Louise Dumas
Publié le 19/12/2015

Sans regret


Louise Dumas fait le grand écart entre commandes d'illustrations pour des agences de communication et collaborations artistiques pour la scène. Une seule obsession : la ligne.

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Le 8 septembre 2015 à 08:09

Une scientifique danoise pense avoir compris l'utilité du côté bleu des gommes bicolores

C’est un mystère de plusieurs décennies qui prend fin. Le Centre de Recherche Physique et Technique (C.R.P.T) de Copenhague  vient d’annoncer ce matin avoir défini à 99% la fonction de la fameuse extrémité bleutée des gommes. Cette partie précise de l’accessoire de dessin et d’écriture servirait finalement à effacer certaines traces bien précises. Progrès. Un autre genre de gomme La fabuleuse découverte a surtout été le fruit du travail de Maria Moltke, directrice de recherche au C.R.P.T. Cette dernière faisait part de sa joie hier lors d’une conférence de presse organisée pour l’occasion : « Avec cette avancée scientifique, nous dissipons un voile d’obscurité de plus de 250 ans. Je suis très fière d’avoir travaillé près de 5 ans sur le sujet et d’être arrivée à comprendre que la partie bleue des gommes bicolores est en réalité une gomme également. » Car selon les résultats obtenus par le Pr.Moltke, cette « gomme bleue » ne serait ni plus ni moins qu’un dérivé de gomme classique spécialement adaptée aux traits de crayons tenaces ou appuyés. Une fonction peu évidente et à côté de laquelle sont passés bien des scientifiques ou plus généralement des gens : « Depuis la nuit des temps, on a imaginé que la partie bleue pouvait se manger, ensuite que c’était un genre de capuchon comme sur les clés USB. Finalement, c’était bien plus simple que ça. » souligne la chercheuse danoise. L’annonce de cette découverte vient évidemment réjouir tous ceux qui ignoraient l’utilité de la « gomme bleue ». A commencer par les producteurs de gommes bicolores eux-mêmes, comme Pascal Dulot, qui gère une entreprise de fabrication de gommes à effacer dans le Tarn : « C’est fabuleux. On rajoutait ça sur les gommes roses classiques parce qu’on trouvait ça plus joli mais on n’avait strictement aucune idée de son utilité. Et il se trouve qu’en fait c’est une autre gomme. Les choses sont bien faites quand même. » S’attaquer à l’énigme des crayons porte-mines Après ce succès plutôt inespéré, Maria Moltke et son équipe de 40 chercheurs souhaitent porter leur attention sur l’un des autres grands mystères techniques de ce siècle et du précédent : l’incapacité de la dernière mine des crayons dits « porte-mines » à descendre lorsque l’on presse frénétiquement le ressort du crayon. « Il y a bien un bruit de mine quand on secoue le crayon près de son oreille mais quand on presse, rien ne sort. L’explication la plus simple voudrait que le corps physique de la mine disparaisse en fait dans une autre dimension alors que sa trace sonore reste dans la nôtre. C’est une hypothèse sur laquelle nous allons plancher dès maintenant. » a déclaré la scientifique danoise.

Le 11 septembre 2013 à 09:20

Bob à Cabourg en août : journal

Lundi matin, j'ai acheté une serviette de bain au bazar du coin. Elle est rose et noir avec inscrit dessus en lettres dorées « sea sex and sun ». Quand je l'ai sortie sur la plage, toutes les femmes se sont précipitées sur moi pour que je termine leurs mots croisés.   Dans la soirée, comme je me promenais sur la grève en réfléchissant à quelque chose, j'ai senti que quelqu'un me suivait, c'était une mouette qui marchait avec ses ailes repliées sur le dos. Au moment où je me retournais elle s'est retournée aussi, mais je n'ai vu personne derrière elle.   Ce matin, j'ai inauguré une nouvelle canne à pêche sur le hors-bord d'un ami. A un moment, croyant avoir fait une touche, j'ai accroché mon propre slip avec l’hameçon.   Un peu plus tard, alors que je bronzais sur la plage, un chien s'est approché de moi et a placé sa tête pleine de poils au-dessus de ma tête. C'est en lui demandant ce qu'il attendait de moi que j'ai entendu ma femme me dire : « Je voudrais que tu me regardes enfin ».   Mercredi matin après avoir nagé un bon quart d'heure, je me suis aperçu que j'avais perdu mon maillot de bain. Heureusement, j'ai réussi à attraper un grand poulpe et suis sorti de l'eau le sourire aux lèvres en montrant ma belle prise.   Dans l’après-midi en voulant retenir ma femme qui était entrainée par le parasol qu’elle voulait empêcher de s’envoler, j’ai été trainé sur le sable sur quinze mètres avant de la laisser décoller vers le large.   Vendredi, une petite fille blonde au bob rouge m'a proposé de faire des pâtés avec elle. Quand elle trouvait que mes pâtés n'étaient pas assez bien elle me donnait des coups de râteau sur la tête. Parmi la dizaine de corbeaux qui me survolaient quand je grimpais l'escalier de la plage pour rentrer chez moi, un seul me criait « comment » alors que tous les autres me criaient « quoi ».

