Les bonus de la saison
Publié le 27/11/2015

Bigre : le sketch auquel vous avez échappé


Avec Pierre Guillois, Agathe L'Huillier, Olivier Martin-Salvan

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Trois voisins dans trois minuscules chambres de bonne continguës, sous les toits, promiscuité catastrophique. Voilà la trame principale de Bigre, dernière création de l'auteur metteur en scène Pierre Guillois. Il s'est invité sur le plateau avec Agathe L'Huillier et Olivier Martin-Salvan, ses comédiens. Et les a invités à inventer avec lui cette pièce sans paroles mais avec bande son, à la Tati. On aurait voulu les interroger sur la démarche, la méthode de travail, l'écriture scénique collective. Mais non. Ils ont refusé. Têtus comme pas trois, ils ont préféré nous montrer en direct comment ils ont procédé pour écrire à trois ce Bigre. Et on pondu in petto devant notre caméra le sketch inédit que voici.

Bonus : un extrait volé d'une interview de Pierre Guillois tirée du dossier de presse du spectacle, pour prouver qu'il y a quand même une pensée derrière toute cette entreprise : "Un spectacle sans parole doit quand même trouver un titre. L’idéal aurait été un titre qui ne veut rien dire. Mais même « dieozndovudznetdive » en dit encore trop. J’aime le léger archaïsme de « Bigre » et surtout son côté sonore et qui exprime la stupéfaction. On l’imagine précédé du silence de la catastrophe. Les personnages de cette pièce sont toujours stupéfaits par les catastrophes et les ratés dont ils sont l’objet. Stupéfaits par l’ingratitude du destin."

Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

Le 1 avril 2010

Michel Onfray

Les grands riards

Depuis six mois Michel Onfray «décentralise» l'Université Populaire de Caen vers Paris, plus précisément au Théâtre du Rond-Point. Expérience positive, elle sera renouvelée la saison prochaine. Pour l'heure, il nous parle des philosophes qu'il préfère : ceux qui savent rire."L’histoire de la philosophie officielle aime les pisse- froids, les tièdes, les raseurs, les émétiques, les verbeux, les tristes figures, les barbants, les phraseurs. Nul besoin de donner les noms, la liste se superposerait à celle des auteurs officiels des programmes scolaires ou à celle des habituels totems universitaires. Or il existe une autre histoire de la philosophie, non officielle. Elle  n’est ni enseignée, ni éditée, ni traduite, ni diffusée, et pour cause : elle est subversive, elle défend le corps et la chair, le vin et les femmes, la vie et l’amour, la table et l’amitié, le théâtre et la poésie, le voyage et la musique, elle moque les puissants et rit des Princes, elle raille les honneurs et méprise l’argent, ces sucres d’orge des esprits bas. Dans cette liste dont l’origine remonte au VIe siècle avant l’ère courante, on ne trouve que les grands « riards » comme dit Montaigne qui en fait partie, à savoir : Démocrite et les matérialistes, Diogène et les cyniques, Aristippe et les cyrénaïques, Philodème de Gadara et les épicuriens, Carpocrate et les gnostiques, Quintin Thierry et les Frères du Libre Esprit, Montaigne donc, Cyrano et les libertins, puis une pléiade de mauvais garçons dont les derniers furent, après Nietzsche, Foucault, Deleuze et Guattari. Rire, voilà à quoi il faut philosophiquement tendre : rire des puissants et de leurs hochets, rire des politiques et des importants, rire des présidents de ceci, des roitelets de cela, rire des icônes du marché, rire du barnum télévisuel, rire des journalistes, ces demi-habiles qui jouissent d’un pouvoir sans contre-pouvoir, la définition de toute tyrannie, rire des sportifs, rire des philosophes en chambre, des penseurs en toc, rire des curés, de tous les curés, rire des dévots des religions, de toutes les religions, rire des uniformes, rire des partis, rire des uniformes, rire des écoles, rire des chapelles, rire du vulgaire de la plupart des comiques qui ne savent pas rire, rire des rubans à la boutonnière, rire des ministres, rire des professeurs qui n’aiment pas leur métier, rire, rire, rire….Et pour ce faire, philosopher en ayant présente à l’esprit l’invite rimbaldienne qui suppose « la philosophie féroce »…"Michel Onfray, philosophe, fondateur de l’Université populaire de Caen> l'Université populaire de Caen au Rond-Point

