Laurent Houssin
Publié le 30/12/2015

Je m'engraisse la couperose


Boire un coup avec Lindingre et Houssin

Textes de Yan Lindingre

Laurent Houssin dessine des gros et grands dessins depuis toujours. Il a lu des tas de BD, a débuté dans le fanzine Argh!, a troqué ses crayons contre des gants de boxe puis ses gants de boxe contre des crayons, a vu le bagne, a animé ses dessins chez Œil pour Œil multimédias, a dessiné Marcel et son orchestre, l'album"Rendez-nous Miss Moule ! ", des histoires de loups pour le Psikopat...Aujourd'hui, il dessine dans Fluide Glacial. Bon, c'est clair ou vous voulez que je vous fasse un dessin ?

 

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Le 16 février 2013 à 08:11
Le 13 août 2012 à 08:05

Pour adoucir sa dépression, il faut la respecter.

J'ai pris la résolution d'aimer et de cajoler ma dépression. J'avoue l'avoir maltraitée des années durant. Dès qu'elle apparaissait, je la maudissais et j'essayais de m'en débarrasser. C'était une lutte contre-productive : à la violence induite par cette force invisible et sans limite, s'ajoutait mon épuisement à la combattre et à lui résister.J'ai compris qu'il valait mieux la laisser faire. A partir du moment où j'ai pris cette décision, elle s'est un peu calmée, elle n'avait plus d'adversaire pour l'exciter. Elle continuait à me vriller le coeur et me sauter à la gorge, à s'asseoir sur ma poitrine et me marteler le crâne, elle continuait à m'assaillir d'idées noires. Mais la cessation de ma belliqueuse humeur a sensiblement réduit l'asthénie et la mélancolie.Puis, avec l'idée d'inventer une heuristique nouvelle, j'ai posé une hypothèse : c'est parce qu'on la traite mal que la dépression blesse. Pour l'adoucir, il faut la respecter. Comme un animal sauvage que l'on souhaiterait domestiquer. Et cela a marché : la considérer comme une chose réelle et indépendante de moi, une sorte de fantôme domestique, a diminué sa virulence. Je lui parle, je lui dis, gentiment, de se calmer. Je l'amadoue.L'erreur que j'ai longtemps faite a été de croire que je pourrais un jour guérir de ma dépression. Ce n'est pas possible : impossible de m'en couper sans me couper de moi-même. Nous nous fréquentons depuis trop longtemps. Je crois que personne ne me connaît comme ma dépression. Je l'ai influencée et elle m'a construit. Je peux compter sur elle, elle n'est jamais loin, c'est un paysage qui me permet d'être toujours chez moi-même en voyage. Elle est un refuge ; bien sûr c'est un refuge douloureux, mais la réalité extérieure est pire : elle est douloureuse et étrangère. Ma dépression est des rares choses stables dans ma vie. Je sais aujourd'hui que j'y suis attaché : elle porte en elle les ressources de la création et de la joie. Je lui serai toujours fidèle.Illustration : Dupont&Barbier www.dupont-barbier.com  

Le 31 mai 2011 à 08:22

Concours "Orgueil", nous avons une gagnante : Cécile C.

"Orgueil, poursuite et décapitation (comédie hystérique et familiale)" de Marion Aubert

Nous n'aurions jamais imaginé nos lecteurs si timides. Noyé sous une masse de torchons vaguement présomptueux et cliniques, d'où l'orgueil pur, joyeux et insouciant était aussi absent qu'au sein du système lymphatique d'un animal domestique, notre jury déprimait. Nous allions balayer, dissoudre et remettre les places en vente, quand une ultime missive nous parvint. Celle de Cécile C., notre gagnante, dont voici la prose allègre. Cécile vos deux invitations vous attendent donc au Théâtre du Rond-Point le samedi 4 juin à partir de 20h30. Voici son courrier :"Que ne ferait-on pas franchement pour obtenir 2 places gratuitement, obliger un être supérieur comme moi à se vendre de la sorte, sortir du placard  !! Montrer patte blanche, faire savoir, à tout le monde, tel un vulgaire étudiant d'HEC, moi qui suis douée, non pas sur-douée d'INTELLIGENCE, c'est bien simple c'est moi qui ai inventé l'intelligence, je déborde , je dégouline d'intelligence à ne plus savoir qu'en faire !! Pas besoin, de le proclamer à tout va, je me suis proclamée LA fille intelligente, pas besoin de le répandre à la populace, cela se lit sur mon visage. Les gens dans la rue se retournent sur mon passage, béats d'admiration et s'exclament, "Enfin, nous avons croisé une fille vraiment brillante". Lorsque j'ouvre la bouche, mon auditoire s'agenouille devant moi, ébloui, par la lumière de mon génie ! Excusez-moi mais il m'a fallu, un effort immense pour écrire ces quelques lignes parce même ne me connaissant vous devriez savoir que je suis la MIEUX, pas besoin d'envoyer ce mail comme le tout venant !!! Et en plus, si vous saviez comme je suis BEEEELLLE, mais là non, je ne vous ferai pas ce plaisir d'en dire davantage, je n'ai plus la place ! Estimez-vous encore heureux d'avoir reçu un mail d'un esprit vraiment exceptionnel comme le mien ! Bon, pas la peine, j'ai gagné, c'est ça j'ai les places ??? Vous avez mon mail, de toute façon, à très vite !" Cécile C.

Le 10 janvier 2014 à 08:08

Le facteur dort la tête en bas.

Les progrès du futur #9

La technologie des drones, comme beaucoup d'autres, fut mise au point par l'armée. L'idée était de frapper au coeur du dispositif ennemi sans risquer la vie des soldats. Puis la technologie se répondit à l'ensemble de la société : pour un prix modique, on pouvait retrouver les spéléologues imprudents dans les couloirs de la BNF ou s'assurer de la vertu de l'être aimé. De son côté, la vénérable Société nationale des postes et télécommunications fit l'acquisition d'une flotte de huit mille hélidrones pour la livraison des achats sur Internet. Ce fut un succès éclatant, si bien que de nombreux concurrents arrivèrent bientôt sur le marché. Rapidement, on vit dans le ciel des nuées d'engins aux couleurs de différentes compagnies, ce qui accrut le niveau sonore de façon considérable. On constata une forte recrudescence des acouphènes et des troubles du sommeil. C'est à ce moment que le Muséum d'histoire naturelle de Bourges lança son modèle de chauve-souris transgénique nicotino-dépendante : le batpacker. Sur une base de grand rhinolophe, les chercheurs étaient parvenus à provoquer le développement d'un bulbe olfactif semblable à celui des pigeons voyageurs, réagissant au champ magnétique terrestre et tenant lieu de GPS. Puis une cure d'addiction à la nicotine rendait les animaux tout à fait soumis. Ce fut un succès fulgurant : en six mois, les batpackers avaient remplacé les hélidrones et le niveau sonore en ville était redevenu sans danger pour la santé publique. Par ailleurs, contrairement aux craintes de certains membres rétrogrades du Muséum, la biodiversité ne fut pas sensiblement affectée. On observa toutefois quelques désintoxications spontanées de batpackers, ce qui eut l'effet heureux mais inattendu d'éradiquer la malaria de Camargue, où elle était réapparue au début des années 2020 à cause du changement climatique.

Le 18 avril 2012 à 08:49
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