Ray Banana
Publié le 20/12/2015

Préparez le Porto-Flip


Extrait de Bingo Bongo, édité par Camera Obscura, Champaka Brussels

... Tout comme Lon Chaney, mais plus que le Docteur Lao (qui n'en a que sept) et que la peur (qui n'en a que trois) Ray Banana a mille visages! ...

... Avant d'opter pour le bien, Ray Banana avait une prédilection pour les éclairages par en dessous, qui font toujours leur effet...

... Cet homme pense... même s'il a du mal à courir en même temps! Et en plus il parle latin...

... Ray Banana a compris que si, comme dit Héraclite, on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, il est très fréquent qu'on se baigne plusieurs fois dans la même piscine. 

(La presse)


Dernière parution: La Philosophie Dans la Piscine (La Boite à Bulles éditeur)

Dernier domicile connu: www.raybanana.org

 

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Le 24 juin 2014 à 10:26

Dans de beaux draps

Il est 13h 24 et le drap percale 200 fils au centimètre carré n’a pas l’impression que la conversation va reprendre de si tôt entre elle et lui. Le matin, lui s’était absenté et avait flâné au marché en espérant trouver des mangues, parce que d’après lui les mangues étaient aphrodisiaques, bien plus que le gingembre et les asperges. Son apriori était dénué de valeur. Il s’était imposé pourtant de ne pas vivre sans valeur, mais là c’était la fin de la semaine, et il s’était autorisé un peu de complaisance. Elle avait dormi et réussi à passer la barre de midi, ce qui est considéré comme un signe de santé par les chercheurs scientifiques, et de dépression chez les lecteurs d’hebdomadaires. Ce devait être une journée resplendissante, les enfants étaient pris en charge par des organisations douteuses et allaient certainement se retrouver devant des écrans malveillants, et la sortie culturelle du soir, qui devait être une mission laborieuse pour l’un comme pour l’autre, venait d’être annulée par des intermittents. C’était une journée qui se devait d’être auréolée d’une grâce indolente, comme il n’en existe plus que dans les agglomérations où les loyers sont inférieurs à 300 euros par mois. Une journée exceptionnelle par son inexistence, s’accrochant au néant comme un soin de première nécessité. Une journée dévouée à un espace de moins de trois mètre carrés, comme il se plaisait à dire. Enfin, cela faisait un moment qu’il n’avait plus utilisé cette expression. Il avait bien compris qu’il ne fallait pas faire le malin, ni s’extasier sur des trouvailles poétiques, surtout si elles étaient teintées d’humour, et dénuées de valeurs. Mais la nature dominicale et le souvenir d’avoir vu un prêtre avec un nez rouge et un sourire narquois sur le chemin du marché, lui avait permis ce petit trait. Le prêtre avait beau avoir bu, et être satisfait de sa vie, il n’allait pas avoir ce privilège. Il se le répéta deux ou trois fois comme une formule magique. Ne trouvant pas de mangue, il se contenta d’huîtres, et de branches de céleri, ayant lu quelque part que les oligo-éléments aidaient à la production de sperme, et que les tiges de céleri produisaient de la testostérone. A chacun sa spécialité. Depuis quelque temps il s’était intéressé à la production de spermatozoïdes. A sa propre production, cela va sans dire. C’est elle qui avait éveillé en lui cet intérêt. Elle lui avait lu à voix haute un article passionnant à ce sujet. C’est surtout la constitution de la matière onctueuse qui avait marqué son intérêt, et il s’était mis à la considérer comme une recette culinaire, dont il voulait percer le secret. Elle était plutôt intéressée par le contenu que par le contenant gélatineux et y vouait un véritable culte. Impossible pour elle de parvenir