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Publié le 12/08/2010
 

Jean-Marie Gourio


Chroniqueur

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Recette du cocktail à la sardine


En cette période estivale, une recette à déguster seul ou entre amis!

Pour faire un cocktail à la sardine, il faut : une sardine. Une mer froide. Des pingouins. Un igloo. Vous posez la sardine sur le pingouin, lequel se jette à l'eau, tandis qu'un esquimau sort de l'igloo, son verre à la main. A cet instant précis, vous faites neiger les copeaux de parmesan, tandis que la sardine, toujours sur la tête du pingouin, chante " Ne me quitte pas" de Jacques Brel à capella. Lorsque la chanson terriblement triste du chanteur belge décédé aura fait pleurer une baleine, vous secouez le tout énergiquement. Vous servez dans une grande bassine en inox gravée du portrait de la Reine d'Angleterre. Le cocktail à la sardine se boit le matin avant de partir travailler, ou bien la nuit, à la pleine lune, assis en slip sur le toit de l'église.
Bonne dégustation.
 

Concours Semianyki, nous avons une gagnante : Virginie T.


Le lècheculisme a triomphé ! Le 7 mai dernier, nous vous proposions de nous tresser des lauriers pour nous convaincre de vous offrir deux places pour le sublime spectacle des Semianyki et nous avons pu constater que vous étiez de redoutables experts en la matière. Parmi le flot sirupeux de messages aussi dithyrambiques que flagorneurs, notre jury a décidé de sélectionner la sympathique Virginie T. (lisez donc ceci à haute voix, ça pourrait vous amuser autant que nous) pour son émouvant compliment parfaitement intéressé. Elle aura donc la chance et le privilège de découvrir à la fois le Rond-Point et le spectacle des Semianyki. Elle nous a bien ciré les pompes, là voilà logiquement vernie.

Bonjour à vous, équipe de ventscontraires.net.
Ce mail fait suite à votre sollicitation ouverte de cirage de pompes (article publié le 7 mai dernier).
Ma démarche est donc simple : vous convaincre que je mérite plus que d'autres ces deux places offertes. Moultes possibilités s'offrent donc à moi : vous stimuler par des photos dénudées (mais finalement non), vous donner un pot de vin (peu logique ici), vous supplier platement de m'offrir ces places (ce n'est malheureusement pas vraiment mon genre)... Je finis donc par penser que je vais simplement opter pour une solution simple : celle de la dérision, merveilleusement bien choisie et amenée, par vous-même, dans cet article (premier crachat sur vos chaussures). J'y mêlerai un peu de compassion, en vous parlant de mon statut de stagiaire dans le milieu culturel, ne me donnant pas accès aux invitations et autres places gratos bling bling (sentez-vous ce délicat mouvement de chiffon sur vos chaussures ?), et puis surtout de l'honnêteté, en vous avouant que je ne suis encore jamais venue au théâtre du Rond-Point et que ma soif de culture doit être apaisée par ce merveilleux endroit (ne cachez pas votre joie, oui, vos chaussures sont encore plus étincelantes qu'à l'achat ! ).
En vous remerciant d'avoir lu ces quelques lignes vénales. J'espère au moins vous avoir fait sourire, et en vous souhaitant une bonne journée, j'espère très fort pouvoir vous dire "à bientot !"

Virginie T.

Jean-Marie Gourio : brèves de comptoir


L'aventure du Rond-Point (extrait)

Jean-Marie Gourio : brèves de comptoir L'Aventure du Théâtre du Rond-Point ventscontraires.net
Le Rond-Point est un rêve que je fais depuis dix ans. J’espère ne pas me réveiller
Je vous propose quelques extraits du film "L'Aventure du Théâtre du Rond-Point, audace joyeuse et rire de résistance" que j'ai réalisé pour France 2, avec une centaine d’artistes ayant été à l’affiche du théâtre. Au comptoir, Jean-Marie Gourio en a entendu de belles sur le théâtre. Avec Alban Casterman, Marcel Philippot, Hélène Viaux, Annie Gregorio, Laurent Gamelon, Chantal Neuwirth et Patrick Robine.

Desarthe Vs Despentes : c'est la première qui gagne


Des tuyaux pour ne pas perdre son temps dans le grand fatras de la rentrée littéraire
Amateurs de littérature, friands des nouveautés de la rentrée littéraire, ne perdez pas votre temps avec le nouveau Despentes, dont toute la presse parle — c’est un peu le même phénomène qu’avec Houellebecq, on attend du shocking, mais il n’y en a guère —, un livre qui se lit sans véritable déplaisir, certes, mais sans aucun intérêt non plus. Non, lisez plutôt un outsider, un livre passé complètement inaperçu et c’est très injuste, le nouveau roman d’Agnès  Desarthe, Dans la nuit brune. Dans ce livre qui enchante, qui émeut, qui remue, il est aussi, comme chez Despentes, question de la disparition d’un adolescent. Définitive, celle-ci, dans un accident de moto. Ce tout jeune homme, c’était un garçon idéal, à qui, sans le savoir, le père de son amoureuse était très attaché. Car cette mort violente plonge Jérôme, terne agent immobilier de la petite province française, dans un tourbillon de sentiments, de bouleversements conduisant loin, bien loin, « dans la nuit brune ». On y croise une jeune veuve éplorée, une Anglaise complètement jetée, un ancien flic homosexuel, et surtout, surtout, Jérôme, qui garde enfouie en lui l’empreinte de son passé d’enfant sauvage… Ça a l’air fouillis, comme ça, ça pourrait même être ridicule ; avec les mêmes ingrédients, quiconque d’autre qu’Agnès Desarthe aurait pu faire une affreuse et chichiteuse mélasse. Mais ce livre, je vous le dis, est un enchantement, dans le sens premier du terme. Ne boudons pas le petit Poucet qui sommeille en nous.
 
Dans la nuit brune, Agnès  Desarthe, Editions de l’Olivier
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