Le 11 septembre 2012 à 09:39

Pierrick Sorin

Portrait sans valeur / autoportrait en monstre

Seul Pierrick Sorin peut dire qui est Pierrick Sorin. Tout portrait de Pierrick Sorin qui n'est pas réalisé vidéastement par Pierrick Sorin est faux. Tout écrit sur Pierrick Sorin qui n'est pas signé de sa main ne raconte rien sur Pierrick Sorin. Considérez donc que les lignes qui suivent – dont il n'est pas l'auteur – sont une accumulation de suppositions biographiques et d'analyses approximatives de son œuvre qui n'ont aucune valeur. Pierrick Sorin est né à Nantes en 1960. Il a fait l'école des Beaux-Arts dans cette ville. Il y vit. C'est un iconoclaste laconique dont la placidité drolatique le rapproche de Méliès, Buster Keaton, Tati et surtout de lui-même. Ses œuvres sont composées de trois matériaux : la vidéo, son physique et sa voix, des textes intelligents qui rappellent que ce n'est pas parce que ce qu'il fait est magique, cocasse, superficiel et rigolo et qu'il est le seul interprète, que ce n'est pas du grand art. Il n'a pas besoin de le dire, nous savons que c'est du grand art puisque c'est de l'illusion d'art. Quand c'est du vrai art, ce n'en est plus.Titres de quelques-unes de ses œuvres :– Jean-Louis Pichon, Seigneur de la nuit– A vieille mule, frein doré– Martin met ses lunettes, puis son chapeau– L'Homme qui aimait les biscottes– Espace-temps et petites cochonneries– L'Artiste, le méchant et le conservateur– J'ai même gardé mes chaussons pour aller à la boulangerie– Opérateur personnel de chirurgie faciale– Le Générateur de gros bébés– 143 positions érotiques– Tentative d'expression de la beauté intérieure– 22h13, ce titre est susceptible d'être modifié d'une minute à l'autreIl y en a des centaines d'autres.Voir pierricksorin.com.Il a exposé, performé, projeté, joué dans des galeries, des musées et des théâtres prestigieux. Il est seul, toujours, comme tout le monde, il se regarde comme tout le monde, mais il le fait mieux que tout le monde.vidéo : Pierrick Sorin, Autoportrait en monstre, 2000 Collection de la Maison européenne de la photographie

Le 21 mars 2018 à 14:09

Pierre Guillois : "Opéraporno, bien sûr il y a de l'inconscient"

Opéraporno de Pierre Guillois et Nicolas Ducloux arrive le 20 mars au Rond-Point. Comme l'écrit Jean-Michel Ribes : la comédie, en faisant la satire de la pornographie "plutôt que de la rendre plus désirable encore en l’interdisant, n’est-elle pas la meilleure façon de lui ôter son venin ? Le cinéma s’en est parfois occupé, le théâtre un tantinet, l’opéra jamais. Voilà qui est fait grâce à Pierre Guillois et à Nicolas Ducloux." – Opéra ? Pierre Guillois — Il s’agit plutôt d’un bouffe ou d’un théâtre musical, mais accoler porno et opéra est irrésistible et indique mieux l’endroit de profanation sur lequel nous prétendons nous divertir avec les chanteurs. La musique légère connaît une tradition grivoise... Nous poussons seulement le bouchon un peu plus loin, époque oblige. Sous les atours « faciles » d’une œuvre libertine se cache un défi immense : celui de conduire une pièce lyrique dans les affres du sexe le plus déviant en relevant le pari d’une comédie réussie et d’une musique capable d’émouvoir.   — Porno ? — Notre opérette (donc) est plus ordurière qu’érotique. Est-ce encore de la pornographie ? Probablement pas. Mais scandaleuse oui et sexuelle absolument : l’ordre familial est pulvérisé et son ciment moral détruit à coup de sodomie, inceste, pratiques scatologiques et autres perversions particulièrement dégoutantes. Les interprètes ne seront pas exposés tels des acteurs de film X mais devront jouer de sensualité pour incarner dans toute leur complexité ces protagonistes lubriques lâchés au cœur de situations intolérables et terrifiantes.   — Comique ? — La seule clé de notre salut est l’humour. Le rire seul nous sauvera du véritable outrage. Il ne s’agit pourtant pas de prendre tout cela à la légère. En se jouant des plus grands tabous, des peurs les mieux enfouies, l’écriture prétend faire jaillir un humour particulièrement féroce. Le rire n’en sera que plus libérateur, plus puissant, provenant du plus profond, du plus intime, du plus secret de l’être – car nous avions oublié que toutes ces choses étaient possibles et combien elles étaient interdites   En partenariat avec Théâtre-Contemporain.net qui a réalisé cet entretien

