Etienne Lécroart
Publié le 05/12/2015

C'est d'la magie


Je m'appelle Etienne Lécroart.

Je fais des dessins d'humour dont tout le monde se tape et des bandes dessinées que personne n'entrave. 

J'ai quand même réussi à être membre de l'Oubapo et de l'Oulipo. On se demande bien comment.

Je ne comprends pas trop ce que je fiche ici. Et pour pas un rond.

http://e.lecroart.free.fr/

 

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Le 10 juillet 2012 à 09:42
Le 2 octobre 2013 à 07:56

Si Éric Chevillard n'existait pas

Ce matin, au réveil, j’ai imaginé que Éric Chevillard n’existait pas.   Ce serait donc une vieille connaissance, à son image, qui le représenterait lors de ses timides sorties dans les centres mercantiles et littéraires de la capitale. Si je pousse plus loin mon raisonnement, les livres de E.C. ne seraient que des reproductions d’ouvrages naturalistes et ésotériques médiévaux.    Allons plus profondément encore ! E.C. ne serait pas le pater familias de deux petites filles, mais de deux tortues luth qu’un nom d’emprunt promènerait, de jour comme de nuit, dans les rues dijonnaises. Là, je crois que la mayonnaise commence à prendre, et que la poche du kangourou s’ouvre pour y cacher un troupeau de matriochkas. Ce ne serait donc pas Éric Chevillard qui alignerait des aphorismes sur un blog, mais un fabricant auvergnat d’objets vaudou et autres grigris en forme de baleine pour parapluie. Il n’y aurait aucun lien de parenté entre Éric Chevillard et Pierre Jourde, puisque P.J. serait un maçon respecté qui construirait des yourtes au cœur des vallées jurassiennes. Quant aux critiques littéraires publiées dans le Monde, elles seraient rédigées par de petits êtres gris venus d’ailleurs, mais cela personne n’osera vous le confirmer, car la vérité serait trop dure à étendre sur la presse d’un éditorial de renom. Éric Chevillard serait donc un nom cousu, de toutes pièces, de fil d’araignée et d’or du Commandant Cousteau, par les mains habiles des sœurs de la Nativité qui vivraient recluses dans un couvent malien, à l’abri du mistral et des premières pluies de la célébrité.     Enfin soulagé, E.C. peut désormais déjeuner en paix, sous sa tonnelle, en levant un calice rempli de coulis de fraises — dans lequel flotte aussi une oreille rouge ? — sang des esprits sacrifiés, sous le signe du taureau, au nom du dieu Mars, à la fin septembre. Pendant que je vous écris ces quelques mots, le personnage fictif Éric Chevillard se les gèle en composant un recueil de mémoire sur la vie des dauphins en Antarctique. Dès lors, quand vous croiserez Éric Chevillard, vous pourrez le toucher, et, par miracle, il exaucera tous vos vœux en vous balançant un pain de sucre en pleine poire.

Le 3 août 2010 à 14:50

« Le message que devra adresser cette loi, si elle est votée, c'est de réaffirmer au sein de l'édifice familial cette responsabilité dont les bases ont été sapées depuis mai 68 »

Eric Ciotti, « Monsieur sécurité » de l'UMP, JDD, 1er août 2010

Quarante ans après, la marche des fiertés réactionnaires sur les Champs-Elysées n’est pas dispersée. Jeter en prison les parents de mineurs délinquants qui ne se seraient pas amendés - le projet auquel fait allusion le député niçois - devrait ainsi être le magnum opus du sarkozysme, stade suprême du gaullisme. Ce préposé de l’UMP aux basses œuvres sécuritaires a déjà associé son nom à quelques intempérances parlementaires. Il récidive en reprenant le fil de l’épopée entamée une semaine avant le premier tour de la présidentielle par un Nicolas Sarkozy pourfendant « l’héritage de Mai 68 » qui aurait aboli toute les valeurs fondamentale de la France, au point de « préparer le terrain au capitalisme sans scrupule et sans éthique des parachutes en or, des retraites chapeaux et des des patrons voyous ». Mais on n’évacue pas sans inconvénient la Sorbonne pour le Fouquet’s. Mai 68 n’était plus « le sujet ». Grâce soit rendue à Eric Ciotti qui rappelle combien ces « événements » furent générateurs de désordres dans la société. La loi ouvrant les vannes du divorce n’est-elle pas le produit des relâchements moraux de l’époque ?  Alors, vite une abrogation restaurant l’ordre conjugal d’avant. Manquerait plus qu’on hérite un jour d’un président de la République trois fois marié et flanqué d’une famille « recomposée ».

