Thomas Vinau
Publié le 16/12/2015

Le Rateau Ivre #2


Dégringoler
jusqu'à la Lune
Mes pieds se prennent
dans mes mots
Mes yeux vous tiennent
par la taille
Dans ma tête qui tourne
vous dansez
madame
Né en 1978. Habite dans le sud avec sa petite famille. S'intéresse aux choses sans importance et aux trucs qui ne poussent pas droit. Est un etc-iste et un brautiganiste. Se prend parfois pour le fils de Bob Marley et de Luke la main froide. S'assoit sur le canapé. Se reprend. Décapsule. Ecrit des textes courts et des livres petits.
etc-iste.blogspot.com 

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Le 21 mai 2012 à 08:46

L'Anachronique : Interlude ou coup de foudre à Villacoublay

> épisode précédent   Vous avez tous entendu parler de cette histoire au sujet du coup de tonnerre qui est venu frapper, en plein vol, l’avion du Président de la France réunifiée. Cette affaire méritait quelques éclaircissements, aussi j’ai mené ma petite enquête, sous le nom de code « soleil radieux sur l'aile du désir ». Ainsi, je puis vous affirmer que deux raisons principales — associées ou dissociées en fonction du régime politique en vigueur dans la communauté européenne — auraient participé au déroutement de l’aéroplane présidentiel. La première solution trouve ses fondements dans la géopolitique et les relations économiques entre la France et le pays de l’Oncle Sam. Pour synthétiser, le Président étatsunien aurait simulé une attaque à l’arme climatique et écologique sur l’un des trois turboréacteurs du Falcon de notre chef d’État, et ce, afin de lui montrer que les Américains restaient les maîtres du Monde et des vols financiers entre les différents systèmes bancaires de la planète, en dépit des zones de pressions diplomatiques.  La seconde solution donne le premier rôle à l'ex-dirigeant de la France. Ainsi, dans un petit coin sombre de l'Élysée, Nicolas S. (dont je dois taire le nom pour raisons inhérentes à la sécurité nationale) aurait préparé un rituel chamanique avec un aéronef en papier, une poupée à l’effigie du nouveau Président de la France (libre ou libérée ?) et une mèche de cheveux dérobée à la chancelière allemande Angela M.  À tous ces ingrédients, Monsieur S. aurait ajouté un cube de bouillon « magie noire » avec quelques incantations gutturales, et le tour aurait été joué ! Chers compatriotes, vous savez, désormais, qu'un avion peut en cacher un autre...

Le 20 janvier 2015 à 08:00

Jean Cabut dit Cabu

Mine de plomb ou feutre souple, sa ligne de mire était comme un prolongement de cette patte qui savait cerner l’instantané. Cet orfèvre de la caricature qui dessinait sans cesse comme d’autres respirent mettait le monde en joue non seulement avec une très grande humanité mais aussi avec la permanence d’un étonnement adolescent. Très informé, il n’avait pourtant rien d’un naïf. J’en appelle à ce déjeuner avec les Amis de la Commune de Paris où tout en grignotant sans véritable voracité, il dessinait avec la main restée sous la table, le profil du regretté président Goupil, lequel lui avait proposé d’accepter de parrainer une journée commémorative consacrée à la caricature sous la Commune de Paris au Musée de Montmartre.  Son  sourire s’était figé en écoutant les vilénies commises là Paris lors des événements de 1871 et l’évocation du  génial chaos qui accompagna ce sursaut à la fois populaire et républicain. Son regard qui quêtait le détail révélateur dans le verbe haut en couleur de Robert Goupil mobilisait en même temps la main qui dessinait en soulignant les horreurs des règlements de compte entre Français où plus de vingt-cinq mille citoyens périrent dans le sang. Au delà de ces crimes revanchards orchestrés par les troupes versaillaises, il avait également identifié de son trait les forces politiques en présence qui, à l’époque, portaient déjà en germe les luttes d’un XXe siècle à venir. Les prises de conscience indispensables que les grandes signatures de la caricature ont sans cesse facilitées étaient devenues pour lui une humaniste nécessité. Jean Cabut dit Cabu en est mort. Claude Chanaud