à une quelconque jouissance sans en imaginer au moins une demi douzaine, de profil, de face, en gros-plan ou de plein pied. Elle pouvait les décrire avec une acuité déconcertante. L’inspiration lui venait en prenant le métro. Sa manière à elle de déjouer les regards mâles et lourdingues farcis d’illusions, était de prendre des notes mentales assez rapides de détails vestimentaires et d’anthropologie sociale approximative, pour ensuite en déguiser son sperme comme avec une panoplie. Elle avait vu un jeu destiné aux filles sur une Nintendo DS qui ressemblait à ça, sans les spermatozoïdes évidemment, et cette gymnastique mentale lui permettait donc d’en préciser la nature. L’habit fait le moine, pensait-elle en les déguisant. Lui ne comprenait pas cette démarche. Le spermatozoïde devenait par là un homme en devenir. Ce qui était faux, approximatif, et dénué de valeur, puisque le but du spermatozoïde était de se fondre dans un ovule, et pas juste de prendre le métro avec du gel dans les cheveux et une cravate de chez Tie Rack. De retour au bercail, en dégustant les huîtres et les asperges au lit, ils se préparaient, lui et elle, l’un comme l’autre, à s’abandonner à du sexe « de très bonne qualité ». Ils savaient que la performance était une nécessité, et qu’il ne fallait pas juste se contenter de se contenter. Elle avait acheté à New York une petite toile microscopique, à une époque où la nano peinture était en vogue. Cette peinture d’à peine 12 centimètres carrées représentait un homme nu faisant le poirier devant une femme, et s’intitulait « At least the sex is good. »  D’après elle, c’était le meilleur titre jamais trouvé pour une œuvre. D’après lui, c’était les meilleures huîtres qu’il avait goutées de la saison. En le voyant manger ses huîtres, elle ne put s’empêcher de lui décrire comment elle voyait se dessiner devant elle la prochaine fournée de spermatozoïde qui se constituait en lui grâce aux oligo-éléments. Il y avait : un joueur de flûte de pan, un Ashkénaze, et un retraité avec une barbe de nain de jardin, et un marathonien. Il lui reprocha amèrement de n’imaginer que des mâles. Ca le gênait qu’elle pense autant à d’autres hommes avant de faire l’amour. Elle savait aussi bien que lui qu’un spermatozoïde pouvait être mâle autant que femelle, et que ce n’était pas parce qu’ils prenaient plus de place sur les banquettes de métros et qu’ils louchaient systématiquement dans son décolleté qu’il fallait leur prêter plus d’attention. Mais elle lui rétorqua avec son sang froid habituel que cela lui était nécessaire, qu’elle devait évacuer toutes les mauvaises images des hommes au même titre que lui devait évacuer tous ses spermes. Que si elle se permettait de les évoquer, c’était juste dans l’idée qu’elles les envoyaient à une mort certaine. Elle faisait un régime alimentaire très strict qui avait pour vocation de créer en elle des fluides vaginaux suffisamment puissants pour ralentir ses spermes mâles, qui étaient les plus rapides, et permettre aux spermes femelles, plus lents, d’atteindre victorieusement l’ovule. Elle avait appelé ça la technique du lièvre et de la tortue. Mais, les asperges aidant, la testostérone monta en lui, se fraya un chemin à travers tous les couvercles qu’il avait soigneusement mis sur son sexisme latent, et il avait déversé un chapelet d’obscénités concernant ses ovules, qu’il compara à des célébrités dénuées de neurones, et elle s’en était fâchée, lui rappelant que son ovule était unique, qu’elle n’en revenait pas qu’il puisse oublier un détail aussi important. Elle le planta là, haletant dans sa rage masculine. Sur le marché, elle trouva une mangue, qu’elle croqua sous les yeux avisés du primeur.