Le 7 octobre 2014 à 09:07

Ghislain

P { margin-bottom: 0.21cm; } Parents, je n'accède pas à votre convocation du droit à l'image pour m'interdire de prendre en photo votre enfant alors que vous l'avez transformé sciemment en banderole politique vivante, banderole qui à chaque fois que je la croise dans la rue, le métro, le bus, me crache au visage, me tord le cœur et me fait pleurer comme jamais encore quelqu'un ou quelque chose n'avait réussi à le faire. Vous vous devez de tout assumer jusqu'à votre petit Ghislain qui porte ce ballon en étendard. Je ne vous autorise pas à vous comporter comme si cela n'était pas important ou comme si je devais ne pas y répondre par le mépris, la colère ou la haine. Je vous interdis de penser que vous avez le droit d'évoquer ces sentiments sans que je n'aie de mon côté les mêmes droits à les utiliser pour vous répondre. Je vous interdis de me rétorquer que je n'ai d'autre droit, encore, que celui de vous tendre ma joue. Je vous interdis de m'imposer vos valeurs judéo-chrétiennes comme je m'interdis de vous imposer les miennes. Je vous interdis de vous draper dans ce que vous appelez une forme de bienveillance, d'amour et de partage sans concevoir une seule fois que si, vos paroles, vos slogans, vos logos, sont bien au contraire d'une violence inouïe envers tous ceux qui souffrent à travers le monde à cause très exactement de vos voix, de vos ballons et de ce qu'ils impliquent envers ces gamins, ces hommes et ces femmes qui, ne pouvant concevoir vivre dans cette société que vous leur fabriquez, préfèrent la quitter un peu plus rapidement plutôt que de l'affronter. Chacun de vos slogans soi-disant pacifiste, chacun de vos tracts empli d'amour, sont autant de mollards contre les gens comme moi qui ne vous ont rien demandé hormis _pardon_ le fait d'accéder tout simplement aux mêmes droits que vous. Vos mots sont autant d'armes que vous tendez à vos enfants qui, si l'envie leur en prend, les utiliseront contre les "autres" et parfois même contre eux-mêmes sans savoir ce qu'ils font.  Alors oui, je prends en photographie votre petit Ghislain parce qu'il est votre symbole autant que le mien, j'ai le même droit que vous de l'utiliser. En lui faisant porter ce ballon, vous m'y avez de facto autorisé. Je lui floute le visage, non pas par peur de ce droit à l'image (encore une histoire de droit), mais parce que je lui espère un libre arbitre qui lui permettra de s'émanciper de vous et de vos valeurs que les miennes jugent mortifères.  Je veux montrer la photo de votre petit Ghislain à cette petite et jolie Juju qui m'est chère et qui a sensiblement le même âge que votre enfant pour lui dire : "tu vois ma chérie, ce petit Ghislain beau comme un cœur, blond comme un Petit Prince, il est comme toi, il va bâtir un monde, celui de tes enfants et des enfants de tes enfants. Il n'a pas vraiment choisi de tenir ce ballon, il n'a pas vraiment choisi d'être une banderole politique qui tue des gens, partout dans le monde et en France. Je vous souhaite tellement que toi et Ghislain bâtissiez le monde dont je rêve, parce que tu sais, moi, franchement, à cause de tous ces ballons qui font moches dans le ciel, qui s'envolent, se répandent et tout envahissent depuis quelque temps, j'ai bien envie de baisser les bras et de me reposer _ oh, un tout petit peu_ à l'abri d'un arbre, la joue posée contre le sol humifère et tendre de mes rêves, cette joue que jamais plus je ne tendrai vers qui que ce soit...

