Etienne Lécroart
Publié le 05/12/2015

C'est d'la magie


Je m'appelle Etienne Lécroart.

Je fais des dessins d'humour dont tout le monde se tape et des bandes dessinées que personne n'entrave. 

J'ai quand même réussi à être membre de l'Oubapo et de l'Oulipo. On se demande bien comment.

Je ne comprends pas trop ce que je fiche ici. Et pour pas un rond.

http://e.lecroart.free.fr/

 

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Le 19 juillet 2010 à 13:23
Le 1 mars 2014 à 07:41

Corinne Maier

Les Cracks méconnus du rire de résistance

Avec leur bédé biographique Marx (Dargaud), qui cartonne en ce moment, la polémiste cinglante helvéto-bruxelloise Corinne Maier et la dessinatrice hyper-inspirée Anne Simon ont accompli un sacré exploit : réussir à retracer pointilleusement le parcours idéologique et libidinal de l’agitateur barbu tout en amusant foutrement. C’est très-très instructif, très-très caustique, très-très drôle et toute à fait bath visuellement. Comme c’était déjà le cas du Freud dessiné du même tandem qui vient d’être traduit en huit langues. Ce n’est pourtant pas dans les habitudes de l’incontrôlable Corinne de faire l’unanimité. La plupart de ses pamphlets acerbes ont beaucoup choqué. Bonjour paresse a désespéré les bonnes âmes réclamant du travail pour tous. Le Manuel de savoir-vivre en cas d’invasion islamiste (fort proche du mauvais esprit anti-patriotard des Chinois à Paris de Jean Yanne) a atterré à la fois les islamophiles et les islamophobes. No Kid a offusqué les mères de familles nombreuses. Tchao la France ! a piqué au vif pas mal de citoyens français en trompetant que, dans leur république, « faut se battre pour se loger, supplier pour travailler, supporter des leçons de morale à tous les carrefours ». Le brûlot suivant de la pétroleuse, le désopilant Manuel du parfait arrivisme (Flammarion), toujours sur les présentoirs, a été, lui, mieux accueilli parce que, se voulant fort perversement à double tranchant, il peut être pris tout de bon aussi au premier degré. Partant du postulat qu’on vit dans un monde « où prospèrent imposteurs et serial-menteurs », le vade-mecum de Maier offre à ses lecteurs une panoplie de recettes machiavéliques pour qu’ils cessent d’être les éternels pigeons, pour qu’ils se mettent à manipuler cyniquement à leur tour les autres et les événements à coups « de bobards, feintes et faux-semblants ». « Lectrice, vous modérerez vos coups de sang et vos agressions frontales ; pratiquez plutôt le dénigrement subtil, les micro-attaques et les coups fourrés en tout genre. Je sais d’expérience que les femmes ont toutes les compétences pour se comporter comme des sales connes. » « Malheur aux vaincus, bonheur aux faux-culs. » Pour ce, ne soyez ni trop sexy ni trop élégantes ni trop décontractées. « Une féminité sobre est une arme éprouvée qui permet de s’imposer face aux hommes sans se caricaturer. Car les hommes ne condescendent à obéir qu’à des femmes qui ressemblent à des femmes, ils ont très peur des objets sexuels non identifiés ; rien de plus déstabilisant pour eux qu’une hommasse agressive ou débraillée. » Mais c’est du premier au dernier paragraphe que le livre regorge de conseils pernicieux de cette farine : « N’oubliez jamais qu’il n’y a que la mauvaise foi qui sauve. » « Laissez les autres aller au charbon à votre place. » Rappelez-vous que « l’économie a besoin de travailleurs adaptables et de consommateurs soumis, pas de main-d’œuvre qualifiée ou d’acheteurs critiques, que le salarié idéal est un père assagi, consensuel et terne, politiquement incolore ». « Brandissez la carte postale de la famille. » « Offrez à vos enfants une éducation bisounours. » Il résulte de tout ça que lorsqu’on sort de la bible de l’opportunisme de Corinne Maier, ou bien l’on est tenté de devenir un sordide salopard se shootant à la simagrée et à l’entourloupe. Ou bien l’on a envie de rester (ou de redevenir) diablement sincère envers et contre tout. Ce que ne fut que quelquefois en passant le Karl Marx tartufe de son comic strip.

