Dominique Mutio
Publié le 17/12/2015

Hipster


Dominique Mutio est né au Pays basque en 1964.

Dessinateur depuis l'enfance, il monte à Paris en 1982 pour y étudier l'art graphique. Dessinateur de presse depuis 1988, il tente de réinterpréter avec humour et sincérité le monde chaotique qui l'entoure.

Il a publié dans de nombreux journaux et revues ( le Monde, Le monde diplomatique, Libération, La Croix, Force-ouvrière hebdo, L'Itinérant, Siné hebdo, Zélium, ...).

Ses dessins sont présents actuellement sur le site Urtikan.net (dessins d'actualité) et sur le site Delignes en ligne.com (croquis dans le métro).

 

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Le 28 juillet 2015 à 17:25

Lettre à Afifé Jalé, première comédienne musulmane

Chère Afife, Vous êtes née en 1902 à Constantinople dans une drôle d'époque. L'Empire ottoman se décomposait, les rues se remplissaient de plus en plus de sans-logis, incendies et maladies ravageaient la ville. Mais, comme toujours, il y avait des gens assez fous pour faire du théâtre dans cette atmosphère chaotique. Depuis peu, les chrétiennes pouvaient faire leur apparition dans les rôles féminins, jusque-là tenus par des hommes, alors qu'il était encore impensable pour une femme musulmane d'y songer. Et vous, chère Afife, vous avez été têtue. Dès que vous avez eu dix-huit ans, vous avez pris des cours, assisté à toutes les répétitions d'une troupe istanbuliote dans l'espoir de monter sur scène, puis, comme dans un conte de fées, un soir de 1920 une actrice arménienne s'est absentée et vous avez réussi à convaincre tout le monde que vous pourriez prendre sa place le temps d'une représentation. Bien sûr, la police a fait une descente à la fin du spectacle, mais vous avez recommencé. La course folle pour fuir les agents de police a continué pendant des mois, on vous a harcelée. Le ministère de l'Intérieur a pris un décret pour vous décourager. Vous avez fugué par les coulisses de nombreuses fois, vous avez été emprisonnée, insultée, traitée de prostituée, vous avez séjourné dans des hôpitaux psychiatriques, votre famille vous a mise à la porte, vous avez changé de nom, de troupe, de ville, vous avez connu la misère, la maladie, la dépendance, mais vous n'avez jamais renoncé à votre amour du théâtre. Chère Afife, vous seriez affligée de voir qu'un siècle plus tard les mêmes esprits barbares essaient d'effacer le corps de la femme de l'espace public, et ce non seulement à Istanbul, mais partout dans le monde. C'est pourquoi il était urgent de parler de vous lors de l'un des plus grands festivals de théâtre au monde, que vous auriez certainement adoré. Merci d'avoir montré la voie, Afife Jale.

Le 7 octobre 2014 à 08:42

L'Univers perd une bataille dans sa lutte pour pourrir la vie de Francis, de Rouen

Rouen –  Alors que tout laissait à penser que l’Univers allait pour de bon ruiner la journée de Francis, celui-ci a réussi à s’en tirer. Un camouflet pour l’Univers, même si celui-ci refuse de reconnaître sa défaite, et entend redoubler d’efforts pour pourrir les journées de Francis. Dès ce matin, Francis a compris qu’il allait passer une très mauvaise journée. Machine à café qui tombe en panne, puis un retard à son travail qui lui vaut un blâme, pour Francis, tout semble aller de travers. « Dans ces moments-là, il faut rester zen, calme, ne pas céder à la panique » a-t-il expliqué au micro des journalistes. Mais loin de s’arrêter, les choses se dégradent un peu plus avec un SMS qui lui annonce que son copain le quitte. Tandis que tout semble indiquer que l’Univers a mis à genoux Francis, celui-ci refuse de se laisser abattre et va oublier son chagrin en regardant des vidéos d’animaux mignons. « De toute façon cette relation n’était pas très sérieuse, il vaut mieux maintenant que plus tard » dit-il avant de proposer à des amis de passer boire un verre ce soir. Pour les experts, l’Univers a échoué, Francis montrant clairement des signes extérieurs de bonne humeur. Du côté de l’Univers, on tempère. « Ce n’est pas un échec, oui Francis est toujours de bonne humeur mais nous avons encore des cartes à jouer, comme le vol de sa voiture par exemple » a précisé l’Univers dans une conférence de presse improvisée. Mais dans l’immédiat, Francis était selon les premières constatations bien en train de prendre des verres avec ses amis et venait même de rencontrer quelqu’un qui lui plaisait.