Le 4 janvier 2011 à 10:33

« Est-ce que vous avez vu un socialiste qui propose d'étendre les 35 heures à toutes les PME ? »

Manuel Valls, Grand Rendez-Vous Europe 1, Le Parisien, Aujourd'hui, dimanche 2 janvier 2011

Bien vu l’aveugle ! Aucun socialiste ne l’a proposé puisque c’est déjà la durée légale du temps de travail applicable à toutes les entreprises. Mais que le postulant aux primaires du PS se rassure sur le sort des PME : depuis 2003 la droite a bien fait le boulot à coups de déplafonnement, de défiscalisation des heures supplémentaires et autres mesures dérogatoires pour briser  "le carcan des 35 heures". C’est la formule sous le régime Sarkozy-Fillon, alors que les convenances de l’ère Chirac-Raffarin voulaient qu’on les "détricote". Manuel Valls, pour qui le "travailler plus" n’est pas l’ennemi du "travailler mieux", a innové en parlant de "déverrouiller" la loi des 35 heures, ce qui se situe mécaniquement parlant entre les deux même si, socialement, il force une serrure déjà ouverte.  Au point que l’on a entendu le président de la CGPME déclarer en décembre que "le problème des 35 heures avait été résolu". Désireux d’éviter un clash avec les syndicats, il rappelait à l’ordre une partie de la droite — Jean-François Copé en tête — qui propose de faire carrément sauter la porte de ses gonds, en effaçant les 35 heures du Code du travail. Valls, moins brutal, veut la déposer avec des précautions pour ne pas heurter les syndicats. C’est raté. En ce début 2011, il a surtout lancé le concours, toujours très disputé, du plus beau gadin de campagne présidentielle.

Le 20 novembre 2012 à 10:49

Elections/UMP : Quand les psychologues accompagnent les journalistes dans l'après-duel

C’est le grand tabou de cette élection interne à l’UMP. Jean-François Copé a été officiellement reconnu vainqueur hier soir. Le suspens et la tension dégagés par son duel avec François Fillon prend donc fin. Mais les grands oubliés de cette confrontation maintenant terminée, ce sont bien les journalistes français. Ce clash au cœur de la droite française a nourri et passionné la quasi-totalité des médias d’informations de l’hexagone. Des journalistes qui retournent aujourd’hui à une réalité bien moins excitante. Et dans plusieurs rédactions un service d’accompagnement psychologique a même été mis en place pour les aider dans leur retour à la normale.   « Des journalistes qui se laissent mourir »   Catherine Pouchet fait partie de ces psychologues qui opèrent au sein des rédactions. Elle assure une permanence d’écoute et de conseil à BFM TV depuis une semaine. Pour elle, ce mal-être propre au milieu journalistique reste encore mystérieux par bien des aspects :  » On ne connaît pas bien la nature de cette pathologie encore récente dans l’histoire de la psychopathologie. Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est qu’on a là un syndrome proche du trouble de stress post-traumatique vécu par certains soldats lors de leur retour du front. Personnellement, dans mon travail j’ai à faire à des individus qui ont perdu toute envie professionnelle, parfois même toute envie de vivre. Des journalistes qui cessent de se nourrir, délaissent leur hygiène, s’isolent psychologiquement et socialement. On a à faire à des journalistes qui se laissent mourir« .   Luc est journaliste à Libération. Ce choc post-traumatique il le connaît bien. Il l’a vécu après l’affaire DSK. Chargé de suivre l’histoire dès le début du scandale il a très vite sombré quand l’attention s’est essoufflée sur le sujet : « Du jour au lendemain je suis passé d’une actualité de pointe à des sujets de société franco-français, parfois même des faits divers locaux. Je me souviens l’avoir extrêmement mal vécu. J’avais l’impression de régresser professionnellement, socialement mais humainement aussi » .   Pour soigner ce traumatisme post-actu, Catherine Pouchet reconnaît qu’il n’y a pas de solution miracle et que le traitement reste relativement classique : « Avec la plupart de mes collègues, nous conseillons aux rédacteurs en chef de ne pas imposer un changement trop brutal à leurs journalistes traitant des gros sujets comme l’élection au sein de l’UMP. Nous leur demandons de distribuer progressivement des sujets un peu moins excitants, plus normaux pour que le journaliste ait le temps de s’habituer, qu’un phénomène d’accoutumance ait le temps de s’installer. Pour le reste, ma tâche consiste essentiellement en un travail d’écoute. Et puis nous rappelons toujours aux journalistes qui sortent d’un sujet de premier plan et qui viennent nous voir que l’actualité peut très bien leur apporter très vite un nouveau sujet brûlant comme un tsunami ou un scandale sexuel » .   Le Gorafi  

