et faire ainsi de ce chaos volcanique originel du Mont Anis, le point d'appui d'un formidable viaduc spirituel lancé vers le Ciel. » Nicolas Sarkozy, Le Puy-en-Velay, jeudi 3 mars 2011Que de contorsions pour célébrer la cathédrale du Puy-en-Velay et les "racines" chrétiennes d’une France qui tarde, manifestement, à se débarrasser de la mauvaise herbe lepéniste. Le discours a été attribué à Camille Pascale, nouvelle "plume" présidentielle, qui signe avec éclat son arrivée. Henri Guaino avait déjà poussé le Président sur la pente glissante de "l’homme africain sorti de l’Histoire", son successeur le téléporte en 3D, là où une nef d’église est jetée dans le vide tout en étant lancée vers le ciel comme une sorte de viaduc. Les architectes de l’édifice n’auraient eu pour "moyens techniques" que leur talent et leur foi : c’est oublier les petites mains, ou si l’on préfère les gros bras qui se sont coltiné les lourdes pierres à monter sur le pic surplombant la ville, et qui ont manié ensuite la truelle ou le ciseau. Il était dans un tel état, le plumitif, qu’il a cru voir des inscriptions en "langue soufique" sur les portes de la cathédrale, une "langue" inconnue à ce jour. Mais du coup il a oublié que si les pèlerinages du Moyen-Age partaient du Puy-en-Velay, certaines croisades aussi.

Le 31 octobre 2011 à 08:52
Le 12 septembre 2015 à 09:38
Le 17 septembre 2013 à 08:51

La Russie veut bannir l'usage du signe « coeur avec les mains »

Moscou – Dans sa lutte tous azimuts contre les signes extérieurs de ce que le pouvoir en place qualifie de « propagande homosexuelle », plusieurs députés de la Douma ont proposé de bannir le signe « cœur avec les mains ». En effet, ils estiment ce geste dégradant et lié à une forme de propagande homosexuelle cachée. Faire un cœur avec ses mains pourra bientôt être passible d’amende et de prison à Moscou et dans le reste de la Russie. Ce signe des mains, au demeurant inoffensif et plutôt symbole de bonheur et d’amour partagé, est dans le collimateur des députés russes qui l’assimilent à une forme de propagande clandestine en faveur de l’homosexualité. Or, depuis peu, une loi très sévère interdit toute forme de publicité qualifiée d’homosexuelle. « C’est un geste dégradant, qui est clairement rattaché à la culture gay et homosexuelle notoire en Occident » a déclaré Leonid Breshiev, un des signataires de la loi qui veut bannir ce signe de Russie. « Personne ne fait ce genre de signes avec les mains de manière innocente, c’est dégradant, puéril et franchement un peu gay » ont pour leur part souligné plusieurs conseillers municipaux de la ville de Moscou, à l’origine de la proposition de loi. « C’est tellement ridicule, il y a une forme de dégradation de la personne humaine. Vous faites un cœur avec les mains et vous souriez bêtement et stupidement. ». Mais pour certains, cette loi est dirigée expressément contre les opposants aux récentes lois visant la communauté homosexuelle. Selon Antojn Armyanski, responsable local d’une antenne LGBT, ceci vise les manifestants qui protestent contre la loi : « Parfois nous faisons ce type de signes face aux policiers, pour leur dire que nous sommes non violents » Et de préciser «  Désormais dès que nous ferons ce signe, la police aura donc le droit de nous arrêter » s’inquiète-t-il, affirmant réfléchir à d’autres formes de protestation silencieuse. Mais d’autres députés russes souhaitent ne pas en rester là et demandent le bannissement des dessins de coeurs transpercés de flèches jugés trop violents pour les enfants. Le Gorafi

Le 24 juin 2010 à 16:07

Della Monna Lisa al Cavaliere della Notte

Réponse aux textos de Pierre Notte à Mona Lisa

Treize messages reçus.  Archivés. Tredici piccoli testi en mémoire dans ma petite boîte noire. Treize, nombre étoilé au ciel mathématique, mon chevalier de la nuit.Pourquoi répondre ? Si tu m’avais vraiment regardée, tu aurais vu ce que cachaient mes mains abandonnées sur mon giron. Si tu m’avais observée, tandis que d’un coup de pouce tu expédiais tes messages, tu aurais vu s’abaisser mon regard, s’entrouvrir discrètement mes doigts. A chacune des treize fois, tu aurais perçu le frisson sur ma peau à l’apparition de ton nom. Tu aurais vu se creuser mes fossettes et se fendre mes yeux. « Regardez ! Elle sourit ! », s'extasiaient les convenus. « C’est moi qu’elle regarde ! », clamaient les vaniteux. Non je ne répondais pas. Je cherchais par-delà le troupeau moutonnant ta silhouette fébrile. T’apercevais me regardant mais ne me voyant pas. D’ailleurs tu étais souvent en compagnie. Gérard Philipe, Catherine Deneuve, des journalistes, deux petites dames du Nord… Rarement seul.Alors… Garce ? Non ! Juste une ragazza comme une autre, un peu sage, un peu folle, un tantinet perverse. Tu m’en veux, n’est-ce pas, d’avoir publié mon courrier intime, et toi seulement en page 117, entre Valmont et Sibleyras ! Tu ne supportes pas d’être un parmi d’autres ! Petit garçon… Mais si j’avais répondu, je n’aurais plus reçu ton désarroi, tes impatiences, tes menaces et tes serments ! Nous nous serions perdus à parler pour ne rien dire que des banalités.Pourtant, je romps l’omerta aujourd’hui. Parce que j’ai peur. Oui, moi, la Gioconda ! Peur qu’un jour tu ne te lasses, ne te taises à ton tour. Peur de ne plus sentir vibrer tes mots et que meure à jamais mon envie de sourire quand je pense à toi.> voir Pierre Notte "Textos restés à ce jour sans réponse à madame Lisa" 