Le 20 juin 2012 à 09:40

Les experts ami-ami

Une virgule au fond du bac, par arpenteur, au tableau depuis 1971

Au mois de juin, il y a le rhume des foins, les appels (surtout le 18), le foot (enfin pas tout le temps), et le bac. Saison bénie où le soleil brille enfin avec conviction, où les terrasses ne désemplissent plus, où les jours s’allongent sans fin, où les jupes raccourcissent enfin. Saison maudite où la jeunesse s’enferme derrière des stores baissés pour ne pas succomber à la tentation, goûte l’amertume d’une boule au ventre permanente, et se bourre le crâne au lieu de la gueule. Combien de mois de juin passés ainsi ? Trop. Mais depuis quelques années, pas de boule au ventre, pas de stores baissés. Parfois, pour une journée, je passe de l’autre côté du pupitre. Je retourne dans les couloirs d’un collège sans fiche à réviser au dernier moment, sans écouter AC/DC à fond dans le walkman (NdT pour les bacheliers : walkman = dispositif mécanique transportable du XXème siècle permettant d’écouter de la musique stockée sur bandes magnétiques) pour rentrer dans la salle avec le couteau entre les dents, et sans mon t-shirt fétiche que je ne laverai pas jusqu’à la fin de la session. Expert. Presque comme à la télé. L’oral c’est sérieux, m’a dit le prof que j’assiste. Mais c’est varié : des grands, des chevelus, des petits, des frimeurs, des blondes, des pâles comme la mort, des gros, des rasés, des timides, des qui sont vraiment pas gâtés, des avec l’œil vif comme un veau en pleine rumination, des stressés, des trop à l’aise, des verts de trouille, et des pas mûrs. Il y a ceux qui rentrent les yeux baissés, comme s’ils étaient dans la cour, lieu de toutes leurs souffrances et humiliations, et qui demandent d’une voix tremblante s’ils doivent tirer une question. Ceux-là, tu n’oses pas trop les torturer, c’est déjà leur quotidien. Il y a celle qui rit trop, sur-rire de gêne et de séduction mêlées, qui ne trompe personne, et que seule une fille de 18 ans au pied du mur sait faire. Il y a les silences qu’on prend un malin plaisir à ne pas combler tout de suite, en se remémorant nos propres silences d’antan. Prendre l’air concentré, faire semblant de réfléchir, tout en ne pensant qu’à une seule chose, comme lui aujourd’hui : « mais putxxx c’est quand qu’il va me la tendre cette perche ce con », pour finalement soupirer un « ah oui », pas du tout convaincu. Il y a ceux qui rament avec autant d’acharnement qu’un kayakiste lancé à la poursuite de saumons remontant une rivière, et qui tentent toutes les réponses possibles, même les plus improbables, espérant que leur flou se perde dans le trouble des remous qu’ils font. Mais malgré leurs efforts, ils se prennent tous les rochers, et le kayak se retourne sans cesse. Ils sont à bout de souffle et boivent la tasse. Il y a celle, oui, celle, car seule une fille peut faire ça. Celle qui maîtrise son sujet, mais qui hésite juste sur un petit détail, et qui finit par trouver la réponse d’elle-même. Mais confrontée ainsi à ses lacunes qu’elle estime incommensurables, elle fondra en larmes de honte avant même terminer l’examen avec la note maximale. Enfin il y a en a qui coulent à pic, encore plus vite que le Titanic, et sans l’orchestre. Ils se débattent sans grande conviction dans l’eau glacée, attendant simplement leur libération. On leur tend des cordes, des bouées, des chaloupes de sauvetage, des perches que Bubka leur envierait, on se transforme en Moïse pour écarter les flots et essayer de leur permettre de donner une réponse. Juste une. Mais non, l’esprit ailleurs, ils se laissent couler, souriant de dépit pour certains, ironiques envers nos efforts pour les uns, indifférent à tout ce qui peut leur arriver pour les autres… Le chômage c’est pour bientôt. Qu’importe le reste, non ?

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