Le 18 août 2015 à 07:32

Zen : Des moines bouddhistes pour aider les voyageurs à supporter les enfants qui pleurent dans les trains

La SNCF annonce ce matin un plan tout à fait innovant pour aider les voyageurs à enfin supporter les cris et les pleurs des enfants dans ses trains. Désormais, des moines bouddhistes seront placés dans les voitures et donneront des cours de relaxation aux voyageurs pour les aider à s’affranchir de la douleur et de l’énervement causés par les pleurs de ces enfants. Reportage. Un enfant qui pleure dans un train et ce sont près de 70 voyageurs qui sont pris en otage, et autant d’usagers mécontents. Forte de ce constat, la SNCF mise sur le zen et l’enseignement de Bouddha pour aider les voyageurs. « Désormais, chaque rame de TGV ou de train sera équipée d’un moine bouddhiste en libre service à usage immédiat » a expliqué Guillaume Pépy lors d’une conférence de presse ce matin. Le président de la SNCF a expliqué que les moines avaient suivi une formation spéciale pour pouvoir intervenir en toute situation et à tout moment. « Imaginez, vous faites Paris – Toulouse, vous êtes fatigués ou vous souhaitez travailler dans le calme, et un enfant se met à pleurer dans votre voiture. Que faire ? » souligne-t-il. « Avant, il fallait prendre votre mal en patience et serrer les dents, parfois aller aux toilettes et hurler votre rage, ou exprimer votre colère sur les réseaux sociaux ». Maintenant, un moine zen se déplacera à votre place et vous aidera à effectuer des gestes simples de relaxation et de calme pour vous aider à traverser cet océan de rancœur pour arriver à une mer de la tranquillité – toujours selon le mot du PDG. Un partenariat spécial avec la fédération bouddhiste française a été signé, et dès les prochains grands départs en vacances, ce sont près de 700 moines zen qui seront présents dans les gares et les rames. Des moines qui seront aussi formés pour expliquer aux voyageurs, là aussi dans le calme et la quiétude, qu’il ne sert absolument à rien de se lever de sa place et de faire la queue dans le couloir de la voiture plus de 30 minutes avant l’arrêt total du train. Le Gorafi

Le 8 octobre 2012 à 09:14

C'est long les vacances...

(têtes de brochets)

Le village était vide. 18 âmes au total. Un seul commerce qui faisait à la fois tabac, poste, presse, bar, restaurant et hôtel. La journée s'étirait mollement. - Des crocodiles dans le canal du midi ! - Oui monsieur ! - Non monsieur ! - Impossible ! - Non monsieur! - Encore un coup de Napoléon ! Les deux types qui s'exclamaient au comptoir attiraient l'attention des quelques clients qui erraient dans la salle. Leurs éclats de voix n'étaient ponctués que du bruit des verres sur le zinc et des crépitements réguliers du grille mouche électrique. la salle était sombre, lugubre, mais fraîche. Les trois vieillards collés aux tables étaient ravis de ce semblant d'animation. - Parfaitement monsieur ! - Non ! - Si ! Il les a échangé à Haïti contre des molosses à esclaves et les à réintroduit aux portes de Toulouse... Chaque bête est marquée au fer rouge d'un tricorne et d'une longue-vue sur les écailles... - J'ai déjà vu ça dans un film... sauf que c'était des robots et que cela se passait en Espagne. - Je vous parle de l'histoire monsieur, la grande Histoire ! - C'est le titre d'un film ? - Non monsieur ! - Oui monsieur ! - Parfaitement monsieur ! Crépitement de mouches. Je lève les yeux et remarque les énormes têtes de brochets qui ornent le mur comme des trophées de chasse Le patron offre une tournée générale de brune et quatre madeleines pour le public de vieillard. L'odeur d'un plat de tripoux qui mijote dans la cuisine clôt le bec aux deux zouaves.

