Les bonus de la saison
Publié le 12/01/2016

Laura Scozzi raconte sa vie à un champignon


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Autres épisodes :

Psychanalyse de Laura Scozzi sur le lit de la Belle au bois dormant. Comment bon Dieu de bon Dieu a-t-elle fini chorégraphe ?

Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin

Confessions, confidences et indiscrétions. Les spectacles, les auteurs, les artistes et tous ceux qui font la saison du Rond-Point. 

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Laura Scozzi

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Le 11 octobre 2017 à 17:55

Jérôme Bel : "Tout le monde pourrait s'exprimer dans Gala"

Entretien avec le chorégraphe Jérôme Bel, dont la pièce Gala, présentée conjointement au Théâtre du Rond-Point avec le Théâtre de la Ville, ouvre le Portrait que lui consacre le Festival d'Automne avec 9 spectacles en rafale du 4 octobre au 23 décembre 2017 Gala commence en silence par un diaporama en bord de scène, des prises de vue montrant des théâtres vides — sièges en attente du public, plateau encore vide de ses artistes. Du plus majestueux au plus bricolé, on passe en désordre de l'or verdâtre des salles à l’italienne aux gradins de fortune, sans oublier la salle Renaud-Barrault où va se dérouler le spectacle qui vient de débuter. Manière pour Jérôme Bel de mettre en évidence, en guise d'autoportrait, l'objet de sa fascination de toujours : le théâtre, vieux dispositif trois fois millénaire, où, loin des bruits du monde, certains regardent en silence ce que d'autres vont accomplir en pleine lumière. "Auteur", "théâtre", "présence", "parole", "vérité" : autant de mots liés à l'art théâtral qu'on retrouve dans la bouche de ce chorégraphe que tout pourrait nous amener à considérer comme un artiste conceptuel. Sauf que lui justement se revendique être un homme de théâtre. D'un spectacle au suivant il reste chevillé à en mettre à jour, en les dénudant, les constituants les plus élémentaires. Par exemple en posant ludiquement cette question à laquelle tente de répondre Gala : faut-il absolument des artistes sur la scène ? Propos recueillis par Jean-Daniel Magnin

Le 28 septembre 2017 à 15:55

Hillel Kogan : "Le chorégraphe a besoin de la guerre et de toutes les monstruosités pour que son art soit intéressant"