Le 16 février 2011 à 15:05

Rémi Sussan : les cerveaux collaborent mieux quand le corps s'en mêle

L'intelligence collective n'est pas l'apanage du web

Qu’entend-on généralement par “intelligence collective” ? Pour le monde du web, la messe est dite : c’est le produit émergent de l’interaction entre plusieurs milliers, voire millions d’individus, certains ne partageant avec les autres qu’une quantité minimale de leur réflexion. Et bien entendu, c’est le web lui-même qui est le média de choix de cette intelligence collective.Pourtant, il existe une autre approche de l’intelligence collective, bien plus ancienne que le net ou le web : la “fusion” entre quelques esprits, le plus souvent seulement deux, pouvant aboutir à une explosion inattendue de créativité.Pour réussir une intelligence collective, il faut prendre en compte plusieurs facteurs. Première surprise, la “bonne ambiance” importe peu. La motivation des participants n’est pas non plus fondamentale, ni le niveau intellectuel des individus impliqué. Les trois facteurs qui auraient effectivement joué sont d’abord la “sensibilité sociale” des participants, sensibilité sociale qui a été calculée en soumettant chaque sujet au test de “lecture de l’esprit dans les yeux”. Autrement dit, la facilité qu’à un sujet à déduire l’état émotionnel d’autrui en observant son regard (vous pouvez faire le test ici). Autre paramètre important : dans les groupes les plus efficaces, les participants tendaient à se partager plus ou moins équitablement le temps de paroles. On n’y trouvait pas une monopolisation de la parole par une minorité des membres. Enfin, troisième facteur, et non le moindre : le succès d’un groupe était corrélé au nombre de femmes y participant.C’est donc bel et bien l’intelligence émotionnelle de ses membres qui apparait comme l’ingrédient fondamental au succès d’un groupe, dont la collaboration est avant tout physique, incarnée dans le corps.L’intelligence collective devrait beaucoup au corps. Elle ne saurait se réduire à une pure communion platonicienne des esprits… > lire l'article complet sur OWNI Le journaliste Rémi Sussan travaille notamment à Internet Actu et a écrit les "Utopies posthumaines" (éditions Omniscience), ainsi que "Demain les mondes virtuels" et "Optimiser son cerveau" (éditions Fyp). Il collabore également à "l'Annuel des idées" (éditions François Bourrin). Retrouvez Rémi Sussan à la Monstrueuse Université du Rond-Point  : Rémi Sussan "Marché de demain : optimiser le cerveau"jeudi 3 mars à 19h30réservation 01 44 95 98 21tarif réduit 9€ pour les lecteurs de ventscontraires.net Illustration Albert Dubout : Justine

Le 22 février 2011 à 10:51

Céline, le soufre passe les frontières

Carte postale d'Espagne

Dans le prestigieux et copieux quotidien El Paìs du dimanche 20 février, Céline est à l'honneur. Oui, le même que le ministre de la Culture a refusé d'inclure aux commémorations de 2011. Deux pages sont consacrées à cette question : "Que faire des génies infâmes?" (il faut prendre cet adjectif à la lettre, "infâme" signifiant originellement "de mauvaise réputation"). Car la polémique soulevée par la volte-face de l'institution française a traversé les Pyrénées et c'est donc encore une fois que l'on se pose la question de savoir s'il faut distinguer l'homme de l'œuvre et, plus précisément ici, Céline de Louis-Ferdinand Destouches. L'article, fort bien construit et documenté, rappelle en quoi l'auteur de Bagatelles pour un massacre est "infâme", extraits franchement antisémites à l'appui. Et après tout, ça ne fait pas de mal de se rafraîchir la mémoire, car Céline est à peu près lu comme Proust, voire "relu", tous les étés (si vous voyez ce que je veux dire)…Sont ensuite cités notre international BHL ("Parce que la commémoration est faite pour ça, commencer à comprendre la monstrueuse relation qui peut exister entre le génie et l'infâmie, elle aurait été non seulement légitime, mais utile et nécessaire"), Esther Bendahan, écrivain et directrice de la culture à la Maison Sefarad-Israel de Madrid qui, sans la cautionner aurait vu dans cette commémoration une opportunité de réflexion, et le philosophe espagnol Reyes Mate, qui a reçu pour son livre La herencia del olvido (L'héritage de l'oubli) le Prix National de l'Essai en 2009 : "On célèbre les triomphes, on commémore les défaites (…). Le devoir de mémoire exige aujourd'hui (NDR : depuis l'Holocauste) d'y inclure un jugement moral." En 2011, la France rate donc cette occasion d'exercer son devoir de mémoire, en commémorant un auteur qui n'a pas fini, de toute façon, de faire parler de lui…Lire l'article en espagnol

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