Sebh Leouf
Publié le 23/12/2015

Draculitron


Sebh ne sait pas se décrire car personne ne lui a appris. Tout ce qu’il sait faire c’est dessiner des gens qui donnent leur avis sur www.lapin.org, ou des multitudes de personnages enchevêtrés dans des accumulations agglomérées et bourrées de références acidulées sur son site : www.sebh.tk

 

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Le 26 décembre 2015 à 09:15
Le 14 février 2013 à 08:06

Urbi estourbi

  Aujourd'hui, on frappe à la porte de Dieu.  Toc, toc, toc. (La porte de Dieu, quand on y toque dessus, fait toc toc toc comme toutes les autres portes, preuve que le gars est resté très simple malgré tout).- Entrez! Le pape entre.- Ah Benoît! Quelle bonne surprise! Mais qu'est-ce que tu fous là, t'es quand même pas mort ? J'aurais reçu un tweet sinon!- Oh non, mais je ne vaux guère mieux.- C'est vrai que tu as une sale mine dis donc! Aurais-tu mangé des lasagnes au cheval? D'ailleurs, ça veut dire quoi Findus en latin? Ah ah, elle est bonne celle-là, non?- Écoutez, franchement je n'ai pas le coeur à rire. Je suis venu vous remettre ma lettre de démission.- Mais pourquoi? Tu as des revendications ? Tu veux être augmenté ? Qu'on t'appelle Benoît 17 ?- Si ce n'était que cela. Non, en fait je n'y arrive plus. Si vous saviez le bazar que c'est en bas. Tenez, l'autre jour, je faisais mon allocution place Saint Pierre, et des filles se sont... euh... comment dire, dépoitraillées en réclamant que je me taise.- Non ? Elles t'ont montré leurs nichons ?- Ben oui...- Ah le veinard! Elles étaient bien gaulées au moins ?- Mais enfin, vous vous rendez compte! Des filles à moitié nues en plein Vatican !- Et alors? La belle affaire! Dis-moi, tu serais pas un peu pédé? Je n'en serais qu'à moitié étonné vu comme tu t'habilles, toujours en robe et avec ces chapeaux ridicules que n'oserait même pas porter madame de Fontenay. - Ah ne me parlez pas de ça. Savez-vous qu'en France, ils vont légaliser le mariage gay ?- Mais enfin Benoît, un homme qui aime un homme, une femme qui aime une femme, c'est encore de l'amour. Et l'amour, ce n'est pas le fondement de la foi ?- Mais je me tue à le répéter, comme avant moi mes prédécesseurs, qu'il faut aimer son prochain et que la guerre c'est pas bien. Et ils continuent à s'entre-tuer !- Oui d'accord, mais bon, ça, c'est la routine. On les changera jamais ces cons-là, ils ont toujours adoré se foutre sur la gueule. Mais t'es vraiment trop nul Benoît ! Tiens, ta démission, tu sais ce que j'en fais? Je la refuse: t'es viré. Tu peux aller pointer au chômdu. Comme ça tu auras tout le temps de lire l'évangile selon Saint Pôle Emploi. Oh oh oh, celle-ci est pas mal non plus! Et puis j'en ai ras l'bol que mon représentant sur terre soit toujours un débris cacochyme... Saint Pierre ! Rapplique illico !- Oui mon Seigneur. Qu'y a-t-il pour votre service ?- Trouve-moi dans les pages blanches les coordonnées de Frigide Barjot. Comme pape, une femme pas trop âgée, ça fera moderne. Et comme elle est aussi rétrograde que Benoît, nos grenouilles de bénitiers seront rassurées. Quitte à sombrer dans le ridicule, allons-y franco. Et pendant que tu y es Pierrot, vire-moi ces saloperies d'hosties et ramène-moi des cacahuètes. J'ai quand même droit à un apéro digne de ce nom nom de Moi !- Bien Seigneur. Et monsieur Benoît, j'en fais quoi ?- Renvoie le sur terre. Il me servirait à rien ici: il ne rit même pas à mes blagues.