Le 28 mai 2012 à 09:43

Postériorité

Quand on y pense un peu sérieusement, c'est-à-dire dans la perspective du post mortem, il n'y a pas d'orgueil à tirer d'être très belle et remporter le concours Miss France, car au final, c'est pas beaucoup plus glorieux que d'être très intelligent et remporter une partie de scrabble. Vous allez peut-être opposer que certains, de fait, « survivent » à la mort, et là je ne parle pas de divine dérogation, mais bien de postérité. Faut voir. Attila, l'homme qui fit tant trembler l'Europe, n'a-t-il pas aujourd'hui une réputation que peut lui disputer le moindre désherbant ? C'est pourquoi tous ces hommes qui s'enivrent des vertiges que leur procure la hauteur des cimes du pouvoir que par d'habiles manigances leur outrageuse ambition leur a permis de conquérir devraient y aller mollo dans la superbe. Au sommet, pointu qui pis est, de toute pyramide, on est jamais assis que sur son cul, et ce, quelque soit la tête sur laquelle il repose. Notez que je me passerai de tout jeu de mot douteux basé sur une quelconque homonymie avec notre ancien premier ministre. Cruel mirage que le pouvoir du tyran qui s'exclame : « Mon royaume pour un cheval ». Avec du recul, quelle déchéance ! Tout ce sang versé pour un cheval ! Moi, personnellement, j'aurais demandé une Harley. A la décharge des mégalomanes, qu'y a-t-il à recycler ? Qu'on peut nourrir des ambitions, si risibles soient-elles a posteriori, car si l'espoir fait vivre, le ridicule, lui, ne tue pas. Enfin, ne tue pas celui qui l'est.

Le 24 juin 2015 à 12:07
Le 22 février 2014 à 08:06

S'émerveiller... Serait-ce ringard ?

Shakespeare est toujours à l'honneur et aujourd'hui plus que jamais. Il est parfois mis en scène avec bien de l'intelligence. C'est le cas, à mon avis, à la Comédie Française avec Hamlet. Mais, si l'on regarde d'autres pièces, où est passée la dimension féérique ? Avec les moyens techniques contemporains, rien n'y apparaît comme impossible... Certes, l'illusionnisme était combattu dans les années 1970. Une attitude qui semble s'être prolongée jusqu'au nous : le spectateur n'a pas la tête à l'enchantement ; on ne la lui fait pas... Il est amené à être trop intelligent, conforté par tout un bataclan de dossiers et d'intentions du metteur en scène. Prothèses l'invitant à jouir là où lui dit de jouir. Le rêve est banni. Et son envers complice, le cauchemar, aussi. C'est pourquoi j'ai choisi quelques mots bien désuets et bien oubliés. L'apothéose : elle concerne le théâtre grec et à la féérie. C'est l'admission posthume des héros parmi les dieux de l'Olympe. C'est la mythologie qui, en Grèce ancienne, fournit les sujets. A la fin du spectacle, le deus ex machina ne manquait pas d'apparaître pour dénouer l'intrigue, trônant sur les nuages, accompagné de l'Olympe au grand complet. Au XIXe siècle, la féérie, fondée sur la magie du spectacle, ne manque pas de réussir l'effet de surprise final, parfois accompagné d'un feu d'artifice. Cette concrétisation scénique d'un moment de l'action porte le nom de gloire. La gloire date du XVIIe siècle. C'est une machine praticable, souvent en forme de char, faisant apparaître des personnages surnaturels. Au Théâtre des Tuileries, construit en 1660, le jeu des machines était si puissant que certaines gloires pouvaient enlever jusqu'à cent figurants à la fois. Il est une partie décorative qui entoure une gloire. C'est le gâteau de nuages. Les pièces à grand spectacle du XIXe siècle proposait apothéoses et gloires. Les comédiens apparaissaient sur des plateformes qu'il convenait de dissimuler aux yeux des spectateurs afin de maintenir l'illusion. Des nuages peints en masses moutonnantes – en gâteaux- arrivaient opportunément pour masquer la machinerie. Et voilà ce qui nous manque aujourd'hui. Pour ma part, j'ai envie que, au théâtre s'entend, on me fasse mousser la chantilly !

Le 9 janvier 2015 à 10:24
Le 6 septembre 2015 à 08:59
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