Le 29 septembre 2015 à 08:08
Le 14 juin 2012 à 09:18

Vérité Dréville

Yves-Noël Genod : exercice d'admiration numéro 8

> premier épisode   Ce n'est pas faire injure aux autres acteurs que de le dire haut et fort, la star du spectacle, l'étoile du berger, le point d'ancrage, l'alpha et l'omega, Vénus, le noeud autour duquel s'enroule le jeu de l'amour et du hasard d'Yves-Noël Genod, c'est quand même elle, Vérité Dréville. Ah le sourire de Vérité Dréville ! J'en suis tombé amoureux. Ce sourire qui est un enchantement, sourire "normal" à mi-chemin entre celui de la Joconde et celui de Ségolène Royal. "Mère de tous les sourires, sourire de toutes les mères". Jean-Pierre Ceton a eu une très belle formule : Dréville rit le texte. Peux pas mieux dire. Elle rit les phrases, dans le texte, dans les maux du texte. Ah si Claude Régy avait choisi Valérie pour Psychose 4.48 ! Valérie et non Isabelle ! Valérie et Isabelle ? C'est comme Madonna et Marilyn, c'est toute la différence entre la chair et les muscles. J'aime bien les muscles, ça peut être sexy, j'aime bien Madonna et Isabelle. Mais bon, les muscles, on s'en lasse vite et ça vieillit mal.  Quand Valérie arrive sur le plateau et qu'elle s'avance vers nous, ses yeux dans nos yeux, elle semble dire : Bonjour, je suis une pâquerette, ça va bien, vous ? Quel genre de fleur êtes-vous, vous ? Vous voulez que je vous raconte une histoire ? Oui ? Non ? Alors, voilà, il était une fois... Et puis non, il n'était aucune fois, il ne sera aucune fois parce qu'une fois c'est jamais, voilà, et sur ce je vais me suicider. Car j'ai une crise mortelle, moi, vous savez. C'est comme ça ce soir. Peux rien y faire. Et Valérie sourit, dans le suicide, Vertige Dréville. Chez Yves-Noël, Valérie, c'est simple, on dirait qu'elle n'a jamais fait de théâtre. Elle découvre la chose, oublié les heures de vol sur le plateau, like a virgin, candle in the wind, pourrait-on dire. Bal d'une débutante. Et pourtant, légers, ils sont là, Vitez, Régy, Vassiliev. Ils sont là comme des ombres chinoises, des sourires, des épaules fortes.  A l'Odéon, Vérité Dréville, je l'avais vue se consumer dans Phèdre, chaque soir.  Au Rond-Point, pas de consumation mais des départs de feux, multiples. Je pense à Maria Casarès qui disait à la fin de sa vie : "Je cherche encore". Le sourire de Valérie s'élargit parce qu'il cherche encore, il cherche toujours, il est au commencement de la recherche. Casarès et Dréville, mère et fille, je trouve, fille et mère. Je pense aussi à Camille Laurens, je vois des correspondances entre Valérie et Camille. Une même douceur en apparence, une même force sous la peau, pas du tout vulnérables ces femmes-là, fragiles oui, épidermiques, mais vulnérables, surtout pas, dans le derme c'est robuste. Camille comme Valérie ne vous diront rien du malheur ambiant, elle savent trop bien que c'est l'Impossible à dire, le malheur. Malines qu'elles sont elles s'arrêtent avant de le dire et c'est tant mieux. Mais tournant autour, en cercles concentriques de plus en plus petits, de plus en plus précis, elles arrivent à toucher quelque chose, un ordre juste, quelque chose qui finit par dessiner les contours de ce malheur dont je parle, qui est là, partout. Et c'est précieux. Même si c'est terrible à entendre. C'est précieux comme la vie. Lire et relire le récit de Camille Laurens, Philippe.  Ecrire, jouer, ce n'est pas découvrir un monde, créer un monde, c'est redécouvrir.  Avec Valérie je redécouvre. Même le mot le plus simple comme argent ou passeport, je l'entends comme si c'était la première fois.  Bien sûr, dans ce spectacle Valérie ne serait pas Vérité Dréville s'il n'y avait sur le plateau et Marlène et Dominique et Anne et Alexandre, Marlène et Philippe. Elle n'est pas seule et ce qu'elle fait vient des autres, des poules, des plantes et du grillon aussi bien.  Ah Vérité Dréville, quel bonheur ! Quel bonheur sans mièvrerie ! J'en ai tellement marre des zombies, des dépeceurs narcissiques, des collines qui ont des yeux, de l'échelle de Jacob, de Freddy les griffes de la nuit, Dexter, Merah, etc. Moi je veux des cui-cui dans les arbres, du miel et de la compote de rhubarbe. Veux des bisous dans le cou, des petites filles qui rient dans les champs et des pots de colle Cléopatra. Vraiment ras-le-bol de la barbarie quotidienne. Limite nausée. Je veux de la délicatesse dans la vulgarité. Je veux Valérie Dréville chez Yves-Noël Genod. Voilà, c'est dit. Le contraire de la vérité n'est pas le mensonge, ou l'erreur ou le faux ou la fiction. Le contraire de la vérité, c'est la raison.

Le 17 mai 2011 à 13:14

Vendredi, dix heures du matin...