Le chorégraphe israélien Hillel Kogan a inventé le solo hanté : entamant We Love Arabs, Hillel sent que par endroits l'espace rejette son corps dansant. Il invite alors sur le plateau sa mauvaise conscience en la personne de Hadi Boutrous, seul danseur palestinien professionnel d'Israël nous dit-il. Lui parle parle parle en nous faisant rire de tous les poncifs prétentieux du jargon chorégraphique. Tandis que l'Autre n'a pas le droit à la parole mais n'en pense pas moins. C'est hilarant, troublant, à la limite du malaise. Rond-Point — Y a-t’il dans We Love Arabs une victime et un bourreau ? Une proie et un prédateur ? Hillel Kogan — « Victime et bourreau » est une expression trop forte pour qualifier la relation entre les deux personnages. Et même trop caricaturale. C’est plus complexe que cela. L’offenseur est inconscient de son offense, l’humilié l’est, de fait par la façon dont la pièce est écrite. Si le juif était le bourreau, il n’en resterait pas moins victime de ses propres préjugés. Il aurait aimé être pur, doté de belles valeurs, mais il ne le peut pas, il est victime de lui-même, une proie prise au piège, rattrapé par ses idées racistes, ses préjugés dont il a du mal à se défaire. Que lui resterait-il, au chorégraphe, pour créer sa pièce, son œuvre, sans préjugés ? Il en a besoin pour se différencier de l’arabe. Sans ses préjugés, sa création devient alors sans intérêt. Il a besoin de cette relation. Sans elle, il n’aurait rien à dire. Il n’y aurait rien à dire. La symétrie est ennuyeuse. J’aimerais que ce soit l’ironie qui en ressorte. Le chorégraphe a besoin du conflit, de la violence, la guerre et de toutes les monstruosités du monde pour que son art soit intéressant et qu’il puisse apporter un message d’équilibre. Il est en paix, rassuré avec cette idée, avec ces idées, un peu comme à la maison. De quel côté êtes-vous ? Au fond ? J’ai peine à croire qu’en sortant de mon spectacle on puisse réellement douter de ma position. Je peux comprendre par contre que certains spectateurs puissent questionner les moyens, le chemin que j’utilise dans la pièce, ne sachant pas si cela aide ou au contraire lamine le propos. J’essaie de ne jamais oublier qu’en tant que Juif israélien, je fais partie de l’hégémonie ethnique d’Israël. En tant que tel, je peux me mettre à la place de « l’autre », mais cela ne me permet pas devenir « l’autre » et je ne serais pas capable de vivre ce que « l’autre » vit. Je ne peux pas le remplacer. Je peux ressentir de l’empathie, m’identifier, ressentir de la solidarité ou de la compassion. Mais je ne peux pas vraiment me mettre à sa place. Ce n’est pas parce que je prétends, en tant qu’auteur de la pièce, être du côté de la victime que cela m’affranchit du rôle du bourreau. Je suis à la fois auteur et protagoniste, je n’ai pas la possibilité de prendre parti pour un seul aspect et de m’y tenir. La position du protagoniste n’est pas celle de l’auteur. Mais quand je suis l’interprète, je suis également l’auteur. C’est donc une place complexe. Et par-dessus tout, quel que soit le côté où je pourrais me placer, je n’en tirerais aucun mérite. J’aimerais croire que je suis du côté de la non-violence. Mais si l’on parle de Moyen-Orient,malheureusement, ce côté-là, n’existe pas. Vous êtes du côté de la danse, mais on sent que vous dénoncez la futilité, les prétentions des métiers artistiques... Mais tout en dansant toujours ? Le ton ironique ou satirique que j’adopte ici vis-à-vis de la danse et des danseurs est une forme d’exagération, d’autodérision. Toutes les critiques qui concernent la danse sont de vraies questions que je me pose en tant que chorégraphe et danseur. Cette pièce ne propose pas d’alternative au langage de la danse et ses conventions, c’est juste une façon de les souligner, de les désigner. L’humour m’aide à affronter parfois l’impuissance de la danse à affirmer une position. Continuer à danser devient le moyen même de remettre en question, plutôt que de faire de grandes déclarations et de croire que l’on sait. Qu’est-ce qui va sauver le monde ? Le houmous ? Les femmes peut-être ? Le houmous pourrait peut-être sauver le monde si les hommes de toutes les sociétés commençaient à le cuisiner au lieu d’entretenir des conflits. Le conflit juif/arabe, comme quasiment la plupart des conflits du monde, est mené par des figures masculines. Comment est née l’idée de We Love Arabs ? Cela faisait un moment que je voulais créer une pièce traitant du conflit juif/arabe. Lorsque j’ai voulu créer ce spectacle en 2013, Adi Boutrous était (et il l’est toujours à ce jour) le seul danseur arabe israélien professionnel de la scène israélienne. Les Arabes représentent 20% de la population en Israël pourtant. C’est un chiffre quelque peu intéressant, je pense. La pièce débute en mettant en doute cet écart et en révélant le racisme et les stéréotypes qui résident dans le regard orientaliste des Israéliens-juifs sur les Arabes. Avez-vous réellement rêvé, à un moment donné, que la danse puisse réparer le conflit israélo-palestinien ? Je ne crois pas que l’art ait beaucoup d’influence politique sur les gens. Je ne connais personne qui aurait changé d’opinion politique après avoir assisté à une pièce de danse ou de théâtre. Les institutions politiques et les politiciens ont une influence beaucoup plus forte sur les arts. Les artistes peuvent refléter la réalité, ils peuvent protester, ils peuvent critiquer. Pourtant, la responsabilité de réparer le conflit juif/arabe, n’importe quel conflit politique d’ailleurs, est de la responsabilité du peuple lui-même, pas de celle des artistes. Je n’ai jamais rêvé que la danse puisse changer le monde, mais j’ai rêvé que les êtres humains puissent eux-mêmes le changer.