Le 16 avril 2012 à 08:28

Chronique rurale

Huitième jour : l'enterrement de ma mère.

> Premier épisode                    > Episode suivant   Ce matin au petit jour, j’ai enterré maman sur la plage. Je l’ai récupérée après que la poule l’ait traînée toute la nuit et lui ait bouffée consciencieusement toutes les parties les plus grasses. Elle ne lui a laissé que les os et les poils. Beurk. J’ai dit une prière en espérant que quelqu’un l’entende, même si j’ai renoncé depuis longtemps à l’idée d’un Dieu « utilitaire ». J’ai l’impression en effet que la présence du Créateur est toute relative, c’est une sorte d’absence finalement. Ca ne me gêne pas outre mesure, d’ailleurs, puisque j’ai bien compris que vivre seul était précisément le principe de la condition humaine. Dieu nous propose de faire avec. Croire en Dieu est donc un acte purement gratuit, un des derniers encore possibles sur cette Terre. De cela je l’en remercie. Il faudra que j’en touche deux mots au Curé.   Après avoir sauté sur le sable à pieds joints pour bien tasser, j’ai quitté le corps de ma mère vers 9h30, et me suis dirigé vers le Nord. C’est ici que vous me retrouvez. Un vent saharien et radioactif me balaie gentiment la frange. Je croise un restaurant routier dont le toit, soufflé par l’explosion, a été entièrement recouvert de  cadavres d’ouvriers polonais employés par un sous-traitant de Bouygues sur l’ex-chantier de l’EPR, avant l’accident. Je les salue amicalement. Pas de réponse des polaks, belle mentalité !   Un peu plus loin, un peu plus tard. Dans une zone hyper- radioactive - comme l’est maintenant cette partie sinistrée de la Manche -, la sensation du temps est décidément très étrange. Je confirme même une nouvelle fois que je suis le témoin –et la victime- d’une véritable accélération du temps, une sorte de micro-climat spatio-temporel, encore un truc pas prévu par Einstein… Si je dis ça, c’est que mon ventre ne cesse de s’arrondir davantage, une journée semble être à minima l’équivalent d’un mois, et ce que je dois bien désigner comme mon utérus - malgré les doutes persistants sur ma féminité - est sujet à des contractions de plus en plus fréquentes. Je  suppose que j’approche du 7ème mois de grossesse. Je culpabilise un peu de n’avoir pas prévenu le Père et Nadine. Il me suffit pourtant de fermer un instant les yeux, et je les visualise tous les deux : l’un debout en chaire, éclairant les foules béates de la Maison de Retraite par ses enseignements contemplatifs ; l’autre assise en caisse n°4, éclairant pareillement la clientèle par l’évangile de ses deux seins fièrement dressés, son badge d’hôtesse ornant le droit tel un sermon sur la montagne.