Le 9 octobre 2013 à 11:02

La chair dodue du dodo

Histoires d'os 45

Oiseau emblématique de l'Ile Maurice, le dronde, plus connu sous le nom de dodo, est sans conteste un des tous derniers fossiles recensés puisqu'il n'a disparu que depuis trois cents ans, victime d'une chasse intensive. En effet, lent et lourd, incapable de voler, l'oiseau apparenté à un pigeon africain constituait une proie facile pour les appétits insulaires. Jusqu'à une époque très récente, on ne connaissait le dodo que grâce à de rarissimes squelettes et surtout grâce à des illustrations de voyageurs et de naturalistes. Lesquelles le représentaient toujours comme une grasse volaille exotique dont le poids pouvait dépasser la vingtaine de kilos. Une étude effectuée sur une collection d'ossements retrouvés à Elbeuf permet de corriger cette vision abusive de l'oiseau mauricien. Il aurait été beaucoup plus svelte et plus léger que l'on ne l'a décrit jusqu'alors. Contrairement à une imagerie basée sur des individus captifs -et donc plus ou moins engrossés- le dodo n'était vraiment pas dodu et ne dépassait guère vingt livres. Ces conclusions inattendues remettent fortement en question la valeur nutritive d'un gibier qui, aux yeux de ses consommateurs, se caractérisait surtout par une chair abondante mais coriace, sans réelle saveur. C'est du moins ce que semblaient prétendre les marins hollandais qui l'avaient découvert en 1598 et l'avaient préalablement décrit sous le terme de walgvogel qui signifie littéralement : oiseau peu ragoûtant.  

Le 16 avril 2013 à 10:06

Accidents domestiques : vers l'interdiction de la dernière marche des escaliers ?

Chaque année, les accidents domestiques font des milliers de morts et de blessés en France. Pour s’attaquer à ce problème de front, le gouvernement a demandé une étude d’urgence. Remise au Premier ministre ce jour, elle recommande l’interdiction de la dernière marche dans tous les nouveaux escalierset une vérification de tous les anciens escaliers. Une mesure qui suscite beaucoup de commentaires à droite comme à gauche. Cette matinée d’octobre, Luc s’en souviendra toute sa vie. Alors qu’il descend l’escalier qui mène à son hall d’immeuble, il rate la dernière marche. Le verdict est sans appel, une méchante foulure de la cheville. Mais cela aurait pu être plus grave. « Il m’est arrivé ce qui arrive à bon nombre de personnes au quotidien. J’ai raté la dernière marche. Je m’en tire à bon compte ». Chaque jour, ce genre d’accident domestique se produit partout en France, avec des conséquences parfois plus graves. Face à ce phénomène, le gouvernement a demandé un rapport destiné à mettre fin ou mieux prévenir ce risque d’accident. Parmi les choix retenus, celui de la suppression de la dernière marche des escaliers. « Dans plus de 85% des accidents constatés, c’est la dernière marche de l’escalier qui apparaît comme responsable direct. » affirme le rapport. La suppression de cette marche réduirait les accidents de deux tiers, toujours selon l’étude. « L’avantage est que vous n’avez plus à vous soucier de cette dernière marche, qui parfois surprend. Car souvent, et c’est le souci, après la dernière marche, il n’y a plus de marche. Le cerveau qui gère les informations cherche une marche après la dernière. Et c’est ce qui provoque les accidents ». Le rapport préconise que les nouveaux escaliers installés en France ne soient plus munis de dernière marche et recommande une inspection de tous les autres escaliers. « C’est une mesure démagogique et totalement irresponsable de demander d’inspecter les millions d’escaliers en France » affirme-t-on à droite. À gauche, certains s’interrogent sur la pertinence de l’étude, comme plusieurs députés écologistes qui affirment : « Supprimer la dernière marche est bien mais les statistiques montrent que les accidents arrivent dans les trois dernières marches, nous demandons donc plus d’audace au gouvernement ». Le Gorafi Illustration: EricVega/iStock