Le 18 octobre 2011 à 08:34

Etaix Pierre, la douce courtoisie du héron cendré

Avant la lecture de ses Textes & Textes par Ariane Ascaride et Thierry Frémont au Rond-Point*

Rupture, 1961, court-métrage de Pierre Etaix et Jean-Claude CarrièreJ'ai eu la chance de doubler Pierre Etaix dans un couloir d'hôtel de la baie de Calvi où nous nous trouvions invités lui et moi et 500 autres convives à saluer le "vent" le temps d'un festival, ça soufflait bien. Nous nous sommes engouffrés avec un balai de feuilles d'eucalyptus dans une cage d'ascenseur qui menait au bar cinq étages plus bas. J'ai eu un petit creux durant la descente, alors sur un simple froncement de sourcil avec douce courtoisie se tournant légèrement, il me fit des côtes d'agneau en ombre chinoise sur la paroi de la cabine. Je lui servis au plus vite un œuf frit au plat, il m'offit simplement son amitié...Pierre et Taix sont nés à Roanne, Vannes étant à l'opposé de l'Hexagone et bien trop près de la mer... De plus quand on sait ce qu'était la difficulté de naître à Roanne à l'époque on ne peut que rester pantois!Pierre Etaix est donc né nu tard, un jeudi 23 novembre 1928. Il grandit sous la houlette de ses parents, son père était crépin...Regard de cygne, élégance du héron cendré, doigts de fée fins, chevelure plaquée du casoar.Tout prédisposé donc à entamer une carrière de graphiste à main nue. Quelques temps après il se met à souffler du verre fin en couleur puis le torsade adroitement dans le Nord de l'Italie, sitôt fait, il rentre en France à Paris et se lance immédiatement dans la restauration de vitraux mille feuilles spécialité de la région. Un soir dans la nef de la cathédrale de Reims, devant l'autel, l'image du grand vitrail est projetée sur le sol, il vient de mettre à jour "la" fameuse lanterne magique médiévale, de là, il ne fait qu'un bond, on le retrouve de profil derrière le verre galbé d'un œilleton de caméra. Il est partout, concoctant des gags pour Mon Oncle, il croque tout, au fusain, au crayon, au charbon, à la plume, à la bouche, il est une abeille, un oiseau-mouche, il frôle dans son sillage Jean-Claude, un gypaète barbu, ils deviennent amis et épousent pour un temps la même Carrière dont Jean-Claude d'ailleurs portait déjà l'enseigne. Tout commence entre eux par leur "rupture" en 1961, deux ans plus tard ils fêtent leur "heureux anniversaire" à Hollywood et se voient remettre un canard laqué en vermeil. Ils secouent la nappe, tournent la manivelle, embrassent Jerry et rentrent à Paris avec Oscar; tout va bien. Puis s'annonce Le Soupirant suivi de Yoyo, Tant qu'on a la santé, Le Grand Amour en 1969, Pays de cocagne...Mais, gêné par le trop bruyant progrès de cette lourde industrie qu'est devenu le métier du cinéma, et le morcellement de la profession... Pierre l'artiste pose doucement la caméra, reprend son envol et fait des super-huit dans le ciel durant une bonne décennie.Puis il se pose sur la toile d'un cirque, se grime, efface son bec fin, s'ébroue pendant que dans son dos de sombres vampires s'emparent de ses œuvres et les rançonnent... ALors il détache ses élytres, enfonce ses larmes dans le bois, dessine un fin sourire et en un tour de magie, sans tambour ni trompette, se change en papillon.Pierre Etaix est Yoyo clown-dessinateur-réalisateur-acteur-musicien-auteur-sculpteur-gagman-magicien et gentleman.Charlie Rivel son ami le disait bien: "un clown ça mourrira jamais". © Le Rire de résistance, tome II, de Plaute à Reiser (Théâtre du Rond-Point / Beaux Arts éditions)* Textes & Textes Etaix, de Pierre Etaix, lu par Ariane Ascaride et Thierry Frémont (mise en voix Jean-Daniel Verhaege) : les 17, 18, 19 novembre à 18h30 > plus d'info

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