Le 11 avril 2013 à 09:43

Les bonnes raisons de se lancer sur la piste d'envol

Après vous avoir dit comment, voici pourquoi

Pourquoi vous lanceriez-vous sur la piste d’envol ? Aucune idée et pire encore, je n’en ai que faire, je suis vide de bienveillance et d’empathie. Pourquoi me lancerais-je ? Ça je sais, je peux vous le dire et pire encore, je veux que vous vous posiez la question, je suis emplie de narcissisme et d’égocentrisme.   Je veux la célébrité et le pognon qui va avec. Je veux ne plus pouvoir me balader dans la rue sans qu’une horde d’inconnus me salue. Je veux que cette même horde se roule à mes pieds. Ô adule-moi ! Crie-moi ! Hume-moi ! Mais pas le matin. Je veux la notoriété. Etre une connasse et dire « Barre-toi ! Tu vois pas que tu me fais chier ! » Je veux le fric. Etre une pétasse et dire « Remballe ton Saint-Emilion ! Tu vois pas qu’il est daubé ! » Je veux être célèbre et belle et blonde et épouser un sportif. Pas n’importe lequel, un footballeur. C’est pas la discipline qui importe c’est le compte en banque… et le prestige. Ne surtout pas à avoir dire « Tiens je viens d’épouser un pongiste ! », c’est trop pourri !   Je veux me fagoter comme une savate et citer haut Audiard : « Regarde public ingrat ! Arrache-toi les yeux ! » Je veux être comme la rosée du matin, mouiller les pieds, dessiner les toiles d’araignée et sécher un peu avant 11 heures moins le quart, même si ça ne veut rien dire.   Ou alors, c’est tout le contraire, je ne sais plus… je suis perdue.   Laisse-moi public ingrat, je dois me retirer, j’ai besoin de repos. Il faut que je médite, tu vois pas bordel que je suis perdue ?

Le 22 juin 2013 à 11:12
Le 10 septembre 2015 à 08:04

En lisant Agamben

Entre tes mains l'argile prend formeL'homme de demain sera hors norme Bashung, Malaxe.   L'homme de demain sera quelconque. Aucun signe, aucune qualité, rien de discriminant, l'inessentiel sera l'ensemble de ses caractères. Une communion d'impropriétés le fera. Il sera : non-socialiste, non-capitaliste, non-communiste, non-anarchiste, non-catholique, non-musulman, non-athée, il ne sera pas bleu, rouge, blanc ni noir, il ne sera pas professeur, chômeur ni comptable. Non-encarté, il sera aussi bien non-politique que non-apolitique, il ne revendiquera pas et ne votera pas, n'ira pas en prison, n'aura pas d'opinion, ne parlera pas, mais ne se taira pas non plus, ne se cachera pas, ni ne s'exposera, ne sera pas menacé, ni ne menacera, n'appartiendra pas, ni ne possédera. Il saura se définir sans remplir un seul champ de formulaire, ni cliquer sur aucun bouton, ce sera la fin des panels et la mort des statistiques puisqu'un agent représentera l'ensemble indiscernable à lui seul. Il saura enfin ne pas abandonner ce qu'il ne peut pas, et conserver son absence de puissance comme étant sa geste. Le progrès nous amène déjà l'être que rien ne permet de distinguer ; cet être inessentiel qui est l'universel.  (D'après Giorgio Agamben, La communauté qui vient (théorie de la singularité quelconque), traduit par Marilène Raiola. Seuil, 1990.)   Ceci étant dit, l'idée de la singularité quelconque d'Agamben suppose un effacement des classes, elle est circonscrite à une zone très proche d'un "nous" où l'auteur du présent texte semble s'inscrire tout en voulant faire semblant, par citation et lecture, de ne pas s'inscrire. L'homme de demain pourra-t-il être non-pauvre ? Il sera plus probablement non-riche, l'est sans doute déjà. Pourra-t-il être non-masculin ? Sans classe, vraiment ? Cette analyse qui se veut texte, enfin, serait-elle non-intelligente et inessentielle ? Manque-t-elle de propriétés, ou d'impropriétés ?  

Le 28 décembre 2011 à 08:10
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