Le 17 février 2013 à 08:12

Chateaubriand, les dinosaures et le Mississipi

Histoires d?os 39

Si l’on s’en tient strictement au Verbe, à la parole divine immortalisée du Livre, la création de l’Univers, projet dont il serait stupide de sous-estimer l’ambition et l’intérêt pour l’humanité, n’aurait demandé à son artisan qu’une semaine de travail. Inclus, noblesse oblige, le jour de repos dominical. On peut s’avérer plus précis en terme de calendrier et selon l’archevêque primat d’Irlande, James Ussher, le chantier aurait débuté de lundi 23 octobre 4004 (avant JC cela va de soi) pour s’achever le samedi suivant.   Ce genre de considérations prête evidemment à sourire ! Ils sont la base du fond de commerce de la pensée créationniste avec des nuances plus subtiles auxquelles des esprits éclairés ont bien voulu souscrire.   Le grand Chateaubriand, lui-même, tentait de justifier la théorie créationniste en présentant des arguments pour le moins surprenants. Homme érudit, esprit curieux qui ne pouvait ignorer les découvertes de son époque, il expliquait que les dinosaures, les animaux fossiles, les hommes préhistoriques... « n’auraient pas réellement existé mais qu’ils seraient des artefacts disposés par Dieu pour troubler l’homme dans le jugement de son histoire, afin qu’il ne puisse pas prouver l’existence de Dieu de manière scientifique. »    Les dinosaures et les fossiles étaient donc de la même essence, de la même consistance poétique que ces singes et ces bananiers que le grand écrivain romantique prétendait avoir observés sur les rives du Mississipi, lors de son voyage en Amérique du Nord.

Le 16 février 2012 à 10:39

« Le débat de la prochaine présidentielle ne se jouera pas droite comme gauche, euh, droite contre gauche. »

Nicolas Sarkozy, TF1, mercredi 15 février 2012

Pour un candidat-président qui allait « cliver » à mort durant la campagne afin de transformer le « Flanby » socialiste en bouillie de chat, pas étonnant qu’il se soit mélangé les pinceaux.  En se lançant officiellement dans la bataille, il s’est métamorphosé en président au dessus des partis, des syndicats et même des « élites », qui ne décidera plus de rien à l’avenir sans « donner la parole au peuple. » Promis, juré, craché. Et le peuple, c’est malheureux mais c’est ainsi, comprend des gens de gauche. Alors, évidemment, les référendums à venir – déjà trois au compteur - mieux vaudrait qu’ils transgressent les camps politiques sur des sujets bien tordus, s’il ne veut pas qu’à chaque fois les électeurs se remobilisent sur le  mode « Dégage ! »  Enfin, s’il est réélu. Car d’ici là, il y a du boulot. On ne dira jamais assez le stress du président qui se succède à lui même. Une seule exception : Mitterrand en 1988. Sarkozy en 2012 serait plutôt dans le mimétisme giscardien. Ce qui n’est pas le bon choix quand on se souvient de ce qu’il advint en 1981. Mais la peur de perdre peut être mauvaise conseillère :  il a ainsi opté pour un slogan de campagne : « La France forte ! »,  quasi identique à celui de Giscard voici trente ans : « Il faut une France forte. » C’est sans doute ce qui explique l’autre lapsus de son annonce de candidature, quand il a failli dire qu’il concourrait pour un  second « septennat. »