Le 6 décembre 2013 à 15:52

Marius von Mayenburg: "Nous sommes tous des voleurs impénitents"

Marius von Mayenburg, auteur et metteur en scène associé à la Schaubühne de Berlin, est un des auteurs les plus inventifs du moment. Joué partout en Europe et au-delà, il voit une de ses dernières pièces, Perplex, créée au Rond-Point dans une mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia. Pièce folle qui transforme le théâtre en jeu de quilles, écrite pour ses acteurs préférés et qui ont donné leur nom aux personnages qu'ils interprètent. Jean-Daniel Magnin – Il est passionnant de suivre, d'une pièce à la suivante, la façon dont tu réinventes la forme narrative pour raconter une histoire sur scène. Exemples les plus évidents, parmi tant d'autres : ce sont les personnages qui disent les indications scéniques, ou - comme dans Le Moche – différents personnages glissent en douceur sur le même acteur. Des innovations toujours en lien avec les enjeux de la pièce. Pour toi cette "modernisation permanente" de l'écriture théâtrale est-elle nécessaire ?Marius von Mayenburg – Je ne pense pas tant que ça à la forme. Je ne veux pas m'ennuyer, je veux jouer. La plupart du temps la forme va naître par nécessité. Ou du désir de travailler avec tel ou tel acteur.– Tu y réfléchis en amont ou ça se développe durant le processus d'écriture ?– Les deux. Ce processus démarre souvent bien avant que le premier mot soit couché sur la page.– Bien sûr tout a déjà été inventé. Cependant nombre de tes innovations ont été reprises par d'autres écrivains de théâtre. As-tu le sentiment d'être observé, attendu, voire même copié ?– Non. Nous sommes tous des voleurs impénitents. Le théâtre est un art parasitaire. Nous nous servons dans des films, dans les arts plastiques, la littérature. Et chez les artistes de théâtre. Nous volons intentionnellement et sans le faire exprès, le vol est si normal chez nous que la plupart du temps on ne s'en aperçoit même pas. C'est ainsi depuis toujours (Shakespeare etc.). Le théâtre est un art fugace, voilà pourquoi personne ne se sent coupable. Si quelqu'un estime qu'il y a quelque chose à voler chez moi, je m'en réjouis.– De nos jours de nombreux écrivains de théâtre s'écartent du dialogue traditionnel au profit d'une espèce de "partage du récit", où le théâtre devient plus ou moins la communication partagée d'une histoire ou d'un conte narré face public. Qu'en penses-tu ?– Je pense qu'il nous est de plus ne plus difficile de suivre un déroulement scénique qui représente la réalité comme une suite chronologique d'événements. On le ressent comme trop autoritaire. La narration à plusieurs d'une histoire répond à un point de vue sur une réalité que nous n'éprouvons plus comme une succession causale d'événements chronologiques, ordonnés selon une hiérarchie implacable. Nous la percevons plutôt comme un réseau d'événements simultanés qui se relativisent les uns les autres. Voilà pourquoi le récit se fragmente en plusieurs voix, souvent contradictoires. Il en résulte l'illusion d'un récit démocratique : ce qui est vérité ou mensonge, c'est au spectateur de le décider. Tout est relatif. Et donc relativisé. Conflits et rencontres sont évités. Si je trouve de telles expérimentations nécessaires, elles ne sont pas pour moi l'avenir du théâtre. – Le théâtre est-il pour toi éternel ? Existera-t-il encore dans cinquante ou cent ans ?– C'est si beau de voir les acteurs au travail. Pourquoi les gens devraient-ils cesser de faire ça ?– Dernière question : quel a été ton point de départ pour Perplex ?– Au départ c'était une frustration après un travail de mise en scène avec des acteurs qui m'avaient mis à bout de nerfs. Ensuite la nostalgie et le désir de retravailler avec mes acteurs préférés : Robert, Eva, Judith et Sebastian*. Alors je me suis assis et j'ai écrit la pièce pour eux. Et j'ai mis là-dedans tout ce que j'avais envie d'expérimenter avec ces comédiens. Et ensuite on l'a fait.*Eva Meckbach, Judith Engel, Robert Beyer, Sebastian Schwarz, comédiens de la Schaubühne qui ont donné leur nom aux personnages de la pièce mise en scène par Marius von Mayenburg Perplex, de Marius von Mayenburg, traduction Hélène Mauler et René Zahnd, L'Arche éditions Photo Iko Freese

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