Le 4 novembre 2014 à 08:32

Dax : Il perd son portefeuille dans la rue, s'en rend compte, revient sur ses pas et le ramasse

Voilà un fait divers à rebondissements. Fabien, un jeune pâtissier de la commune du sud-ouest s’est retrouvé au centre d’une scène qui aurait pu tourner au drame. Alors qu’il se déplaçait dans l’une des artères de la ville, ce dernier a égaré le portefeuille en cuir où il stockait tous ses papiers. Heureusement, ce dernier a eu la chance de s’apercevoir de la perte avant de récupérer le précieux objet. Récit. Le drame a été frôlé

 Fabien Mori, 27 ans, a bien failli tout perdre hier matin sur le cours du Maréchal Joffre. Alors qu’il se rend au travail, Fabien fait tomber son portefeuille qui se trouvait dans la poche arrière de son jeans. Le Dacquois fait un pas sans s’en rendre compte. Le pire se profile. Mais au bout d’un mètre, le passant prend conscience du bruit de l’objet qui touche le sol : « Je l’ai entendu tomber. J’ai touché ma poche et j’ai senti qu’il n’était plus là. Alors je me suis retourné et je l’ai vu, là, par terre. Ça a été le choc… » nous confie l’intéressé. Il décide alors de revenir en arrière et de se pencher pour récupérer son bien : « J’ai courbé le dos vers l’avant et tendu le bras pour atteindre mon portefeuille. J’ai utilisé mes doigts pour le saisir fermement. Une fois en main je l’ai mis dans la poche intérieure de mon blouson, celle qui a une fermeture éclair. » continue-t-il de nous raconter. Une belle leçon de vie

 Finalement, Fabien aura repris sa route normalement vers une nouvelle journée de travail. Mais cet épisode l’a à jamais changé si l’on en croit son témoignage : « J’ai compris que la vie était courte, que du jour au lendemain on pouvait perdre son portefeuille comme ça, sans en prendre conscience. Moi j’ai eu la chance de m’en sortir mais la vie n’aura plus jamais le même goût. »

Le 24 février 2013 à 09:02
Le 27 octobre 2015 à 08:05

Un couple trouve miraculeusement un sujet de conversation après 9 ans de vie commune

L’exploit vaut bien qu’on s’y arrête un peu. Hier soir, aux alentours de 21H15, Céline et Jérôme, en couple sous le même toit depuis 2004, ont réussi de manière inattendue à faire survivre leur unionquelques instants de plus. En effet, alors que rien ne les y préparait, les deux conjoints sont parvenus à avoir un bref échange de paroles sur un sujet plutôt commun, repoussant ainsi l’échéance fatidique où plus rien d’autre que la routine ne les unira. Une faible lueur d’espoir qu’ils racontent sans concession. Reportage. « On pensait pas que ça puisse encore arriver » Ce sont donc un homme et une femme quelque peu surpris par ce qui leur arrive qui répondent à nos questions. Jamais Céline, 37 ans et Jérôme, 34 ans, n’auraient imaginé que ce soit possible. Interrogés sur cet « accident » comme ils l’appellent, ils racontent : « On était là sur le canapé. On regardait la télé sans se parler. Comme d’hab’ quoi. Et comme d’hab’ on s’ennuyait. Puis là, comme ça, sans réfléchir, j’ai dit à Céline « Et toi t’en penses quoi du mariage pour tous ? ». Là, elle m’a répondu et on en a discuté au moins 10 longues minutes ! » témoigne Jérôme. Un type de conversation que le couple n’a pas eu depuis plusieurs mois déjà, mettant ainsi entre parenthèses le morne quotidien dans lequel il s’est progressivement enfermé. Mais ce matin, c’est Céline qui semble particulièrement troublée par cet épisode : « On pensait pas que ça puisse encore arriver. A titre personnel, je croyais être arrivée au bout de notre relation. Mais peut-être que c’est pas totalement fini en fait. Je m’interroge… » Didier Salles est psychothérapeute spécialiste du couple. Pour lui, ce sursaut d’intérêt commun n’est pas si positif qu’il peut le laisser paraître : « C’est un genre de phénomène assez récurrent chez les couples en période d’effondrement. Alors qu’on pense avoir touché le fond et n’avoir plus rien à se dire, un sujet, un thème quelconque ressurgit spontanément et donne ainsi l’illusion que le couple peut encore avoir une chance de survivre. » et le thérapeute de continuer : « C’est généralement le genre d’évènement qui précède la fin définitive du rapport entre les deux partenaires. » Un petit-déjeuner sous haute pression Cette conversation plutôt inattendue a certes relancé momentanément les deux tourtereaux mais elle apporte aussi son lot de pression comme l’analyse Didier Salles : « Ils vont probablement passer un petit-déjeuner avec une certaine pression, dans l’attente de voir si l’un des deux amorce une nouvelle conversation comme hier soir ou si c’était simplement une fausse alerte. Mais bon…restons positifs. Peut-être qu’ils auront la présence d’esprit de lancer un débat, même bref, sur leurs préférences respectives en matière de beurre salé ou doux. » Le Gorafi Illustration: Istock /  pajson  