Le 11 octobre 2015 à 08:07
Le 15 juin 2014 à 09:07

Quatre témoignages

Hier, j’ai découvert que j’avais deux sexes, l’un mâle, l’autre femelle, situés l’un derrière l’autre peu après le segment abdominal. Je me suis rendu compte de ce phénomène fortuitement, alors que je faisais l’amour avec Christine. Mon pénis copulateur s’est soudain gonflé et, poussé par un désir irrépressible, j’ai pénétré l’oviducte de ma compagne du jour et j’ai éjaculé. En me retirant, j’ai entraperçu ce second sexe. La chose m’a particulièrement troublé et j’ai fait des rêves étranges dans lesquels Christine s’appelait Christian et me caressait de ses chélicères poilus. Ce matin, quelle n’a pas été ma surprise de me réveiller excité sexuellement, et de constater que mon pénis s’était introduit dans mon propre orifice femelle. J’ignore si tout cela est tout à fait normal. Il faudra que j’en parle. (1)C’était mon premier rendez-vous avec Karim. Il se tenait derrière moi, il me tenait le thorax de ses mandibules et s’agrippait comme un forcené. D’un coup, ce type a introduit ses organes génitaux dans mon vagin, jusqu’à me faire saigner. Au bout de cinq minutes, ça a été plus fort que moi, j’ai étendu ma pince-mâchoire gauche jusqu’à son crâne poilu. Et je l’ai serré jusqu’à le broyer. Karim avait beau avoir la cervelle en bouillie, cet abruti continait de me besogner comme si de rien n’était. J’étais absolument furieuse. C’est peut-être pour cela que, lorsque ce con a éjaculé, je l’ai décapité et je l’ai dévoré. (2)Josiane m’a regardé avec tendresse, longuement, comme si elle avait plein d’yeux, en frottant ses pattes poilues l’une contre l’autre. Alors, pour la séduire, j’ai vomi sur la table la totalité de mon repas de midi. Pendant que Josiane, surexcitée, commençait à manger avec appétit en aspirant avec sa trompe, ses palpes et ses lobes spongieux, je suis monté sur elle par derrière et j’ai commencé à frotter mon abdomen contre le sien. Je n’en pouvais plus, alors j’ai introduit mon pénis dans son oviducte le plus profondément possible. J’ai joui et je suis aussitôt parti, puisque Cynthia et Souahila m’attendaient à la table voisine. (3)Vanessa était en noir. Elle a répandu autour d’elle une odeur de sexe et de sueur, elle a exhibé ses cires cuticulaires luisantes, et ça m’a rendu dingue. J’ai tout de suite commencé à parader autour d’elle, en redressant les ailes à la verticales. Vanessa est monté sur mon dos pour me lécher les glandes tergales, qui sentent bon le caramel, et j’ai étendu mon abdomen sur elle pour agripper sa glande pygidiale et son ovipositeur. Vous imaginez comme j’étais surexcité. Alors, Vanessa s’est un peu tournée et je l’ai transpercée de mon dard là où j’ai pu, en fait, je crois bien que je lui ai mis deux fois, une fois dans la patte avant, et une fois dans l’œil. Alors j’ai joui intensément dans la chaleur de sa carapace, et ma semence s’est mise à circuler dans son sang jusqu’aux ovaires. Quand elle a été fécondée, j’étais parti depuis longtemps. (4) (1) La mygale(2) La mante religieuse(3) La mouche(4) La blatte

Le 10 novembre 2010 à 18:11

"Le président de la République est le premier depuis Louis XIV à avoir soumis le budget de l'Elysée à l'appréciation de la Cour des comptes"

Henry de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement, Assemblée nationale, 9 novembre 2010

Si on y va par là, Matignon n’avait pas payé les sondages de l’Elysée depuis Colbert !  A la Cour des anachronismes déconnants, le sieur de Raincourt serait grand chambellan. A quelques jours d’un remaniement mieux vaut se faire bien voir, mais là il a tellement chargé le carrosse qu’il a fait crouler de rires les députés de l’opposition, lors de la séance des questions au gouvernement. Nicolas s’inspirerait donc de Louis en faisant viser ses dépenses par la Cour des comptes. Outre que cette dernière a été créée sous Napoléon, le côté mendésiste du Roi-Soleil était resté méconnu jusqu’ici. A commencer du Parlement de l’époque – qui votait les impôts – et auquel le jeune monarque asséna en début de règne : « L’Etat c’est moi ». Même ignorance du côté de Fouquet, superintendant des Finances, jeté au cachot pour avoir exhibé en son château de Vaulx-le-Vicomte de tels signes extérieurs de richesse que le Souverain s’en trouva humilié et décida alors la transformation du château de Versailles en Elysée somptuaire : « le Budget c’est moi » en quelque sorte. Cela coûta 100 millions de livres (un ouvrier gagne alors 12 sous par jour – une livre vaut 20 sous) mais ce n’était que 5% des dépenses militaires qui ruinèrent plus sûrement le pays. Nul Philippe Séguin pour ronchonner. La Cour passait avant les Comptes.

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