Le 30 mars 2011 à 08:00

Emmett Grogan, clochard céleste

Portrait 17

Emmett Grogan (1943 1978) mène de front, dans le Haight-Hasbury du San Francisco des années soixante, le groupe d’activistes The Diggers. Il mélange dans un vieux shaker psychédélique actions politiques et happenings artistiques. Leurs tracs poético-révolutionnaires envahissent la Californie. Ils organisent tous les jours des distributions de nourriture gratuite et de surplus militaires. Emmet Grogan a écrit des livres, notamment Ringolevio, dans lequel il raconte leur épopée. Défoncé, libre et paranoïaque… Il est difficile de retrouver beaucoup d’éléments biographiques certains. Réformé de l'armée sous amphétamines, surveillé par le FBI, puis déçu et critique à l’égard de la vague hippie bohème qu'il trouve bourgeoise et hypocrite, Emmett Grogan aura quand même eu droit au "Mr Tambourine man" de Dylan et à un poème de Richard Brautigan. L'association d'une insoumission féroce, d'une mégalomanie paranoïaque, d'un goût immodéré pour les extrêmes et d'un dangereux succès populaire, l'ont malmené jusqu’à l’overdose fatale, en 1978. Peter Coyote écrit à son propos : "Pour la plupart des gens, cela aurait suffi d'être une légende vivante, d'avoir Bob Dylan qui vous dédicace un album ; d'être une icône pour des milliers de gens, incluant les chefs de gangs portoricains, les présidents de sociétés de disques, les professionnels du vol, les riches restaurateurs, les stars du cinéma, les socialistes, les Black Panthers, les Hell's Angels et les Diggers eux-mêmes, mais Emmett poursuivait sa propre idée de la perfection et même si ce combat l'a tué, je ne peux m'empêcher d'admirer la moralité de sa quête et les exigences démesurément hautes qu'il s'était fixées. Emmett était un étendard mené à la bataille, un emblème derrière lequel des gens ont rallié leur imagination. Il a prouvé à travers son existence que chacun de nous était capable de jouer sa vie selon ses fantasmes les plus délirants. C'était son but et son héritage de compassion, et je ne le minimiserai pas ni ne me détacherai de son exemple, malgré ses failles et ses inconsistances."

Le 1 août 2011 à 08:34

Rencontre inattendue

La joyeuse bande marche dans la forêt. Elles avancent tranquillement en file indienne et c’est à peine si l’on entend leurs pas. Au petit matin pâle, la terre de bruyère est encore humide et de grandes tiges laissent parfois tomber des gouttes d’eau. Celle qui clôt la marche fait un écart pour éviter de justesse les gouttes en poussant un petit cri. Devant, la première siffle un petit air entraînant. Les autres la suivent, concentrées sur leurs pas car le chemin n’est pas tracé. Il faut parfois contourner des obstacles naturels, un rocher, une branche tombée. Les rais de lumière encore rasants réchauffent déjà leurs corps. Toutes gravissent avec délectation le sentier qu’elles tracent, car elles savent le trésor qui s’annonce. La pierre blanche, elles en rêvent depuis longtemps et même le vacarme des géants aux alentours ne saurait les effrayer. Les oiseaux volent si haut qu’ils ne peuvent pas les voir. L’éclaireuse, en bon guide, sait repérer les traces de passage et trouve moyen de les contourner. Elles savent qu’à l’approche de la pierre blanche, leur cœur va se mettre à palpiter. On en a même déjà vues perdant l’équilibre et tournant en rond tant l’excitation est à son comble. Un pied après l’autre, la vie parait si simple. Elles ne savent pas que Pierre est entré dans la forêt depuis déjà un quart d’heure et qu’il se dirige à petites foulées dans leur direction. Il inspire, expire et regarde droit devant lui. Soudain, la joyeuse bande est surprise par une obscurité brusque, une éclipse totale et plus rien. Elles n’ont pas vu venir du ciel la chaussure de Pierre qui les a écrasées. Pauvres petites fourmis !

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