Le 3 décembre 2013 à 08:57

Fins de mois difficiles : 85% des ménages français d'accord pour avancer Noël en début de mois

Selon une étude de l’institut IPSOS pour l’association de consommateurs UFC – Que choisir, une très large majorité de français verrait d’un bon œil le fait d’avancer les fêtes de Noël en début de mois. Les raisons financières et les difficultés à boucler les fins de mois sont les principales raisons avancées dans le sondage. Stéphen Jobert, qui a réalisé l’étude pour le magazine Que choisir, explique que la période de Noël devient chaque année une source de stress pour les ménages français les plus fragiles. « L’achat des cadeaux de Noël peut très vite devenir un vrai parcours du combattant, surtout si on ne s’y prend pas à l’avance » précise-t-il. Le rédacteur en appelle au bon sens pour justifier une mesure qui « soulagerait les Français en ces temps de morosité ». Alors que 45% des Français déclarent commencer à compter les centimes dès le 15 de chaque mois, Stéphen Jobert explique qu’organiser Noël entre le 5 et le 10 décembre permettrait à un maximum de familles d’avoir un budget cadeau et de pouvoir se faire plaisir le soir du réveillon sans se mettre dans le rouge. « Surtout quand on sait que ce sont toujours les budgets consacrés à la nourriture et aux loisirs qui sont les plus touchés en temps de crise » ajoute-t-il. Cette année, le budget des ménages s’annonce de plus en plus serré. 21% d’entre eux vont consacrer moins de 100€ en budget-cadeau, 50% entre 100 et 300€. « Noël est souvent vécu comme une période d’austérité, où l’on se prive pour pouvoir faire plaisir à ceux qu’on aime » explique Stéphen Jobert, qui précise que l’étude ne s’arrête pas à la seule question de Noël puisque selon lui, les ménages français seraient également favorables à l’idée de réduire à deux semaine le dernier mois de l’année pour passer en 2014 aux environs du 15 décembre. Le Gorafi Photo:iStock/ FuatKose 

Le 22 novembre 2010 à 16:01

Au bord de la Laponie, Andreas Eklöf et le silence nordique

Tant qu'il y aura du froid

Patterns for three pianos – in four parts - Andreas EklöfLe concert va commencer. Je dois jouer. Je voudrais aller jusqu’au silence, le capter, le comprendre, le donner. Comme le froid, le silence ne supporte que lui-même, un peu de rareté, et rien d’autre. Glenn Gould y est arrivé. Il est monté au nord, au plus nord qu’il lui était possible par train. Il joue. Puis il ne joue plus, il ne joue plus jamais en public, il ne donne plus aucun concert, il ne fait qu’enregistrer. Mais moi, je viens d’ailleurs ; ma radicalité, je la place ailleurs. Et puis, j’en viens du nord, ce n’est pas lui ma seule matière à silence. Ma radicalité, elle est dans le Cd que je viens de donner. Le concert va commencer. On se presse, on entre, on s’assoit. On est venu nombreux de Stockholm. Une personne lit en attendant. Elle est venue m’écouter jouer du piano, mais j’aimerais surtout qu’elle écoute le premier morceau du Cd. Nor., c’est le nom de mon album. Je ne souhaite pas qu’il soit écouté en concert, ni même dans une grande pièce. Le son doit être réglé en médium. Dans le premier morceau, il y a trois pianos, il y a des pauses et des soupirs, et peu de notes. Alors, au moment où je pense que l’on commence à m’écouter, à écouter, à s’habituer à la musicalité, je fais silence, au milieu du morceau, j’éteins tout, j’arrête de jouer, j’arrête d’enregistrer. Même les sons de la pièce sont niés, je pense que l’on s’en rend compte, j’aimerais que l’on s’en rende compte. Un simple soupir n’aurait jamais suffi à donner le silence. Et je repars, dans la pièce, dans la pièce dans laquelle je joue, dans celle dans laquelle vous l’écoutez. La personne a arrêté de lire, elle attend. Je dois commencer à jouer. Peut-être que je vais y arriver. Son attention va se porter sur les sons du piano, elle va se concentrer, ralentir, refroidir, elle va se crisper, s’intensifier. Peut-être que je vais y arriver, peut-être que pendant ce concert je vais l’emmener jusque-là, peut-être qu’il va être question de faire silence, de faire silence ensemble. 

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