Lettre retrouvée de Victor Hugo

Ma petite Eponine,   J’ai bien reçu ta lettre de mercredi. Malheureusement, je ne puis accéder à ta requête. Je sais que tu aimes ce Marius au sourire si doux, mais je ne veux pas changer la fin de mon roman. Ce n’est pas toi qu’il va épouser, mais la douce Cosette. Je puis maintenant te l’avouer, j’ai créé ton personnage parce que je trouvais Cosette un peu trop sage pour être vraiment intéressante. Comme nous en étions convenus, ton contrat prendra fin rue de la Chanvrerie, sur la barricade, le cinq juin. Mais c’est une belle mort, sais-tu ? Tu donneras ta vie pour Marius, et tu rendras ton dernier soupir dans ses bras, en lui avouant tes sentiments. Une amoureuse comme toi peut-elle rêver plus doux trépas ? Que reste-t-il de la vie, excepté d’avoir aimé ? Comme je t’envie, et comme je désirerais mourir ainsi, en sauvant ma Juliette bien-aimée ! Ta lettre me laisse entendre que, ta prestation terminée, tu te retrouveras sans ressources. Rassure-toi, mon enfant, j’y ai songé. Il ne sera pas dit que je te laisse ainsi dans la gène. Aussi, va trouver Flaubert de ma part, il aura une place pour toi dans son Salammbô, qui se déroule à Carthage. Je le sais, c’est bien loin, Carthage, mais c’est beau. Et ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Ne me remercie pas, c’est normal, n’es-tu pas un peu comme ma fille ? Je dois te laisser maintenant, ma petite Eponine, car Juliette m’attend, et ce que femme veut… Je te serre dans mes bras, Ton dévoué, Victor H.Illustration : Hugo par Mérimée

Le 22 septembre 2012 à 09:10

Le problème avec ces caricatures

Le problème avec ces caricatures c’est que j’ai du mal à imaginer comment le cerveau humain peut physiquement souffrir qu’on lui ôte le droit pourtant inaliénable de se marrer, comment quiconque envisage de survivre à l’infinie absurdité de l’existence humaine sans, parfois, dans un léger élan, amorcer un salvateur petit pas de côté pour observer goguenard d’incrédulité le manège de nos vies inutiles, comment quiconque peut concevoir de survivre sans s’en extraire par le rire à un monde dans lequel, parmi la liste des atrocités perpétrées par l’Homme sur lui-même au nom de ses propres inventions, on envoie des mômes se faire péter les entrailles en se gargarisant de mille formidables raisons de le faire, que oui, j’ai de la peine à concevoir que quiconque puisse supporter l’intolérable cruauté du monde sans s’arrêter parfois pour, aussi paradoxal que ça puisse sembler, en pisser gaillardement de rire, qu’il me semble quasi-impossible de résister à la l’implosion totale de cervelle devant la vue quotidienne du spectacle barbare de la folie des Hommes, sinon en amorçant ce petit pas de recul salvateur et en s’autorisant à s’esclaffer du constat de l’ampleur de la la connerie humaine, que considérant qu’elle atteint un point où l’Homme ne peut décemment en soutenir la cruauté, il me semble impératif qu’il se désolidarise de cette humanité follement sanguinaire, en riant d’abord, en commandant un demi-pêche ensuite, puis en rêvant peut-être de toute sa naïveté à un monde de paix où chacun se tiendrait la main et ferait tranquillement pousser des pommes dans son jardin, sauf, que les dieux, visiblement, la pomme, ils ont toujours eu un problème avec. C’est ça le problème avec ces caricatures.

Le 31 mars 2015 à 09:11

Il fatigue tout le monde avec sa bonne humeur

Angers – Le point de rupture semble être tout proche entre Pierre Robusier et son entourage qui lui reproche d’être tout le temps joyeux et de bonne humeur. Un comportement qui durerait selon lui depuis toujours et qui agacerait particulièrement tous ses proches. Le jeune angevin qui s’obstine à vouloir se faire prénommer « Pierrot », travaille comme manutentionnaire dans une pharmacie et ne cesse de provoquer en premier lieu l’animosité de ses collègues. « Pierre nous déprime avec sa bonne humeur » explique l’un d’entre eux, affirmant se sentir offensé par les démonstrations de joie parfois démesurées du jeune homme. « Comment fait-il pour arriver avec le sourire chaque matin ? Quand on connaît notre travail… On porte des cartons toute la journée », poursuit un autre, ajoutant ne plus supporter non plus d’écouter le petit air joyeux qu’il siffle en travaillant. De son côté, sa petite amie dit être complètement dépassée par la situation. « J’ai déménagé chez ma mère. Il écoutait Happy en boucle, j’ai craqué. Maintenant dès que j’entends cette chanson, j’ai les nerfs qui craquent » explique-t-elle. Et si elle venait à le quitter?« Il dit, c’est la vie, il y a des choses plus graves quand même».  La jeune femme raconte aussi comment Pierre parlait de son récent licenciement comme d’une occasion en or pour apprendre un nouveau métier. « Son optimisme en devient vraiment déconcertant » conclut-elle. Un manque d’humilité Plusieurs proches ont eux aussi fait part de leur malaise devant un comportement jugé déplacé, voire grossier. « Comment peut-on se permettre d’être tout le temps joyeux. C’est indécent par les temps qui courent » explique son meilleur ami. Évoquant la misère, les enfants qui meurent de faim, le changement climatique et le retour du groupe Indochine, le jeune homme explique que « les raisons d’être déprimé ne manquent pourtant pas ».

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